| Conservateur des monuments historiques Garde-Meuble de la Couronne |
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| Famille | Restout(d) |
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| Lieu de détention | Prison Saint-Lazare(à partir de) |
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Diogène demandant l'aumône aux statues(d) |
Jean-Bernard Restout, né le àParis où il est mort le, est unpeintre et unaquafortistefrançais.
Appartenant à une lignée de peintres normands, lesRestout, et fils du peintreJean Restout dont il est l'élève, Jean-Bernard obtient leprix de Rome en 1758 pour une toile bâtie autour du thèmeAbraham conduit Isaac pour l’offrir en sacrifice puis séjourne enItalie de 1761 à 1765.


Les premiers temps il a du mal à se détacher de l'influence écrasante de son père. Puis, avec les années, il construit une œuvre assez singulière : il n'est ni dans les débuts dunéo-classicisme, ni dans les retards durococo, mais exactement entre les deux, se rapprochant deJean-Baptiste Greuze et de sa façon de traiter frontalement le thème (comme dans sonDiogène)[1]. Le grand ami de son père, le peintreQuentin de La Tour lui donna aussi des leçon depastel, comme il le mentionne dans son premier testament de[2].
Il est agréé à l’Académie de peinture à son retour d’Italie, puis en réponse à une commande royale, exécute en 1766 une série de quatre dessus de porte sur le thème des quatre saisons pour le salon des jeux du château de Bellevue (musée national du château de Versailles et de Trianon).

Il est reçu comme peintre d'histoire à l'Académie le, en présentant la toile intituléePhilémon et Baucis donnant l’hospitalité à Jupiter et Mercure (musée de la ville de Tours).Denis Diderot, dans sesSalons, y exprime à l'année 1771 un jugement sévère :« Faible de couleur, sans harmonie, sans intérêt. Un Mercure ignoble, un Jupiter court de corps avec de mauvais bras d’enfant ; trop sévère ; Mercure croqué ; mauvais fond ». Le critique d'art duJournal encyclopédique en revanche écrit que« ce morceau n’est pas le moins intéressant. Ce sujet souvent traité offrait par cette raison-là même bien des difficultés. Monsieur Restout a su néanmoins rendre cette scène neuve, par l’heureuse disposition des personnages. Son Jupiter a de la noblesse… »[1].
Il expose fréquemment auSalon de Paris de 1767 à 1771 puis en 1791. Il désire être nommé professeur-adjoint à l’Académie en 1771, mais est refusé à ce poste quand il montreLa Présentation au temple au Salon cette année-là qui choque le jury[3]. Il marqua alors son opposition au joug des institutions. Il prononce contre l'Académie en un discours dans lequel il prône la « liberté du génie » et la dissolution de l'institution ; ceci marque le début de son engagement pendant les années révolutionnaires[1].
On connaît de lui des portraits et des allégories eneaux fortes aux traits vigoureux (1764, 1771)[4].
Son portrait deSouleiman Aga (1777, musée des beaux-arts de Quimper) exécuté lors de la visite en ambassade à Paris, annonce l’orientalisme duXIXe siècle par son approche réaliste et presque psychologique du pacha. S'il reste néanmoins influencé par l’exotisme oriental mis à la mode parFrançois Boucher etVan Loo dans la première moitié duXVIIIe siècle, il tend à s’éloigner des « turqueries » factices[5].
À laRévolution, il est président de laCommune des Arts qui mène campagne, avec son fondateurDavid pour la suppression de l’Académie. Il est nommé ensuite commissaire de la section des Tuileries parRoland, puis directeur[1] duGarde-Meuble de la Couronne, et c'est à ce titre qu'il y appose les scellés trois semaines avant le vol du Garde-Meuble (les 11- mais découvert plus tard). Ceci manque de lui coûter la vie pendant laTerreur, lorsque Roland et ses amis sont impliqués rétroactivement dans cette affaire. Soupçonné, il est emprisonné à laprison Saint-Lazare, pour être relâché avec la chute deRobespierre le. Durant son incarcération, il exécute son autoportrait, le seul que l'on connaisse de lui.
Il fut, comme son père, membre de l’Académie de Rouen.
L'inventaire de son œuvre est récent, et totalise près de 150 toiles, ainsi que des dessins, pastels, et gravures.
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