Pour les articles homonymes, voirLecat.
Jean-Philippe Lecat, né le àDijon et mort le àClichy[1], est unhaut fonctionnaire ethomme politiquefrançais.
Jean-Philippe Lecat naît dans une famille de notables dijonnais. Son père est magistrat àDijon. Jean-Philippe Lecat suit ses études secondaires aucollège Saint François de Sales puis au lycée de Dijon. Une fois lebaccalauréat obtenu, il fait desétudes de droit à l'université de Paris, où il obtient unelicence de droit.
Il entre ensuite à l'Institut d'études politiques[2], où il prépare avec succès le concours de l'ENA. Il est membre de lapromotion Saint-Just, 1963, dont il est major[3].
Conseiller d'État[réf. nécessaire], il entre au cabinet deGeorges Pompidou en tant que chargé de mission entre 1966 et 1968. À cette date, il est élu député UDR de laCôte-d'Or), pour lacirconscription deBeaune, puis conseiller général et régional[4].
Proche deGeorges Pompidou, il est nommé secrétaire d'État auprès du Premier ministreJacques Chaban-Delmas, en remplacement deLéo Hamon, et porte-parole du gouvernement, le, fonctions qu'il assume également dans lepremier gouvernement Messmer (1972-1973). Par la suite moins d'un an secrétaire d'État auprès du ministre de l'Économie et des finances (1973), il devientministre de l'Information en remplacement dePhilippe Malaud, à partir du[5]. À ce poste, il doit gérer la crise de l'ORTF après la démission d'Arthur Conte, et prépare l'éclatement de l'Office, adoptée en Conseil des ministres le. La mort de Georges Pompidou l'éloigne un temps du gouvernement : il réintègre alors le Conseil d'État, son corps d'origine. Mais celui qui est considéré comme « le plusgiscardien desgaullistes » est appelé auprès du nouveau président de la République,Valéry Giscard d'Estaing, comme chef de service de l'information de l'Élysée (1976-1978)[6].
En 1978, il devientministre de la Culture et de la Communication, ministère auquel il redonne une stabilité, restant en poste près de trois ans. La perte de l'architecture est compensée par l'ajout du domaine de l'information, de la radio-diffusion et de l'audiovisuel, ce qui deviendra la norme à partir de 1986. Il réorganise profondément l'administration en réduisant le nombre de directions et de délégations. En 1979, il crée le Service des affaires internationales et une délégation à la création, aux métiers artistiques et aux manufactures nationales, regroupant les services de l’inspection de la création artistique, l’inspection de l’enseignement artistique, la sous-direction de l’enseignement et des affaires générales et la section de la photographie, tandis que la Direction du théâtre et des maisons de la culture (DTMC) est remplacée par la Direction du théâtre et des spectacles. Il met également en place une mission de développement culturel (MDC), future Direction du développement culturel (DDC). Il peaufine la mise en place desDRAC en province[4].
Face au manque de moyens, Jean-Philippe Lecat encourage les initiatives locales. Ses actions se concentrent sur le patrimoine autour du programme d'action prioritaire « Défendre le patrimoine architectural » duVIIe Plan : création de la direction du patrimoine, du conseil et de la Mission du patrimoine ethnologique () et consécration de 1980 comme « année du patrimoine ». Cette mise en valeur du patrimoine passe également par sa réutilisation pour des usages modernes : « Il faut que nous créions un réflexe, pour qu’avant de construire des immeubles de verre et d’acier qui, deSão Paulo àPékin en passant parKinshasa, se ressemblent tous et usent des millions dekilowatts d’électricité, les dirigeants des collectivités locales et les patrons des entreprises regardent d’abord le patrimoine national »[7]. Cette logique est appliquée dans les deux projets soutenus par l'Élysée qu'il encadre : lemusée d'Orsay mis en place dans la gare parisienne (1978) et la cité des Sciences auprès des anciens abattoirs deLa Villette (1979)[4]. En revanche, il désengage l'État desMaisons de la Culture. Et s'il met en place les antennes locales de Radio France, il conserve le monopole public par l'interdiction desradios libres[6],[8].
Il démissionne en de ses fonctions ministérielles pour devenir le porte-parole du candidat Valéry Giscard d'Estaing.Maître des requêtes à partir de 1975 auConseil d'État, il le réintègre à la suite de la victoire de la gauche à l'élection présidentielle. Il publieQuand flamboyait la Toison d'or en 1982 (prix Monseigneur-Marcel 1983 de l’Académie française),Le Siècle de la Toison d'or en 1986,L'Ardeur et le tourment : images de la Révolution en Bourgogne, en 1989. Il présidait l'École nationale du patrimoine, le conseil d'administration de l'Académie de France à Rome et était également vice-président de laFondation du Crédit agricole - Pays de France, présidée par Yves Barsalou.
Jean-Philippe Lecat meurt le, à l'âge de 75 ans, des suites d'une longue maladie[9].
Il étaitprésident de section à laCour nationale du droit d'asile[10].
Sur la Bourgogne
Quand flamboyait la Toison d'or; Paris (Fayard), 1982, 398 p. ; rééd. 1990).
Beaune, Rennes, Ouest France, 1983, 32 p. ; rééd. 1996 et 2009).
La Bourgogne [avec Thorsten Droste], Lausanne-Paris, La Bibliothèque des arts, 1985, 207 p. (coll. L’âme des peuples)
Le siècle de la Toison d'or, Paris, Flammarion, 1986, 191 p. (2ème éd., 1989)
Bourgogne ; photogr. R. Burri, F. Corbineau, J.C. Couval [et al.]. - Paris, édition Double page, 1988, 48 p.
L'Ardeur et le tourment : images de la Révolution en Bourgogne, Dijon, éd. du Bien public, 1989, 88 p.
Toute la Bourgogne, Paris, éd. Bonechi, 1991, 126 p. (2ème éd. 2000)
Entretiens avec Jean-Philippe Lecat, ministre de la Culture et de la Communication (1978-1981), recueillis et présentés par Françoise Mosser, Paris,Comité d'histoire de la Culture et de la Communication, La Documentation française, 2016, 487 p.
Hommage à Jean-Philippe Lecat, ministre de la Culture et de la Communication (-), compte-rendu de la table ronde organisée par leComité d'histoire de la Culture et de la Communication le", Paris, 2013, 90 p.Lire en ligne
Françoise Mosser, "Les experts d'un ministre de la Culture : Jean-Philippe Lecat (1978-1981)",Experts et décision, Jean-Michel Leniaud et François Monnier dir., Journées annuelles d'étude de l'équipe Histoire des cultures et des pratiques administratives (EA 112), 16 janvier 2012, Ecole pratique des hautes études, 2013, p. 97-112.
Notes et références
| Sous la présidence deGeorges Pompidou | |||||
| Ministres d'État | Pierre Messmer | ||||
| Défense nationale | |||||
| Travail et Affaires sociales | |||||
| Justice | |||||
| Affaires étrangères | |||||
| Intérieur | |||||
| Économiques etFinances | Valéry Giscard d'Estaing | ||||
| Éducation nationale | Joseph Fontanet | ||||
| Équipement,Logement, Aménagement du territoire etTourisme | Olivier Guichard | ||||
| Affaires culturelles | |||||
| Agriculture et Développement rural | |||||
| Développement industriel et scientifique | |||||
| Santé publique et Sécurité sociale | |||||
| Transports | |||||
| Postes et Télécommunications | |||||
| Anciens combattants et Victimes de Guerre | André Bord | ||||
| Commerce et Artisanat | |||||
| Réformes administratives | Alain Peyrefitte | ||||
| Protection de la nature et de l’Environnement | |||||
| Relations avec le Parlement | |||||
| Information | |||||
| Outre-Mer | Bernard Stasi | ||||
| Fonction publique | Philippe Malaud | ||||
| Ministres délégués | |||||
| |||||
| (← CHABAN-DELMAS) Gouvernement précédent •••• Gouvernement suivant (CHIRAC I →) | |||||
| Sous laprésidence deValéry Giscard d'Estaing | |||||||||||||||||
| Justice,garde des sceaux |
| Raymond Barre Premier ministre | |||||||||||||||
| Santé etFamille puisSanté etSécurité sociale (3) |
| ||||||||||||||||
| Intérieur |
| ||||||||||||||||
| Affaires étrangères |
| ||||||||||||||||
| Défense | Yvon Bourges (dém) (7)puisJoël Le Theule (7)puisRobert Galley (9) | ||||||||||||||||
| Travail et Participation |
| ||||||||||||||||
| Coopération | Robert Galley | ||||||||||||||||
| Économie | René Monory | ||||||||||||||||
| Budget | Maurice Papon | ||||||||||||||||
| Environnement et Cadre de vie |
| ||||||||||||||||
| Éducation |
| ||||||||||||||||
| Universités | Alice Saunier-Seïté | ||||||||||||||||
| Agriculture |
| ||||||||||||||||
| Industrie |
| ||||||||||||||||
| Transports | Joël Le TheulepuisDaniel Hoeffel (7) | ||||||||||||||||
| Commerce et Artisanat | Jacques BarrotpuisMaurice Charretier (3) | ||||||||||||||||
| Commerce extérieur | Jean-François DeniaupuisMichel Cointat (7) | ||||||||||||||||
| Jeunesse, Sports et Loisirs | Jean-Pierre Soisson | ||||||||||||||||
| Culture et Communication | Jean-Philippe Lecat (dém) (11)puisMichel d'Ornano (11) | ||||||||||||||||
| Postes et Télécommunications | Secrétaire d'État :Norbert SégardpuisPierre Ribes (8) | ||||||||||||||||
| Anciens Combattants | Secrétaire d'État :Maurice Plantier | ||||||||||||||||
| Ministres délégués etsecrétaires d'État auprès duPremier ministre |
| ||||||||||||||||
| |||||||||||||||||
Porte-parole du Gouvernement français(depuis 1969) | |
|---|---|
|
| Ministres |
|
|---|---|
| Secrétaires d'État |
|