Fresqueétrusque de latombe des Léopards àMonterozzi en Italie.Planche illustrée d'instruments de musique extraite duSystematische Bilder-Gallerie zur allgemeinen deutschen Real Encyclopädie in lithographirten Blättern (1842).
Uninstrument de musique est un objet pouvant produire unson contrôlé par unmusicien — que cet objet soit conçu dans cet objectif, ou bien qu'il soit modifié ou écarté de son usage premier. Lavoix ou lesmains, même si elles ne sont pas des objets à proprement parler, sont considérées comme des instruments de musique dès lors qu'elles participent à uneœuvre musicale.
L'ensemble des instruments utilisés pour une œuvre mais aussi, et surtout, dans une société donnée ou une époque est appelé « instrumentarium ». L'étude académique des instruments de musique est appeléeorganologie et prend le plus souvent ses sources dans l'ethnomusicologie[1].
L'histoire des instruments de musique remonte aux débuts de l'humanité. Il est possible que les premiers instruments de musique aient été utilisés pour des rituels. Par exemple, uncor signalant le succès d'une chasse, ou un tambour lors d'une cérémonie religieuse. Ensuite, la composition et l'interprétation de mélodies ont été étendus aux divertissement. Puis, les instruments de musique ont évolué au rythme des applications et des technologies.
Les plus vieux instruments de musique connus, sont desflûtes à encoche de typequena à 5trous datant d'au moins 35 000 ans. Elles ont été retrouvées dans des grottes duJura Souabe, région située au sud-ouest de l'Allemagne[2]. Dans la mesure où ces flûtes sont déjà techniquement évoluées et si on se base sur la prise en main complexe desquenas modernes, elles impliquent très certainement un savoir-faire musical bien antérieur[3].
Tous les instruments de musique dont on a retrouvé la tracearchéologique jusqu'à aujourd'hui sont le fait d'Homo sapiens.
Il existe plusieurs lieux dans le monde dans lesquels des instruments de musique ont été trouvés ; par exemple, untriton modifié a été trouvé à laFont Aux Pigeons (Châteauneuf-les-Martigues)[4]•[source insuffisante]. On sait qu'il servait de trompe dans les régions de Grèce aux bergers pour appeler les troupeaux. Desflûtes percées paléolithiques ont aussi été trouvées auPays basque dans lagrotte d'Isturitz. Un autre instrument, lerhombe (instrument à vent) pouvait être en os, en bois de cervidé, en ivoire ou en bois. Cet instrument, à la forme foliacée, avait des extrémités percées ; ces perforations permettaient d'attacher un objet et de le faire tournoyer afin d'obtenir un son plus fort[5].
Un instrument de musique comporte souvent deux parties distinctes[réf. nécessaire] :
celle qui crée la vibration ;
celle qui transforme cette vibration en untimbre qui caractérise cet instrument.
Peu importe leur matière, les instruments sont classés par leur méthode de production du son : l'organologie est l'étude détaillée de ces outils faiseurs de musique et de leursdifférentes catégorisations. Le timbre de ces instruments peut être parfois transformé par un accessoire comme lessourdines pour lescordes et lescuivres, ou unkazoo pour lavoix.
De matière, de grandeur et de grosseur variées, lescordes peuvent être frottées, pincées ou frappées. La classification traditionnelle distingue par conséquent :
Lesinstruments à vent, également appelés « aérophones », mettent en jeu unecolonne d'air. Celle-ci peut être produite par le souffle du musicien, par une soufflerie mécanique ou par une poche d'air. On distingue :
lavoix, qui exploite toutes les possibilités des membranes muqueuses dularynx (cordes vocales) ;
N.B. Contrairement à ce que cette classification pourrait laisser penser, ce n'est pas lamatière utilisée dans lafacture instrumentale qui est déterminante, mais bien la manière de produire le son. Ainsi, s'il existe desflûtes et desclarinettes en métal et en bois, toutes font partie des « bois ». Lesaxophone construit en cuivre est un « bois » car il est muni d'un bec à anche battante. Il existe également des « cuivres » fabriqués en bois, comme lescornets à bouquin et leserpent, et à l'origine, le cor est unolifant en corne ou fabriqué dans unedéfense d'éléphant.
Groupe Tribal Percussions défilant àAnnecy en jouant de la percussion brésilienne : labatucada.
Lesinstruments de percussion — àhauteur déterminée ou non — englobent tout instrument par lequel un corps en frappe un autre. Cette catégorie d'instruments a été subdivisée par les théoriciens enmembranophones etidiophones. Le développement de cette famille nombreuse auXXe siècle (plus de 500), particulièrement des instruments à claviers ou à lamelles, a imposé une nouvelle catégorisation autant pour lespercussionnistes que pour les enseignants. À l'orchestre ou dans les classes de percussion, la distinction est faite entre :
lespeaux, naturelles ou synthétiques, elles sont constitués d'une membrane frappée par les mains ou par des baguettes, accordée ou non, comme ledjembé ou latimbale ;
lesaccessoires, c'est-à-dire toutes les autres percussions ne produisant généralement qu'un son, dutriangle auxmaracas en passant par lesclaves ou lacrécelle.
leclaviorganum, combinant orgue et clavecin actionnés par le(s) même(s) clavier(s).
la Marble Machine[6], créée par le groupeWintergatan, combinant guitare basse, vibraphone, cymbale ainsi que des percussions émulées à l'aide de microphones de contact, actionnée par des billes ou directement à la main. L'énergie est fournie par le musicien via une manivelle, et stockée dans un volant d'inertie. Un programmateur mécanique et des embrayages permettent au musicien d'activer des boucles « pré-enregistrées » sur chacun des instruments[7].
LeMusée des Instruments de musique (MIM), créé àBruxelles en1877, réunit dans les locaux d'un superbe immeubleArt nouveau une collection de plus de 8 000 instruments : instruments occidentaux mécaniques, électriques et électroniques, instruments traditionnels européens, instruments du monde.
En 1999, fut ouvert àOuagadougou (Burkina Faso), le Musée de la musique qui réunit une collection d'instruments de musique traditionnels des terroirs ethnoculturels du pays.
Lemusée des Beaux-Arts de Chartres abrite un instrumentarium, dont les représentations dans lacathédrale Notre-Dame sont au nombre de 320 pour 26 instruments différents. La pratique de ces instruments a donné lieu à l'enregistrement de deux albums[8],[9],[10] ;
Le Musée national de la musique (České muzeum hudby) àPrague est installé dans l’ancienne église Sainte-Marie-Madeleine de style baroque[11]. Il est situé à Malá Strana. Plus de 400 instruments de musique d'époque y sont exposés.
↑TinaigClodoré-Tissot,Instruments sonores du néolithique à l'aube de l'antiquité, Société préhistorique française,(ISBN978-2-913745-41-4)
↑HélèneBarge,« Les parures du Néolithique ancien dans le Midi de la France », dansPremières communautés paysannes en Méditerranée occidentale : Actes du Colloque International du CNRS (Montpellier, 26-29 avril 1983), CNRS Éditions,coll. « Histoire »,(ISBN978-2-271-07866-7,lire en ligne),p. 567–574
↑Toomaï Boucherat,Le grand abri : la vie d'un clan il y a 9000 ans en Basse-Provence, Theix, Actilia multimedia,, 57 p.(ISBN978-2-915097-29-0),p. 28