Considéré comme l'un des plus grands interprètes de lachanson française, Jacques Brel, au sommet de sa popularité, abandonne le tour de chant en1966. Bien qu'il enregistre encore quelques disques et monte à la scèneL'Homme de la Mancha, il se consacre alors au cinéma, pour lequel il tourne en tant qu'acteur une dizaine de films, dont deux qu'il écrit et réalise,Franz etLe Far West (retenu dans lasélection officielle auFestival de Cannes de 1973).
Jacques Romain Georges Brel est issu d'une famillecatholique d'industriels ; son père, Romain Jérôme Brel (1883-1964), est un Flamand francophone né àZandvoorde enFlandre-Occidentale (commune fusionnée àZonnebeke en 1971) et sa mère Elisa Lambertine, dite « Lisette » Van Adorp[2] (1896-1964), est bruxelloise. Enfant, il est peu intéressé par l'école, excepté par les cours de français et de dessin. Avec son frère Pierre (1923-2001), de6 ans son aîné, Jacques reçoit une éducation partagée entre un collège catholique, l'institut Saint-Louis[3] et lescoutisme qu'il n'aime pas. Élève frondeur, perturbateur et rêveur ayant doublé ses classes de6e et4e, il se fait renvoyer du collège en à17 ans[4]. Sa vie d'enfance était selon lui trop tranquille, « morose » et « Il ne se passait jamais rien », avec des parents qu'il estimait « très âgés »[5]. Ce sont eux qui lui inspireront la chansonLes Vieux. Comme il le décrit dans sa chansonMon enfance, le jeune Jacky (comme on l'appelle à l'époque) s’ennuie, rêve beaucoup, se sent seul au point de parler au plafond de sa chambre[4], s'invente des histoires et se sent très différent du reste de sa famille dont il ne partage pas les valeurs, comme celle de l'argent. Il a déclaré : « L'argent ne m'a jamais donné de bonheur. J'ai été élevé dans l'argent ; j'ai vu toutes les saloperies qu'il fallait faire pour en avoir[6]. » Musicienautodidacte, il apprend le piano en observant et écoutant, dès son plus jeune âge, sa mère en jouer. C'est sur cet instrument familial qu'il crée ses premières compositions. Il écrit à15 ans de longs poèmes et des nouvelles après avoir luJules Verne etJack London[7].
À16 ans, il s'offre sa première guitare grâce à l'argent de ses divers petits jobs, notamment à l'église puis il entre à la Franche Cordée (mouvement de jeunesse catholique mixte) où il crée une troupe de théâtre pour laquelle il joue et écrit lui-même les pièces et des chansons[8]. En 1948, il fait son service militaire. Jacques n'ayant aucun diplôme et donca priori aucun avenir assuré, son père le fait entrer dans la cartonnerie familiale« Vanneste & Brel » où il est affecté de 1947 à 1953 au service commercial, travail pour lequel il n'a aucun goût[3] (« Mon père m'a encartonné » dit-il). Malgré un avenir assuré dans l'entreprise familiale, se voyant mourir d'ennui à petit feu, il songe très sérieusement à se reconvertir en tant qu'éleveur de poules, cordonnier ou auteur-compositeur. Il choisit cette dernière voie et écrit n'importe où, n'importe quand, grand amateur de musique classique (principalement deMaurice Ravel et deFranz Schubert)[9].
Le, il épouse Thérèse Michielsen, dite « Miche » (morte le[10]), secrétaire dans une entreprise d'électricité, qu'il a rencontrée trois ans plus tôt dans la Franche Cordée. Le naît sa première fille Chantal (morte le[11]). Parallèlement à sa vie de famille et son travail à la cartonnerie, il commence dès 1950 à chanter le soir dans des cabaretsbruxellois regroupés dans le quartier de l'« îlot sacré »[Note 1] sous le pseudonyme de Jacques Bérel, son père ne voulant pas qu'il utilise son nom pour ses activités artistiques[12]. Il fait déjà preuve de cette puissance lyrique (tant dans les textes que dans son interprétation encore trop teintée de scoutisme) qui rebute sa famille. Elle tente, en vain, de le dissuader de continuer dans cette voie. Lui persévère. C'est en fréquentant ces cabarets belges qu'il rencontreBarbara avec qui il noue une relation d'amitié indéfectible[13].
En 1953, il réalise un disque maquette,78 tours[8] que la journaliste belge Angèle Guller (rencontrée en 1952 lors d'une audition) envoie à son insu àParis àJacques Canetti, découvreur de talents, directeur artistique dePhilips et propriétaire duthéâtreLes Trois Baudets. Séduit par les chansons qu'il vient d'entendre, Canetti appelle Jacques dans la nuit du pour le rencontrer immédiatement. Alors que sa fille France naît le, Brel quitte la capitale belge pour se rendre seul à Paris où il loge dans une petite chambre inconfortable de l'hôtel Stevens àPigalle. Sa mère le soutient et l'encourage à travers de nombreuses lettres et lui envoie de temps en temps un peu d'argent, tout en le laissant se débrouiller seul. En revanche, son père n'approuvant pas le choix de son fils, l'avertit avant son départ : s'il quitte son emploi à la cartonnerie, il ne lui versera plus de salaire et il ne pourra plus y revenir travailler[6]. Il persiste également à ne pas vouloir que son fils cadet utilise son nom, mais Jacques, mal à l'aise avec un pseudonyme, parvient à convaincre son père de l'autoriser à garder le nom paternel. D'après Pierre Brel, le frère de Jacques, si son père était très réticent pour que son fils fasse carrière dans le music-hall, une fois le succès atteint, il sera très fier de lui, même s'il ne le fera jamais explicitement savoir à Jacques[12].
En arrivant à Paris, Brel désire percer en tant qu'auteur-compositeur et non comme interprète. Mais comme il ne trouve personne pour interpréter ses chansons, il est contraint de le faire lui-même. Canetti le fait débuter aux Trois Baudets en septembre 1953 dans la première partie du spectacle deMarcel Mouloudji. Puis en 1954 dans le spectacleCinémassacre, où débutent égalementBoris Vian etJean Yanne et qui voit le triomphe de l'humoristeFernand Raynaud. Aux Trois Baudets, dans les tournées de Canetti, qu'il ait ou non du succès, Jacques Brel est assuré de chanter tous les soirs, de tester ses chansons et de gagner sa vie, bien que le cachet d'artiste débutant tout en bas de l'affiche soit maigre. Ses débuts sur scène ne sont pas bons, tant il a le trac et est maladroit. Il chante devant un public indifférent. Lors d'un entretien du surEurope 1, il reconnaît :« Au début, j'étais pas incompris. J'étais mauvais. […] Personne n'a voulu chanter mes chansons au début. J'ai été obligé de me débrouiller moi-même avec ce que j'écrivais. »
Il participe au festival deKnokke-le-Zoute : il s'y classe avant-dernier. Puis, pour gagner un peu d'argent, il enseigne la guitare au danseur-acrobate Francesco « Cocky » Frediani, un artiste italien à l'affiche du cabaret La Nouvelle Ève. Ce dernier, témoin des premiers pas du débutant, l'accompagne d'ailleurs lors de son premier passage à l'Olympia en « lever de rideau » (moment où les spectateurs entrent dans la salle et s'installent à leur place). Les conditions de travail sont difficiles pour Jacques Brel, qui n'a pas de loge et doit se changer derrière le bar de l'Olympia. Après une représentation,Bruno Coquatrix le remarque, le félicite de sa prestation et l'invite à lui rendre visite pour discuter d'un prochain passage, mais Brel n'est pas encore prêt pour affronter une grande salle.
Pour Brel, les difficultés continuent, encombré qu'il est de ses longs bras, de son grand corps maladroit. En 1954, il rencontre le chef d'orchestreJacques Hélian, en représentation à Bruxelles, et lui présente l'une de ses premières chansons,Il peut pleuvoir. Celle-ci est mise au répertoire de l'orchestre. Évoquant cette rencontre, Jacques Hélian confie : « Je lui serrai la main, ne me doutant pas que, derrière son sourire crispé, se cachait un si fabuleux talent… » La France va ainsi entendre parler pour la première fois du « Grand Jacques »[14]…
Jacques Brel au Donjon deToulouse (septembre 1962).
En 1955, il fait venir son épouse et ses deux fillettes en France puis la famille s'installe àMontreuil. Cette année marque celle de son premier33 tours. Aux Trois Baudets, il va rencontrer Georges Pasquier, qui deviendra son régisseur et son meilleur ami et auquel, en1978, il dédiera la chansonJojo (albumLes Marquises). Imprégné encore de l'influence du scoutisme et de son éducation catholique, il chante pour des organisations chrétiennes. C'est à cette époque queGeorges Brassens le surnomme « L'abbé Brel »[8].
De 1954 à 1965, Canetti organise en France et à l'étranger des tournées dans lesquelles Brel est souvent programmé en compagnie d'artistes tels queSidney Bechet,Catherine Sauvage,Philippe Clay.
En 1956, il rencontre le pianisteFrançois Rauber, qui devient son arrangeur musical, puis sera l'orchestrateur qui l'accompagnera durant toute sa carrière de chanteur. Cette même année paraît son premier grand succès public,Quand on n'a que l'amour[Note 2]. En 1957, pressé d'achever ses études musicales au conservatoire, François Rauber renonce aux tournées à travers le pays. Il est alors remplacé par un autre étudiant du conservatoire,Gérard Jouannest, qui composera avec Brel les musiques de trente-cinq de ses chansons[Note 3].
Jouannest est son accompagnateur exclusif sur scène, tandis que Rauber, revenu vers Brel une fois son diplôme obtenu, est son principal orchestrateur. Les deux musiciens resteront fidèles à Brel et à son œuvre, au-delà même de sa mort, luttant vainement contre la publication en 2008 de cinq inédits que Brel lui-même jugeait inaboutis, pour finir par céder devant le fait accompli, ces titres étant déjà diffusés sur les ondes en Belgique[18].
À force de travail, Brel trouve son style et son public et connaît enfin le succès lors de ses galas. Entre autres particularités, il ne cède jamais à la tradition du rappel, qu'il juge démagogique[Note 4]. En 1957, son second33 tours reçoit le grand prix de l'académie Charles-Cros et, fin 1958, année de naissance de sa troisième fille, Isabelle, c'est le succès à l'Olympia en première partie. L'année suivante, il est tête d'affiche àBobino, où il créeNe me quitte pas, écrite, selon elle, pour l’actriceSuzanne Gabriello[19],[20] etLa Valse à mille temps.
Dès lors, les tournées s’enchaînent à un rythme infernal, Brel donnant parfois plus de concerts qu'il n'y a de jours dans l'année. En 1960, il achète, entre Monaco et leCap Martin, sur la plage de Cabbé au Golfe bleu, une maison qu'il occupe jusqu'en 1970. Ses amis y viennent en visite, notammentLeny Escudero ouSerge Gainsbourg. C'est là qu'il composeraLa Fanette etAmsterdam. Après sa mort, en hommage, la mairie deRoquebrune-Cap-Martin a fait placer dans le village un buste en bronze réalisé par le sculpteurCyril de La Patellière[21].
En, il quitte la maison de disquesPhilips pourBarclay (avec qui il signera un contrat exceptionnel de trente ans en 1972[22]). Le, il enregistreLe Plat Pays, hommage à la Flandre. En, il crée sa maison d'éditions musicales Arlequin, qui devient six mois plus tard les éditions Pouchenel (Polichinelle en bruxellois). Son épouse en est la directrice. En 1963, il interprèteLes Vieux en référence à ses parents[5]. La mort de son père, suivie de très près par celle de sa mère, amène Brel à évoluer vers des chansons de plus en plus dramatiques, telles queLa Fanette,Au suivant ou encore en1964Amsterdam[23].
En 1966, au sommet de son art, Jacques Brel sortCes gens-là, un nouvel album qui, outre la chansonCes gens-là, compte plusieurs titres qui deviennent des classiques incontournables de son œuvre :Jef,La Chanson de Jacky,Le Tango funèbre,Fernand,Mathilde… C'est lors d'un concert àLaon, au début de l'été 1966, que se produit l'incident qui le décide à abandonner la scène. Alors qu'il interprèteLes Vieux, le cinquième titre du programme, il s'aperçoit qu'il a doublé machinalement un couplet et il n'accepte plus de « tricher » face au public, en perdant de sa spontanéité et de son authenticité[24]. Pour autant, il honore ses contrats pendant encore plus d'un an et fait ses adieux « officiels » à l'Olympia le. À la fin de son récital, il revient saluer à sept reprises près de 2 000 spectateurs debout qui hurlent« Ne nous quitte pas »[25].
En1967, il est berné[26] parPaul Touvier, qu'il « autorise à utiliser un de ses thèmes musicaux » pour les besoins d'un disque éducatif,L'Amour et la vie, produit par Touvier et distribué parPhilips[27],[26].Le, il donne son dernier récital àRoubaix[28].
Jacques Brel le au château deGroeneveld (Pays-Bas), à l'occasion de la remise d'undisque d'or à la chanteusenéerlandaiseLiesbeth List pour son album de reprisesLiesbeth List zingt Jacques Brel (« Liesbeth List chante Jacques Brel »).
S'il délaisse les prestations scéniques, Brel ne reste pas inactif pour autant : durant l'été 1967, il joue dans son premier long métrage,Les Risques du métier du réalisateurAndré Cayatte ; le film est un succès public. Puis, sur son voilier, il commence à naviguer. Deux albums paraissent :Jacques Brel 67, où figurentLa Chanson des vieux amants et quelques titres créés sur scène l'année de ses adieux, dontMon enfance etLe Cheval dans lequel il rappelle les critiques qui lui reprochaient lors de ses débuts en public son allure dégingandée, sa laideur, ou moquent ses dents de cheval hennissant[29]… En 1968 paraît l'albumJ'arrive dont certaines chansons sont filmées en studio ou sur plateaux de télévision :Vesoul (avecMarcel Azzola à l'accordéon),L'Éclusier,Je suis un soir d'été,Regarde bien petit.
En octobre 1968, àBruxelles, au théâtre royal de l'opéra,la Monnaie, il crée la version francophone deL'Homme de la Mancha, interprétant le rôle dedon Quichotte au côté deDario Moreno dans celui deSancho Pança. Le spectacle doit être repris à Paris en décembre, mais Moreno meurt le, à47 ans, d'une hémorragie cérébrale à l'aéroport d'Istanbul, avant le décollage de son avion[Note 5].Robert Manuel reprend le rôle pour le spectacle présenté en décembre à Paris. Au début de l'été 1969, Brel estMon oncle Benjamin, dans le film d'Édouard Molinaro, dont il compose la musique avec François Rauber.Claude Jade, qui a20 ans à cette époque, racontera :« Ma rencontre avec Jacques Brel a lieu àVézelay. […] Il se montre d'emblée d'une grande sympathie. […] Il sort des longues et fatigantes représentations deL'Homme de la Mancha qui a été un beau succès et il a gardé pour le film les cheveux longs dedon Quichotte. […] Il est cordial, sympathique, ouvert et attentionné aux autres, et l'atmosphère gaie et chaleureuse du tournage lui doit beaucoup. […] Jacques est passionné d'aviation, […] à l'aérodrome deToussus-le-Noble, le dernier jour […], il était heureux à l'idée de s'envoler vers leMidi et nous a parlé de cette passion, des ciels, des paysages, des voyages…[30]. ». En 1969, il tourne un court métrage de sensibilisation à l'épilepsie chez les enfants, dans les locaux et avec des enfants de cinquième primaire du complexe scolaire « Le Paradis des Enfants » àEtterbeek[31].
Il tourne encore plusieurs autres films et en réalise lui-même deux :Franz en 1971, partageant l'affiche avec son amieBarbara[13]. En 1973 sort sur les écransLe Far West, qui est un échec. À l'occasion de cette sortie, Brel, à Cannes, participe à l'émission radiophonique deJacques Chancel,Radioscopie. Pour son dernier rôle au cinéma, il campe le dépressifFrançois Pignon, le personnage récurrent deFrancis Veber, face au tueur à gages « Monsieur Milan », joué parLino Ventura, dansL'Emmerdeur, à nouveau réalisé parÉdouard Molinaro.
En 1964, son emploi du temps le forçant à de nombreux allers-retours entreBiarritz etCharleville, son imprésario loue un petit avion. Il y prend goût et passe son brevet depilote privé le (brevet TT 16060)[34]. Puis, après une formation de dix semaines, Jacques Brel est pilotequalifié IFR le.
Il s'achète successivement unGardan GY-80 (en 1964, F-BLPG), unWassmer 4/21 (en 1969, S/N 11.1969), unBeechcraft Baron B 55 (son premier bimoteur) et unBeechcraft Twin Bonanza D 50 (F-ODBU, en à Tahiti), qu'il baptise « JoJo » en souvenir de son grand ami disparu (Georges Pasquier, secrétaire, chauffeur etfactotum du chanteur). Cet avion sera très utile à la communautémarquisienne, Brel assurant régulièrement des évacuations sanitaires versPapeete[35],[36].
En 1973, il met un terme à sa carrière de cinéma après l'échec commercial et critique de son filmLe Far West. S'étant découvert dans la voile une nouvelle passion, Brel s'achète le unketch, l’Askoy (nom provenant de l'île norvégienneAskøy[37]) et obtient son brevet de « capitaine au grand cabotage » le premier juillet[38].
Il part d'Anvers, le, à bord de son voilierketchAskoy II, avec sa fille France, âgée de21 ans, et sa nouvelle compagne, l'ancienneClaudette, actrice et danseuseMaddly Bamy, rencontrée lors du tournage du filmL'aventure c'est l'aventure, réalisé parClaude Lelouch. Il met les voiles pour réaliser un tour du monde prévu pour durer jusqu'à trois années[39]. Lors d'une escale dans lesîles Canaries, une violente douleur à la poitrine l'oblige à interrompre son tour du monde. Les médecins lui diagnostiquent uncancer du poumon gauche, causé par sa grande addiction au tabac (il fume trois paquets de cigarettes par jour)[40]. Il subit à Bruxelles une ablation du lobe supérieur du poumon gauche puis retourne aux Canaries en pour poursuivre sa croisière[41].
Lors de son escale auxîles Marquises, diminué, il abandonne le projet de tour du monde et décide de se retirer dans ce lieu, où personne ne le connaît[42]. Il évoque en 1975 la mort du dictateurFranco[43]. En 1976, il revend l'Askoy à un couple de jeunes Américains[39] (retrouvé échoué enNouvelle-Zélande, le bateau est ultérieurement restauré[44] en 2022) et, le, Maddly Bamy lui achète un bimoteurBeechcraft Twin Bonanza immatriculé F-ODBU et baptiséJojo, en souvenir de son vieil ami Georges Pasquier, disparu en 1974. Il y fait l'avion-taxi pour rendre service aux habitants en les transportant entre l'îlemarquisienne deHiva-Oa, où il réside, etTahiti, à 1 430 kilomètres de là, soit un vol d'environ cinq heures[35].
En 1977, malgré la maladie[Note 6], il revient àParis pour enregistrer son dernier33 tours,Les Marquises, qui paraît le, avec un record d'un million de précommandes[45].
La chanson homonymeLes Marquises, qui clôt l'album, s'achève sur ces paroles : « Veux-tu que je te dise / Gémir n'est pas de mise / Aux Marquises. » Il retourne aux Marquises après cet enregistrement.
Son état s'améliore, si bien qu'il effectue encore quelques courts séjours sur les bords duLéman. Il meurt le[47], à l'âge de49 ans, d'uneembolie pulmonaire massive[Note 7], dans la chambre 305 de l'hôpital Avicenne[Note 8]. Il y avait été ramené deux jours plus tôt depuis Genève par son ami Jean Liardon, pilote et instructeur vaudois qui l'avait initié au vol aux instruments[48].
Jacques Brel repose au cimetière du Calvaire d'Atuona, commune d’Hiva-Oa, auxîles Marquises, non loin de la tombe dePaul Gauguin. Sa plaque funéraire est à l'origine d'un différend entre la famille Brel et sa dernière compagne, Maddly Bamy, qui a fait apposer sur lapierre tombale en 1978 l'effigie de leurs deux visages tournés vers le soleil couchant.
En 1998, la fondation Brel, pour le vingtième anniversaire de la mort du chanteur, remplace les portraits par l'inscription d'un poème et les noms de sa femme et de ses enfants. Alertée par la population, Maddly Bamy revient sur l'île, gagne le procès en justice et obtient le droit de remettre leurs portraits[49].
En 1981, sa fille France crée àBruxelles la fondation Jacques-Brel, destinée à faire connaître l'œuvre de l'artiste, mais aussi à soutenir la recherche contre le cancer et l'aide à l'enfance hospitalisée.
En, Jacques Brel est élu au rang du « plus grand Belge » par le public de laRTBF[50]. En 2008, cinq inédits de 1977 paraissent finalement[51].
Jacques Brel se marie le avec Thérèse Michielsen, dite Miche (1926-2020)[10]. Le couple, qui n'a jamais divorcé, a eu trois filles : Chantal (1951-1999), France (née en 1953) et Isabelle (née en 1958). Lorsque le chanteur accède à la notoriété, Miche le laisse vivre avec ses nombreuses maîtresses :Suzanne Gabriello de 1955 à 1961[52], Sylvie Rivet (entre 1961 et 1970), l'attachée de presse de la maisonPhilips qui accepte de renoncer à son métier à la demande du chanteur[53].
Au tournant des années 1970, Brel, devenu comédien, multiplie les aventures : avecAnnie Girardot le temps d'un tournage[54], ou avecDanièle Évenou pour une brève période[55]. Sa dernière compagne, rencontrée en décembre 1971 lors du tournage deL'aventure c'est l'aventure, est l'actriceMaddly Bamy qui renonce également à sa carrière et partage la vie de Jacques Brel jusqu'à la mort du chanteur en 1978[56].
Brel avait des relations très privilégiées avecBarbara. Ils font connaissance au début des années 1950 à Bruxelles, où ils se fréquentent régulièrement, alors qu'ils tentent de percer en se produisant dans divers cabarets ; une grande amitié, pleine de complicité et d'admiration mutuelle, s’installe entre eux. À cette époque, Barbara ne chante que des chansons écrites par d'autres, dont Brel.
Mais Brel, qui disait :« Barbara, c'est une fille bien. Elle a un grain, mais un beau grain. On est un peu amoureux, comme ça, depuis longtemps[57] », l'encourage à écrire elle-même ses chansons. Peu après, Barbara lui fait découvrir ses premiers textes dont certains seront des succès. À partir de 1981, soit trois ans après la mort de Brel,La Valse deFranz, composée par Brel, sera jouée dans tous les spectacles de Barbara. En 1990, elle crée authéâtre Mogador la chansonGauguin (Lettre à Jacques Brel)[13].
Bruxellois, Brel se disait chanteurflamand de langue française et a chanté quelques-unes de ses chansons ennéerlandais, la plupart des traductions étant dues àErnst van Altena :
De apen (Les singes) (1961)
Men vergeet niets (On n'oublie rien) (1961)
Marieke (1961), dont une partie des paroles originales est déjà ennéerlandais.
Laat me niet alleen (Ne me quitte pas) (1961)
Als men niets dan liefde heeft (Quand on n'a que l'amour) (1961) morceau inédits[58]
Mijn vlakke land (Le Plat Pays) (1962)
De burgerij (Les Bourgeois) (1962)
Rosa (1962)
De nuttelozen van de nacht (Les paumés du petit matin) (1962).
Sauf indication contraire, les informations mentionnées dans cette section peuvent être confirmées par les bases de données cinématographiquesIMDb et Allociné, présentes dans la section« Liens externes ».
En 1971, l'auteur-compositeur-interprète italienGiorgio Gaber reprendCes gens-là sur son albumI borghesi, dans une adaptation italienne intituléeChe bella gente.
1973, le groupeAnge reprendCes gens-là sur l'albumLe Cimetière des arlequins, dans une version très personnelle dans laquelle est supprimé le dernier couplet et où, sur le livret de l'album, ils annotent :« À Jacques Brel, nous n'avons pas voulu te prendre Frida » ; puis, en 1982, sur l'albumÀ propos de..., les chansonsLe Moribond etÀ jeun sont également reprises par le groupe.
En 1973 également, la chansonAu suivant est reprise par leSensational Alex Harvey Band sous le titreNext. Ce morceau donne d'ailleurs son nom à un de leurs albums. En 2003 à la sortie de son albumThe Golden Age of Grotesque, à un journaliste l'interrogeant sur l'obscénité de ses chansons,Marilyn Manson déclarera qu'aucun de ses textes n'est aussi obscène, subversif ou choquant que celui deNext.
Jacques Brel a été numéro un auxÉtats-Unis. En effet,Terry Jacks, chanteur canadien, a repris deux chansons en anglais avec des réussites diverses :
Seasons in the Sun en1974, reprise duMoribond, a été classée numéro un aux États-Unis, auCanada et enGrande-Bretagne.
If You Go Away, reprise deNe me quitte pas, sera chantée parFrank Sinatra, dont Brel dira qu’il« ne se lèverait pas la nuit pour l’écouter », mais que« ça s’écoute »[19].
La chanteuse de jazzNina Simone a interprété une version personnelle deNe me quitte pas.
En 1989Gavin Friday l'ex chanteur du groupe irlandaisVirgin Prunes reprendAu suivant en anglais (Next) dans son premier album soloGavin Friday and the Man Seezer - Each man kills the thing he loves.
En1989, lors de sa dernière tournée avant sa mort,Gerry Boulet interprèteNe me quitte pas.
1993, la chanteuseRoBERT consacre la septième plage de son albumSine à une reprise deLa Chanson des vieux amants. Mais, personnalité décalée oblige, la jeune femme ne reprend que quelques vers de la célèbre chanson :« J'en chantais juste une phrase tous les soirs quand je m'allongeais. Si je n'en chante toujours que cette phrase, c'est en souvenir de ces moments-là. »
Le chanteur britanniqueSting a chanté en françaisNe me quitte pas[61] etJe ne sais pas[62] en public.
L'interprète russeVadim Piankov chante Brel dans les albumsBrel… Autrement (1995) etVadim Piankov chante Jacques Brel (1998).
En1998, le chanteur colombienYuri Buenaventura interprète une version salsa deNe me quitte pas, sur l'albumHerencia africana.
En 1998 toujours, sort la compilationAux suivant(s) qui regroupe douze chansons de Brel interprétées par des chanteurs ou des groupes français (Arthur H,Kent,Noir Désir,Bashung,Arno,Eicher…), une seconde version verra le jour en 2003 où viennent s'ajouter deux nouvelles reprises interprétées par (Benabar et le groupeEiffel).
En2001,M (Matthieu Chedid) reprendAu suivant lors de sa tournéele Tour de M.
En 2004, le chanteurRomain Humeau reprend en concert avec son groupeEiffel le titreLe Plat Pays. Ce titre figure sur l'album liveLes Yeux fermés.
La chanteuseCéline Dion reprendNe me quitte pas sur son albumSans attendre sorti le. Elle a repris Quand on n'a que l'amour en auZénith de Paris.
La chanteuseLara Fabian a repris à plusieurs reprises, notamment sur son album live acoustiqueEn toute intimité sa chansonVoir un ami pleurer.
Zach Condon a repris plusieurs fois la chansonLe Moribond sur scène, et une fois dans l'émission Taratata, en duo avecOlivia Ruiz.
La chanteuseMannick reprendQuand on n'a que l'amour sur son albumMannick chante Brel, Ferrat, Reggiani.
L'acteur et chanteurJoseph Gordon-Levitt a repris plusieurs foisLa Valse à mille temps lors de concerts organisés parHitRecord.
Le rappeur Oxmo Puccino a été fortement influencé par Jacques Brel, au point qu'il est souvent appelé « le Black Jacques[63] Brel ». Il reprendCes gens-làsur la compilL'Hip-hoppé.
Le rappeur Rocé reprendLes Singes en 2010, sur son albumL'Être humain et le réverbère.
En 2003, le chanteur Pierre Bachelet sort un album de reprises « Bachelet chante Brel ».
Le groupeÉté 67 enregistre pour la version belge de son premier album en 2006Voir un ami pleurer / Een vriend zien huilen, avec le couplet néerlandais chanté par le néerlandophoneFrank Vander Linden (du groupeDe Mens).
L'organiste Frédéric Lamantia en 2013, à l'occasion des 35 ans de la mort de Brel, a adapté à l'orgue, dans le double albumVoici, 30 chansons de l'artiste.
Barbara, amie de Jacques Brel, qui notamment joua dans son filmFranz, écrit et compose une chanson intituléeGauguin (Lettre à Jacques Brel) qui lui rend hommage. Cette chanson évoque ses souvenirs de Brel et le célèbre peintrePaul Gauguin, le voisin de tombe de Jacques Brel, àAtuona auxÎles Marquises.
Patricia Lavila chante "Je n'ai jamais vu Jacques Brel chanter" en 1975, belle chanson qui fait référence à quelques titres de l'auteur et qui regrette qu'il ait quitté la scène si tôt.
Dalida interprète en 1981Il pleut sur Bruxelles, qui lui rend hommage. Le texte réemploie des éléments issus des grandes chansons de Brel.
En 1976,Pierre Perret enregistreMa nouvelle adresse, chanson qui évoque le départ de Brel vers la Polynésie.
Nicolas Peyrac chanteLes vocalises de Brel, chanson hommage qui notamment évoque la chansonAmsterdam.
Mannick chanteBrel en 1979 dans son albumJe suis Ève, elle rend hommage au chanteur disparu quelques mois plus tôt.
Lucio Bukowski chanteOde au grand Jacques en 2011, morceau extrait de son maxiLucio Milkowski, utilisant les titres de plusieurs chansons de Brel pour réaliser son propre texte.
Un album hommagecollectif (incluant notammentNoir Désir), nomméAux suivant(s) (de lachanson paronyme) et reprenant des chansons de Jacques Brel, paraît en 1998, puis en 2003 dans une seconde édition avec deux inédits.
Le groupeStarflam enregistre une chanson sous le nomCe Plat Pays II.
En, la comédie musicale hommageDe Bruxelles aux Marquises retraçant la vie de Brel à travers plus de trente chansons, est présentée à Bruxelles par la troupe Baltema, après treize séances à succès.
En mars et, après une trentaine de représentations à travers toute la France, les Chœurs de France sont sur la scène duZénith de Paris avecLa Grande Symphonie de Brel avec quatre cents chanteurs et dix musiciens sur scène. En, le spectacle est donné à l'Arena deGenève.
Reconnaissante pour la célèbre chansonVesoul, la ville deVesoul rend hommage à Jacques Brel en donnant son nom à un collège qui se trouve dans le quartier duMontmarin en 1968.
en 2009[68], à l'occasion des quatre-vingts ans de sa naissance, dessiné parCyril de La Patellière ; timbre couronné par le Prix de l'Art philatélique 2010 ; timbre de laPolynésie française
En 2008 à l'occasion de la commémoration des trente ans de sa mort, l'aérodrome de Hiva Oa auxMarquises est renommé officiellement aérodrome de Hiva Oa – Jacques-Brel[70].
L'albumAstérix chez les Belges fait allusion à la chansonLe Plat Pays : LorsqueAbraracourcix fait un commentaire sur le paysage, le chef belge répond :« Dans ce plat pays qui est le nôtre, nous n'avons que desoppidum pour uniques montagnes. », alors que Jacques Brel chante« Avec des cathédrales pour uniques montagnes... ». Cela n'apparaît pas dans les traductions de l'album en langues étrangères.
Une statue de Brel en bronze est réalisée par le sculpteur Frédéric Lanoir en 2015. Elle est exposée authéâtre Edwige-Feuillère deVesoul[71].
Aux éditions Brain Factory, une versionluxe (couverture toilée) en quatre volumes (88planches par album)[76], et une version « classique » regroupant les albums « 2 en 1 » (176 planches par album)[77] sont publiées. DesplanchesBrel sont publiées aux éditionsVents d'Ouest[78].
↑La chanteuseMannick disait deQuand on n'a que l’amour que c’est« […] la chanson utopique par excellence ! C’est pour cela, entre autres, qu’elle ne vieillit pas. Elle a toutes ses chances d’être encorede circonstance dans l’actualité d’aujourd’hui. Comme une espérance folle, face à toutes les raisons de broyer du noir et de baisser les bras… Tant qu’il y aura des chansons comme celle-ci, dans les mots des gens, dans les chansons, dans les discours même, le cœur du monde continuera de battre. »
↑Notamment :Bruxelles,Madeleine,les Vieux,la Chanson des vieux amants,J’arrive, mais aussiOn n'oublie rien (la première qu'il compose pour Brel) ou encoreMathilde ; voir surmuides.over-blog.com.
↑Le professeurLucien Israël de l'hôpital Avicenne et l'imprésarioCharley Marouani mettent en cause les paparazzis qui se déguisaient en infirmiers dans l'hôpital. Excédé, Brel aurait arraché son baxter (pochette de perfusion intraveineuse) pour leur échapper, quitté l'hôpital et interrompu son traitement d'anticoagulants à la mi-septembre 1978. Le 24 septembre, toujours traqué par les paparazzis, il est obligé de se cacher dans les toilettes de l’aéroport du Bourget. Il y prend froid et contracte une pneumonie. Le, il est à nouveau admis à l'hôpital Avicenne avec une embolie pulmonaire d'un côté, et un cancer du poumon de l'autre, si bien qu'il ne peut plus respirer. D'aprèsEddy Przybylski,La Valse à mille rêves, L'Archipel, 2008, p.694-698.
↑L'année même où cet hôpital change de nom : il se nommait « hôpital franco-musulman » depuis sa création en 1935.
↑Marc Robine,Le Roman de Jacques Brel, partie II, chap. 17 : « Ne me quitte pas ». Éditions Anne Carrère - Éditions du Verbe (Chorus), 1998(ISBN978-2-84337-066-3).
Dominique Arban,Cent pages avec Jacques Brel, Seghers, 1967
Propos recueillis par Gilbert Salachas, « Jacques Brel :Il faut choisir : être intelligent ou avoir de la vitalité »,Télécinéno 144, Paris, Fédération des Loisirs et Culture Cinématographique (FLECC),,p. 2-4,(ISSN0049-3287)
Paul Ide,Bonjour Brel, textes de Jacques Brel illustrés parFolon,Carcan,Octave Landuyt(nl), Mara, Rondas etSomville, participation deAndré Delvaux, Arthur Gélin, Bruxelles : Éditions de la Palme, 1975
Bruno Hongre et Paul Lidsky,Chansons, Jacques Brel (Coll. Profil Hatier, 1976). Première analyse universitaire de l'œuvre du chanteur, par deux agrégés de lettres
Jacques Lorcey et Joëlle Monserrat,Jacques Brel, Paris, PAC, coll. « Grand écran », 1982.
Christian Petit,Dominique Arban, Pierre Barlatier,Jacques Brel - Un homme au large de l'espoir, Les Presses françaises,Abbeville, 1982(photographies de Francis Cointe et Yvan Lombard)(ISBN2-85314-021-0)
Stéphane Hirschi,Jacques Brel, chant contre silence, Librairie A.-G. Nizet, collectionChanteurs-Poètes,no 2, 1995, 518 p.,(ISBN2-7078-1199-8) (version remaniée d'une thèse de doctorat)
Bruno Hongre, Paul Lidsky,L'Univers poétique de Jacques Brel, (L'Harmattan, 1998). Réédition largement enrichie de l'étude de 1976. Quarante après, l'un des auteurs confirme sonadmiration.
(nl)Johan Anthierens,De Passie en de pijn [« La Passion et la Douleur »]), Veen, 1998 (En néerlandais. Recueil d'essais sur Brel)285 p.(ISBN9020457551)
Patrick Baton,Brel, l'imagination de l'impossible,Éditions Labor, 2003, 224 pages(ISBN978-2-80400-509-2) (aborde l'œuvre de Brel, rien que l'œuvre. Kaléidoscope d'analyse d'un monde poétique et rhétorique fascinant, des lois qui le régissent ; le refrain et le couplet dans les chansons de Brel ; une thématique dynamique : l'espace ; la Flandre, espace récupéré ; le rapport texte/musique, la création musicale et poétique)
Luc Baba,Jacques Brel, vivre à mille temps, À dos d'âne, coll.Des graines et des guides, 2012 (mini-bio illustrée par Mathieu de Muizon pour les 7-12 ans et +)
Fred Hidalgo,L'aventure commence à l'aurore, l'Archipel, 2013, 380 p.
Jean Liardon & Arnaud Bédat,Voir un ami voler - Les dernières années de Jacques Brel, Paris, Plon, 2018.
France Brel,Jacques Brel chanteur, Bruxelles, Fondation Brel, 2018.
France Brel,Jacques Brel auteur, Bruxelles, Fondation Brel, 2018.
Emmanuel Burdeau, « Un clown noir à l'écran. De 1967 - année où il fait ses adieux à la scène - à 1973, Brel se voue au cinéma, devant et derrière la caméra. Alternant facétie et désespoir, ses personnages ont souvent affaire à la justice. »,Le Nouveau Magazine littéraire N°9, Paris,Sophia Publications,,p. 82,(ISSN2606-1368)
Baptiste Vignol,Jacques Brel en 40 chansons, éditions Hugo (avec Bruno Brel et Stéphane Loisy).
Hervé Meillon,Jacques Brel couleurs Maroc, M La suite éditions, 2018.