Si ce bandeau n'est plus pertinent, retirez-le. Cliquez ici pour en savoir plus.
Les informations figurant dans cet article ou cette section doivent être reliées aux sources mentionnées dans les sections « Bibliographie », « Sources » ou « Liens externes »().
Après laSeconde Guerre mondiale, le mouvement socialiste international est affaibli et divisé sur l'attitude à avoir envers l'Union soviétique. Il faudra plusieurs années pour aboutir à la création de l'Internationale socialiste.
La reconstruction progressive de l’Internationale des partis socialistes, sociaux-démocrates et travaillistes après laSeconde Guerre mondiale se fait à travers des conférences internationales qui se tiennent régulièrement jusqu’en 1951.
Les préparatifs des premières conférences (1944-1945)
Le congrès du Parti travailliste de est l’occasion de discuter de la reconstruction de l’Internationale après le conflit, en présence de délégués de la SFIO, du Parti ouvrier social-démocrate suédois et des représentants des partis en exil (Parti travailliste norvégien,Parti socialiste polonais,Parti ouvrier belge etParti socialiste italien). Ils décident de convoquer une conférence préparatoire.
Cette conférence se tient le àLondres. Treize partis sont représentés, mais ni les Allemands, ni les Autrichiens, ni les Hongrois n’ont été invités, et tous les partis invités n’ont pu envoyer de délégués. La conférence approuve l’occupation de l’Allemagne et la dénazification, mais refuse sa division en plusieurs états. Surtout, elle rappelle la nécessité de l’unité de la classe ouvrière et de l’entente avec l’Union soviétique. L’arrivée des Travaillistes au pouvoir auRoyaume-Uni, la présence d’autres partis membres de l’IOS au pouvoir dans leur pays (Suède,Norvège,Nouvelle-Zélande,Australie) fait de l’IOS une vraie puissance pour la première fois de son histoire.
La conférence de Clacton est la première réunion officielle de l’IOS depuis celle de Paris en 1933. Dans son mémorandum sur l’unité du mouvement ouvrier international,Harold Laski met en avant la nécessite d’un travail avec l’URSS pour que l’Europe devienne à terme un continent socialiste. Mais des différences apparaissent entre ceux qui veulent reconstruire une IOS identique à celle d’avant-guerre (SFIO, Parti socialiste suisse, belge et autrichien), ceux qui s’y opposent pour former une internationale différente (Labour), et ceux qui plaident pour une Internationale unique, socialo-communiste, à l’image de ce qui s’est fait pour laFédération syndicale mondiale. La conférence n’arrive pas à trouver un accord, et la question de la reconstitution de l’Internationale est reportée. Un Bureau socialiste d’information et de liaison (SILOSocialist information and liaison office) est cependant mis en place àLondres avecDenis Healey à sa tête.
La conférence Bournemouth (3-) prend la décision de dissoudre officiellement l’Internationale ouvrière socialiste, mais il est toujours impossible de trouver un accord entre les pays d’Europe de l’Ouest, menés principalement par le Labour, et ceux d’Europe de l’Est. C’est surtout la question de la réintégration duSPD dans l’Internationale qui divise l’assistance. Les représentants allemands sont invités à s’expliquer devant la prochaine conférence. La conférence deZurich (6-) rassemble des délégués de 23 partis. Le dernier jour, les délégués allemands,Kurt Schumacher,Erich Ollenhauer etFritz Heussler viennent défendre la réintégration duSPD au sein du mouvement socialiste international. Ils viennent montrer qu’il y a eu un mouvement de résistance socialiste pendant le régime nazi, mais que laGestapo était puissante, et le SPD ne pouvait pas jouer sur la fibre nationaliste. Une commission est mise en place pour juger de la réintégration dans l’avenir du SPD, et une autre commission est installée pour étudier la question de la reconstitution de l’Internationale.
La conférence d’Anvers ( –) se déroule après la conférence de Szklarska Poreba qui a constitué leKominform qui prend la suite de l’Internationale communiste. La conférence d’Anvers rassemble 17 partis, y compris lesParti socialiste polonais,Parti social-démocrate de Hongrie etParti social-démocrate tchèque. Elle refuse la qualité de délégué au représentant duParti social-démocrate bulgare considéré comme pro-communiste, mais l’admet comme observateur. Sans condamner le Kominform, la conférence se prononce contre toute attaque envers la social-démocratie. Elle vote l’admission du SPD, malgré l’opposition duParti social-démocrate de Hongrie, duparti travailliste de Palestine (juif), duParti socialiste polonais et duParti social-démocrate tchèque ; leParti socialiste italien et laLigue ouvrière juive polonaise s’abstiennent. Enfin la conférence met en place leComité de la conférence socialiste internationale (Comisco -Committee of the International Socialist Conference) avec un délégué par parti membre, et présidé par le BritanniqueMorgan Phillips. La conférence deLondres (20-) qui a lieu après leCoup de Prague condamne leKominform qu’elle rend responsable du schisme du mouvement ouvrier. Les partis qui soutiennent les partis communistes à l’Est sont exclus de la Conférence. Les socialistes italiens sont sommés de trancher entre leur collaboration avec leKominform et celle avec les socialistes antisoviétiques. La conférence deVienne (4-) condamne lesdémocraties populaires qualifiées de dictatures qui « trahissent la démocratie aussi bien que le socialisme ». La même résolution s’oppose à tout régime de parti unique. L’exécutif duParti socialiste italien essaye de justifier sa position dans un mémorandum condamnant l’action du capitalisme et duVatican pour créer uneItalie clérico-conservatrice.
La conférence deBaarn (14-) exclut finalement leParti socialiste italien après qu’il eut refusé de se réunifier avec leParti social-démocrate italien qui refuse la subordination au Parti communiste. Cette conférence est également l'occasion de discuter de l’unité européenne. Quelques mois après, les partis socialistes d’Europe de l’Est créent en l’Union socialiste d’Europe centrale et orientale présidée parZygmunt Zaremba qui reçoit un statut consultatif au sein de la Conférence socialiste internationale. La conférence deParis (10-) élit un secrétaire en la personne deJulius Braunthal et institue une commission devant préparer une déclaration de principes. La conférence deCopenhague (1-), outre l’admission desParti socialiste japonais etParti socialiste d'Uruguay, une commission présidée parSalomon Grumbach se met en place pour amender le projet de déclaration de principes. Finalement leParti socialiste belge demande la reconstitution pleine et entière de l’Internationale socialiste.
En 1951, le Congrès de Francfort fonde l'Internationale socialiste sous sa forme actuelle. Au départ, l'organisation rassemble presque uniquement des partis d'Europe occidentale, mais la décolonisation et plus tard la chute des pays communistes vont la voir étendre considérablement son influence.
Dans lesannées 1950, l'Internationale est minée par l'opposition du SPD auplan Schuman, premier pas de la futureUnion européenne ; les sociaux-démocrates allemands, qui craignent le conflit armé avec l'URSS, s'opposent aussi à la ligne de renforcement de l'Alliance atlantique face à la menace soviétique, défendue par la majorité des membres de l'IS et par le BritanniqueMorgan Phillips, son président de 1951 à 1957. Ces dissensions rendent à peu près inefficace l'action de l'IS jusqu'en 1969, date où l'arrivée au pouvoir du SPD en Allemagne et les succès dusocialisme scandinave relancent l'idée socialiste. Sous la présidence de l'AllemandWilly Brandt, de 1976 à 1992, l'IS s'ouvre plus largement aux pays non européens et audialogue Nord-Sud tout en maintenant ses thèmes habituels dedésarmement et dedétente. Il est habituel que, lors des congrès, les délégués duTiers Mondemettent en accusation lesÉtats-Unis alors que les délégués allemands les défendent. L'Internationale joue aussi un rôle discret mais efficace de soutien aux socialistes persécutés par des régimes comme l'Estado Novo auPortugal ou ladictature des colonels enGrèce[1].
Lors des révolutions arabes de janvier et, les partis socialistes devenus au cours des années 1970-1980 des soutiens de régimes autoritaires ont été exclus de l'Internationale : d'abord leRassemblement constitutionnel démocratique tunisien, puis leParti national démocratique égyptien[4].
Le, à l'occasion des 150 ans duSPD, le plus ancien parti social-démocrate, l'Alliance progressiste est fondée àLeipzig pour réunir 70 partis sociaux-démocrates.
L'internationale socialiste reste longtemps distante de l’Amérique latine, considérant la région comme une zone d'influence des États-Unis. Ainsi, elle ne dénonce pas le coup d’État contre le président socialisteJacobo Arbenz au Guatemala en 1954 ou l'invasion de laRépublique dominicaine par les États-Unis en 1964. Il faut attendre lecoup d’État au Chili en 1973 pour provoquer « la découverte d'un monde qu'on ne connaissait pas », expliqueAntoine Blanca, diplomate pour le PS français. D'après lui, la solidarité envers la gauche chilienne fut « le premier défi digne de ce nom, vis-à-vis de Washington, d'une Internationale qui, jusque-là, faisait tout pour apparaitre soumise à la stratégie américaine et à l'Otan »[5].
La première conférence régionale de la social-démocratie latino-américaine se tient àCaracas en 1976 et coïncide avec l'évolutiontiers-mondiste de l'IS en Europe. Cependant, sonanti-impérialisme de principe se heurte vite aux réalités du pouvoir qui amènent l'Action démocratique vénézuélienne ou leParti de la libération nationale au Costa Rica à un alignement de fait sur Washington. Les partis socialistes latino-américains se divisent sur l'éventualité d'un front commun face aux dictatures militaires et sur le soutien aux mouvements armés révolutionnaires. La présidence d'Oscar Arias Sánchez au Costa Rica, de 1986 à 1998, marque un tournant : son action pour la réconciliation dans les pays sortant des guerres civiles lui vaut leprix Nobel de la paix en 1987[6]
Dans les années 1980, notamment sous l’impulsion deFrançois Mitterrand, l'IS apporte son appui auxsandinistes au Nicaragua et à des mouvements armés au Salvador, au Guatemala et au Honduras en lutte contre des dictatures soutenues par les États-Unis[5].
Dans les années 1990, elle est rejointe par des partis non socialistes prenant note de la puissance économique des pays européens que gouvernent ou gouverneront leurs partenaires d’outre-Atlantique, ils calculent les avantages qu’ils pourraient en tirer. Pendant cette période, « l'internationale socialiste fonctionne de manière clientéliste ; certains partis viennent ici côtoyer les Européens comme s’ils fréquentaient la classe supérieure », regrette Porfirio Muñoz Ledo, l'un des représentants duParti de la révolution démocratique mexicain à l'IS. D'aprèsMaurice Lemoine, y cohabitent « la très centristeUnion civique radicale (UCR) argentine ; leParti révolutionnaire institutionnel (PRI) mexicain, assez peu démocratiquement au pouvoir pendant soixante-dix ans ; leParti libéral colombien – sous les gouvernements duquel a été exterminée la formation de gaucheUnion patriotique (1986-1990), introduit le modèle néolibéral (1990-1994) et auquel appartiendra, jusqu’en 2002,Alvaro Uribe.» Dans la décennie suivante, de nombreux partis de gauche amenés à exercer le pouvoir (au Brésil, au Venezuela, en Bolivie, en Équateur et au Salvador) préfèrent garder leurs distances avec l'IS[5].
Cette section doit êtreactualisée.(décembre 2017) Il manque des informations récentespertinentes etvérifiables, et certains passages peuvent annoncer des événements désormais passés, ou des faits anciens sont présentés comme actuels.Mettez à jour oudiscutez-en.
Sauf indication contraire ou complémentaire, les informations contenues dans cette section proviennent du sitesocialistinternational.org[7].
À partir des années 2000, en Amérique latine, des partis membres de l'Internationale socialiste sont engagés dans l'opposition à plusieurs gouvernements de gauche, dont ceux duVenezuela et de l'Équateur[10]. À la même époque, les partis européens se rapprochent du mouvementdémocrate[11]. Dans les années 2010, ils se réclament parfois ouvertement d'un courantlibéral, lesocial-libéralisme.
LeSPD allemand prend ses distance avec l'IS à partir de 2014. Il ramène sa contribution de 133 000 euros à 6 700 euros pour assister aux réunions « en tant qu'observateurs », tandis qu'il annonce son intention de créer une « Alliance progressiste » parallèle et destinée à terme à la remplacer. Le journalisteMaurice Lemoine note par ailleurs que lePS français « pratique plus ou moins la politique de la chaise vide depuis plusieurs années et a divisé par deux sa contribution annuelle (53 000 euros) »[12].
Albanie :Parti social-démocrate, admis comme membre consultatif en 1992, promu membre de plein droit en 1996, rétrogradé membre observateur en 2012 en raison du non-paiement des frais d'adhésion et exclu en décembre 2014.
Barbade :Parti travailliste de la Barbade, parti membre de plein droit en 1987, rétrogradé au statut d'observateur en 2012 pour non-paiement de cotisations puis exclu en décembre 2014.
Sainte-Lucie :Parti travailliste de Sainte-Lucie, parti membre consultatif en 1992, rétrogradé au statut d'observateur en 2012 pour non-paiement de cotisations puis exclu en décembre 2014.
↑Rolf Steininger,L'Internationale socialiste, L'Atelier,(lire en ligne), « L’Internationale Socialiste et le S.P.D. après la Seconde Guerre mondiale »,p. 85-88
↑« Shtayyeh de l’AP : Sans solution à 2 Etats, Israël mourra « démographiquement » »,The Times of Israel,(lire en ligne, consulté le)
↑« L'Internationale socialiste et ses amis dictateurs »,Slate.fr,(lire en ligne, consulté le)
↑ab etcMaurice Lemoine,Les enfants cachés du Général Pinochet. Précis de Coups d’État Modernes et autres tentatives de déstabilisation, Éditions Don Quichotte,p. 613-614
↑Maurice Lemoine,Les enfants cachés du général Pinochet. Précis de coups d'Etats modernes et autres tentatives de destabilisation, Don Quichotte,,p. 625.
Guillaume Devin,L'Internationale socialiste : histoire et sociologie du socialisme international, 1945-1990, Presses de la FNSP, 1993,(ISBN2-7246-0621-3)