Ce fils d'un boulanger carpentrassien est né le. À l'âge de 17 ans, il prit la route pour faire son tour de France, dans la spécialité paternelle. Après une année passée àParis, ou il se perfectionna, et fréquenta les bibliothèques et musées, il s'installa en1858 àMarseille, comme ouvrier boulanger, puis ouvrit sa propre boulangerie. Il se maria en1859, puis s'installa commeminotier, en1860[1].
Il fit rapidement fortune. Chercheur, il se lança dans l'innovation du matériel de meunerie. Il fit breveter en1870 un« sasseur mécanique à courant d'air comprimé », publia plusieurs brochures et rapports sur le commerce du blé, et reçut de nombreux prix aux expositions universelles et industrielles. Il fut fait chevalier de laLégion d'honneur en1885, puis officier en1891[3]. Cette même année, il devint propriétaire de deux usines deminoterie à Marseille, employant dix-neuf personnes[4].
N'ayant pas d'enfants, il décida d'employer sa fortune pour le bien de sa ville natale, tant du côté musée que pour la réfection de certaines parties de l'Hôtel Dieu. Il finança notamment la rénovation du hall d'honneur, en faisant refaire le sol, et intégra les trois vitraux, dont celui représentant Monseigneur d'Inguimbert. L'ensemble de la structure du bâtiment fut également consolidé. Enfin, il fit changer l'intégralité des fenêtres. À sa mort, la ville deCarpentras devient son héritière universelle, afin, selon ses désirs, d'en faire bénéficier les bâtiments et la culture locale[5].
La Maternité Moricelly, place Emile Zola àCarpentras[8]. Fondé par les Hospices de Carpentras, et conformément aux souhaits de Mme. Moricelly. Elle est inaugurée le 15 juillet 1934[9] et n'est aujourd'hui plus en activité. Ses locaux sont devenus l'internat dulycée Victor Hugo de Carpentras.
Monument commémoratif parMarie-Claude Léonelli, àCarpentras, devant l'ancienne maternité Moricelly. Le monument est constitué d'une statue d'une femme portant un enfant en l'air. Le bas-relief en bronze, deRené Quillivic[6], présente les bustes de Mr. et Mme. Moricelly[10],[11]. Après son déboulonnage par l'occupant nazi et sa remise en place, la position de l'enfant diffère : il s'agit désormais d'un nouveau-né, plus petit, enlacé tendrement par sa mère, joue contre joue[6].
↑Henri Ameye,En flânant... rues et places de Carpentras, FeniXX réédition numérique,, 215 p.(ISBN9782307006428)
↑Robert Caillet,Les bienfaiteurs de la ville de Carpentras : Mr et Mme Isidore Moricelly : inauguration du monument et du pavillon de la Maternité,... 15 juillet 1934 : notice biographique et discours, F. Boyer, imprimeur Carpentras,, 45 p.