L’Indus est unfleuve d'Asie . Il coule depuis leTibet et l’Himalaya en direction du sud-ouest et se jette dans lamer d'Arabie. L’Indus fait partie dessept rivières sacrées de l'Inde. Il passe par laChine, l'Inde et dans sa majeure partie lePakistan, où il constitue le seul grand fleuve du pays. L'Indus est la « colonne vertébrale » de cet État relativement désertique, où l'essentiel de la population et de l'agriculture se concentre dans sa longueur.
Le motIndus, emprunté aulatin, a donné son nom à l'Inde[1]. Il provient dusanskrit सिन्धू /Sindhu via legrecἸνδός /Indós. Il se dit toujours सिन्धू /Sindhu enhindi,Sindh (سندھ) enourdou,Mehran (مهراڻ) ensindhi,Abbasin (اباسين) enpachto etSenge Khabab (སེང་གེ་ཁ་འབབ་ཆུ, littéralement : « qui sort de la bouche du lion ») entibétain.
La source de l’Indus se trouve enRégion autonome du Tibet, en Chine, dans la chaînetranshimalayenne duKailâs, appelé aussiGangdise Shan(en). En effet, il porte son nom à partir de la confluence des torrents Sengge et Gar, qui descendent des reliefs duplateau tibétain (massifs du Nganglong Kangri et du Kailâs) et de l’Himalaya. L’Indus passe ensuite au nord-ouest au travers duCachemire au sud de la chaîne duKarakoram, puis graduellement se tourne vers le sud, auPakistan, quittant les collines entrePeshawar etRawalpindi. Dans ce secteur un barrage forme leréservoir de Tarbela. À partir de sa confluence avec la rivièreKaboul, l’Indus devient navigable.
Le reste de son trajet vers la mer se déroule ensuite dans les plaines duPendjab et duSind, et le fleuve prend alors un cours très lent. Il traverseHyderabad puis se jette dans lamer d'Arabie par un grand delta aride de 7 770 km2 s’étendant sur 200 km de côte, au sud-est deKarâchi, maintenant considéré comme l’une des régions écologiques les plus importantes au monde.
Le débit de l'Indus a été observé pendant 34 ans (de 1937 à 1970 inclus) àSukkur, port fluvial pakistanais située à quelque 200 kilomètres au sud-ouest (en aval) du confluent duSutlej, son dernier affluent important[2]. C'est dans la région de Sukkur que le débit du fleuve est maximal ; en effet plus loin en aval, de nombreux ouvrages d'irrigation prélèvent des quantités importantes d'eau du fleuve, faisant ainsi baisser progressivement son débit. En outre, plus aucun affluent tant soit peu notable ne contribue à l'alimenter.
Lalame d'eau écoulée dans cette partie du bassin, de loin la plus importante du point de vue de l'écoulement (près de 100 % du débit total du fleuve), s'élève ainsi à 143 millimètres par an.
Débit moyen mensuel (en m3/s) Station hydrologique : Sukkur (données calculées sur 34 ans)
Le gouvernement de l’Inde organise chaque année le festival deSindhu Darshan(en) dans leLadakh, sur les rives du fleuve pour favoriser le tourisme au Cachemire. Initié en 1997 par le politicienLal Krishna Advani et l'auteur et journalisteTarun Vijay(en), tous deux des figures influentes du mouvementRSS et du parti politiqueBJP, leSindhu Darshan est un évènement conçu pour célébrer l'identité indienne et la relation du pays avec le fleuve. Le festival est tout autant une occasion importante pour la communautésindhî d'Inde — dont Advani est issu —, exilée et déracinée par laPartition, de venir en pèlerinage à leur fleuve sacré. L'Indus étant un élément essentiel dans la culture et les croyances sindieshindoues.
Patrick Moreau,Les derniers Seigneurs de l'Indus,Philippe Fabry (photographe), Vincent Halleux (photographe), Avignon, Editions A. Barthélemy, 1990, 151 p.,(ISBN2-903044-74-0)