Il est constitué de millions de réseaux tant publics que privés, universitaires, commerciaux et gouvernementaux, àcommutation de paquets, sans centre névralgique. Ceux-ci sont regroupés enréseaux autonomes. Il existe plus de 91 000 réseaux distincts en 2019[1].
Dans les années 1990, l'apparition duWeb contribue à rendre Internet accessible au grand public. Depuis les années 2000, un nombre croissant de types d'objets divers y sont connectés, formant l'Internet des objets.
Le terme américainInternet est dérivé du concept d'internetting, enfrançais :« interconnecter des réseaux », dont la première utilisation documentée remonte à parRobert Elliot Kahn[2], dans le cadre de la premièreInternational Conference on Computer Communications (ICCC) àWashington.
Les origines exactes du terme sont incertaines. Le, le nom « Internet », déjà en usage pour désigner l'ensemble d'ARPANET et de plusieurs réseaux informatiques, devient officiel[3].
En anglais, « uninternet » (nom commun, sansmajuscule) est un terme technique désignant unréseau constitué de l'interconnexion de plusieurs réseaux informatiques au moyen derouteurs[4]. Écrire « Internet » avec une majuscule permet alors de distinguer le réseau global d'un quelconque autre réseau de réseaux. L'usage de la minuscule devient toutefois majoritaire vers 2015[5]. En 2016, l'agenceAssociated Press adopte la minuscule dans sonStylebook, qui fait office de« bible orthotypographique » de la presse anglophone[6].
En français, l'usage ou non d'une majuscule (« Internet » ou « internet ») et d'unarticle défini (« l'Internet » ou « Internet ») est flottant[7]. Dans l'usage courant, l'article est très peu employé.
Le concept de communication parcommutation de paquets de Kleinrock s'imposa comme une solution compatible et mieux éprouvée. En 1966, L. G. Roberts fut engagé par Bob Taylor à la DARPA pour concevoir le réseauARPANET ; il en publia les plans au cours de l'année 1967. En présentant ce dossier, il découvrit deux autres groupes de chercheurs travaillant indépendamment sur le même domaine : un groupe britannique duNational Physical Laboratory (NPL) auRoyaume-Uni comprenantDonald Davies etRoger Scantlebury, ainsi qu'une équipe de laRAND Corporation, comprenantPaul Baran.
Entre 1962 et 1965, le groupe de la RAND avait étudié la transmission par paquets pour l'armée américaine. Son but était de pouvoir maintenir les échanges de télécommunications en cas d'attaque (notamment nucléaire), ce que permet une transmission par paquets dans un réseau non centralisé. Ce projet faisait partie d'un développement indépendant d'ARPANET. Bien que probablement robuste face à une telle attaque, ARPANET n'avait toutefois pas été initialement conçu pour faciliter les télécommunications entre chercheurs. Le rapport de Paul Baran resta purement théorique et il tomba rapidement dans l'oubli. En revanche, le mythe de l'« ARPANET comme dernier rempart à une attaque atomique » trouve dans cet épisode son origine. Parallèlement, auNational Physical Laboratory, l'équipe de Donald Davies progressait sur le NPL Network, premier réseau « maillé » fonctionnel, fondé sur la transmission dedatagrammes (packets). L'histoire d'Internet ne retint pourtant pas d'origine européenne. ARPANET serait reconnu dès lors comme origine officielle du réseau Internet[15].
En, la DARPA accepta de financer le développement des équipements deroutage des paquets d'ARPANET. Ce développement fut confié en décembre de la même année à un groupe de la sociétéBolt, Beranek and Newman (BBN) deBoston. Celui-ci travailla avecBob Kahn sur l'architecture du réseau. De son côté, Roberts améliora les aspects topologiques et économiques du réseau. Kleinrock prépara plusieurs systèmes de mesure du réseau. Le, BBN installa le premier équipement à l'université de Californie à Los Angeles (UCLA), où travaillait Kleinrock. Le second nœud du réseau fut installé auStanford Research Institute (SRI), oùDouglas Engelbart travaillait sur un projet d'hypertexte. Deux nœuds supplémentaires furent ajoutés à l'université de Santa Barbara et à l'université de l'Utah. Fin 1969, ARPANET comptait ainsi quatre nœuds.
Le concept d'Internet est né d'ARPANET. L'idée était de permettre la connexion entre des réseaux divers : ARPANET, des communications avec lessatellites, des communications par radio. Cette idée fut introduite par Kahn en 1972 sous le nom deInternetting. Le protocole NCP d'ARPANET ne permettait pas d'adresser des hôtes hors d'ARPANET ni de corriger d'éventuelles erreurs de transmission. Kahn décida donc de développer un nouveau protocole, qui devint finalementTCP/IP.
En 1973, Kahn demanda àVint Cerf (parfois appelé le « père d'Internet ») de travailler avec lui, car Cerf connaissait les détails de mise en œuvre de NCP. Le premier document faisant référence auTransmission Control Protocol (TCP) fut écrit en 1973 par Cerf :A Partial Specification of an International Transmission Protocol. La première spécification formelle de TCP, publiée en, fut leRFC 675[17].
La version initiale de TCP ne permettait que la communication en établissant uncircuit virtuel. Cela fonctionnait bien pour le transfert de fichiers ou le travail à distance, mais n'était pas adapté à des applications comme latéléphonie par Internet.TCP fut donc séparé deInternet Protocol (IP) etUser Datagram Protocol (UDP) proposé pour les transmissions sans établissement d'un circuit.
Dans les années 1980, laguerre des protocoles de communication n'est pas éteinte et l'Europe préfère lemodèle OSI[23], ce qui freine l'adoption de TCP/IP pour les connexions distantes. LeCERN participe à l'introduction des techniques liées à Internet en Europe, par la mise en service de deuxrouteursCisco en 1987, qui sont vraisemblablement les premiers introduits sur le continent européen. Le CERN n'est connecté à Internet qu'en 1989.
L'interconnexion de réseaux d'opérateurs indépendants qui utilisent les standards d'Internet s'organise à partir de 1991. La coentrepriseCommercial Internet Exchange (CIX) est créée à cet effet, initialement pour les réseauxPSINet,CERFNet etAlternet[24]. Cela marque le début de l'Internet commercial mondial et ouvert à tous.
Le premiersite web est mis en service en 1991 et le marque le passage officiel duWorld Wide Web dans le domaine public[25].
En, l'espace Web connecté à Internet dépasse un milliard de sites en ligne[26], pour près de trois milliards d'internautes[27]. Le nombre de sites, d'internautes, decourriels envoyés, de recherches effectuées sur le moteur de rechercheGoogle, est en augmentation permanente[28].
Selon la définition du groupe de travail sur lagouvernance d'Internet, il faut entendre par « gouvernance de l’internet » l’élaboration et l’application par les États, le secteur privé et lasociété civile, dans le cadre de leurs rôles respectifs, de principes,normes, règles, procédures de prise de décisions et programmes communs propres à modeler l’évolution et l’usage de l’Internet.
Certains organismes sont chargés de la gestion d'internet et ont des attributions spécifiques. Ils participent à l'élaboration des standards techniques, l'attribution desnoms de domaine, desadresses IP, etc. :
Dans un but de maintenir ou d'élargir laneutralité du réseau, mais aussi d'engager les diverses parties globales dans un dialogue sur le sujet de la gouvernance, lesNations unies ont convoqué :
La neutralité du Net ou la neutralité du réseau est un principe fondateur d'Internet qui exclut toute discrimination à l'égard de la source, de la destination ou du contenu de l'information transmise sur le réseau.
C'est aujourd'hui un grand enjeu technico-économique et socio-éthique. Conscient de cette situation, leConseil des droits de l'homme des Nations unies, prend position le, en adoptant larésolution (A/HRC/32/L.20)[29], non contraignante, visant à condamner les restrictions de l'accès à l'information sur Internet. Le Conseil des droits de l'homme condamne sans équivoque les mesures qui visent à empêcher ou à perturber délibérément l'accès à l'information ou la diffusion d'informations en ligne, en violation du droit international desdroits de l'homme et invite tous les États à s'abstenir de telles pratiques et à les faire cesser[30],[31].
Internet trouve son fondement juridique dans l'existence d'un principe de libre-circulation de l'information qui remonte auXIXe siècle, lors de l'émergence dutélégraphe. Depuis, ce principe a émergé graduellement de la rencontre progressive puis de la symbiose entre la libre-circulation internationale des services et la liberté d'expression[32].
Cette problématique a alors été nommée progressivement « libre-circulation de l'information ». Mais cette origine technique et économique n'est pas son seul fondement. Elle se base également sur le principe international deliberté d'expression.
Aujourd'hui, que l'on observe la jurisprudence duConseil constitutionnel français ou des Cours européennes, le principe de libre circulation de l'information est consacré dans sa triple dimension : technique (en tant que support indissociable d'Internet), économique (en tant que préalable nécessaire à la libre-circulation mondiale des services) et éthique (en tant qu'instrument venant compléter et élargir le traditionnel principe de liberté d'expression). Porter atteinte à ce principe revient dans le même temps (potentiellement) à porter atteinte à la liberté d'utiliser Internet, à la liberté d'expression et à la liberté de prestation de services.
La protection dedonnées personnelles des pays membres de l’Union européenne (UE) était, jusqu'au, communément fondée sur la directive européenne du, qui n’était plus en accord avec les avancées technologiques des20 années précédentes. Cette dernière couvre la liberté de circulation des données personnelles en limitant les divergences entre les législations nationales.
En 2012, laCommission européenne a proposé lerèglement général sur la protection des données (RGPD) qui révise cette loi afin d'y intégrer les échanges de données personnelles liés à la technologie, notamment à Internet et au Cloud. Il aura fallu quatre ans de négociations législatives pour que ce projet de loi soit finalement promulgué le. Il est entré en application le. Dans ce contexte, le traitement des données personnelles par les entreprises est soumis à de nouvelles règles strictes.
Les données à caractère personnel sont concernées par le RGPD, elles concernent les informations basiques telles que les noms et prénoms, coordonnées postales et téléphoniques, mais aussi l’adresse IP, les informations sur la santé et les loisirs ainsi que les données personnelles sous pseudonyme, qui sont considérées comme des informations personnellement identifiables et soumises au nouveau règlement[34].
Transit du trafic IP entre un ordinateur et un serveur[b].
Internet est constitué de la multitude de réseaux répartis dans le monde entier et interconnectés. Chaque réseau est rattaché à une entité propre (université,fournisseur d'accès à Internet,armée) et est associé à un identifiant unique appeléAutonomous System (AS) utilisé par le protocole deroutageBorder Gateway Protocol (BGP). Afin de pouvoir communiquer entre eux, les réseaux s'échangent des données, soit en établissant une liaison directe, soit en se rattachant à unnœud d'échange (point depeering). Ces échanges peuvent se limiter au trafic entre leurs utilisateurs respectifs (on parle alors depeering) ou bien inclure le trafic de tiers (il s'agit alors d'accord de transit). Un opérateur qui fournit un service de transit Internet à d'autres fournisseurs d'accès est appelécarrier. Ces accords d'échange de trafic sont libres, ils ne font pas l'objet d'unerégulation par une autorité centrale.
Chaque réseau est connecté à un ou plusieurs autres réseaux. Lorsque des données doivent être transmises d'un ordinateur vers un autre appartenant à un AS différent, il faut déterminer le chemin à effectuer parmi les réseaux. Lesrouteurs chargés du trafic entre les AS disposent généralement d'une table de routagecomplète (Full routing table)[35], de plus de 440 000 routes en 2013[36] et transmettent le trafic à un routeur voisin et plus proche de la destination après consultation de leur table de routage.
Des chercheursisraéliens de l'université Bar-Ilan ont déclaré, après avoir analysé les nœuds reliant l'ensemble des sites, qu'internet est unréseau méduse. Ils la définissent comme ayant un cœur dense connecté à une multitude d'autres sites, qui ne sont reliés entre eux que par ce cœur, semblable à un maillage à structure fractale. Cette zone permet à 70 % du réseau de rester connecté sans passer par le cœur. Les chercheurs indiquent donc cette zone comme piste pour désengorger le trafic, en répartissant mieux les sites de cette zone[37].
En pratique, ces connexions sont réalisées par des infrastructures matérielles et des protocoles informatiques. Ces connexions permettent notamment de relier desconnexions grand public à des Centre de traitement de données.
L'accès à internet est souvent vendu sous la forme d'offre commerciale de services, avec un abonnement fixe ou un paiement aux données consommées. Certaines organisations, notamment les universités européennes, disposent de leurs propres réseaux (ex. :Renater).
Pour accéder à Internet, il faut disposer d'un équipementIP ainsi que d'une connexion à un fournisseur d'accès. Pour cela, l'utilisateur emploie lesmatériel etlogiciel suivants :
Cette section doit êtreactualisée.(mai 2020) Il manque des informations récentespertinentes etvérifiables, et certains passages peuvent annoncer des événements désormais passés, ou des faits anciens sont présentés comme actuels.Mettez à jour oudiscutez-en.
Des logiciels sont, eux, nécessaires pour exploiter Internet suivant lesusages :
Avant labulle Internet, des millions de mètres carrés destinés à abriter de tels centres furent construits dans l'espoir de les voir occupés par desserveurs. Depuis, la concentration des centres s'est poursuivie, avec le développement de centres spécialisés pour lesquels les défis les plus importants sont la maîtrise de la climatisation et surtout de la consommation électrique. Ce mouvement a été intégré dans legreen computing (informatique durable) et vise à aboutir à des centres de traitement de données dits écologiques pour lesquels sont apparus des outils spécialisés[38].
Internet repose sur la transmission d'informations d'un point à un autre. Cette transmission se fait généralement au moyen d'ondes électromagnétiques. Les différents points sont donc connectés soit physiquement, soit indirectement à travers d'autres points.
Ces ondes peuvent être transmises dans l'air (technologies sans fil), dans unefibre optique ou dans un câble métallique (technologies filaires). Lorsque l'information doit passer d'une voie vers une autre, elle est aiguillée au moyen de matériels dédiés (commutateurs, routeurs).
Les protocoles logiciels utilisés sur internet sont les conventions structurant les échanges d'informations nécessaires au transfert des contenus applicatifs pour l'usager final. Ils permettent notamment d'identifier les interfaces (donc les machines), de s'assurer de la réception des données envoyées et de l'interopérabilité.
Internet fonctionne suivant un modèle en couches, similaire aumodèle OSI. Les éléments appartenant aux mêmes couches utilisent unprotocole de communication pour s'échanger des informations.
Chaque protocole a des fonctions propres et, ensemble, ils fournissent un éventail de moyens permettant de répondre à la multiplicité et à la diversité des besoins sur internet.
Les principaux sont les suivants, classés selon leur couche (IP, TCP et UDP) ;couches applicatives[Quoi ?].
IP (Internet Protocol) aussi appeléIPv4 : protocole réseau qui définit le mode d'échange élémentaire entre les ordinateurs participant au réseau en leur donnant une adresse unique sur celui-ci. Cependant, en raison de l'épuisement des adresses IPv4, une nouvelle norme voit le jour ; nomméeIPv6, elle permet d'accueillir un plus grand nombre d'utilisateurs.
TCP : responsable de l'établissement de la connexion et du contrôle de la transmission. C'est un protocole de remise fiable. Il s'assure que le destinataire a bien reçu les données, au contraire d'UDP.
HTTP (HyperText Transfer Protocol) : protocole mis en œuvre pour le chargement despages web.
HTTPS : pendant du HTTP pour la navigation en mode sécurisé.
FTP (File Transfer Protocol) : protocole utilisé pour le transfert de fichiers sur Internet.
SFTP (SSH File Transfer Protocol) : protocole bâti surSSH pour le transfert de fichiers sécurisé.
POP3 (Post Office Protocol version 3) : mode d'échange du courrier électronique en réception.
IMAP (Internet Message Access Protocol) : un autre mode d'échange de courrier électronique.
IRC (Internet Relay Chat) : protocole de discussion instantanée.
NNTP (Network News Transfer Protocol) : protocole de transfert de message utilisé par les forums de discussionUsenet
SSL ouTLS : protocoles de transaction sécurisée, utilisés notamment pour le paiement sécurisé.
UDP : permet de communiquer, de façon non fiable, mais légère, par petitsdatagrammes.
DNS (Domain Name System) : système de résolution de noms Internet.
ICMP (Internet Control Message Protocol) : protocole de contrôle du protocole IP.
Indépendamment du transfert entre deux points, lesrouteurs doivent pouvoir s'échanger des informations deroutage. UnIGP (Interior Gateway Protocol) et unEGP (Exterior gateway protocol) commeBGP (Border Gateway Protocol) satisfont ce besoin.
Comme produit essentiellement « dématérialisé », Internet peut paraître écologique, ou tout du moins avoir un effet limité sur l'environnement[43]. En accélérant les transferts d'informations et en facilitant les échanges de données, l'usage d'Internet a fréquemment été présenté comme vertueux de ce point de vue ; cet argument a par exemple été présenté lors de la mise en place defactures électroniques ou de ladématérialisation des marchés publics[réf. souhaitée].
Internet aurait uneempreinte carbone extrêmement importante ; plus de200 milliards de courriels seraient envoyés chaque jour[47],[48], sachant que chaque courriel est lié à l'émission de quelques grammes à quelques dizaines de grammes de CO2, en fonction du nombre de destinataires et de la taille des pièces jointes[49],[50],[49]. Ces conséquences écologiques sont principalement dues à la fabrication des terminaux (ordinateur, smartphone, tablette, etc.) ayant servi à envoyer et recevoir le courriel[51]. Si Internet était un pays, ce serait le troisième plus gros consommateur d'électricité en 2018, après la Chine et les États-Unis[c],[43]. Selon plusieurs études, en 2018, Internet correspond à 6 à 10 % de la consommation mondiale d'électricité et pèserait près de 5 % desémissions de gaz à effet de serre mondiales[43], soit plus que le transport aérien. La construction des centres de traitement de données des principaux acteurs d'Internet, Google, Apple et Facebook, dans l'État de Caroline du Nord aux États-Unis, est intimement liée au bas coût de l'énergie dans cet État[44]. Ce coût bas s'explique par le fonctionnement decentrales thermiques utilisant lecharbon des Appalaches, dont l'exploitation à ciel ouvert détruit des montagnes entières[44].
En 2008, le monde compte1,574 milliard d'internautes[52]. En,2,4 milliards d'internautes sont recensés[53].
En, plus de 60 % de la population mondiale accède à Internet ; on compte4,93 milliards d'internautes, soit un taux de pénétration de 63,2 %[54]. En, plus de 68,7 % de la population mondiale a accès à Internet[55].
Répartition des utilisateurs d'Internet par continent en[56]
Région
Proportion d'utilisateurs (%)
Asie
37,6
Europe
27,1
Amérique du Nord
17,5
Amérique latine/Caraïbes
9,8
Afrique
3,6
Moyen-Orient
3,0
Océanie/Australie
1,4
Évolution du nombre d'internautes entre 1990 et 2004.
Évolution du nombre de serveurs entre 1992 et 2006.
Le développement du réseau internet entraîne un bouleversement sans précédent depuis l'apparition de l'imprimerie. Comme l'ont fait l'écriture, le charbon et les télécommunications lors de leur apparition, Internet augmente la capacité des hommes à travailler ensemble de façon plus efficace et plus étendue[57]. Ce n'est pas une simple révolution technologique, mais un remaniement complet de lamanière dont l'humanité appréhende le monde qui l'entoure. Le philosopheGuillaume Cazeaux remarque, quant à lui, que la libération de la parole, permise par leWeb 2.0, entraîne un effet inattendu : noyés dans la masse d’informations et de désinformations, les internautes développent des représentations du monde qui les divisent. Comme l’imprimerie avait ébranlé la foi et provoqué la Réforme protestante, en favorisant la diffusion du savoir, Internet génère aussi des « schismes » qui menacent l’unité de nos sociétés.« Les questionnements vertigineux qui se posaient à l’homme de la Renaissance, àMontaigne par exemple, redeviennent ainsi étonnamment les nôtres », estime le philosophe[58].
La mise à disposition constante d'images et d'idées et leur transmission rapide ont des conséquences sur le développement psychologique, moral et social des personnes, la structure et le fonctionnement des sociétés, les échanges culturels, la perception des valeurs et lesconvictions religieuses. Tout cela n'est pas sans poser des questionséthiques sur le développement de la personne humaine et la chance que peuvent avoir les personnes et les peuples de percevoir unetranscendance[59]. Internet est un espace paradoxal : il se détache de la conception spatiale ou matérialiste de l'espace que l'histoire a mise en place.« Internet est un espace qui fait gagner de l'espace-temps. Il se révèle plus efficient que d'autres espaces dès lors que l'étendue est vaste, que le nombre de réalités considérées est important et que l'interaction n'exige pas de contact matériel », selon Boris Beaude[57].
Internet a bouleversé les rôles et les structures sociales jusqu'alors bien établis. Alors que le géant Google a transformé l'accès à l'information de différentes façons (accessibilité, rapidité et réseautage), les réseaux sociaux sont devenus les principaux moyens de médiation et de relation entre les individus, pour ne nommer que ceux-là[57]. Internet s'est donc immiscé dans l'ordre social pour le remanier.« La capacité d'Internet à créer du contact réticulaire en dépit de la distance territoriale offre aussi une opportunité considérable d'organisation, de production et de coordination »[57], souligne Boris Beaude.
Autant Internet peut être une occasion d'enrichissement personnel ainsi que culturel et contribuer à un développement humain authentique, autant il risque de constituer une menace pour lelien social, s'il en vient à dispenser les hommes de toute communication directe. Le sociologuePhilippe Breton met en garde contre une conception de la « société mondiale de l'information », où les liens sociaux seraient fondés sur la séparation des corps et la collectivisation des consciences. Selon lui, cette vision du tout-internet découle de l'héritage deTeilhard de Chardin, dubouddhisme zen et des croyancesNew Age[60].
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Alors même que certains experts dénoncent de mauvaises hypothèses sur le rôle destechnologies de l'information et de la communication par rapport aux problèmes d'environnement, les mêmes experts soulignent qu'internet peut jouer un rôle très important pour la mobilisation des citoyens sur les questions deresponsabilité sociale et dedéveloppement durable. Internet est en effet un réseau devigilance, alimenté par les associations, lesONG et les gouvernements, accessible à tous lescitoyens (au moins dans les pays les plus développés) et qui peuvent en outre servir de source d'information pour lesmédias. Laconvention d'Aarhus, signée en 1998 par trente-neuf États, porte sur l'accès à l'information et la participation du public au processus décisionnel. Leweb de deuxième génération (web 2.0), fournit des plateformes d'échange entre utilisateurs grâce à des services collaboratifs tels que leswikis. L'encyclopédieWikipédia en est d'ailleurs un excellent exemple[61].
La tendance apparue depuis 2012 environ en France est à une articulation entre l'usage offensif d'Internet par le biais des réseaux sociaux et l'expression publique dans la rue. Elle introduit des combinaisons innovantes entre lesmanifestations de rue et les techniques de prise de parole (sites internet, blogs, web social) ou lesterminaux mobiles (SMS, prise d'images et de vidéos)[66].
Ces formes de mobilisations peuvent avoir un effet indésirable : leslacktivisme (dit « militantisme de canapé ») peut sembler suffisant à ses participants, par conséquent cela peut diminuer le nombre de ceux qui ensuite passent aumilitantisme[réf. nécessaire].
La fracture numérique est la disparité d'accès aux technologiesinformatiques, mise en évidence par la disponibilité inégale du réseau Internet. Elle recouvre parfois le clivage entre « les info-émetteurs et les info-récepteurs »[67].
Cette disparité est fortement marquée d'une part entre les pays riches et les pays pauvres, d'autre part entre les zones urbaines denses et les zones rurales. Elle existe également à l'intérieur des zones moyennement denses.
« L'un des grands phénomènes sociaux actuels, que l'internet a généré, est en effet la création d'un gouffre, de plus en plus profond, entre deux types de populations : celles qui s'informent encore majoritairement sur les médias classiques, ou le web, mais dans son versant traditionnel (les grands sites d'information) et celles qui ont pris l'habitude de s'informer sur le web alternatif et qui ont perdu presque toute confiance dans les médias dits "officiels". […] La base contextuelle à partir de laquelle nous forgeons notre représentation du réel se scinde, selon que l'on s'informe via les médias traditionnels ou le web, mais aussi - plus encore - selon les nébuleuses que l'on fréquente sur la Toile. Des univers mentaux très différents se créent, qui séparent les hommes, autant que pouvaient l'être jadis les habitants de différentes régions du monde. »
↑Hervé Le Crosnier, SMSI, Genève du 10 au 12 décembre 2003, cité par Dominique Lahary « La propriété intellectuelle s'invite au sommet de l'information » inBulletin des bibliothèques de France t. 49,no 2,p. 104.