Photographie du sénateur de l'Illinois John H. Addams.Propriété où est née Jane Addams.
Jane Addams est née le, dans une ferme deCedarville, à proximité deFreeport, dans le nord de l'État de l'Illinois. Elle est la huitième des neuf enfants de Sarah Weber épouse Addams et deJohn H. Addams(en). Cinq des enfants décèdent de façon prématurée, lors de la petite enfance, seuls Jane Addams avec ses deux sœurs aînées et un frère aîné survivent et atteignent l'âge adulte[1],[2],[3],[4],[5],[6].
Dès son enfance Jane Addams est d'une santé fragile et souffre d'unescoliose[4].
En1868, John Huy Addams épouse ensecondes noces Anna H. Haldeman, uneveuve, mère de deux enfants animée par l'ambition à devenir membre d'une famille « respectable »[1],[2].
Même si Jane Addams n'a jamais tissé de liens chaleureux avec sa belle-mère, cela dit, cette dernière exerce sur elle une forte influence, notamment dans les domaines de la musique et de la littérature. Par ailleurs, elle noue des relations amicales avec son beau-frère George Hadelman, qui devient son camarade privilégié durant sonadolescence[1].
Sous l'influence de son père et de sa belle-mère, Jane Addams épouse les valeurs desrépublicains quant aux responsabilités de chacun vis-à-vis de la communauté, des droits individuels et la croyance dans que les principeséthiques duchristianisme et les arts sont les fondements de la civilisation[2].
Même si John Huy Addams est loin d'être un partisan du droit des femmes, il souhaite pour ses filles la meilleure formation possible et il est soutenu en cela par sa seconde épouse. C'est ainsi, qu'en1877, comme ses sœurs aînées, Jane Addams entre achever ses études secondaires auséminaire féminin deRockford dans l'Illinois, séminaire devenu le Rockford College puis laRockford University(en). Elle y fait la connaissance d'Ellen Gates Starr, qui devient son amie. Jane Addams y apprécie une professeure au caractère bien trempé,Anna Peck Sill(en). Comme beaucoup de ses condisciples, elle est une admiratrice deJohn Ruskin et de sa philosophie sociale. Elle en sort diplômée en1881 comme major de sa promotion[1],[2].
En1881, Jane Addams apprend la mort subite de son père, âgé de59 ans. Il est à noter que son père lui laisse unhéritage d'un montant de 50 000 $[note 1]. Le décès son père la motive à embrasser la carrière demédecin et de se présenter auWoman's Medical College of Pennsylvania ; elle y est acceptée, mais à cause de sa santé fragile elle abandonne ses études au bout du premier semestre[1],[4].
Marquée par la mort de son père et son abandon contraint du fait de sa sante de ses études médicales, Jane Addams entre dans une périodedépressive. En1883, voyant son état, sa belle-mère Anna H. Haldeman emmène Jane Addams faire un grande tournée enEurope en espérant que cela lui changera les idées et lui permettra de retrouver un état de santé satisfaisant, C'est aussi l'occasion pour de riches héritières américaines comme Jane Addams de se faire courtiser par des aristocrates appauvris qui échangent leur titre contre la fortune[1],[4].
Comme d'autres, Jane Addams visite les musées, va au concert, au théâtre, mais en plus elle prend conscience des souffrances que subissent lespauvres de Londres et des autres villes. Il lui semble plus utile de trouver des moyens pour alléger la détresse des pauvres que de trouver un mari[4].
En1885, Jane Addams accepte de se faire opérer par son frère afin de ne plus souffrir de sa scoliose. Si l'opération réussit, en revanche il s'avère qu'il lui sera impossible de mener à terme unegrossesse. Jane Addams ne pourra pas mener la vie normale d'une femme de lagrande-bourgeoisie américaine. La même année, elle se fait baptiser dans l'église presbytérienne de Cedarville. Pendant deux ans, Jane Addams part s'installer avec sa belle-mère et son beau-frère George Hadelman àBaltimore, dans l'État duMaryland. Pendant que George Hadelman suit des cours auprès de l'université Johns-Hopkins, Jane Addams se rend régulièrement aux conférences organisées par cette université et commence à s'engager dans action caritatives auprès de la population noire de la ville[1],[4].
Sa romance avec George Hadelman se développe, malgré les séances despiritisme où la « voix » de sa mère lui déconseille vivement de poursuivre cette idylle[1].
En1887, désœuvrée, ne sachant quelle voie suivre, Jane Addams entreprend un second voyage en Europe. À Londres, elle est témoin de lagrève des ouvrières des manufactures d’allumettes à Londres en 1888,qui lui toucher la misère humaine[pas clair]. Dans la foulée, elle rend visite àFrederic Harrison, un disciple dupositivisme d'Auguste Comte, qui la convainc de s'intéresser à cette philosophie sociale ; elle pense que grâce à cette dernière elle pourra mener une synthèse entre les espérances religieuses et les conflits sociaux à travers les âges[1].
Arrivée à Rome, Jane Addams visite lescatacombes par plusieurs fois dans le dessein de pouvoir comprendre leschristianisme primitif. Mais son projet est interrompu par une fortenévralgie sciatique qui l'oblige à s'aliter pendant plusieurs semaines et la replonge dans un épisode dépressif[1],.
En avril1888, Jane Addams visite Madrid, en compagnie de son amie d'enfanceEllen Gates Starr ; à l'occasion d'une promenade, elle lui confie ses projets de réforme sociale[1],[4].
Un mois plus tard, elle retourne à Londres et visite leToynbee Hall situé dans le quartier de l'East End, plus précisément àWhitechapel. Il s'agit d'un établissement ouvert en1884, fondé par un groupe de 14 jeunes diplômés de l'université d'Oxford et de l'université de Cambridge. Tous sont influencés parFrederick Denison Maurice,Benjamin Jowett,John Ruskin etLéon Tolstoï ; ils sont animés par un nouveaudevoir de l'homme riche et instruit, celui d'aider et d'instruire les pauvres. Dès1867, des jeunes diplômés viennent s'installer à White chapel pendant leurs vacances d'été ; parmi eux, il y aArnold Toynbee, habité plus que tous par ce nouveau devoir. Après sa mort le, ses amis créent la fondation Toynbee. Ayant entendu parler de cette fondation, leprêtre anglicanSamuel Barnett se rend àOxford, et prononce auSt John's College une conférence où il montre les limites de la philanthropie, que les pauvres ont certes besoin d'aliments, de vêtements, d'appartements mais aussi d'éducation, de la découverte des beaux arts, de voyages touristiques, de relations sociales. et pour cela il est nécessaire de se connaitre, de rapprocher les classes pauvres desélites, classes qui au mieux s'ignorent et au pire se haïssent. L'appel est entendu, dans la foulée est créée l'Universities Settlement Association, qui réunit les fonds nécessaires pour acheter un bâtiment qui devient après les aménagements nécessaires le Toynbee Hall[1],[5],[7].
De retour à Chicago, en, Jane Addams et Ellen Gates Starr sont décidées à créer un centre d'activités communautaires sur le modèle du Toynbee Hall. Quand elles exposent leur projet auprès de leurs proches, ces derniers sont, à leur grande surprise, enthousiastes, l'idée est dans l'air du temps[1].
Photographie de la Hull House.
Toutes deux se mettent en quête d'un bâtiment correspondant à leur projet dans le quartier duWest Side de Chicago. Elles jettent leur dévolu sur un bâtiment, la Hull Mansion, une bâtisse abandonnée sise au 800, South Halsted Street dans leNear West Side. Maison construite par l'architecte Charles Hull pour un homme d'affaires afin de lui servir de maison de campagne mais depuis située au centre d'un quartier habité par plus de 5 000 migrantsItaliens,Siciliens,Grecs,Russes,Allemands[1],[2].
Jane Addams et Ellen Gates Starr s'installent dans la Hull House en et déclarent à leur voisinage qu'il s'agit de leur foyer. Jane Addams sillonne les États-Unis pour annoncer la création d'un centre communautaire à Chicago sur le modèle du Toynbee Hall de Londres. Ses conférences ont pour public majoritairement des jeunes et plus particulièrement des jeunes femmes de la haute bourgeoisie conscientes de leur ignorance des conditions de la « vraie vie ». Ce mouvement est perçu par Jane Addams comme allant au-delà des valeurs duchristianisme mais comme résultant d'un besoin pressant de création de centres communautaires. L'un de ses discours les plus retentissants est celui donné en1892 au sein d'une école d'éthique appliquée de la ville dePlymouth, dans le Massachusetts[1],[5].
Dès1893, grâce à des dons et l'héritage paternel perçu par Jane Addams, la Hull House multiplie les places de résidents, et les pièces nécessaires pour plus de quarante ateliers, de salles d’expositions, de conférences, de clubs, decrèches de jour, et l'ouverture d'undispensaire et s'étend sur plusieurs pâtés d'immeubles et comprend près de13 immeubles différents entre laHalsted Street(en) et lagare de Dearborn, située sur la Polk street[1],[2].
Tout commeJohn Ruskin etWilliam Morris, Jane Addams est convaincue du lien et des interactions entre l'art et la justice sociale, c'est pourquoi, la Hull House intègre des ateliers d'expressions artistiques et ouvre un nouveau bâtiment, la « Butler Art Gallery », et un théâtre dont le répertoire va destragiques grecs àJohn Galsworthy. La résidenteEleanor Sophia Smith(en) ouvre l'école de musique et la dirige. Cette école donne plusieurs concerts, ce qui donne l'occasion aux enfants des migrants d'avoir accès à la musique et de pouvoir y entrer pour développer leurs capacités[1].
Si au départ c'est Jane Addams qui finance la Hull House grâce à la fortune dont elle a héritée, peu à peu les dons affluent aussi bien venants de résidents que de sympathisants, si bien qu'en1920 le budget annuel de la Hull House se monte à 100 000 $[note 2]. Les femmes fortunées de Chicago sont les principales donatrices, animées notamment par laphilanthropeHelen Culver(en) puis parLouise DeKoven Bowen(en), qui prend sa succession[1].
Il devient évident que les clubs d'entraide et centres de service sociaux ne peuvent résoudre à eux seuls les problèmes sociaux. La publication en1895 desHull House Maps and Papers[8] est un exemple du changement d'orientation de la Hull House. Ce rapport est une étude des conditions de vie des gens des quartiers défavorisés, logement dans des immeubles insalubres, exploitation au sein desateliers de misère et la question dutravail des enfants. Par ses actions, la Hull House est l'un des acteurs la période dite de l'ère progressiste, pendant laquelle se pose la question de comment définir le rôle d'un gouvernement au sein d'une sociétécapitaliste et démocratique[1],[2].
La Hull House met à la disposition des organisations syndicales ouvrières et auxgrévistes des salles pour tenir des meetings. C'est dans ce cadre que Jane Addams noue une amitié avec le président de laFédération américaine du travail (AFL),Samuel Gompers[4].
C'est un moment charnière pour Jane Addams, qui s’intéresse à laphilosophie sociale et à ses auteurs membres de l'université de Chicago, tels queJohn Dewey, Sophonisba Breckinridge et Edith Abbott, professeurs qui participent à la création de lapsychologie scolaire de Chicago. Jane Addams se démarque de ces auteurs en déclarant que l'objet des sciences sociales ne peut se limiter à desplaidoyers, desmanifestes mais qu'il doit avant tout être fondés sur des enquêtes et des investigations. C'est pourquoi la Hull House ne saurait aucunement être un laboratoire social, mais un lieu de propositions de lois à partir d'enquêtes et veiller à ce qu'elles soient votées[2].
Par un travail delobbying auprès des autorités de l'Illinois, la Hull House obtient en1893 la première loi établissant un corps d'inspecteurs du travail pour les usines et ateliers, et participe à tous les débats concernant letravail des enfants, la réduction du temps de travail pour les femmes, l'augmentation des salaires, la protection de la santé, la reconnaissance des syndicats, les règlements d’hygiène et de sécurité, notamment pour l'emploi des machines, l'éducation obligatoire et l'ouverture du premier tribunal pour enfants à Chicago[1],[2].
Jane Addams répartit les rôles d'enquêtes de lobbying selon les compétences des résidentes. Florence Kelley prend la tête des enquêtes sur les ateliers de misère, Grace Abbott travaille sur les arrivées de nouveaux migrants, Julia Lathrop s’attelle à lasanté publique, Louise DeKoven Bowen étudie le développement des tribunaux pour enfant et la protection de la jeunesse et Ellen Gates Starr gère et organise les activités culturelles de la Hull House. Jane Addams encourage les résidents de la Hull House à appuyer tout renforcement des lois réprimant laprostitution et le trafic, la vente et l'usage des drogues[1],[2].
En1896, Jane Addams publie son premier articleA Belated Industry dans les colonnes duThe American Journal of Sociology, dans lequel elle questionne le sort des ouvrières mal payées, exploitées, surtout les migrantes qui n'ont que des rudiments de la langue anglaise, repliées sur leur communauté[5].
En, pour dénoncer lacorruption d'un conseiller municipal de Chicago, Jane Addams écrit l'articleEthical Survivals in Municipal Corruption, qui est publié au sein de l'International Journal of Ethics[8]. C'est le début de sa carrière de journaliste et d'essayiste[1].
En1902, elle publie son premier livreDemocracy and Social Ethics, qui est une compilation d'articles et conférences ayant pour objet de penser une nouvelleéthique sociale adaptée à une société moderne marquée par le développement de l'industrie pouvant transcender les diversesmorales individuelles[1].
En1909, Jane Addams publieThe Spirit of Youth and the City Streets, qui expose les conflits de générations au sein des populations migrantes[1].
En1910, son livreTwenty Years at Hull House est tiré à 80 000 exemplaires ; c'est un succès qui rejoint le rang des grandesautobiographies d'américains[1].
En1911, Jane House est élue pour diriger la National Federation of Settlements (Fédération nationale des centres d’accueil), qu'elle occupe jusqu'à sa mort[1].
Jusqu'à la déclaration de laPremière Guerre mondiale, Jane Addams est la femme non seulement la plus célèbre desÉtats-Unis mais la femme la plus respectée de son temps. En 1906, l'un des leaders du syndicalisme britannique,John Burns, déclare à son sujet :« C'est la seule sainte issue de l'Amérique ». En 1912, le journalThe North American(en) de Philadelphie écrit :« Jane Addams est probablement la femme la plus largement aimée dans le monde ». En 1913, le quotidienThe Independent (New York City)(en) demande à ses lecteurs quelles sont leurs personnalités préférées ; à la première place ils mettentThomas Edison et à la seconde place Jane Addams[2].
Le présidentTheodore Roosevelt fait à la Hull House de nombreux passages éclairs ; Jane Addams soutient sa candidature lors de l'élection présidentielle américaine de 1904. Les socialistes britanniquesSidney Webb et son épouseBeatrice Webb, après leur visite de la Hull House, disent à son propos qu'elle la meilleure des institutions sociales américaines. À la suite des époux Webb, la Hull House devient la championne des mouvements ouvriers ; cette réputation devenue internationale inquiète de nombreux privilégiés, qui voient en Jane Addams une dangereuse extrémiste de gauche[1],[5].
Soupçon renforcé quand Jane Addams rend visite à un amianarchiste de Chicago emprisonné illégalement et suspecté d'avoir participé à l'assassinat du présidentWilliam McKinley. Visite jugée scandaleuse qui entraîne, entre autres, le retrait du soutien deBertha Palmer. Jane Addams justifie cette visite en déclarant que toutes les opinions doivent être entendues, le pire pour qu'une idée devienne dangereuse n'est-ce point de la taire de la laisser fleurir dans la clandestinité à l'abri des regards et des oreilles ? C'est pourquoi la Hull house ouvre ses portes à toutes sortes de débats, controverses autour de diverses idéologies, y participent des personnalités telles queW. C. Steadman(en),Keir Hardie ouPierre Kropotkine[1],[4].
Jane Addams noue des relations amicales avec John Dewey et William James. Ce dernier devient l'un de ses plus ardents admirateurs et John Dewey vient travailler plusieurs fois à la Hull House durant la période où il est professeur à l'université de Chicago[1].
En dehors de ses amitiés avec William James et John Dewey, Jane Addams entretient des amitiés féminines indéfectibles et durables, notamment avec deux résidentes de la Hull House, Ellen Gates Starr etMary Rozet Smith(en). Cette dernière, issue d'une famille fortunée, se charge de trouver des fonds pour la Hull House. Avec Jane Addams, elles partent régulièrement en tournée en Europe pour faire connaitre la Hull House. À partir de1905, toutes les deux passent l'été ensemble àBar Harbor, dans l'État duMaine. Elles échangent unecorrespondance dans laquelle s'exprime une affection passionnée[1].
Les prises de positions exprimées par Jane Addams et d'autres résidents et sympathisants de la Hull House font désormais de ces derniers des parties prenantes de la vie politique américaine. En 1912, Jane Addams appuie la nomination de Theodore Roosevelt comme candidat duParti progressiste lors de l'élection présidentielle et mène unecampagne en sa faveur. Soutien motivé entre autres parce que de nombreux points du programme du Parti progressiste reprennent des propositions de la Hull House[1].
Jane Addams reprend son combat pour le droit de vote des femmes et lance une campagne pour aborder clairement et sereinement les problèmes de la délinquance des mineurs et celui de laprostitution, qui selon elle sont le résultat d'une vie misérable dans les taudis, d'une vie débilitante à la santé plus que précaire et d'un environnement offrant peu d'occasion à s'en sortir, problématiques qu'elle expose, entre autres, dans son essaiA New Conscience And an Ancient Evil. Elle est élue vice-présidente de laNational American Woman Suffrage Association, charge qu'elle occupe de 1911 à 1914. En 1913, Jane Addams se rend àBudapest pour prendre la parole lors de la convention de l'International Woman Suffrage Alliance (devenue l'International Alliance of Women /Alliance internationale des femmes)[1],[4].
Dès 1907, dans son essaiNewer Ideals of Peace, Jane Addams exprime ses idéespacifistes, renforcées par soninternationalisme. Quand se déclenche en1914 la Grande Guerre des Nations, appelée plus tardPremière Guerre mondiale, Jane Addams s’inquiète des conséquences. En janvier1915, elle est éluesecrétaire générale duWoman's Peace Party qui vient d'être créé puis, en avril de la même année, elle est élue présidente ducongrès international des femmes lors de sa convention tenue àLa Haye. Le congrès lance un appel aux pays neutres afin qu'ils interviennent comme médiateurs auprès des puissances belligérantes pour qu'elle mettent fins aux hostilités. Cet appel est lancé notamment par Jane Addams et laNéerlandaiseAletta Jacobs auprès de tous les dirigeants des nations européennes[1],[2],[4].
Jane Addams rencontre le présidentWoodrow Wilson pour qu'il propose une conférence de médiation mais sans succès[1],[2].
Quand en1917les États-Unis entrent dans le conflit, Jane Addams se trouve seule : tous ses anciens amis pacifistes se retournent contre elle et la vilipendent, lesFilles de la révolution américaine l'expulsent, même John Dewey soutient l'entrée en guerre des États-Unis et de nombreux résidents de la Hull House la désavouent. Lesjournaux et plusieurs personnalités la traitent de « folle », de « traître ». Son ami Theodore Wilson prend ses distances en la qualifiant de « souris qui se prend pour un taureau »[1],[2].
Sans renier ses convictions pacifistes, Jane Addams entre dans l'United States Food Administration(en) dirigée parHerbert Hoover. Elle tient des conférences à travers les États-Unis pour que les Américains donnent une aide alimentaire aux victimes de la guerre. Impressionnée par le travail d'Herbert Hoover auprès de la populationbelge en situation de sous-alimentation, elle le soutiendra quand il se porte candidat lors de l'élection présidentielle de 1928 et à celle de1932. Jane Addams écrit ses doutes et convictions durant cette période dans son essaiPeace and Bread in Time of War, publié en 1922[1].
Son engagement pour la paix est reconnu à l'international par l'attribution en1931 duprix Nobel de la paix, qu'elle partage avecNicholas Murray Butler. Jane Addams est la première Américaine à recevoir ce prix. Elle verse la moitié du montant du prix, soit 16 000 $[note 3], à la Ligue internationale des femmes pour la paix et la liberté[1],[2].
La période des années1920 est pour Jane Addams une période de troubles et de déceptions. Elle est consternée par le retrait des États-Unis de laSociété des Nations, elle est mitigée par l'adoption de laprohibition, autant elle se défie dessaloons, autant elle n'a jamais cru à la prohibition. Elle ne comprend pas la nouvelle génération et est heurtée par lepolitiquement correct qui s'impose dans l'espace public qui va à l'encontre de sa conviction profonde envers latolérance et laliberté d'expression[1],[4].
En1920, Jane Addams participe à la fondation de l'Union américaine pour les libertés civiles (en anglaisAmerican Civil Liberties Union ou ACLU) et siège à son conseil national pendant une dizaine d'années[1].
En 1923, Jane Addams et son amieAlice Hamilton voyagent à travers le monde pour donner des conférences prônant la coopération entre les États[4].
Les Filles de la révolution américaine et l'American Legion continuent leurs attaques contre Jane Addams, sans enrayer sa réputation croissante. En 1923, sa tournée mondiale s'apparente à une procession royale. En 1928, lorsqu'elle se rend à Hawaï pour présider la conférence de laPan Pacific and Southeast Asia Women's Association(en), l'assemblée lui fait un accueil triomphal[1].
En 1931, Jane Addams est également la lauréate du prixMartha Carey Thomas, décerné par lecollège Bryn Mawr d'un montant de 5 000 $[note 4] ; d'autres honneurs suivent. Elle est également en tête dans les classements des Américaines préférées. Elle nomméecitoyenne d'honneur par la ville de Chicago[1].
Malgré sa santé défaillante, Jane Addams participe auNew Deal en tant que conseillère à laPublic Works Administration de Chicago plus spécialement pour les questions touchant le logement et en tant que vice-présidente de l'American Association of Social Security[2].
D'une santé fragile, depuis 1931, elle souffre de plusieursaccidents cardiaques puis se déclare uncancer colorectal. Dix jours après sa présence à un banquet donné àWashington (district de Columbia) en l'honneur de la Ligue internationale des femmes pour la paix et la liberté, Jane Addams meurt le. Pendant deux jours, sa dépouille est exposée à la Hull House, puis après sesfunérailles elle est inhumée au cimetière de Cedarville, sa ville natale. Le journalisteWalter Lippmann en écrivant sanécrologie déclare à son sujet :« Elle est l'expression de l’ultime apologie de la foi en la démocratie »[1],[2].
En 2018, à la suite de travaux de rénovation, le Hard Rock Hotel de Chicago (situé dans leCarbide & Carbon Building) a rouvert ses portes sous le nom de « St. Jane Chicago Hotel », en l'honneur de Jane Addams[22].
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