Dans lenom hongrois Mindszenty József, le nom de famille précède le prénom, mais cet article utilise l’ordre habituel en français József Mindszenty, où le prénom précède le nom.

Cet article ne s'appuie pas, ou pas assez, sur des sourcessecondaires ou tertiaires().
| József Mindszenty Vénérable catholique | ||||||||
| Biographie | ||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Nom de naissance | József Pehm | |||||||
| Naissance | àCsehimindszent (Autriche-Hongrie) | |||||||
| Ordination sacerdotale | par Mgr Neil McNeil | |||||||
| Décès | (à 83 ans) Vienne (Autriche) | |||||||
| Cardinal de l'Église catholique | ||||||||
| Créé cardinal | par le papePie XII | |||||||
| Titre cardinalice | Cardinal-prêtre deSaint-Étienne-le-Rond | |||||||
| Évêque de l'Église catholique | ||||||||
| Ordination épiscopale | par le card.Jusztinián Serédi | |||||||
| Archevêque d'Esztergom (Hongrie) | ||||||||
| – | ||||||||
| ||||||||
| Évêque deVeszprém (Hongrie) | ||||||||
| – | ||||||||
| Pannonia Sacra Pannonia Sacra | ||||||||
| (en) Notice surcatholic-hierarchy.org | ||||||||
| modifier | ||||||||
József Mindszenty ([ˈjoːʒɛf ˈmindsɛnti]), néJózsef Pehm ([ˈjoːʒɛf pɛhm]) le àCsehimindszent et mort le àVienne, était unarchevêquehongrois,cardinal, connu pour avoir été un opposant farouche auxdictaturesfasciste etcommuniste de son pays. Emprisonné à plusieurs reprises et torturé pour sa ténacité dans sa foi chrétienne, il a été reconnuvénérable par l'Église catholique.
József Pehm naît àCsehimindszent, situé alors dans l'empire d'Autriche-Hongrie. Il grandit dans une famille paysanne, qui lui inculque le sens du labeur et une forte pratique religieuse. Ordonnéprêtre le, il est nommécuré d'un gros bourg rural, où il exerce son ministère pendant 25 ans. Sonévêque remarque son zèle et lui donne la mission de créer sept nouvellesparoisses, qui entraîne la construction de neuf églises et d'une douzaine d'écoles.
Il s'oppose à laRépublique des conseils de Hongrie deBéla Kun, ce qui lui vaut d'être arrêté en1919, puis libéré à la chute du régime la même année. En1941, il change son nom enMindszenty (« de Mindszent »), reprenant lepatronageMindszent (« Toussaint ») de son village natalCsehimindszent.
Le, alors que laHongrie subit l'invasion de l'Allemagne nazie, Mindszenty est nomméévêque deVeszprém par lepapePie XII. Il est consacré quelques jours plus tard, le25 mars. Il proteste contre les arrestations desjuifs et s'oppose ouvertement aurégime fasciste hongrois duParti des Croix fléchées. Accusé de trahison, il est arrêté avec 26 prêtres etséminaristes, et emprisonné àSopron, où il poursuit dans la clandestinité la formation des séminaristes. Il ordonne 9 prêtres en prison. Libéré en avril1945, il découvre alors l'état désastreux de sondiocèse. Lacathédrale est ravagée, les bâtiments ecclésiastiques pillés. Confronté à la misère de la population, il se dépense pour aider ceux qui ont tout perdu.
Le, il est nomméarchevêque métropolitain d’Esztergom etprimat deHongrie par lepapePie XII, ce qui correspond au poste le plus élevé dans la hiérarchie de l'Église catholique en Hongrie. Il accepte seulement par obéissance aupape, et dira lors de son discours d'intronisation : "Je veux être maintenant un bon pasteur qui, s’il le faut, donne sa vie pour son Église, pour sa patrie." ABudapest et àEsztergom, il organise les secours pour les plus touchés par la guerre, ce qui attire la méfiance des autorités communistes, qui prônent une idéologie sans Dieu.

Lors duconsistoire du, lepapePie XII le créecardinal, avec le titre decardinal-prêtre deSaint-Étienne-le-Rond. À peine nommécardinal, Mindszenty lance un mouvement de prière à travers toute laHongrie, qui attire des dizaines de milliers de catholiques dans les églises du pays. Le régime communiste tente de l'arrêter, mais sa légitimité est bien trop importante auprès des Hongrois. On l'accuse alors faussement d'avoir été un collaborateur nazi. Mindszenty ne montre aucune irritation, mais comme réponse, lance une année mariale à travers tout le pays, qui se solde par la consécration de laHongrie à laVierge Marie, le.
L'année suivante, les autorités communistes ripostent. Après avoir pris le contrôle des Églises protestantes, elles nationalisent les écoles confessionnelles, dont plus de 3 000 établissements catholiques. Pour déstabiliser l'Église catholique hongroise, elles décident d'arrêter son chef, le cardinal Mindszenty. Celui-ci le pressent et connaissant l'habileté des interrogateursstaliniens à obtenir des aveux par latorture, il écrit, 6 jours avant son arrestation : "Attendu que je n’ai jamais participé à aucun complot, je ne démissionnerai pas, je ne parlerai pas. Si, après cela, vous deviez apprendre que j’ai admis ceci ou cela, même authentifié par ma signature, vous devez savoir qu’une semblable déclaration ne sera qu’une conséquence de la fragilité humaine. De la même façon, je considère comme nulle et non avenue quelque confession que ce soit qui me serait attribuée à partir de ce jour."
Le, le cardinal Mindszenty est arrêté et inculpé de trahison, conspiration et non-respect des lois du régime. Interrogatoires et tortures commencent le jour même. On lui injecte un mélange de drogue, afin de le mettre en scène au cours d'un procès public, dans le but de faire tomber la résistance des catholiques hongrois. Forcé de rester debout parfois pendant plus de 82 heures, il est interrogé sans interruption, jour et nuit. Mindszenty assiste impuissant à sa destruction progressive. Il finit par signer des aveux, mais ajoute qu'il "agit sous la contrainte". Cette phrase lui vaudra de nouveaux sévices. Lors de son procès il "avoue", contraint et forcé, tout ce qui lui est reproché.
Au terme de son procès, en1949, il est condamné à la perpétuité. Au vu de son état de santé désastreux, le cardinal Mindszenty est directement envoyé à l'infirmerie de la prison. Dans la foulée, lepapePie XII prononce l'excommunication de toutes les personnes impliquées dans son procès et sa condamnation. En prison, le cardinal Mindszenty reste tenace dans sa foi chrétienne, passant de longues heures à prier, malgré les tortures régulières et les pressions psychologiques.
En octobre1956,Budapest se révolte contre le régime. Les autorités cèdent à la pression et libèrent le cardinal Mindszenty. Celui-ci fait une entrée triomphale dans la capitale hongroise. À peine libéré, il dissout le mouvement des prêtres de la paix, collaborateurs du régime, et prononce un discours à la radio, appelant à la réconciliation nationale. Le régime deJános Kádár utilisera par la suite ce discours, affirmant qu'il démontrait la nature intrinsèquement « contre-révolutionnaire » des événements de1956. Quand lestroupes soviétiques interviennent enHongrie, Mindszenty obtient, sur les conseils de Zoltán Tildy, l'asile à l'ambassade des États-Unis en Hongrie. Recherché par lapolice politique hongroise, il ne va plus pouvoir quitter l'ambassade pendant 15 ans[1].

Le cardinal Mindszenty assiste impuissant à la réintégration des prêtres collaborateurs du régime par l'épiscopat hongrois. Progressivement, il devient un point d'empêchement dans les normalisation des relations entre laHongrie et leSaint-Siège. Un compromis est finalement trouvé en1971, lorsque le papePaul VI le déclare « victime de l'Histoire » (plutôt que du communisme) et lève l'excommunication de1949. Mindszenty peut alors quitter laHongrie.
Le, le cardinal Mindszenty s'installe àVienne. Quelques jours plus tard, il s'envole pourRome, où il concélèbre lamesse d'entrée en synode avecPaul VI, dans laBasilique Saint-Pierre. À l'occasion, lepape lui rend hommage en le présentant comme un modèle de foi. Toutefois, leSaint-Siège lui ordonne de ne plus rien écrire sans son accord (afin de préserver les relations diplomatiques avec laHongrie). Malgré son opposition, Rome lui retire ses titres, mais lepape se refuse à nommer un nouveau primat deHongrie tant que Mindszenty est vivant. Ce n'est qu'en 1976 que le titre est à nouveau attribué à l'évêqueLászló Lékai, plutôt conciliant à l'égard du régime communiste. Le cardinal vivra ces événements avec beaucoup de douleurs, qu'il accepta toutefois avec obéissance, par fidélité à l’Église et pour le maintien de la paix diplomatique.
József Mindszenty passe les dernières années de sa vie à visiter la diaspora hongroise, pour les exhorter à préserver leur foi catholique. Il meurt le à Vienne. En 1991, sa dépouille est rapatriée àEsztergom à la demande du gouvernement nouvellement élu démocratiquement. Il est inhumé dans lacathédrale Saint-Adalbert.


La cause pour labéatification et lacanonisation du cardinal Mindszenty débute le, àEsztergom. L'enquête diocésaine récoltant les témoignages sur sa vie se clôture le, puis envoyée àRome pour y être étudiée par laCongrégation pour les causes des saints.
Après le rapport positif des différentes commissions sur la sainteté du cardinal Mindszenty, lepape François procède, le, à la reconnaissance de ses vertus héroïques, lui attribuant ainsi le titre devénérable.
C'est la première étape avant lacanonisation.
Sur les autres projets Wikimedia :