Ion Gigurtu | |
![]() | |
Fonctions | |
---|---|
Président du Conseil des ministres de Roumanie | |
– | |
Monarque | Carol II |
Prédécesseur | Gheorghe Tătărescu |
Successeur | Ion Antonescu |
Ministre des Affaires étrangères | |
– (27 jours) | |
Président du Conseil | Gheorghe Tătărescu |
Prédécesseur | Grigore Gafencu |
Successeur | Constantin Argetoianu |
Biographie | |
Date de naissance | |
Lieu de naissance | Drobeta-Turnu Severin (Royaume de Roumanie) |
Date de décès | (à 73 ans) |
Lieu de décès | Râmnicu Sărat (République populaire roumaine) |
Nationalité | Roumaine |
Parti politique | Front de la renaissance nationale |
Profession | Ingénieur |
Religion | Orthodoxe |
![]() | |
Président du Conseil des ministres de Roumanie | |
modifier ![]() |
Ion Gigurtu (né le àDrobeta-Turnu Severin, mort le àRâmnicu Sărat) est unhomme politiqueroumain, membre duFront de la renaissance nationale (FRN). Il estprésident du Conseil des ministres de Roumanie de juillet à.
Après des études secondaires àCraiova il poursuit des études supérieures à l'École des mines de Freiberg et à l'université technique de Berlin àCharlottenburg dans l'Empire allemand. Il décroche un diplôme d'ingénieur des mines. Il participe durant laPremière Guerre mondiale à la campagne de Roumanie en tant que lieutenant puis capitaine.
En 1919 il rejoint le Parti du peuple, fonde l'Organisation pour l'industrie et le commerce roumain et exerce diverses fonctions dirigeantes dans des entreprises roumaines.
Il est élu député en 1926-1927 et fait partie de la délégation roumaine de la Conférence navale àGenève en 1927. En 1932 il quitte le Parti du peuple pour le Parti agrarien. Il fonde le magazineLibertatea en. Après avoir rejoint le Parti national chrétien il est nommé en au Conseil supérieur économique. Il participe au financement duParti national paysan et de laGarde de fer. De à il est ministre de l'Industrie dans le cabinet éphémère d'Octavian Goga.
Le roi Carol II le nomme ministre de l'Information en,ministre des Affaires étrangères le puis secrétaire d'État dans les cabinets deGheorghe Tătărescu. Alors que sa protectrice, la France,vient de s’effondrer et les pressions allemandes sur la Roumanie augmentent, le chantage à la guerre et la crainte de subir le même sort que la Pologne voisine (partagée entre l'Allemagne nazie et l'URSS stalinienne) et que la Finlande (attaquée par l'URSS)[1] poussent le roiCarol II et son régime « carliste » à cesser leur lutte armée contre laGarde de fer fasciste et à se rapprocher de l'« Axe »[2]. Une semaine après l’occupation de la Roumanie orientale par l’Armée rouge à la suite de l’ultimatum de 48 heures présenté parViatcheslav Molotov le[3], le roi nomme Gigurtu président du Conseil des ministres le : le Conseil de la Couronne valide l’arbitrage par 21 voix contre 10 et une abstention[4].
Voyant l’URSS prendre à la Roumanie sans combat 50 135 km2 peuplés de 3 150 793 personnes (15 % du territoire et 16 % de la population), laHongrie et laBulgarie exigent à leur tour respectivement laTransylvanie et laDobroudja[5]. Pour éviter un démantèlement total de son pays, le roi Carol II envoie Gigurtu négocier directement avecAdolf Hitler àSalzbourg où, le, le roumain parvient à obtenir duFührer le principe d'un partage de ces régions par un arbitrage allemand[6]. Pour donner des gages à l’« ogre nazi », Gigurtu déclareadhérer loyalement à la politique de l'Allemagne[7] etconsentir à des sacrifices territoriaux pour démontrer la fiabilité de l’adhésion roumaine à l’Axe[8].
Sur le plan intérieur, le cabinet Gigurtu, qui comprenait un ministre de laGarde de Fer : son chef Horia Sima, interdit le droit de grève, dissout le parlement et fait interner les parlementaires des partis historiques roumains (notamment agrarien et libéral). Il met en place en une nouvelle législation antisémite en signant des décrets-lois excluant les Juifs du service public et interdisant le mariage entre chrétiens et juifs. En revanche il fait libérer les artistes Juifs travaillant pour l’État roumain, emprisonnés parOctavian Goga[9].
Se soumettant audeuxième arbitrage de Vienne, la Roumanie cède le laTransylvanie du Nord auRoyaume de Hongrie, et, le, par lesAccords de Craiova, rend laDobroudja du Sud à laBulgarie. Ces pertes territoriales sont bien plus étendues que celles évoquées à Salzbourg par Hitler devant Gigurtu comme « prix de la paix »[10], et représentent plus d’un tiers de laGrande Roumanie. En protestation contre ce qu’il appelle le « Diktat de Vienne », Ion Gigurtu démissionne le et se retire de la vie politique, estimant avoir été berné[11].
La Roumanie rejoint les Alliés le lors ducoup d’état du roi Michel contre lemaréchal pro-allemand Antonescu et Gigurtu est arrêté le sous l’accusation, dans un premier temps, d’avoir mené une politique anti-patriotique, pro-allemande et antisémite, et d’avoir cédé la Transylvanie, mais après le coup d’état qui porte lescommunistes au pouvoir le, la procédure est abandonnée et Gigurtu est libéré en. En effet, les communistes qui prônent la « fraternité prolétarienne entre les peuples » (y compris allemand, hongrois, juif, roumain…) ne veulent pas d’un procès sur des accusations « nationalistes bourgeoises ». Leurpolice politique, laSecuritate, arrête à nouveau Ion Gigurtu en 1948, cette fois sous l’accusation d’avoir « agi contre la classe ouvrière ». Dans la nuit du 5 au il est envoyé avec d’autres « ennemis du peuple » dans la prison-mouroir deSighet (aujourd’hui mémorial des victimes durégime communiste). En 1956 il est jugé et condamné à 15 ans de prison. Il meurt malade et affamé en 1959 dans le pénitencier deRâmnicu Sărat[12],[13].