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Naissance | Évreux (France) |
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Décès | (à 70 ans) Évreux (France) |
Nationalité | Français |
Résidence | Évreux |
Domaines | Industrietextile |
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Renommé pour | Fabricationtissus,coutils. |
Distinctions | Médailles aux expositions nationales, 1798-1819. |
Jean-Louis Thirouin (aussi appeléThirouin-Gauthier ouThirouin-Gautier), né le àÉvreux et mort dans la même ville le[1], est unindustriel français dutextile.
Producteur detissus, il se spécialise dans la fabrication ducoutil, dont il améliore la qualité. Il en devient un des principauxproducteurs, dans ses établissements dePont-Audemer et d'Évreux, où samanufacture emploie 1 500 personnes au début duXIXe siècle. Il est alors un des premiers employeurs de la région, et rivalise avec les producteurs belges.
Jean-Louis Thirouin naît àÉvreux, sur la paroisse Saint-Denis, le. Il est le fils d'Alexandre Thirouin ou Tiroin, marchand quincailler, et d'Elisabeth Bachelay[2].
Il est fabricant de tissus lorsque son beau-frèreSimon Passot commence àÉvreux la fabrication decoutil à la manière deBruxelles et remporte le concours organisé par le gouvernement en 1780 et 1781, ce qui lui donne le droit d'appeler son entreprise la « Manufacture royale de coutil ». Jean-Louis Thirouin s'associe à son beau-frère, leur entreprise s'appelle alors « Manufacture Passot et Thirouin », puis il lui rachète samanufacture et prend sa succession[3],[4],[5]. Pendant laRévolution française, il estcapitaine en second de laGarde nationale d'Évreux[6].
Thirouin relève la fabrique qui a souffert des guerres de la Révolution, et développe la production[7]. Il est primé à plusieurs expositions nationales, notamment en l'an VI (1798), où il obtient lamédaille d'argent, et en l'an IX (1801), pour la « finesse du tissu » et « la solidité » de sa production, selon le préfetClaude Masson de Saint-Amand[3],[8],[9]. En 1806, Thirouin-Gauthier occupe dans ses ateliers « un grand nombre d'ouvriers » ; il contribue à concurrencer les produits de Bruxelles, notamment « pour la beauté et la qualité »[10],[11]. Il a aussi un établissement àPont-Audemer, où il produit des coutils, des serges et des étamines[12],[13].
Il emploie « au moins 1 500 personnes » d'Évreux et des alentours au début duXIXe siècle[3]. C'est alors l'entreprise la plus importante de la région, et la qualité de ses produits en favorise l'exportation[14]. Dans les expositions nationales, la fabrique d'Évreux est régulièrement représentée et reçoit les places d'honneur dans la fabrication du coutil[15].
Thirouin prend comme associés son fils Armand et son frère Adrien, la raison sociale devient « Thirouin-Gauthier fils et frères »[16]. À l'exposition de1819, il expose avec eux et présente une grande variété de coutils bleus et blancs. Leur production, indiquée comme étant presqueimperméable, est très utilisée enNormandie et enBretagne, pour les vêtements professionnels résistants et protégeant de la pluie. Cette même matière est aussi la plus utile pour des oreillers et des traversins[17], et Thirouin augmente sa production « d'une manière remarquable » dans le secteur de la literie de 1810 à 1820, comme son concurrent Delhomme[18].
Jean-Louis Thirouin est mentionné parmi les industriels dont les travaux ont permis auXIXe siècle de surpasser la production deBruxelles, qui fournissait vers 1800 les plus beaux coutils[19].
Il meurt à Évreux le[20]. L'année suivante, ses successeurs sous la même raison sociale « MM. Thirouin-Gauthier fils et frère » remportent encore une mention honorable à l'exposition de 1823[15].
Jean-Louis Thirouin épouse Marie-Geneviève Gauthier ou Gautier et prend alors le nom Thirouin-Gauthier.