Initialement peuplée sous l’ère précolombienne par les indigènesArawaks et lesTaïnos, l'île passe souscontrôle espagnol à la suite de l'arrivée deChristophe Colomb en 1494. De nombreux indigènes meurent alors de maladies et les Espagnols y transfèrent desesclaves africains. Nommée « Santiago », l'île demeure une possession espagnole jusqu'en 1655, lorsque l'Angleterre la conquiert et la rebaptise « Jamaica ». Sous le joug colonialbritannique, elle devient l'un des principaux exportateurs de sucre au monde grâce à son économie de plantation reposant sur l'esclavage. LesBritanniques émancipent les esclaves en 1838, et nombre d'entre eux préfèrent alors l'agriculture vivrière aux plantations. À partir des années 1840, les Britanniques ont recours à desChinois et desIndiens pour travailler dans les plantations. L'île obtient son indépendance duRoyaume-Uni le.
La culture jamaïcaine a été diffusée dans le monde à travers lereggae et son plus célèbre représentant,Bob Marley. Elle rayonne également à travers ses exploits sportifs en athlétisme, avec des champions commeUsain Bolt etShelly-Ann Fraser-Pryce.
LesArawaks sont les premiers à avoir peuplé l'île de la Jamaïque vers les années 1000, en provenance d'Amérique du Sud ; partis s'installer dans les Caraïbes à cause d’un grand mouvement de population. Ce peuple vit de l’agriculture et produit dumaïs, dumanioc, dutabac et des racines. Il exerce également la pêche et pratique la chasse à l’arc. Ils dansent et emploient des instruments de musique pour les accompagner comme l’ocarina ou letiriaman qui est une flûte.
La Jamaïque fut annexée par l'Espagne après queChristophe Colomb, accompagné deJuan de Esquivel, y débarqua en 1494. Il y créa la ville « Sevilla la Nueva » (appelé aujourd'hui justeSeville, localisé à l'ouest deSaint Ann's Bay sur la côte nord). Colomb l'employa en tant que domaine privé de sa famille. Plus tard, les Espagnols abandonnentSevilla la Nueva, trop inhospitalière, pour s'installer dans les plaines riches et fertiles du sud. Ils ont ainsi créé une nouvelle ville : « Santiago de la Vega » (aujourd'huiSpanish Town). LesArawaks constituèrent la première main-d'œuvre d'esclaves pour les Espagnols. La quasi-totalité des Arawaks fut rapidement exterminée et sont morts à cause des maladies des Européens. On ne comptait déjà plus d'autochtones à la fin duXVIe siècle.
L'amiralanglaisWilliam Penn et le généralRobert Venabless'emparèrent de l'île le, qui devint officiellement unecolonie britannique en 1670. Entretemps, la plupart des colons espagnols avaient quitté l'île pourCuba, restée espagnole. Au cours de l'invasion, des groupes d'esclaves africains fuient les plantations pour se réfugier dans les hauteurs de l'ile, d'où ils mènent une série d'escarmouches avec les Britanniques avant d’être vaincus puis déportés vers la province canadienne de laNouvelle-Écosse[8]. L'amiral Penn donna à « Santiago de la Vega » le nom deSpanish Town et fit de l'île une plaque tournante de la lutte contre l'Espagne et la piraterie. Parmi les nouveaux arrivants, une première vague d'immigrationfrançaise, installée en particulier dans la paroisse de Saint Andrew, àLiguanea, où les600 habitants à l'époque sont anglais et français, ainsi qu'à Sainte-Catherine. Les registres paroissiaux conservent les noms français de Bouin, Roche, Sablé, Clisson, Mainet, Jarries, Tranchant, Faucourt, Lemoque, Declozel, Chamlet, Plisson, Causson, Tapin, Lafleur, Lépine, Thomassin, Touzalin, Godin, Buchier, Narvais, Pintard, Augier, Campion, Dupuy, Durant, ou Pelpiat[9].
Plus tard, la Jamaïque devint le deuxième plus grand exportateur desucre au monde, mais loin derrière la colonie française deSaint-Domingue. L'emploi d'esclaves par laGrande-Bretagne, à partir de 1672, une vingtaine d'années après la prise de l'île aux Espagnols, eut comme conséquence de faire de la Jamaïque l'une des plaques tournantes de latraite des noirs.
Elle connaît au même moment une nouvelle vague d'immigration française. Le, leroi d'AngleterreCharlesII signe àHampton Court l'édit enjoignant aux colonies anglaises d'accueillir et naturaliser leshuguenots français. Un ordre daté de mentionne 42protestants français auxquels doit être fourni le passage vers la Jamaïque ». Parmi eux, quelques patronymes encore portés par des familles jamaïcaines : Rusea, Nazereau, Gaultier, Boucher, Duquesne, de Boneval, Perrin, du Bourgay, Valette[10], ou encore Galdy[11],[9].
En 1831, une rébellion d'esclaves, lancée par Sam Sharpe, éclate au nord-ouest de la Jamaïque. Bien qu'elle soit écrasée par les forces britanniques, elle permet d'influencer le débat abolitionniste qui se tient auRoyaume-Uni[8]. L'abolition de l'esclavage en 1834 est suivie d'une période de quatre ans pour former lesaffranchis ; en réalité, il s'agit surtout, pour les anciens propriétaires d'esclaves indemnisés de la perte de main-d’œuvre, de réorganiser la production. Les affranchis quittèrent les plantations pour s'établir sur des terres inoccupées de l'intérieur du pays[8].
L'économie resta néanmoins dominée par une minorité de planteurs blancs et la population noire commença à se rebeller contre les mesures discriminatoires dont elle faisait l'objet. Devant l'indifférence du gouvernement britannique, une rébellion éclata àMorant Bay en 1865, suivie par un mouvement de révolte qui s'étendit à tout le pays. Elle fut brutalement réprimée : l'état d'urgence est déclaré, plus de 400 personnes furent pendues ou fusillées, plus de 600 furent flagellées (cent coups de fouet pour les hommes et 30 pour les femmes ; la corde était alors bardée de fil de fer) et un millier de maisons furent incendiées[12]. Cette rébellion aboutit à l'abolition de l'Assemblée locale et à l'établissement d'ungouvernement colonial relevant de la Couronne. Elle ne fut finalement maîtrisée par les autorités britanniques qu'en 1884.
La crise économique qui naît de laPremière Guerre mondiale est présente également en Jamaïque. Il y a plusieurs grèves et émeutes violentes qui font des morts car la colonie n’arrive pas a reprendre le dessus sur la crise. Par la suite, des syndicats émergent dont celui d'Alexander Bustamante et d'Allen Coombs(en) nommé LeTrade Union Congress (Jamaica)(en) entre les années 1935 et 1936. Dans les dix années qui suivirent,Marcus Garvey avait fondé, en 1921, laJamaican Political Association et en 1929, leParti national du peuple. Grâce à cet homme, les noirs vont prendre conscience de leur héritage. En 1944, il y a d’importantes modifications politiques. En 1957, il y a des réformes au niveau duconseil exécutif, il est remplacé par le conseil des ministres. Ce conseil est nommé par le Gouverneur avec les recommandations duChief Minister.
Les mouvements nationalistes se développèrent sous l'impulsion de deux leaders jamaïcains,Alexander Bustamante (1884-1977) etNorman Manley (1893-1969). D'abord alliés puis adversaires politiques, ils alternèrent au pouvoir. Manley accéda au poste dePremier ministre en 1955 et fut un partisan de l'unité desCaraïbes anglophones, celle-ci se réalisant brièvement dans laFédération des Indes occidentales (1958-1962). La Jamaïque obtint son indépendance, dans le cadre duCommonwealth, le.
À la suite de l'indépendance, c'est Bustamante qui obtient le pouvoir. Il fait un plan de développement de l'industrialisation du pays afin de contrer la pauvreté. Cette politique économique fait ses preuves, car à la fin des années 1960, le taux demortalité infantile a diminué, ainsi que le taux d'analphabétisme. L'espérance de vie augmente également[13], en dépit d'une criminalité élevée. En 1967, le gouvernement impose l'état d'urgence à Kingston.
En 1972, leParti national du peuple (PNP) remporte sa première grande victoire électorale depuis l'indépendance et a choisiMichael Manley comme premier ministre. Manley a réaffirmé les fondements idéologiques socialistes démocratiques du PNP en s'efforçant d'accroître l'alphabétisation, l'accès à l'enseignement supérieur et l'accession à la propriété, et supprime les lois discriminatoires à l'égard des femmes et des enfants nés hors mariage. Contrairement aux politiques des premiers ministres du JLP qui l'ont précédé, il améliore les relations avec les pays socialistes tels queCuba, soutient les rébellions anticoloniales en Afrique australe et approfondit les liens avec leMouvement des non-alignés. Il impose également une taxe sur labauxite. Les attaques contre la politique de Manley, qualifiée de "communiste", se sont accompagnées de violences, ce qui a conduit à la proclamation de l'état d'urgence en 1976. Néanmoins, les politiques sociales du gouvernement étaient populaires auprès des classes défavorisées, conduisant à la victoire de Manley et du PNP aux élections de 1976. Les répercussions de lacrise pétrolière décidée par l'OPEP et les pressions des États-Unis conduisent le JLP à reprendre le pouvoir à l'occasion des élections de 1980[14].
Le nouveau premier ministre,Edward Seaga, rompt les relations diplomatiques avec Cuba afin de se réconcilier avecWashington. L'administration du président américainRonald Reagan a réagi positivement à la politiqueanticommuniste de Seaga ; la Jamaïque est devenue l'un des principaux bénéficiaires de l'aide américaine dans lesCaraïbes. En octobre 1983, Seaga envoie des troupes participer à l'invasion de la Grenade pour y renverser le gouvernement communiste. Le JLP, bien qu'impopulaire, se maintient au pouvoir jusqu'en 1989 du fait du boycott des élections par le PNP, qui entendait ainsi protester contre les méthodes autoritaires du gouvernement. La crise économique et l'austérité imposée par les exigences de restructuration de laBanque mondiale et duFMI a déclenché des émeutes et une grève générale en 1985. Le JLP et le PNP alternent au pouvoir depuis lors mais ce dernier a abandonné son orientation socialiste dans les années 1990 pour se replacer au centre[14].
La Jamaïque est un territoire de l'hémisphère nord situé dans l'archipel des Caraïbes (dans les Grandes Antilles), entre letropique du Cancer et l'équateur. L'île se situe à 17° 59' Nord (soit à peu près à la même latitude que leYémen) et à 76° 48' Ouest (soit à peu près à la même longitude que lePérou) .
Les frontières maritimes que compte la Jamaïque sont partagées avec laColombie au sud, leHonduras à l’ouest, lesÎles Caïmans au nord-ouest,Cuba au Nord etHaïti au sud-est.
La superficie maritime jamaïcaine s'étend sur 258 137 km2.
Les deux-tiers de l'île sont constitués de plateaux calcaires ponctués de nombreuses formationskarstiques dont les plus spectaculaires sont situées dans le "pays Cockpit".
Carte topographique de la Jamaïque.
L'île de la Jamaïque est constituée de montagnes à l'intérieur des terres, entourées par une plaine côtière étroite. Pour cette raison, toutes les villes principales sont situées sur la côte.
Les chaînes de montagnes desBlue Mountains regroupent parmi les plus hauts sommets desAntilles. LePic Blue Montain, qui s'élève à 2 256 mètres d'altitude, est le plus haut sommet du pays.
Carte des climats de la Jamaïque selon la classification Koppen-Geiger.
Le climat de la Jamaïque esttropical, avec un temps chaud et humide, bien que les terres aient un climat plus tempéré. Lesprécipitations sont très inégales d’une région à l’autre — le nord-est plus exposé — et sont plus abondantes de juin à décembre. Des risques decyclone tropical pèsent sur l'île à la fin de l’été et au début de l'automne.
L'île compte 3 aéroports internationaux à savoir celui de Norman-Manley à Kingston, de Ian Fleming àOcho Rios, de Donald-Sangster à Montego Bay ; et l'aérodrome de Negril.
La Jamaïque est indépendante et membre duCommonwealth depuis 1962. Reconnaissant le souverain britannique comme chef d'État, la Jamaïque est une monarchie constitutionnelle (royaume duCommonwealth) qui fonctionne sur les bases duparlementarisme britannique (Système de Westminster). L'actuel chef de l’État, le roiCharlesIII, est représenté par un gouverneur général.
Depuis le, le gouverneur général estPatrick Allen, né en 1951, un pasteur de l'Église adventiste du septième jour. Cet ancien président de l'Union des Indes de l'Ouest exerce les pouvoirs et attributions du souverain en Jamaïque.
En, le retour au pouvoir duParti national du peuple mené parPortia Simpson-Miller pouvait remettre en cause le statutmonarchique du pays. En effet, lors de son discours d'investiture en tant que Première ministre, cette dernière avait annoncé vouloir« couper le cordon avec la couronne britannique », en ajoutant :« Nous initialiserons le processus de détachement de la monarchie pour devenir une république, avec notre propre président autochtone pour chef d’État »[15]. Cependant, après quatre ans de pouvoir, le PNP a perdu les élections législatives au profit duParti travailliste, sans avoir mis en œuvre son projet. En 2016,Andrew Holness devientPremier ministre. En 2024, pour la première fois, un projet de loi a été déposé sur la transition vers une république, après quoi il nécessite un examen par des commissions mixtes, suivi d'un vote parlementaire et enfin d'un référendum[16].
L'économie de la Jamaïque est fondée sur les ressources naturelles, telle labauxite, et a un climat favorable à l'agriculture et au tourisme qui est la principale source de revenus et fournit environ un quart de tous les emplois du pays. Des découvertes de gisements debauxite dans les années 1940 ont fait de la Jamaïque, ce dès les années 1970, un des premiers pays exportateurs de ce minerai. C'est également unpavillon de complaisance. En 2025, la Jamaïque est classée en83e position pour l'indice mondial de l'innovation[17].
Lors du recensement de 1960, 76 % de la population descendait desesclavesnoirs, 15 % des colonseuropéens et le reste de la population se répartissait entreChinois,Indiens etmétis[18]. Le pays se caractérise par des clivages ethniques et religieux qui ne sont pas forcément superposables, induisant un usage politique de ces différences moins marqué que dans d'autres parties desCaraïbes[19].
En 2017, la population du pays était estimée à 2 990 561 habitants[20]. La quasi-totalité de la population était composée de Noirs ou métis descendant desesclaves. Une minorité blanche européenne (1 %), mais aussi une minorité non négligeable d'immigrantsasiatiques (0,8 %)[20].
Comme la plupart des autres États des Caraïbes, la Jamaïque a une législation conservatrice s'agissant des minorités sexuelles.L'homosexualité est illégale et peut conduire à la prison. Les articles 76, 77 et 79 du code pénal jamaïcain sont hérités d’une loi coloniale de 1864 qui punit de prison et de travaux forcés « le crime abominable de sodomie »[21].
L'île dispose d'une université régionale publique, l'université des Indes occidentales (UWI). Cette université a été créée initialement en 1948 en Jamaïque, sur le campus deMona, en tant qu'University College of West Indies (UCWI) comme une part de l'université de Londres. Elle a obtenu le statut d'université indépendante en 1962. Le Campus Saint-Augustine àTrinité-et-Tobago, anciennement l'Imperial College of Tropical Agriculture, a été lancé en 1960 et le campus de Cave Hill à laBarbade a été fondé en 1963. Cette Université est répartie sur17 États indépendants de la Caraïbe. En dehors des 3 campus de la Jamaïque, de Trinidad-et-Tobago et de la Barbade, des centres universitaires sont situés dans chacun des 14 autres pays. Cinq facultés sont communes aux trois campus : faculté des Sciences humaines et des Sciences de l'Éducation, faculté de Droit, faculté des Sciences médicales, faculté de Sciences et de Technologie et faculté des Sciences Sociales. Le campus de Mona regroupe environ 15 000 étudiants pour un total de près de 40 000 étudiants pour l'ensemble de l'UWI.
En plus de l'université des West Indies, l'île dispose également d'une université privée, l'université de la Caraïbe du Nord (Northern Caribbean University). C'est une université confessionnelle desadventistes du7e jour qui dispose de quatre campus en Jamaïque pour un total d'environ 5 600 étudiants.
Hailé Sélassié signifie pouvoir de la trinité.HailéSélassiéIer se fit introniser avec la charge de « Roi des Rois, Seigneur des Seigneurs, Lion conquérant de latribu de Juda, élu de Dieu, Lumière de ce Monde, défenseur de la foi », comme tous lesempereurs d’Éthiopie.
Ce mouvement est souvent considéré comme une religion en raison de ses rites tirés de laBible mais les rastafariens, appelésrastas, le conçoivent comme un mode de vie et une manière de représenter le monde depuis sa création.