Pour les articles homonymes, voirKarp.
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Israël Leizer Karp, né le àVarsovie enPologne et fusillé par les Allemands le aucamp de Souge enGironde, à la suite d'une condamnation à mort pour « injures et voies de faits » contre l'armée allemande, est lepremier fusillé de ce camp près de Bordeaux et le premier fusillé sous l'Occupation enFrance[1].
Israël Leizer Karp est un Juif polonais, né le 20 janvier 1886 àVarsovie[2],[3],[4]. Il fuit sa Pologne natale pour vivre quelques années enBelgique. Il est renvoyé en Pologne, pour revenir aussitôt en Belgique avant de se fixer àMartignas-sur-Jalle dans la banlieue bordelaise, enGironde[5].
Présent à Bordeaux, Israël Karp ne supporte pas l’arrivée de lagarde d'honneur allemande hissant ledrapeau nazi sur une place proche de lagare Saint-Jean. Il se rue vers les soldats allemands, donnant de la voix et du poing. Les témoignages varient ; les Occupants retinrent des « injures et voies de faits » contre les membres de l’armée allemande. Certains parlent d’attaque au bâton, d’autres d’une simple attaque poing tendu.
Il est emprisonné aufort du Hâ. Le tribunal militaire allemand FK 529 de Bordeaux le condamne à mort le 26 août 1940. Il est fusillé aucamp de Souge le lendemain, le 27 août[6].
En rouge sang, un avis d'exécution est placardé sur les murs de la ville[1], en allemand et en français, publié par le généralMoritz von Faber du Faur, le commandant allemand de la région bordelaise. La version française se lit ainsi :
«
AVIS "Le 24 Août 1940, le Juif Israel Leizer Karp, de nationalité polonaise, au passage de la Garde d'Honneur, allant hisser le drapeau, se précipita violemment, un bâton devant lui, près de la gare St.-Jean de Bordeaux, contre le tambour major et les musiciens militaires."
"Par jugement du Tribunal militaire de guerre, Karp fut condamné, pour acte de violence contre des membres de l'armée allemande, àla peine de mort."
"Le Commandant en chef de l'Armée a confirmé le jugement et en a ordonné l'exécution."
"En exécution du jugement, le condamné a été fusillé ce matin."
"Bordeaux, le 27 Août 1940"
Une rue est nommée en son honneur àMartignas-sur-Jalle, l'impasse Israël-Leizer-Karp[9].