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Jean-Pierre Vigier, né le àParis où il est mort le, est unphysicienfrançais.Résistant,communiste, puis en rupture avec leParti communiste français, il est l'un des acteurs des événements deMai 1968 en France.
La physique et la politique dominent la vie de Vigier. Son approche philosophique est toujoursmatérialiste.
Il participe à la fondation duCEA avant d'entrer auCNRS, étant en désaccord avec le projet de bombe atomique française.
Jean-Pierre Vigier est le fils de Françoise Dupuy, infirmière, et de Henri Vigier, conseiller politique à laSociété des Nations àLondres puis àGenève, et, à partir de1946, pour l’Organisation des Nations unies àNew York[1].
Il passe son enfance à Genève, où il effectue sa scolarité au sein du lycée international et obtient les baccalauréats en mathématiques et en philosophie. Il s'inscrit à laSorbonne en 1938 où il passe son certificat de mathématiques générales et de sciences physiques naturelles. Démobilisé en 1941, il s'inscrit à l'université de Montpellier où il valide deux licences, en mathématiques et en physique. Il retourne ensuite à Genève et commence un doctorat de mathématiques.
Il y rencontre Tamara Caspary, fille de Kurt Caspary et de Rachel Dübendorfer, membre du réseau d'espionnage soviétique Rote Drei qui est alimenté viaRudolf Roessler, un libraire allemand établi à Lucerne, par des officiers supérieurs allemands de l'OKW. Selon le dictionnaire biographiqueMaitron, Jean-Pierre Vigier et sa compagne — qu'il épousera après la guerre — travaillent pour le Rote Drei. Après la guerre, les services de renseignement soupçonnent le couple d'agir pour leGRU, service soviétique de renseignement militaire[1].
Jean-Pierre Vigier adhère en auParti communiste français[2]. Après le débarquement, il rejoint lesFrancs-Tireurs et Partisans (FTP) deHaute-Savoie. Devenu membre de l'état-major national des FTP, il intègre l'Armée française sous le commandement du généralDe Lattre de Tassigny, comme officier de l'état-major chargé des armements à l'inspection de l'armée de terre. Il quitte l'armée pour ne pas servir enIndochine.
Cela puis son engagement contre la deuxièmeguerre du Vietnam, lui vaut la reconnaissance des dirigeants vietnamiens. Il est un ami d'Hô Chi Minh qui le considère comme « un libérateur du Vietnam » ; il est fier de ce passé de « baroudeur pour des idées »[3]. Le physicien travaille ensuite auprès deJoliot-Curie, auCommissariat à l'énergie atomique (CEA), qui venait d'être créé. Joliot y aurait négocié son détachement[4]. Il quitte le CEA pour devenir un des assistants deLouis de Broglie auCentre national de la recherche scientifique.
Militant à laFédération mondiale des travailleurs scientifiques, il s'implique plus directement auPCF après avoir soutenu sa thèse de Physique en[5]. Il intervient par deux fois à la tribune des Congrès de ce parti. En 1956, lors duXIVe Congrès, délégué de la fédération de Paris, il axe son intervention sur la nécessaire intervention du parti en tant que vecteur du matérialisme dans les disciplines scientifiques[6]. En 1959, après être intervenu à la tribune duXVe du Congrès[7], il est élu membre du Comité central duParti communiste français[8].
Le, juste après le verdict du procès duRéseau Jeanson et au cours de la polémique à propos duManifeste des 121 sur le droit à l’insoumission dans laguerre d’Algérie, Jean-Pierre Vigier, membre du comité central du PCF, intitule un article dansL'Humanité « Soutenir les condamnés, défendre les 121 » : « Leur défense est l'affaire de tous les démocrates, de tous les républicains. (...) Malgré nos désaccords avec certains moyens choisis par les inculpés ou proposés par les 121, nous considérons que leur rappel a le mérite de contribuer au réveil de l'opinion et d'élargir le débat sur la nature de laguerre d'Algérie et les moyens d'y mettre un terme. » Cet éditorial, unique en son genre, est publié contre l'avis de plusieurs dirigeants communistes[9]. Lié par ses activités militantes contre laGuerre d'Algérie aux jeunes de l'Union des étudiants communistes (en 1960, Jean-Pierre Vigier intervient lors du4e Congrès de cette organisation en tant que représentant du Comité central du PCF[10]) et à deux de ses dirigeantsPhilippe Robrieux etSerge Depaquit, et par son statut d'intellectuel, proche deLaurent Casanova, il est éliminé du Comité central deux ans plus tard, en 1961, lors de l'affaireCasanova-Servin, dans la même "charrette" queJean Pronteau,Maurice Kriegel-Valrimont.
Il participe ensuite activement aux mobilisations contre l'intervention américaine auVietnam, en participant au TribunalRussell, dont il est secrétaire général[11] pour lequel il se rend au Nord-Vietnam afin de témoigner sur les crimes de guerre américains, puis en militant auxComités Vietnam animés par des militants se situant à gauche du Parti communiste français.
Il est ainsi actif dansles premières réunions de sensibilisation de la jeunesse à la cause vietnamienne.
Sur le plan international, il soutient les mouvements anti-impérialistes qui se retrouvent dans la Conférence Tricontinentale puis dans l'Organisation latino-américaine de solidarité (OLAS) soutenues parFidel Castro depuisLa Havane.
En, prenant parti pour les groupuscules "gauchistes", il assume la responsabilité de directeur gérant du journalAction, journal des Comités d'action regroupant l'UNEF, les comités d'action lycéens, leMouvement du 22-Mars et le SNESUP[12]. Cela lui vaut d'être exclu duParti communiste. Associé àAndré Barjonet, démissionnaire de laCGT, àGilbert Mury, à Alain Geismar, et au leader de laJeunesse communiste révolutionnaire,Alain Krivine, il signe fin mai des appels à créer un mouvement révolutionnaire, qui coordonnerait les Comités d'action locaux[13]. En 1999, il confirmera à ce sujet à Bernard Brillant qu' « il ne fait aucun doute (...) que la situation est révolutionnaire et qu'il faut exploiter à fond la déstabilisation du régime pour s'emparer du pouvoir, par la force s'il le faut[14] ». Il fait partie des manifestants qui, le 24 mai, tentent de mettre le feu à la Bourse de Paris[15].
Jean Rochet, directeur de laDirection de la Surveillance du Territoire de 1967 à 1972 cite Vigier et Alain Krivine, comme deux hommes « aussi engagés dans l'action (que le trioDaniel Cohn-Bendit,Alain Geismar etJacques Sauvageot) mais beaucoup plus secrets, dont les faits et gestes ont été moins commentés, mais qui en réalité n'ont cessé d'orienter et animer la lutte[16] ». Il met en avant ses « liaisons fréquentes » avec Cuba, ses visites à La Havane en 1966 et 1967 et « ses rapports personnels avec Castro qui le reçoit en audience privée ». Jean-Pierre Vigier a participé également au « Congrès culturel » qui s'est tenu à La Havane en janvier 1968[17].
Le 27 mai 1988, un violent débat télévisé oppose Jean Rochet à Alain Krivine et Jean-Pierre Vigier à propos de mai 1968. D'emblée, Vigier traite son interlocuteur d' « ordure », de « menteur » et de « calomniateur ». Il évoque la « grandeur » demai 68, « grand mouvement d'inspiration marxiste » et annonce un procès pour diffamation qu'il dit vouloir intenter contre Jean Rochet[18].
Le nom de Jean-Pierre Vigier ne semble plus apparaître après les événements de Mai-, comme acteur important dans la chronique politique française. Il est pourtant membre d'un "Comité d'initiative pour un Mouvement révolutionnaire", pour lequel il trouve à nouveau tribune libre dansLe Monde, en[19].
En1971, il participe à la fondation duParti communiste breton[20].
Il demeure ensuite un observateur vigilant de la guerre qui se poursuit auVietnam. En il signe un appel, initié par la revuePolitique hebdo[21]. Il invite à prendre part le, à une manifestation, "devant l'ambassade US", Place de la Concorde à Paris, pour exprimer "l'indignation et la colère" de toutes les associations humanitaires, organisations politiques et syndicales" devant les bombardements par l'aviation deNixon, des villes deHanoï etHaïphong, faisant de nombreuses victimes parmi la population civile.
En février 1979, Jean-Pierre Vigier est pris à partie parGérard de Villiers dansParis Match. L'écrivain laisse entendre que Vigier a pu être, en raison de ses convictions politiques, amené à favoriser l'activité d'espion présumé de Rolf Dobbertin, un physicien est-allemand travaillant au CNRS qui vient d'être inculpé d'intelligence avec les services d'une puissance étrangère. Le députéRobert-André Vivien (R.P.R.) reprend ces accusations en novembre devant l'Assemblée nationale. Le 12 décembre,Daniel Filipacchi, directeur deParis Match, et Gérard de Villiers sont condamnés pour diffamation. Le 21 janvier 1980, Jean-Pierre Vigier donne une conférence de presse au cours de laquelle il affirme avoir été victime d'une tentative d'assassinat le 18 décembre précédent. Il met en cause une « collusion » entre « certains secteurs de l'appareil d'État, notamment au SDECE et à la D.S.T., et des organisations de tueurs qui ont exécutéPierre Goldman etHenri Curiel » et qui l'auraient menacé[22]. Le 29 novembre 1991, Rolf Dobbertin est finalement acquitté par la Cour d'assises de Paris, au terme de douze ans de procédures. Cependant quelques semaines plus tard,Markus Wolf, ancien chef des services de renseignement est-allemands, affirme dansLe Figaro que Rolf Dobbertin avait été l'un de ses deux ou trois meilleurs agents en France. L'intéressé dément[23].
Le1er juin 1982, Jean-Pierre Vigier et d'autres personnalités de gauche et d'extrême-gauche appellent à manifester contre la politique américaine, à l'occasion de l'arrivée à Paris du présidentRonald Reagan venu participer ausommet de Versailles. Il s'agit de dénoncer la course aux armements provoquée par les États-Unis et la politique que mènent ceux-ci en Amérique centrale. Jean-Pierre Vigier déclare à cette occasion que l'intervention soviétique en Pologne est la conséquence de la politique de tension menée, à l'Ouest, sous l'impulsion des États-Unis[24].
Le nom de Jean-Pierre Vigier est cité dans un rapport de laCIA rendu public en 1986 et consacré aux services d'espionnage soviétique en Europe de l'Ouest pendant la période 1936-1945 : selon ce document, il est l'un des informateurs du réseau Rote Drei, « succursale » helvétique de l'Orchestre rouge, dès la fin des années 30. Il a été recruté par son épouse Tamara Caspari, fille de Rachel Dübendorfer. Son activité d'agent soviétique s'est poursuivie après la guerre[25]. Cette information est confirmée par le journaliste d'investigationPierre Péan, qui fut son ami et qui relève dans sesMémoires impubliables, qu'en septembre 2010 deux journalistes russes Alexandr Kolpakidi et Alexandr Sever ont publié à Moscou un ouvrage[26] dans lequel ils affirment « sur la base d'archives soviétiques, que Vigier a été recruté à la fin des années 1930 comme agent duKomintern, puis du GRU (les services de renseignement de l'armée Rouge), par l'espionne soviétique Rachel Dübendorfer dont il a épousé la fille Tamara[27],[28] ».
Jean-Pierre Vigier avait obtenu son doctorat en mathématiques de l'Université de Genève en 1946[29]. Après une courte période auCEA avecFrédéric Joliot-Curie, il était nommé assistant au laboratoire deLouis de Broglie (prix Nobel en 1929 pour la découverte de la nature ondulatoire des particules), à l'Institut Henri Poincaré (CNRS). Maître de recherches après sa thèse, il tient ce poste jusqu'à sa retraite en 1982.
Il est l'auteur de plus de 200 articles scientifiques, a coécrit et publié un grand nombre d'ouvrages. Sa théorie du potentiel quantique permet de comprendre de quelle façon les particules communiquent entre elles, même si le potentiel ne comporte pas d’énergie.
Son engagementmarxiste a influé sur ses recherches par un parti prismatérialiste etdéterministe qu'il partageait avecAlbert Einstein contre l'indéterminisme de lamécanique quantique. Jusqu'à son dernier jour, il a pris parti pour Einstein contreNiels Bohr dans l'interprétation duParadoxe EPR et cherché à imaginer des solutions restaurant le déterminisme. Pour les mêmes raisons d'athéisme, il s'opposait à la théorie duBig Bang[réf. souhaitée].
Jean-Pierre Vigier a deux frères, Philippe et François, professeur d’architecture à l’Université de Harvard[1].
Il meurt le[30].