Ces listes gagneraient à être rédigées sous la forme de paragraphes synthétiques, plus agréables à la lecture, les listes pouvant être aussi introduites par une partie rédigée et sourcée, de façon à bien resituer les différents items. D'autre part,Wikipédia n'a pas pour rôle de constituer une base de données et privilégie uncontenu encyclopédique plutôt que la recherche de l'exhaustivité.
Au cours duXXe siècle, le jazz a acquis une large popularité au-delà des frontières des États-Unis et s'est répandu dans le monde, donnant naissance à de très nombreux styles et sous-genres selon les pays et les régions. Les premières formes de jazz apparaissent àla Nouvelle-Orléans et àSaint-Louis dès 1910 : lejazz Nouvelle-Orléans mélange le blues à laquadrille et labiguine des Antilles françaises. Dans lesannées 1930 émergent leswing, un style marqué par le blues et l'improvisation, et lejazz manouche, un genre créé en France sous l'influence desbig bands et dubal musette. D'une musique populaire conçue pour la danse, le jazz devient un genre musical complexe avec lebebop, joué à destempos plus rapides et avec des accords plus élaborés. Lecool jazz de la fin desannées 1940 apporte des sons calmes, délicats, et des mélodies longues et linéaires. Lefree jazz desannées 1950 se libère quant à lui des contraintes harmoniques, et met en valeur l'improvisation et l'énergie.
Le pianisteDuke Ellington en 1971, dans le filmL'Aventure du jazz. Refusant de distinguer différents sous-genres du jazz, il déclara :« Le jazz, c'est toute la musique. »
Le jazz regroupe de nombreux styles musicaux, du ragtime de la fin duXIXe siècle à nos jours, et s'avère difficile à définir précisément. Certains auteurs ont tenté de le définir en le mettant en perspective avec d'autres genres musicaux — se plaçant du point de vue de l'histoire de la musique européenne ouafricaine par exemple —, mais le critiqueJoachim-Ernst Berendt estime que sa définition doit être élargie[4]. Il définit le jazz comme« une forme d'art musical originaire des États-Unis, née de la confrontation entre la musique des esclaves noirs et celle des Européens »[5]. Il soutient aussi l'idée selon laquelle le jazz diffère fondamentalement de la musique européenne car« il suppose une spontanéité et une vitalité, dans laquelle l'improvisation joue un rôle majeur »,« une sonorité et un phrasé musical reflétant la personnalité du jazzman », et a une« relation particulière au temps, exprimée par la notion deswing »[4]. LetrombonisteJay Jay Johnson exprime cette idée de vitalité permanente en déclarant en 1988 :« Le jazz n'offre aucun répit. Il ne tient pas en place et ne le fera jamais »[6].
Travis Jackson propose une définition encore plus large du genre afin d'y inclure des sous-genres parfois radicalement différents. Selon lui,« il s'agit d'une musique qui réunit des qualités telles que le swing, l'improvisation, les interactions entre les musiciens du groupe, le développement d'une expression personnelle, et l'ouverture à différentes possibilités musicales »[7]. Krin Gabbard affirme que« la notion de jazz est une construction », qui, bien qu'artificielle,« demeure utile pour réunir des genres musicaux ayant des éléments en commun au sein d'une même tradition musicale »[8]. Cependant, alors que les critiques, les journalistes spécialisés et les amateurs de jazz ont souvent débattu au sujet de la délimitation entre les sous-genres du jazz, les musiciens eux-mêmes peinent fréquemment à définir le sous-genre auquel ils se rattachent.Duke Ellington,l'un des plus grands[Pour qui ?]jazzmen, illustre cette conception en déclarant :« Le jazz, c'est toute la musique »[9].
Lebig band dePaul Whiteman en 1921. Marqué par la tradition de lamusique classique, il ne fait que peu usage de l'improvisation et joue essentiellement des mélodies pré-composées.
Bien que le jazz soit considéré comme ungenre musical difficile à définir, l'improvisation en est l'un des principaux traits distinctifs. Le caractère central de l'improvisation peut s'expliquer par son importance dans les genres musicaux à la source du jazz, et notamment dans leblues des origines, qui s'inspire deschants de travail et complaintes desesclavesafro-américains dans les plantations. Ces derniers étaient généralement composés d'unmotif répétitif sous forme d'un appel suivi d'une réponse (call-and-response), mais le blues comportait une part importante d'improvisation. Lamusique classique européenne, en revanche, valorisait la fidélité des musiciens à lapartition, et rejetait les tentatives d'interprétation personnelle et l'ornementation musicale : l'objectif premier du musicien classique était alors de jouer la composition telle qu'elle est écrite. Le jazz est au contraire le produit des interactions et de la créativité des musiciens au sein du groupe ; bien souvent, ces paramètres déterminent la valeur de l'œuvre du compositeur (s'il y en a un) et des musiciens[10]. Par conséquent, dans le jazz, le musicien expérimenté interprétera une mélodie de manière personnelle, sans pouvoir la rejouer exactement de la même manière une seconde fois. Selon l'humeur du musicien, les interactions entre les membres du groupe, voire avec le public, lejazzman peut modifier la mélodie, les harmonies ou l'indication de lamesure à sa guise[11].
L'usage de l'improvisation s'est développé tout au long de l'histoire du jazz. Au début duXXe siècle, dans lejazz Nouvelle-Orléans et leDixieland, les musiciens improvisaient soudainement en pleine mélodie, tandis que les autres improvisaient descontre-mélodies. À l'époque duswing, lesbig bands se reposaient davantage sur des mélodies déjà composées : les compositions étaient soit écrites, soit apprises à l'oreille et mémorisées, et seuls les musicienssolo pouvaient improviser au sein de la composition. Quelques années plus tard, dans lebebop, les formations de jazz sont plus petites et les arrangements sont minimaux ; la mélodie est généralement fixée brièvement au début de la chanson et rappelée à la fin, mais la quasi-intégralité de la performance est composée de séries d'improvisations. Les sous-genres qui suivirent, comme lejazz modal, abandonnent la notion deprogression d'accords et permettent aux musiciens d'improviser encore davantage de manière individuelle, en ne conservant qu'uneéchelle musicale ou unmode commun. Dans la plupart de ces styles de jazz, un musicien solo est accompagné par d'autres qui jouent desaccords pour définir la structure de la chanson, et ainsi compléter son jeu. Dans certaines formes de jazz expérimental, telles que l'avant-garde jazz et lefree jazz, la séparation entre le musicien solo et le reste du groupe est réduite, et il est accepté, voire obligatoire, de ne pas utiliser d'accords, d'échelles et depulsations rythmiques — ces extrêmes constituant une forme d'improvisation quasi-totale.
Le trompettiste Miles Davis en 1971. AvecIn a Silent Way (1969) etBitches Brew (1970), il donne naissance aujazz fusion et est accusé de rompre avec les fondements du jazz.
Depuis l'émergence du courantbebop, les formes de jazz produites à des fins commerciales ou influencées par lamusique populaire ont été critiquées par certains puristes. Selon le critique de jazz Bruce Johnson, une« tension entre le jazz commercial et le jazz en tant qu'art » aurait existé dès la naissance du genre[7]. Les amateurs de jazz traditionnel ont rejeté le bebop, le free jazz et lejazz fusion desannées 1970 (Miles Davis,Frank Zappa, ou encoreHerbie Hancock), estimant qu'il s'agissait d'une dénaturation de la musique et d'une trahison envers les pionniers du jazz. Le critique et producteur de jazz françaisHugues Panassié a ainsi considéré le bebop comme un genre musical« non authentique » et distinct du jazz, provoquant la controverse dans le milieu musical et entraînant la scission duHot Club de France[7]. Une conception opposée veut que le jazz soit un genre protéiforme, capable d'absorber des influences de divers styles musicaux : l'absence de création de normes internes au genre permet l'émergence de nouveaux sous-genres à l'avant-garde du jazz[7].
Un autre débat porte sur la question de l'ethnicité dans la musique jazz. Alors que le jazz commençait à se développer, au début du siècle, beaucoup s'interrogeaient sur la manière dont il allait influencer les représentations desBlancs à propos de la communautéafro-américaine — auquel le jazz était alors associé. Pour certains Afro-Américains, le jazz a permis de mettre en lumière la contribution des Noirs à la culture et à la société américaines, et d'attirer l'attention sur l'histoire et la culture noire. Pour d'autres, la musique et le terme jazz rappelleraient en revanche« une société oppressante et raciste, qui restreint leur liberté artistique »[12]. En outre, l'écrivain afro-américainAmiri Baraka estime qu'il existe un« jazz blanc », qui serait le genre musical de l'expression de l'identité blanche[13]. LecornettisteBix Beiderbecke est l'un des premiersjazzmen blancs, et fut la figure de proue du« jazz blanc » jusqu'à sa mort en 1931[14]. Des musiciens de jazz blancs firent leur apparition au début desannées 1920, dans leMid-Ouest essentiellement, mais aussi sur lacôte est. LeChicago Jazz naît ainsi à la suite du déplacement de nombreuxjazzmen duSud, et est développé par plusieurs musiciens blancs, commeBud Freeman,Jimmy McPartland,Frank Teschemacher,Dave Tough etEddie Condon. D'autres musiciens originaires de Chicago, dont leclarinettisteBenny Goodman et le batteurGene Krupa, prendront la tête debig bands deswing au début de leur carrière, durant lesannées 1930[15]. À l'origine dominé par les musiciens d'origine afro-américaine, le jazz est par la suite devenu un genre musical multiculturel.
Au-delà de la difficulté à définir précisément la musique qu'il désigne, l'origine du motjazz est sujet à controverses. Les hypothèses avancées quant aux origines de ce nom sont multiples et aucune ne semble faire l'unanimité. Le mot jazz pourrait être dérivé :
du terme françaisjaser (discuter, palabrer)[16], en référence aux rythmes et au motphraséou en référence à la réflexion « Ça va jaser »[réf. nécessaire] que pouvait inspirer la crainte des conséquences des concerts de jazz sur le voisinage ;
du nom de musiciens (commeChaz Washington) ;
de l'argot avec des connotations sexuelles (jizz) ou qui indiquent l'énergie ou la force ;
dujasmin que l'industriecosmétique française avait utilisé dans sesparfums, qui étaient vendus à La Nouvelle-Orléans (une théorie de Garvin Bushell) ;
d'une déformation duchassé ouchasse-beau, figure ducakewalk (danse du gâteau, à la mode auXIXe siècle) ;
des racines africaines comme le motbantoujaja (« danser », « jouer de la musique »), sur le terme africainjasi (« être excité », « vivre à un rythme rapide, sous pression ») ;
Jaiza (« son lointain des percussions »). La dernière appellation viendrait de certaines tribusindonésiennes qui appelaient « jaze baqti » une musique rythmée ;
le nom donné auxjazzmen[17] vient du surnom donné à ceux qui fréquentaient les prostituées deLa Nouvelle-Orléans, dont l'habitude était de se parfumer aujasmin, dont ils exhalaient l'odeur après les ébats[18] ;
les prostituées de La Nouvelle-Orléans sont appelées « jazz-belles » en argot cajun, en référence à laJézabel biblique[19] ;
de l'occitan « jaç », signifiant « couche sommaire », « gîte » et par dérivation « bordel »[20]. Cette théorie serait notamment retenue par le saxophonisteArchie Shepp[21]. Il faut noter à l'appui de cette hypothèse que le motjambalaya, spécialité culinaire deLouisiane, proviendrait également de l'occitan et aurait été importé en Louisiane au début duXIXe siècle par des travailleurs originaires du sud de la France.
Les recherches deGerald Cohen indiquent que le mot apparaît pour la première fois sous la plume de E. T. « Scoop » Gleeson dans leSan Francisco bulletin en. La plupart des historiens penchent cependant sur le fait que ce mot est apparu pour la première fois dans leChicago Herald du[22]. Il appartient aujargon dubaseball pour désigner l'énergie d'un joueur. Le mot aurait été employé pour qualifier la musique du groupe d'Art Hickman qui jouait dans le camp d'entraînement desSan Francisco Seals. Le groupe endossa l'adjectif lors de ses engagements àNew York en1914 et le terme se répandit progressivement jusqu'à Chicago avant de revenir à La Nouvelle-Orléans sous la forme d'une lettre deFreddie Keppard àKing Oliver qui le popularisera dès 1917 avec son protégéLouis Armstrong.
En raison de ses connotations scabreuses, le terme était diversement apprécié des musiciens (Duke Ellington en particulier préférait l'appellation « Negro music »). Durant lesannées 1930 et1940, de nombreuses alternatives ont été proposées telles queragtonia,syncopep,crewcut,Amerimusic, ou encorejarb, sans grand succès. La diffusion du mot « jazz » (bien que sous la formeJass) est largement associée à son apparition sur le premier enregistrement du style, en par l'Original Dixieland Jass Band.
Le jazz prend ses sources à la fin duXIXe siècle et au début duXXe siècle, à partir de la musique classique européenne et de lamusique populaire américaine(en), mélangées à des influences culturelles de l'Afrique de l'Ouest[23]. Sa nature, ses sous-genres et sa composition ont évolué au fil du siècle, incorporant les innovations et les interprétations personnelles des différents musiciens.
En outre, le jazz a aussi pour origine la musique religieuse : les Noirs apprennent les harmonies deshymnes lors de l'office dominical[27], et y ajoutent des influences africaines pour créer lesnegro spirituals et legospel, peu à peu chantés dans les églisesméthodistes,baptistes oupentecôtistes[28]. De même, au cours duXIXe siècle, un nombre grandissant de musiciens noirs apprennent à jouer d'un instrument« européen », notamment leviolon, et parodient la musique de bal dans lescakewalks. À l'inverse, lesminstrel shows, réalisés par desEuro-Américains au visage peint en noir (blackface), combinent lasyncope des rythmes africains et l'harmonie de la musique européenne.
Vers 1850, le compositeur blancLouis Moreau Gottschalk adapte les rythmes de la musique des esclaves et des mélodies desCaraïbes pour le piano de salon. DansSouvenirs from Havana (1859) tout comme dans la musique de la culture créole des Caraïbes et de la Nouvelle-Orléans, on retrouve le même motif à trois coups nommétresillo. Celui-ci est une entité rythmique basique dans la musique d'Afrique subsaharienne et de ladiaspora africaine[31],[32].
Au début duXXe siècle, leblues se développe dans leDelta du Mississippi et est largement diffusé à partir de 1920 avec entre autres le premier enregistrement deMamie Smith. Parallèlement, leragtime apparaît, style de piano incarné parScott Joplin, musique syncopée influencée par lamusique classique occidentale. Dans les années 1920, lestride se développe àHarlem. Héritier du ragtime, le stride introduit l'utilisation d'une pulsationternaire, et la virtuosité des musiciens augmente, comme chezJames P. Johnson. Leboogie-woogie se développe à la même époque àChicago.
C'est àLa Nouvelle-Orléans que l'on fait en général naître le jazz, en particulier dans le quartier chaud deStoryville, avec les formations orchestrales des « brass bands », mélange demarches militaires revisitées par les noirs américains et lescréoles, qui privilégie l'expression collective. Dans les années 1910 apparaissent les premières formes de jazz (« proto-jazz »), notamment sous l'impulsion du chef d'orchestreJames Reese Europe, qui créa leClef Club. Cette salle de concert deHarlem accueille dès 1912 le premier orchestre de jazz composé uniquement d'Afro-Américains, leClef Club Orchestra. En 1913 et 1914 sont réalisés des enregistrements au phonographe pour laVictor Talking Machine Company[33].
Le premier enregistrement de jazz voit le jour en par l'Original Dixieland Jass Band, orchestre composé exclusivement de musiciens blancs.
Le pianiste et chef d'orchestre créoleJelly Roll Morton s'autoproclame "inventeur du jazz". S'il est en effet un passeur entre ragtime et jazz, ce sont plutôtKid Ory,Sidney Bechet et surtoutLouis Armstrong qui s'imposent comme les grands solistes des formations Nouvelle-Orléans caractérisées par l'improvisation collective sur le schéma instrumental trompette, trombone, clarinette.
Au début des années 1940 naît lebebop. Tempos ultras rapides, petites formations, virtuosité époustouflante, innovations harmoniques et rythmiques, la rupture est brutale et emmenée parCharlie Parker,Dizzy Gillespie,Kenny Clarke,Thelonious Monk. L'intellectualisation du jazz par le bebop ne sera pas toujours bien perçue par le public et certains critiques, notammentHugues Panassié en France sera particulièrement virulent contre cette nouvelle forme de jazz.
Cool jazz, hard bop, jazz modal, free jazz (années 1950)
Vers les années 1950 apparaissent des évolutions au bebop, comme lecool et lehard bop. Le cool et lejazz West Coast regroupent des évolutions du bop moins marquées par le rythme, et généralement faites par des blancs. Lesfour Brothers deJimmy Giuffre, les innovations deLennie Tristano et la collaboration entreMiles Davis etGil Evans sont généralement regroupées sous cette bannière. Au contraire, le hard bop est plutôt un mouvement noir, visant à réintroduire plus desoul et de blues dans le bop, et pour qui l'aspect rythmique est prédominant.Art Blakey,Horace Silver ouSonny Rollins y participent. D'autres personnalités inclassables émergent :Bill Evans,Charles Mingus,Oscar Peterson…
À la fin des années 1950, les structures harmoniques et l'improvisation sont portées à leurs limites parJohn Coltrane. Emmenés par Coltrane etOrnette Coleman les musiciens bouleversent la structure musicale et les techniques instrumentales. Lagrille harmonique, le rythme régulier, et même le thème sont supprimés, au profit d'improvisations collectives, la prédominance de l'énergie, et l'utilisation de techniques non conventionnelles (suraigus,growl, cris,slaps, « sons sales », voirebruitistes), c'est la naissance dufree jazz. Les réactions des critiques à cette nouvelle forme de jazz sont féroces, et le public beaucoup moins nombreux à suivre cette musique nouvelle.
Le mouvement « Third Stream » naît vers le milieu des années 1950, en même temps que les premiers frémissements du free jazz, et participe de la volonté des acteurs de la scène jazz d'élargir encore leurs horizons musicaux. En l’occurrence le Third Stream désigne les œuvres des compositeurs qui tentent de réaliser une synthèse du jazz et de lamusique classique européenne[34].
Les éléments distinctifs suivants se retrouvent dans la majorité des styles de jazz :
leswing : c'est une division du temps ternaire dans laquelle 2 croches se jouent noire-croche dans un triolet, division du temps 2/3-1/3, le fameux « chabada », donnant ainsi un rythme entraînant spécifique au jazz ;
l'accentuation des temps faibles (l'inverse de la musique classique) ;
l'improvisation : un processus par lequel le musicien de jazz crée ou produit une œuvre musicale spontanée en se servant de sa créativité dans l'instant et de son savoir technique et théorique des divers styles de jazz ;
l'utilisation duchiffrage pour cadrer l'improvisation (basse continue moderne) ;
l'interaction en groupe ;
le développement d'une voix individuelle comme artiste (sonorité etphrasé) : les musiciens de jazz sont souvent à la recherche de l'expression musicale individuelle, innovatrice et créative ;
l'ouverture aux diverses possibilités musicales ;
lesstandards de jazz : les morceaux bien connus, pour la plupart issus des comédies musicales de Broadway, qui ont acquis une certaine notoriété via ces films, qui font l'objet de nombreuses reprises et sont joués lors des jam sessions (p. ex.,All of Me,Autumn Leaves,Mack the Knife,Summertime, etc.) ;
lasubstitution tritonique ; le remplacement d'un accord par un accord similaire dont la fondamentale se situe autriton ;
l'abondance d'emprunts à d'autrestonalités ou d'autresmodes ;
Cette section peut contenir untravail inédit ou des déclarationsnon vérifiées (septembre 2023). Vous pouvez aider en ajoutant des références ou en supprimant le contenu inédit.
Sivous ne connaissez pas le sujet, laissez ce bandeau(vous pouvez alors contacter les auteurs).
Si vous supprimez le contenu mis en cause(vous pouvez préalablement contacter les auteurs),
(un manque de référence n'est pas un argument ; une recherche réelle de référence doit avoir été effectuée, être formellement documentée).
De nombreux jazzmen remarquables marquent l'histoire du jazz, apportant sa propre touche distinctive au genre. Voici quelques-uns des plus grands jazzmen, avec leurs années de naissance et de décès, ainsi que leurs spécialités musicales :
Contributions majeures : Armstrong est l'un des pionniers du jazz, connu pour son jeu de trompette virtuose, sa voix distinctive et son rôle dans le développement du jazz de la Nouvelle-Orléans.
Contributions majeures : Ellington est un compositeur prolifique et un chef d'orchestre renommé. Son orchestre, le Duke Ellington Orchestra, a été l'un des plus influents dans l'histoire du jazz.
Contributions majeures : Parker est une figure clé du bebop et est réputé pour sa virtuosité au saxophone alto. Ses enregistrements révolutionnaires ont influencé de nombreux saxophonistes.
Contributions majeures : Davis a été à la pointe de plusieurs mouvements du jazz, du cool jazz au jazz fusion. Ses albums "Kind of Blue" et "Bitches Brew" sont des classiques du genre.
Contributions majeures : Holiday est l'une des chanteuses de jazz les plus emblématiques. Sa voix émotionnelle et son interprétation les chansons ont laissé une empreinte indélébile sur le jazz vocal.
Contributions majeures : Monk était un compositeur et pianiste originaire du bebop. Ses compositions innovantes et son jeu pianistique unique ont marqué le jazz moderne.
Contributions majeures : Fitzgerald est l'une des voix les plus célèbres du jazz vocal. Elle est connue pour sa virtuosité vocale et sa capacité à improviser des scat.
Contributions majeures : Blakey était un batteur et un chef d'orchestre de jazz hard bop réputé. Son groupe, les Jazz Messengers, a été une pépinière de talents pour de nombreux jeunes musiciens de jazz.
Contributions majeures : Getz est célèbre pour la sonorité de son jeu et son exploration de labossa nova.
Chacun de ces jazzmen a laissé une marque indélébile sur l'histoire du jazz, contribuant à l'évolution du genre et inspirant de nombreuses générations de musiciens. Leurs œuvres continuent d'être étudiées et appréciées par les amateurs de jazz du monde entier.
Le cinéasteWoody Allen et son groupe en concert àIrvine (Californie) en décembre 2006. Le jazz est omniprésent dans la bande originale de la plupart de ses films.
La52e rue deManhattan vers 1948. Durant les années 1950, elle compte plusieurs dizaines declubs de jazz et est surnommée« la rue du jazz ».
Lesclubs de jazz ont été l'un des principaux vecteurs de la diffusion de la musique jazz, notamment jusqu'au développement des procédés d'enregistrement du son surdisque microsillon (vinyle). Les premiers sont apparus au début du siècle dans les lieux de naissance du jazz :La Nouvelle-Orléans,Kansas City, puisChicago,Washington etNew York[36]. Cette dernière voit proliférer le nombre de clubs de jazz dans l'entre-deux guerres : la52e rue deManhattan en compte plusieurs dizaines à elle seule dans lesannées 1950. Avec le déclin progressif de l'intérêt du grand public pour le jazz, le nombre de clubs se réduit mais plusieurs lieux« mythiques » du jazz existent encore aujourd'hui.
Dans ses mémoires publiés en 1938, lemarchand d'artWilhelm Uhde témoigne qu'en 1905 les cafés parisiens d'avant-garde, le Bar Royal, le Bar Maurice, Le Rat mort, Le Hanneton, le Café de Versailles, sont déjà animés par le jazz[37].
Lors de laPremière Guerre mondiale, quelques groupes américains participent à la diffusion du jazz en France en jouant dans les camps et les hôpitaux militaires.James Reese Europe, l'un des chefs d'orchestre de jazz les plus populaires de New York, arrive fin 1917 à Brest et à Saint-Nazaire. Il recrute une soixantaine de musiciens, venant principalement de Harlem et de Porto Rico, qui forment le369e régiment d'infanterie (« Harlem Hellfighters »).
Le jazz, genre musical initialement conçu pour être joué en public[1], se prête particulièrement bien au concept defestival. De très nombreux évènements ont été créés à travers le monde, principalement aux États-Unis et en Europe, mais également en Asie et en Afrique depuis les deux dernières décennies.
Outre ces radios spécialisées, certaines stations généralistes consacrent des émissions à la musique jazz, notamment celles de l'ORTF puis deRadio France. De 1955 à 1971,Frank Ténot etDaniel Filipacchi animent surEurope 1 l'une des premières émissions de jazz en France,Pour ceux qui aiment le jazz[38]. Lesociologue et critique de jazzLucien Malson anima plusieurs émissions sur les stations du service public, commeLe Bureau du jazz ouBlack and Blue,aux côtés d'Alain Gerber[38]. Ils y accueillent de nombreux musiciens, retransmettent des festivals et diffusent des concerts historiques, tel que celui deRay Charles en 1961[38]. Les principales émissions de jazz actuelles sontSummertime surFrance Inter, etClub Jazz à FIP surFIP. En 2013,France Musique propose douze heures trente de jazz hebdomadaires[38].
La diffusion du jazz s'effectue également grâce à desmagazines périodiques. Les références mondiales sont les magazines américainsJazzTimes etDown Beat, fondé en 1934 et qui accorde également une place au blues. Le magazineJazziz aborde quant à lui le jazz dans sa grande diversité de styles.
Plusieurs publications existent également en français, dontJazz Hot, fondé par les critiques de jazzCharles Delaunay etHugues Panassié en 1935, qui est aujourd'hui la doyenne des revues de jazz en activité[39]. Le sociologueLucien Malson, collaborateur deJazz Hot, fonde en 1959Les Cahiers du jazz, dont il est le rédacteur en chef jusqu'en 1971[40]. Les magazinesJazzman etJazz Magazine ont fusionné en 2009 pour devenirJazz Magazine Jazzman. La revueJazz Classique, qui publie cinq numéros par an, comprend de nombreuses interviews de musiciens. Enfin, le siteCitizenjazz.com est la principale revue en ligne consacrée au jazz.
L'enseignement du jazz dans un cadre formel s'est développé à partir de la décennie 1940. L'exception étant leConservatoire Hoch, àFrancfort-sur-le-Main, où Sekles a initié dès 1928 les premiers cours de jazz dans le monde entier, dirigés parMátyás Seiber.
New School, premier cours de niveau « college » (études supérieures) en 1941[41].
Cependant, les saxophones, instruments indispensables dans l'orchestre de jazz, s'intègrent très mal dans les orchestres symphoniques à cause de leur timbre riche en harmoniques aiguës, ce qui empêche aux orchestres symphoniques de les considérer comme des membres à part entière ; en effet, dans les orchestres symphoniques, les saxophonistes sont des contractuels. À l'aube duXXIe siècle, cette incursion du jazz dans les œuvres classiques duXXe siècle apparaît davantage comme une expérimentation ou une recherche épisodique d'une certaine couleur ou ambiance, qu'une influence pérenne sur la création classique.
De nombreux auteurs ont fait figurer des musiciens ou des mélodies de jazz dans leurs œuvres.Boris Vian, grand amateur de jazz, membre duHot Club de France et lui-même trompettiste, fait référence au jazz dans la plupart de ses ouvrages. Un personnage deL'Écume des jours (1947), Chloé, a été nommée d'après lestandard de jazzChloe (Song of the Swamp)deDuke Ellington, dont Vian était un inconditionnel. Les héros de ses romans fréquentent les clubs de jazz et il est souvent fait mention du nom de compositeurs, jazzmans et mélodies. Vian a par ailleurs contribué à la rédaction de la revueJazz Hot et écrivit des émissions radiophoniques de jazz en anglais, à destination du public américain (Jazz in Paris).
Les rythmes et les couleurs du jazz, ainsi que l'atmosphère de ses clubs, ont été une source d'inspiration pour des artistes peintres, sculpteurs ou photographes.Piet Mondrian, dans ses derniers tableaux, essayait de rendre la vivacité duswing et duboogie-woogie.Henri Matisse a publié en 1947 un livre de gouaches découpées intituléJazz. Bien que les dessins ne soient pas à proprement parler liés au jazz (il y est plutôt question de cirque et de théâtre), Matisse se reconnaissait dans la démarche de l'improvisation jazz.
Nicolas de Staël a peint plusieurs tableaux représentant desjazzmen ou desclubs de jazz. Amateur deSidney Bechet, dont il admire le jazz « coloré », il réalise un ensemble de deux toiles en son honneur, nomméLes Musiciens, souvenir de Sidney Bechet(1952-1953). La silhouette de Bechet avec sa clarinette, vêtu d'un costume sombre, est visible à la droite du tableau ; il est peut-être accompagné du clarinettiste françaisClaude Luter[47]. Dans ces deux toiles, les couleurs sont vives (jaune et rouge) pour figurer le rythme et l'énergie du jazz[47].
Le jazz est un thème récurrent de l’œuvre deJean-Michel Basquiat (1960-1988), et a inspiré sa manière de peindre. Il déclare dans une interview que« lebebop est [sa] musique préférée » et que son jazzman favori estMiles Davis[48]. Il écrit et peint sur ses tableaux« de façon syncopée », à la manière duscat, et en utilisant l'improvisation[49]. Dans le tableauGrain Alcohol (1983), Basquiat fait référence à des jazzmen par des codes : MLSDVS désigne Miles Davis, DZYGLPSEDizzy Gillespie, et MX RCHMax Roach[49]. Il consacre également des œuvres à des musiciens de manière explicite :Charles the First (1982) àCharlie Parker,Lye (1983) àNat King Cole, ou encoreIn the Wings (1986) àLester Young[49].
L’œuvre du peintreSacha Chimkevitch (1920-2006) est également marquée par le jazz : auteur de plusieurs affiches de festivals, il réalisa des portraits de grand jazzmen, dont Charlie Parker, Duke Ellington etErroll Garner.
L'affiche du filmLe Chanteur de jazz (1927), dans lequelAl Jolson se déguise en noir pour devenir une vedette de jazz.
De nombreux films ont pour sujet principal le jazz ou les musiciens de jazz. Le premier film parlant de l'histoire du cinéma estLe Chanteur de jazz, sorti en 1927, qui raconte l'histoire d'un pianistejuif qui tente de devenir une vedette de jazz en se déguisant ennoir (blackface). Desjazzmen et desjazzbands apparaissent fréquemment dans des films, commePaul Whiteman dansLa Féerie du jazz (1930) ouLester Young dansJammin' the Blues (1944).Paris Blues témoigne de l'effervescence de la scène jazz parisienne de la fin des années 1950, et le documentaireL'Aventure du jazz, réalisé entre 1969 et 1972 parLouis Panassié, fait figurer plus de130 musiciens, dontLouis Armstrong etDuke Ellington. Le filmWhiplash, sorti en 2014, est l'un des rares à évoquer la batterie jazz.
Le jazz est également présent dans la bande originale de nombreux films dont le sujet principal n'est pas la musique. Il est ainsi omniprésent dans les films deWoody Allen, lui-même clarinettiste de jazz. LaRhapsody in Blue deGeorge Gershwin constitue notamment le thème du filmManhattan (1979). Allen a en outre réalisé un faux documentaire sur la guitare jazz,Accords et Désaccords (1999). Le cinéaste d'animationNorman McLaren a quant à lui tourné plusieurscourts-métragesexpérimentaux mettant en images des œuvres de jazz, dontCaprice en couleurs (1949), qui utilise le répertoire du pianisteOscar Peterson.Le filmLa La Land, réalisé parDamien Chazelle et sorti en 2016, a exercé une influence cruciale sur la perception contemporaine du jazz. En racontant une histoire d'amour dans un Los Angeles imprégné de nostalgie, le film célèbre le jazz tout en le revisitant, le rendant ainsi attrayant pour un public varié. Labande sonore, parJustin Hurwitz, fusionne des éléments de jazz classique avec des influences modernes. Des morceaux comme "City of Stars" et "Audition (The Fools Who Dream)" illustrent cette rencontre entre tradition et innovation, offrant une approche vivante du genre[51].
Cet hommage musical a insufflé un nouvel intérêt pour le jazz, notamment auprès des jeunes musiciens. Dans les écoles de musique, des étudiants redécouvrent des figures iconiques telles queMiles Davis etJohn Coltrane, encouragés par le film à explorer le genre dans leurs propres compositions. L'impact deLa La Land se traduit également par une hausse des inscriptions aux cours de jazz, où les élèves s’approprient les codes musicaux du genre tout en développant des créations originales inspirées par le film[52].
La La Land contribue aussi à faire du jazz un art à la fois accessible et actuel, capable de capter l’attention d’un public diversifié[53]. Ce type de représentation inspire parfois même des vocations musicales, en invitant les jeunes talents à se plonger dans l’histoire et les techniques du jazz. C'est un film qui redonne au jazz une place centrale, en le transformant en symbole d’aspiration artistique, de nostalgie mais aussi de passion, ce qui reflète les réalités et les défis de la vie artistique[54].
Ainsi,La La Land a redéfini la place du jazz dans laculture populaire. De jeunes artistes émergents, inspirés par le film, témoignent de la modernité du jazz et de sa pertinence dans l’art actuel, illustrant la capacité du genre à rester dynamique et à séduire de nouveaux publics, et le film a revitalisé l’intérêt pour ce style musical.
Guillaume Belhomme,Giant Steps, jazz en 100 figures &Way Ahead, jazz en 100 autres figures, Le mot et le reste, 2009/2011
Yannick Séité,Le Jazz, à la lettre, Presses Universitaires de France, 2010
Laurent Cugny,Analyser le jazz, Outre-Mesure, 2009
André Francis,Jazz, collection Solfèges-Éditions Du Seuil, 1977, 288 pages.
Jean Jamin et Patrick Williams,Une anthropologie du jazz, Paris, CNRS Éditions, 2010
Joachim-Ernst Berendt,Le Grand Livre du Jazz, traduction française, aux Éditions Du Rocher-Le Livre de Poche, 636 pages, issue de la traduction américaine de la version originale allemandeDas Große Jazzbuch.
Paul Oliver,Savannah Syncopators: African Retentions in the Blues, Londres, Studio Vista, 1970.(ISBN0-289-79827-2).
Eric Porter,What Is This Thing Called Jazz? African American Musicians as Artists, Critics and Activists, Londres,University of California Press, 2002.
Gunther Schuller,Early Jazz: Its Roots and Musical Development, Londres, Oxford University Press, 1968. Réimpression en 1986.
Gunther Schuller,The Swing Era: The Development of Jazz, 1930–1945, Oxford University Press, 1991.
↑Critique deThe Cambridge Companion to Jazz par Peter Elsdon,Frankfurter Zeitschrift für Musikwissenschaft (Revue de Francfort de musicologie), no. 6, 2003.