Pour les articles homonymes, voirDreyfus.
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Jean-Claude Dreyfus, né le àRouen[1], et mort le à Paris, est unbiochimiste etgénéticien français. Il est avecGeorges Schapira, le cofondateur de l’école française degénétique moléculaire. Il s’est notamment consacré aux maladies génétiques de l’enfant, associées à des troubles musculaires et à des anomalies du métabolisme.
Jean-Claude Dreyfus est né le àRouen. Il fait ses études secondaires aulycée Corneille àRouen et aulycée Carnot àParis, et ses études supérieures aux facultés demédecine et dessciences de Paris.
Jean-Claude Dreyfus est nomméinterne des hôpitaux de Paris en 1938, juste avant un service militaire qui se termine par la démobilisation, en.En 1942, il est renvoyé de l'internat des hôpitaux de Paris par décret de l'État français. Leslois raciales de Vichy l’amènent à se réfugier àLyon, en, où il est accueilli, avecGeorges Schapira, dans le laboratoire du professeurGabriel Florence[2]. Jean-Claude Dreyfus est arrêté le àAnnecy et déporté àBuchenwald, puis àDora. Il sera libéré par les Anglais en, après avoir été transféré au camp deBergen Belsen[3].
Il revient à Paris en. En 1948, il épouseColette Brisac, elle aussi médecin et ancienne interne des hôpitaux de Paris, qui prend son nom en lui accolant son nom de naissance.
Jean-Claude Dreyfus meurt subitement à Paris dans la matinée du.
Reçu premier au concours de l’externat des hôpitaux de Paris en 1936, Jean-Claude Dreyfus est nomméinterne des hôpitaux de Paris en 1938, juste avant un service militaire qui se termine par la démobilisation, en. À partir de 1941, Il mène de front ses fonctions d’interne avec une licence de sciences.
Déporté à Buchenwald puis à Dora sous un nom d'emprunt après son arrestation à Paris en, il en revient en[4].Durant l’année 1953, Jean-Claude Dreyfus travaille à l'université de Saint-Louis,Missouri (États-Unis), dans le laboratoire deCarl etGerty Cori, qui avaient reçu leprix Nobel de médecine en 1947 pour leur découverte du processus de conversion catalytique duglycogène.Jean-Claude Dreyfus est nomméprofesseur agrégé debiochimie médicale en 1953.Il fonde, avecFanny etGeorges Schapira, d'abord dans une salle d'opérations désaffectée, puis grâce àRobert Debré, dans les sous-sols de la clinique médicale infantile, le premier laboratoire demédecine moléculaire (en) en France, vers 1958[5]. Le laboratoire deGeorges Schapira et Jean-Claude Dreyfus devient, en 1960, l’unité de recherche 15 de l’INH “Biochimie médicale”, puis en 1964, l’unité 15 de l’Inserm “Pathologie moléculaire” à l’hôpital Cochin à Paris.
Il est nommé professeur à la faculté de médecine Cochin-Port Royal en 1964.
En 1968, l'Institut de pathologie moléculaire, fondé grâce au soutien deRobert Debré et deJacques Monod, prend place dans les nouveaux locaux universitaires de lafaculté de médecine Cochin Port-Royal, regroupant l’unité 15 de l’Inserm et le laboratoire 85 duCNRS. Le développement de l'Institut justifie, en 1974, sa division en trois unités de l'Inserm. Jean-Claude Dreyfus prend alors la direction de l’unité Inserm 129 “Enzymologie pathologique” jusqu'à sa retraite, en 1984, date à laquelleAxel Kahn prend sa succession.
Les premiers travaux de Jean-Claude Dreyfus, menés en collaboration avecGeorges etFanny Schapira, portent sur lemétabolisme du fer et sur les maladies musculaires,myopathies etatrophiesneurogènes. Ses travaux sur l'hémochromatose (maladie provoquant l’accumulation de fer dans l’organisme) permettent de préciser la transmission héréditaire de cette affection et de développer de nouveaux tests diagnostiques. Il étudie également la biosynthèse de l'hémoglobine avecJacques Kruh et fait d'importantes observations sur les maladies moléculaires de l'hémoglobine (sujet qui sera poursuivi parDominique Labie etJean Rosa).
Jean-Claude Dreyfus et ses collaborateurs découvrent les résurgences d'iso-enzymes fœtales dans lecancer, progrès considérable qui attire, pour la première fois, l'attention sur les relations entre le programme génétique de différenciation et la cancérisation. Bien plus tard, ce type d'analyse sera appliqué à l'étude du vieillissement.
L'essentiel de l'œuvre scientifique de Jean-Claude Dreyfus est consacré aux maladies enzymatiques héréditaires. Son activité dans ce domaine recouvre lesglycogénoses, lesmaladies lysosomales, lesdéficits enzymatiques érythrocytaires et, avecFanny Schapira, les affections dumétabolisme du fructose et du galactose. Avec Georges et Fanny Schapira, il introduit, en France, une grande partie des techniques enzymatiques utilisées en biochimie clinique et créé, en 1973, le premier laboratoire français de détection prénatale des maladies métaboliques, aidé en cela parJoëlle[6] etAndré Boué[7] et parYves Dumez[8], pionnier des techniques de prélèvement de tissu fœtoplacentaire en France.
Sur le plan théorique, Jean-Claude Dreyfus analyse, dès 1968, les conditions de l'application aux maladies génétiques humaines des concepts de la génétique bactérienne définis en 1961 parFrançois Jacob etJacques Monod.
Jean-Claude Dreyfus est l’un des fondateurs, en 1985, et le rédacteur de la revuemédecine/sciences.