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Après une jeunesse difficile à la cour de son demi-frèreHenri IV, elle devient reine de Castille en 1474 en évinçant la princesseJeanne, présentée comme illégitime. Il s'ensuit uneguerre de succession de 1476 à 1479, au terme de laquelle Isabelle reste reine de Castille (traité d’Alcáçovas).
À la mort de Jean II, le trône de Castille revient au demi-frère d'Isabelle, beaucoup plus âgé,Henri IV (1425-1474)[1], fils du roi et deMarie d'Aragon (1396-1445).
Isabelle passe ses premières années à Madrigal, avec sa mère Isabelle, atteinte dedémence, et son frèreAlphonse (1453–1468), puis à l'avènement d'Henri IV, àArévalo (province d'Avila)[2]. Tous trois vivent dans des conditions difficiles au château d'Arévalo en raison de la faiblesse des moyens qui leur sont alloués par le roi Henri IV et de l'état de santé d'Isabelle de Portugal. Isabelle est une enfant triste, sérieuse et calme.
En 1461, elle et son frère sont séparés de leur mère et installés à la cour, qui réside souvent dans l'alcazar de Ségovie, lieu où siégent lesCortes. Isabelle se retrouve sous la tutelle de la reineJeanne du Portugal. Elle reçoit d'abord une formation religieuse.
Henri IV n'a pour enfant[3] que sa filleJeanne de Castille (1462-1530). Mais celle-ci est soupçonnée d'illégitimité : elle serait la fille de la volage reine Jeanne et d'un noble castillan,Beltrán de la Cueva[4]. Ses adversaires lui donnent le surnom deJuana la Beltraneja (littéralement : « la Jeanne de Beltrán »).
Si Jeanne était officiellement reconnue comme illégitime, Isabelle deviendraithéritière présomptive du royaume de Castille. Dès le, Isabelle s'attribue arbitrairement le titre deprincesse des Asturies, que sa nièce Jeanne porte déjà.
Les longues fiançailles avec Ferdinand (1453-1469)
À l'âge de trois ans (1454[5]), Isabelle est fiancée àFerdinand d'Aragon (1452-1516), fils de l'infantJean d'Aragon (1398-1479), héritier présomptif du royaume.
Isabelle et Ferdinand sont cousins issus de germains, étant tous deux arrière-petits-enfants du roi de CastilleJeanIer (1358-1390), grand-père de Jean II d'Aragon et de Jean II de Castille.
Jean II de Castille meurt le 22 juillet 1454, laissant le trône à son fils aînéHenri qui, à cette date, n'a pas d'enfant (sa fille,Jeanne, naîtra en 1462). L'héritier présomptif est donc Alphonse (1453-1468), son frère cadet, qui a priorité sur sa sœur Isabelle, bien que né après elle (les fils du roi ayant priorité sur ses filles, quel que soient leurs âges respectifs).
Au moment de ces fiançailles, le roi d'Aragon estAlphonse V (1396-1458), roi depuis 1416. Comme, en 1454, il n'a pas de fils légitime, sa succession revient en principe à l'infant Jean, son frère cadet, père de Ferdinand, qui devient effectivement le roi Jean II d'Aragon en 1458.
Dès lors, l'héritier présomptif du royaume d'Aragon est son fils aîné,Charles de Viane (1421-1461), qui est déjàroi de Navarre, sa mère la reineBlanche de Navarre étant morte en 1441, mais seulement en titre, car de fait son père l'a écarté du pouvoir en Navarre de sorte que Charles est entré en rébellion contre lui.
Opposition de Henri IV à son mariage avec Ferdinand
Devenu roi (22 juillet 1454), Henri IV décide de rompre cet accord pour fiancer sa demi-sœur àCharles de Viane. Mais cela n'aboutit pas à un mariage en raison de l'opposition deJean II d'Aragon, en conflit avec son fils aîné.
Après la mort de Charles de Viane (1461), Henri IV tente de marier Isabelle avec le roiAlphonse V de Portugal (1432-1481), mais cela ne donne rien non plus (en 1475, Alphonse V de Portugal épousera la fille de Henri IVJeanne de Castille).
En 1466, Henri IV propose la main d'Isabelle àPedro Girón Acuña Pacheco(en) (1423-1466), maître de l'ordre de Calatrava, son favori jusqu'en 1461[6], puis passé du côté de l'opposition nobiliaire. Pedro accepte, mais tombe malade et meurt au cours de son voyage vers Madrid, à la tête de 3 000 hommes, pour négocier les termes du contrat de mariage. L'opposition nobiliaire subit un échec majeur en 1467, lorsqu'elle est vaincue lors de ladeuxième bataille d'Olmedo[7].
Durant ces années,Jean II d'Aragon maintient les contacts avec l'entourage d'Isabelle en vue d'un mariage avec Ferdinand. La mort de l'infant Alphonse en 1468 fait d'Isabelle l'héritière en second du royaume de Castille, après Jeanne, ou en premier, si on croit que Jeanne est illégitime.
Traité des Taureaux de Guisando (1468) : Henri IV désigne Isabelle comme héritière présomptive, mais elle n'a pas le droit de se marier sans son accord.
Cependant, il existe un autre obstacle à leur mariage, d'ordre juridico-religieux. Leurs grands-pères respectifsFerdinandIer d'Aragon etHenri III de Castille étant frères, Ferdinand et Isabelle sontcousins assez proches et unedispense papale est nécessaire. Le papePaul II (1417-1471, en fonction en 1464) refuse cette dispense aux ambassadeurs du roi d'Aragon, afin de ne pas se mettre en conflit avec les rois deCastille,dePortugal, et deFrance[pas clair].
Quadruple en or à l'effigie d'Isabelle et Ferdinand.
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La principale conséquence est le ralliement de la plus grande partie de l'opposition nobiliaire au roi Henri IV et son allégeance à Jeanne, ne voulant pas que l'épouse du futur roi d'Aragon devienne reine de Castille.
Après diverses péripéties,Ferdinand finira par se réconcilier avec Henri IV en[9].
Mais au moment de la mort de Henri, le parti anti-aragonais s'oppose catégoriquement, avec le soutien de la cour du Portugal, à l'avènement d'Isabelle, soutenue par la cour d'Aragon. La Castille va entrer dans uneguerre de succession de cinq ans.
Relations personnelles entre Isabelle et Ferdinand
Au début, pour Isabelle et Ferdinand, ce mariage est fondé sur des motifs politiques. Mais le couple s'avère finalement uni. Les contemporains sont étonnés de voir les deux souverains partager la table et la chambre. Lorsque Ferdinand part en campagne et qu'Isabelle ne peut pas l'accompagner (notamment en raison de ses grossesses), il lui écrit pour lui demander de ses nouvelles et lui donner des siennes.
Il écrit après la mort de sa femme, dans une lettre du 26 novembre à la ville deMadrid, annonçant la mort d'Isabelle :« Su muerte es para mí el mayor trabajo que en esta vida me podía venir… »[10] (« Sa mort est pour moi la plus grande source de souffrance qui pouvait m'arriver dans la vie… »).
Pour autant, Ferdinand n'a pas toujours été fidèle et a même eu desenfants naturels. Isabelle ferme les yeux, en femme politique.
Pour faire valoir les droits de son épouse Jeanne sur la Castille,Alphonse V de Portugal prend la tête d'une coalition, avec pour allié le roi de France,Louis XI. L'affrontement a lieu à labataille de Toro, en 1476, mais la situation tourne au profit desrois catholiques avec la reconnaissance d'Isabelle la Catholique par lesCortes de Castille.
Quand en 1479, les troupes portugaises quittent la Castille, Jeanne de Castille,La Beltraneja, renonce à ses droits et s'enferme dans un couvent pour y finir ses jours[11].
Relations statutaires entre Isabelle de Castille et Ferdinand d'Aragon
Bien que devenu roi de Castille en titre en même temps que son épouse en devenait reine, Ferdinand II ne dispose, du vivant de celle-ci, d'aucune autorité sur son domaine personnel. Il faut attendre la mort d'Isabelle en1504, suivie en1506 de celle de son gendrePhilippe le Beau et de la prétendue maladie mentale de leur fille et héritièreJeanneIre de Castille (qui a ouvertement défié sa mère àMedina del Campo), pour que le roi d'Aragon assure larégence au nom de son petit-filsCharles Quint qu'il parvient à faire reconnaître comme roi de Castille en parallèle avec JeanneIre qui conserve le titre jusqu'à sa mort en1555.
Devenu à son tour en1479 souverain des différents territoires de lacouronne d'Aragon, Ferdinand II forme alors avec sa femme un exemple unique de double monarchie, de 1479 à 1504, où chaque souverain garde la pleine autonomie de ses territoires propres tout en préparant activement l'unification formelle de l'Espagne au siècle suivant.
La guerre de succession de Castille de 1476 à 1479.
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La guerre entre Castille et Aragon d'une part (Isabelle) et le Portugal (Jeanne, mariée en 1475 au roiAlphonse V de Portugal) se termine par letraité d’Alcáçovas de 1479.
En ce qui concerne la succession d'Henri IV, Isabelle l'emporte, mais la Castille fait des concessions au Portugal en ce qui concerne les expéditions outre-mer.
La guerre de Grenade et la fin de la Reconquista (1482-1492)
Mais Isabelle veut régner sur un royaume basé sur lafoi chrétienne. Les deux souverains décident d'entreprendre une croisade contre lesmusulmans et deprendre Grenade. Avec 50 000 hommes, ils encerclent Grenade. Après six mois desiège, ils achèvent laReconquista en1492 par l'annexion duroyaume de Grenade, qui est remis par le roiBoabdil, dernier vestige de huit siècles d’occupation musulmane de l’Espagne. L'historienJoseph Pérez précise :« L’entrée des Rois catholiques à Grenade, le 2 janvier 1492, a eu un retentissement considérable dans toute la chrétienté : les cloches ont sonné à Londres, à Paris, en Italie… ; à Rome, les réjouissances se sont prolongées pendant plusieurs mois ; partout, on a célébré l’événement comme une victoire de laCroix sur leCroissant, comme une sorte de revanche sur laprise de Constantinople par lesTurcs, en1453 ».
L'union vers la Couronne d'Espagne (1479-1516).
Ce succès dans la reconquête de terres autrefois chrétiennes vaut à Isabelle et Ferdinand d'être qualifiés de « Rois catholiques » par lepapeAlexandre VI Borgia en1494[13],[4]. Le titre deReyes Católicos sera désormais pratiquement porté par tous les rois d'Espagne. Ce même pape lui accorde la distinction honorifique de laRose d'or du christianisme en 1500.
Fac-similé du décret de l’Alhambra :« … Nous avons décidé d'ordonner à tous les juifs, hommes et femmes, de quitter nos royaumes et de ne jamais y retourner… à la date du 31 juillet 1492 et ne plus rentrer sous peine de mort et de confiscation de leurs biens… ». Il est également interdit à toutnon-juif de leur prêter assistance ou de les héberger, sous peine de sanctions (31 mars 1492).
L'Inquisition espagnole concerne tous les royaumes sous juridiction des Rois catholiques, y compris donc les territoires américains, et tient des milliers deprocès. L'Inquisition n'est abolie qu'en1834[19],[20],[18].
Après avoir en vain proposé son projet (atteindre les Indes en naviguant vers l'ouest, à travers l'océan Atlantique) au roi de Portugal (1484), Christophe Colomb obtient l'accord des Rois catholiques en avril 1492 (capitulations de Santa Fe)[19],[17], quelques mois après lachute de Grenade.
En octobre 1492, le navigateur atteint des îles, notammentHispaniola (Saint-Domingue), qui appartiennent en fait à l'archipel desCaraïbes, c'est-à-dire à un« nouveau monde » (1503), qui recevra en 1507 le nom d'« America », mais sera aussi couramment appelé « Indes occidentales ».
C'est le début d'une extension considérable des territoires relevant de lacouronne de Castille.
À la fin de ses jours, les malheurs familiaux la rattrapent et la plongent dans une profondedépression qui lui fait porter un deuil rigoureux pour le reste de sa vie[21].
Son engagement pour la défense et l'égalité entre ses sujets américains et européens lui valut le titre de précurseur desDroits de l'Homme pour de nombreux historiens et ce malgré des actions controversées comme laconversion forcée desmusulmans et desJuifs du royaume sous peine d'expulsion.
À sa mort en 1504, sa fille Jeanne lui succède, mais pour peu de temps. Cette dernière est déclarée incapable de régner à cause de sa « folie » (mais reste la souveraine de Castille jusqu'à sa mort[4]) et le pouvoir est exercé d'abord par son mariPhilippe le Beau, mais celui-ci décède en 1506. Invité par lecardinal Cisneros à revenir en Castille,Ferdinand II d'Aragonle Catholique prend à son tour larégence jusqu'en 1516 (année de sa mort), non sans se remarier avec la nièce du roi de France, afin d'en avoir un héritier direct qui vivra peu de temps[4],[22].
Sur la tombe d'Isabelle et Ferdinand, est gravé en latin : « Ferdinand d'Aragon et Isabelle de Castille, époux légitimes, surnommés Les Catholiques, après avoir chassé les Musulmans et extirpé l'hérésie, sont enfermés dans ce tombeau »[22].
Isabelle a vécu cinquante-trois ans, dont trente ans en tant que reine de Castille et vingt-six en tant que reine consort d'Aragon aux côtés de Fernand II. Depuis 1974, elle est considérée commeservante de Dieu par l'Église catholique.
de 2012 à2014, parMichelle Jenner dans la série espagnoleIsabel[29], consacrée à la vie de la souveraine[30] ; comportant trois saisons de 39 épisodes, la série s'achève à la mort de la reine[29] ;
Plaque commémorative de la ville deRibadavia en hommage à ses citoyens (juifs) condamnés par l'Inquisition espagnole, il y« 400 années à cause de leur croyance ».
↑Née le 22 avril 1451, elle a 3 ans le 22 avril 1454. Or Henri IV, devenu roi le 22 juillet 1454 à la mort deJean II de Castille, va ensuite rompre ces fiançailles. Les fiançailles ont elles eu lieu entre le 22 avril et le 22 juillet ? Il faudrait être plus précis sur la chronologie, si possible.
↑a etbAnita Gonzalez-Raymond,Inquisition et société en Espagne : les relations de causes du tribunal de Valence (1566-1700), Presses Universitaires de Franche-Comté,, 374 p.(lire en ligne)
↑a etbJean-PierreDedieu, « L'Espagne au miroir de ses juifs. Une très vieille et très complexe relation »,Migrations, identité et modernité au Maghreb, La Croisée des chemins / Karthala,vol. t. III,,p. 57(lire en ligne, consulté le)
↑abc etdHervé Yannou, « 500e anniversaire de sa mort aujourd’hui »,cath.ch,(lire en ligne)
↑ab etcJean-Baptiste Rosario Gonzalve baron de Nervo (1810-1897),Isabelle la Catholique, reine d'Espagne : sa vie, son temps, son règne, 1451-1504, Bibliothèque nationale de France,, 470 p.(lire en ligne surGallica)
↑Marie-France Schmidt,« Une mort très chrétienne : Isabelle la Catholique, Medina del Campo, 26 novembre 1504 », dans Jean Sévillia et Jean-Christophe Buisson,Les Derniers Jours des reines, Place des éditeurs,(ISBN978-2-262-06483-9,lire en ligne)
Juan Luis González García,« Ferdinandus vincit, Isabella regnat, Christus imperat : la piété “hispanique” et le patronage religieux d’Isabelle la Catholique », dans Murielle Gaude-Ferragu et Cécile Vincent-Cassy,« La dame de cœur ». Patronage et mécénat religieux des femmes de pouvoir dans l'Europe des xive-xviie siècles, Rennes, Presses universitaires de Rennes,, p. 269-278.
Miguel Ángel Ladero Quesada,« Isabelle de Castille : exercice du pouvoir et modèle politique », dans Eric Bousmar, Jonathan Dumont, Alain Marchandisse et Bertrand Schnerb (dir.),Femmes de pouvoir, femmes politiques durant les derniers siècles du Moyen Âge et au cours de la première Renaissance, Bruxelles, De Boeck,coll. « Bibliothèque du Moyen Âge » (no 28),(lire en ligne),p. 47-66.