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Indice de qualité de l'air

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Pour les articles homonymes, voirIQA.

Station de surveillance de la qualité de l'air àPérouse, enItalie.

Unindice de la qualité de l'air est le résultat d'une mesure de laqualité de l'air, permettant de synthétiser différentes données sous la forme d'une valeur unique.

Dans le monde

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En, d'après un nouveaumodèle de qualité de l'air basé sur des données satellitaires, du transport aérien et plus de 3 000 stations d'analyse de l'air au sol (rurales et urbaines), produit par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et l'Université de Bath, 92 % de la population mondiale respire un air trop pollué[1].

Selon l'OMS, la pollution de l'air extérieur cause environ trois millions de décès par an, et3,5 autres millions de morts sont dus à la pollution de l'air intérieur et extérieur (soit 11,6 % des décès dans le monde).

C'est pourquoi un nombre croissant de villes dans le monde surveillent l'état de leur air[1] et publient un indice de qualité de l'air qui remplit principalement trois fonctions :évaluation de la qualité de l'air,aide à la décision, et communication au public[2]. Mi-, l'OMS a publié une base de données répertoriant l'exposition des populations aux particules fines[3], et en 2015, un« Indice mondial de qualité de l'air » a été créé, né d'une initiative sociale lancée en 2007, et associé à une carte interactive permettant de visualiser le degré de pollution dans les principales grandes villes du monde[4].

En Europe

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Le projet européen « Common information to European air » (Citeair) a mis en place en 2006 un indice de qualité de l'air, également appelé Indice européen Citeair ou Citeair, qui permet de comparer la pollution d'une centaine de villes européennes[5],[6].

Une carte du réseau de détecteursSensor.Community[7] (nommé Luftdaten jusqu'en janvier 2020) permet également de comparer les niveaux de pollution (de particules fines) dans toutes les régions d'Europe à partir de détecteurs installés chez des particuliers. Il s'agit d'un projetopen source de « sciencecollaborative » développé à l'origine à Stuttgart[8] en Allemagne, dans le cadre de l'initiative Code for Germany[9] de l'Open Knowledge Foundation Germany[10]. L'équipe a facilité la fabrication d'un détecteur de particules bon marché (environ 20 € en 2019), dont l'efficacité est reconnue[11],[12]. Le projet connaît un succès croissant en France, notamment en Bretagne ou dans les régions grenobloise et toulousaine[13]. Le nombre de capteurs influence aujourd'hui dans certains pays le seuil de sensibilité sur la qualité de l'air (le seuil à partir duquel on estime que l'air est moyen, médiocre, mauvais ou très mauvais), et par conséquent les échelles d'indices de qualité de l'air. Les données sont reprises officiellement par le ministère de l'Environnement des Pays-Bas sur son portail pour la qualité de l'air Samen Meten[14].

En France

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Article connexe :Certificat qualité de l'air.

La qualité de l'air reste, en France, un enjeu sanitaire majeur. La Commission européenne avait estimé, sur la base d'une étude publiée en 2005 dans le cadre du projet « Clean Air for Europe » (« Air pur pour l'Europe » ou « CAFE », lancé en 2000 et officialisé en[15]), que près de« 42 000 décès prématurés étaient aux environs de l'an 2000 dus en France à la mauvaise qualité de l'air[16] ». Ce chiffre a été revu à la hausse en 2016 :« 60 % de la population française respire un air pollué »[16] ; d'après cette nouvelle évaluation deSanté publique France, la pollution de l'air est la cause d'environ 48 000 décès par an. Les particules fines sont à elles seules responsable d'environ 9 % de la mortalité dans ce pays[17], selon une« évaluation quantitative de l'impact sanitaire (EQIS) de la pollution atmosphérique » de l'agence nationale de santé publique ; c'est la troisième cause de mortalité en France, derrière letabagisme (78 000 décès) et l'alcoolisme (49 000 décès)[18].

Pour cette raison, la France a été condamnée en 2019 par l'Union européenne pour son inaction concernant la pollution de l'air (malgré six avertissements en dix ans)[19].

La qualité de l'air est plus mauvaise dans les contextes très urbains, c'est-à-dire les villes et agglomérations de plus de 100 000 habitants (15 mois d'espérance de vie en moins à 30 ans, et jusqu'à deux ans de perte d'espérance de vie à 30 ans dans les villes les plus polluées, du fait des PM2,5)[18]. Mais il l'est aussi dans les villes de 2 000 à 100 000 habitants (dix mois de perte d'espérance en moyenne) et est médiocre en zones rurales (neuf mois d'espérance vie en moins)[17]. La coordinatrice du programme « Air et santé », Sylvia Médina, estime que« cet impact des particules fines sur la santé est probablement sous-estimé[18] ».

Il existe principalement deux indices de qualité d'air en France, différents selon la taille de l'agglomération :

l'indice ATMO
pour les agglomérations de plus de 100 000 habitants ; il offre une vue synthétique de la qualité de l'air à partir du suivi de quatre polluants :dioxyde de soufre,dioxyde d'azote,ozone,particules en suspension (PM10 seulement), à l’échelle d’une agglomération ou d'une région, mais il ne tient pas compte des variations fines de la qualité de l'air localement (liées aux variations du trafic routier, d'utilisation de chauffage, des activités industrielles ou à des accidents, etc.). Lesodeurs et certains polluants « atypiques » accidentellement émis dans l'air ne sont pas pris en compte par cet indice[20].
l'indice IQA
pour les agglomérations de taille inférieure à 100 000 habitants ; c'est un indice simplifié, qui peut reposer sur la mesure d'un nombre plus réduit de polluants[21].

Indice Atmo

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L'indice Atmo a les caractéristiques suivantes :

  • il met en évidence une pollution globale de fond, et non localisée ;
  • il tient compte des niveaux dedioxyde de soufre,dioxyde d'azote,ozone etparticules fines ;
  • il est compris entre un et dix ;
  • il est calculé pour une journée et pour une zone géographique ;
  • il est défini comme le plus grand des sous-indices calculés pour le dioxyde de soufre, le dioxyde d'azote, l'ozone et les particules fines ;
  • il est accompagné d'une tendance : amélioration, stabilité ou dégradation ;
  • il est accompagné de l'information au sous-indice dominant.

En 2014, l'indice Atmo est défini comme le maximum de quatre sous-indices[21]. Un sous-indice est calculé pour chacune des quatre substances polluantes suivantes :

  1. Ledioxyde de soufre SO2 ;
  2. Ledioxyde d'azoteNO2- ;
  3. L'ozone O3 ;
  4. Lesparticules en suspension (PM10 ; les seuils pour ce sous-indice ont été revus à la baisse à compter du[22]).
  • Pour le dioxyde de soufre, le dioxyde d'azote et l'ozone, on note pour chaque heure de la journée le maximum de la concentration du polluant dans l'air, puis on fait la moyenne de ces maxima.
  • Pour les particules fines, on calcule la concentration moyenne, sur la journée, de particules dont lediamètre aérodynamique est inférieur à dixmicromètres (PM10).

On utilise le tableau ci-dessous pour trouver le chiffre du sous-indice de chaque polluant (les concentrations sont exprimées enµg/m3)[23] :

Indice ATMO[24],[22]O3SO2NO2-PM10Niveau
10 à 290 à 390 à 290 à 6Très bon
230 à 5440 à 7930 à 547 à 13Très bon
355 à 7980 à 11955 à 8414 à 20Bon
480 à 104120 à 15985 à 10921 à 27Bon
5105 à 129160 à 199110 à 13428 à 34Moyen
6130 à 149200 à 249135 à 16435 à 41Médiocre
7150 à 179250 à 299165 à 19942 à 49Médiocre
8180 à 209300 à 399200 à 27450 à 64Mauvais
9210 à 239400 à 499275 à 39965 à 79Mauvais
10≥ 240≥ 500≥ 400≥ 80Très mauvais

Un système de qualificatifs et de codes couleur est associé à chacun des sous-indices : bon : bleu ; moyen : vert ; dégradé : jaune ; mauvais : rouge ; très mauvais : pourpre ; extrêmement mauvais : magenta.

Depuis 2012[25] :

En 2020 (application à compter du1er janvier 2021), un cinquième indicateur entre dans la composition de l'indice ATMO : les particules de diamètre aérodynamique inférieur à 2,5 micromètres (PM2,5). L'indice caractérisant la qualité de l'air globale de la journée considérée correspond toujours au sous-indice le plus dégradé[26]. L'arrêté précise le mode de calcul de chacun des sous-indices journaliers. Le nouvel indice aligne les seuils des quatre premiers polluants atmosphériques sur ceux de l'indice de l'Agence européenne pour l'environnement, et intègre les particules fines de diamètre inférieur à 2,5 µm. Les mesures sont désormais disponibles à l'échelle locale, au niveau des intercommunalités et, très souvent, des communes[27].

Nouvel indice ATMO[28]
O3SO2NO2-PM10PM2,5Niveau
0 à 500 à 1000 à 400 à 200 à 10Bon
50 à 100100 à 20040 à 9020 à 4010 à 20Moyen
100 à 130200 à 35090 à 12040 à 5020 à 25Dégradé
130 à 240350 à 500120 à 23050 à 10025 à 50Mauvais
240 à 380500 à 750230 à 340100 à 15050 à 75Très mauvais
> 380> 750> 340> 150> 75Extrêmement mauvais

En Suisse

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L'indice de pollution de l'air à court terme (IPC, également appelé IPAIR[29]) repose sur la mesure de trois polluants : l'ozone, le dioxyde d'azote et les particules fines PM10. Il compte 6 niveaux[30].

Indice IPCO3NO2-PM10Pollution
10 à 600 à 400 à 25Faible
261 à 12041 à 8026 à 50Modérée
3121 à 13581 à 9051 à 56Significative
4136 à 18091 à 12057 à 75Marquée
5181 à 240121 à 16076 à 100Élevée
6> 240> 160> 100Très élevée

Références

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  1. a etbONU (2016)Plus de 90 % de la population mondiale respire un air trop pollué, selon l'OMS, communiqué du 27 septembre 2016, émis par le centre d'actualité de l'ONU
  2. Garcia J & Colosio J (2001)Les indices de qualité de l'air: élaboration, usages et comparaisons internationales. Presses des MINES.
  3. « Qualité de l'air dans le monde : L'OMS publie une base de données répertoriant l'exposition des populations aux particules fines », surLaboratoire central de surveillance de la qualité de l'air,.
  4. « À propos du projet Indice mondial de la qualité de l'air », suraqicn.org(consulté le).
  5. « Citeair », surAirparif(consulté le).
  6. « Comparer les villes », surAir Quality Now(consulté le).
  7. « Sensor.Community », sursensor.community(consulté le).
  8. (de) « OK Lab Stuttgart », surCode for Germany(consulté le).
  9. (en) « Code for Germany », surokfn.de(consulté le).
  10. (de) « Offenes Wissen für die digitale Zivilgesellschaft », surokfn.de(consulté le).
  11. (en) BartoszSzulczyński et JacekGębicki, « The applicability of low-cost PM10 sensors for atmospheric air quality monitoring »,SHS Web of Conferences,vol. 57,‎,p. 02013(ISSN 2261-2424,DOI 10.1051/shsconf/20185702013,lire en ligne, consulté le).
  12. (en) MarekBadura, PiotrBatog, AnettaDrzeniecka-Osiadacz et PiotrModzel, « Optical particulate matter sensors in PM2.5 measurements in atmospheric air »,E3S Web of Conferences,vol. 44,‎,p. 00006(ISSN 2267-1242,DOI 10.1051/e3sconf/20184400006,lire en ligne, consulté le).
  13. Sensor.Community, « Évolution du nombre de capteurs Sensor.Community en France », surstats.sensor.community(consulté le).
  14. (nl) « Samen Meten - Dataportaal », sursamenmeten.rivm.nl(consulté le).
  15. Programme Air pur pour l'Europe (CAFE), Communication de la Commission, du, le programme « Air pur pour l'Europe » (CAFE) : vers une stratégie thématique de la qualité de l'air,EUR-Lex.
  16. a etb« Tout comprendre sur la qualité de l'air ambiant »(Archive.orgWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?)(consulté le).
  17. a etbLaetitia Van Eeckhout, « La pollution de l'air est responsable de 9 % de la mortalité en France »,Le Monde,.
  18. ab etc« Impacts sanitaires de la pollution de l'air en France : nouvelles données et perspectives », surAgence nationale de santé publique,.
  19. « Pollution de l’air : la France condamnée par la justice européenne pour ne pas avoir protégé ses citoyens »,Le Monde,‎(lire en ligne, consulté le).
  20. Atmo Normandie, « Communiqué »[PDF],.
  21. a etbArrêté du 22 juillet 2004 relatif aux indices de la qualité de l'air (Article 3).
  22. a etbArrêté du 21 décembre 2011 modifiant l'arrêté du 22 juillet 2004 relatif aux indices de la qualité de l'air.
  23. « Indices de qualité de l'air : l'indice français Atmo », surAirparif(version du surInternet Archive).
  24. Arrêté du 22 juillet 2004 relatif aux indices de la qualité de l'air, Annexes I, II et III.
  25. « Point sur le changement de seuil », surAirparif,(consulté le).
  26. Arrêté du 10 juillet 2020 relatif à l'indice de la qualité de l'air ambiant.
  27. Muryel Jacque, « Pourquoi la France lance un nouvel indice de qualité de l'air »,Les Échos,.
  28. « L'indice ATMO », suratmo-france.org(consulté le).
  29. « Pollution de l'air actuellement à Genève », surRépublique etcanton de Genève(consulté le).
  30. « RecommandationNo 27a : Indice de pollution de l'air à court terme IPC »[PDF], surCercl'Air,.

Articles connexes

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v ·m
Air
Eau
Sols
Biologique
par lesdéchets
Radioactive
Autres types
Type d'extension
Moyens de lutte
Législations
Organisations
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