Pour les articles homonymes, voirLeclerc.
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Jean Théophile Victoire Leclerc (souvent appeléThéophile Leclerc d'Oze), né le[1] àLézigneux (Loire) et mort en 1820, est une personnalité de laRévolution française. Ses idées avecJacques Roux inspirent lebabouvisme, préfigurant lecommunisme[2].
Il est le dernier des cinq enfants de Grégoire Leclerc, ingénieur des Ponts et Chaussées, et Antoinette La Boulaye. En1789, son père l'inscrit sur les registres de lagarde nationale deClermont-Ferrand, où il habite[3]. En, il embarque àBordeaux comme agent d'un marchand à destination de laMartinique, où vivent ses deux frères. L'île est alors en pleine effervescence, et il se joint aux patriotes contre le gouverneur[4].
Son engagement aux côtés des révolutionnaires martiniquais lui vaut d'être emprisonné sur un bateau en rade deFort-de-France en. En, il est expulsé vers laFrance. Quand il débarque àLorient, il est sans ressources ni amis et bénéficie de l'aide de la Société populaire du Morbihan. Il s'engage alors dans le1er bataillon duMorbihan, où il sert jusqu'en. Quand 17 grenadiers du régiment servant en Martinique sont chassés pour s'être eux aussi mêlés à l'agitation révolutionnaire, il se porte volontaire pour les conduire jusqu'à la capitale et les défendre. Avec l'argent réuni par la Société pour l'aider, il se rend àParis en pour plaider leur cause auprès duclub des Jacobins et de l'Assemblée, qui finit par les exonérer. Le23 mars, il intervient aux Jacobins, où on le couvre d'éloges. Puis, le1er avril, il dénonce le couple royal, pour lequel il demande le châtiment suprême[3],[4].
Peu après, il rejoint l'armée du Rhin, pour une mission d'espionnage de trois semaines dans leBrisgau. Il prétend avoir été trahi parDietrich, le maire deStrasbourg. Il est ensuite affecté dans les hôpitaux ambulants et participe à labataille de Jemmapes[3],[4].
En, il est transféré à l'état-major de l'armée des Alpes, àLyon. Dans cette ville, il adhère au Club central et se lie avecMarie Joseph Chalier, qu'il avait rencontré à Paris[4]. Envoyé à Paris comme député extraordinaire auprès desJacobins parisiens le4 mai, dans l'espoir d'accélérer la formation de l'armée révolutionnaire, il arrive dans la capitale le9 mai et se rend aussitôt à laCommune, où il présente ses craintes à l'égard de la situation lyonnaise. Agressé trois jours plus tard sur le Pont-Neuf, il est nommé, le soir du29 mai, membre du Comité révolutionnaire formé au Comité central puis, le31 mai, membre de la Commission des Postes. Lié auclub des Cordeliers et à laSociété des républicaines révolutionnaires, il s'associe auxEnragés, incarnés parJacques Roux etJean-François Varlet[3]. Membre du comité insurrectionnel, qui organise la chute desGirondins lors de lajournée du 2 juin 1793, il intervient à laConvention nationale le4 juin pour demander une répression plus sévère[3].
Le30 juin, il prend la défense de Jacques Roux et de l'adresse qu'il a présenté à la Convention le 25, ce qui lui vaut d'être chassé du club des Cordeliers avec lui[3]. AvecJacques Roux, il se place comme le successeur deJean-Paul Marat, assassiné le, et publie une feuille qu'il nommeL'Ami du peuple par Leclerc, dans laquelle il conseille lemaximum des prix, une purge radicale de l'armée, la création d'unearmée révolutionnaire composée seulement des partisans de laTerreur, l'exécution de tous lessuspects. Ses idées, avec Jacques Roux, inspireront notamment la doctrinebabouviste, préfigurant lecommunisme[2]. 24 numéros paraissent entre le20 juillet et le[5].
Le gouvernement s'en débarrasse en le mobilisant. Enrôlé dans le bataillon de la réquisition de la section de Marat, il est incorporé dans la17e division, cantonnée àLa Fère (Aisne)[5], où il continue la parution de sa feuille ; il y attaque de plus en plus durement laConvention.
Fatigués par ses attaques incessantes, les Jacobins demandent son arrestation. Pris de peur, Leclerc cesse la publication de son journal le15 septembre. Le, il épouse à ParisPauline Léon[6]. Le couple aura un fils, Pierre Leclerc, né le 27 fructidor an III (13 septembre 1795). Sa déclaration de naissance est faite le 29 fructidor, rue du fossé - Montmartre, passage des vignes n° 74. Son destin n'est pas connu, il n'apparaît pas dans l'acte de décès de sa mère.
Il est arrêté le, sur ordre duComité de sûreté générale, avec son épousePauline Léon et son ancienne compagneClaire Lacombe, les deux fondatrices de laSociété des républicaines révolutionnaires et interné à laprison du Luxembourg le6 avril.
Libérés le22 août, Théophile Leclerc et Pauline Léon-Leclerc ne feront plus parler d'eux. Théophile Leclerc devient fonctionnaire pendant le Directoire[7]. On perd leur trace à cette époque, et ce jusqu'en1804, date d'une lettre de Pauline Léon qui nous apprend qu'elle est institutrice à Paris et que son époux est toujours en vie. On a également retrouvé l'acte de décès de Pauline Léon àLa Roche-sur-Yon, le[8]. La trace de Leclerc est retrouvée outre-Atlantique où il devient éditeur et imprimeur du journal de La Nouvelle-Orléans "L'Ami des lois", sous le nom de Jean Leclerc. Il soutient les mouvements indépendantistes mexicains et sud-américains et est très impliqué dans la vie politique louisianaise[9].
Il vend son journal en et décède en 1820[9].