Avec cette doctrine, l’Église catholique souligne la place particulière de Marie en tant quemère du Christ et affirme que Dieu, anticipant la naissance de son Fils (Jésus-Christ), a préservé Marie avant même le moment de sa conception dans le sein desa mère, Anne. Cette doctrine ne doit pas être confondue avec laconception virginale deJésus-Christ, c'est-à-dire le dogme de l'Incarnation. L'Immaculée Conception se rapporte uniquement à la conception de Marie sans péché.
Le papePie IX, qui a proclamé le dogme de l'Immaculée Conception par la Constitution apostoliqueIneffabilis Deus.
Ledogme de l'Immaculée Conception signifie queMarie, mère deJésus, est libre dupéché originel dès le moment de sa conception. Ce dogme est proclamé le par la constitution apostoliqueIneffabilis Deus dupapePie IX, qui déclare :
« Par l'autorité de Notre Seigneur Jésus-Christ, des bienheureux Apôtres Pierre et Paul, et par la Nôtre, Nous déclarons, prononçons et définissons que la doctrine selon laquelle la bienheureuse Vierge Marie fut dès le premier instant de sa Conception, par une grâce et un privilège spécial de Dieu tout-puissant, en vue des mérites de Jésus-Christ, Sauveur du genre humain, préservée et exempte de toute souillure de la faute originelle, est révélée de Dieu, et que par conséquent elle doit être crue formellement et constamment par tous les fidèles. »
La constitution dogmatiqueLumen gentium publiée le par leconcile Vatican II, déclare que la Vierge Marie a été« rachetée de façon éminente en considération des mérites de son Fils » (LG 53) et que,« indemne de toute tache de péché, ayant été pétrie par l'Esprit saint, [elle a été] formée comme une nouvelle créature »[4].
AuxIIe et IIIe siècles, s'ils s'accordent sur les vertus exceptionnelles de la mère de Jésus, des théologiens commeTertullien,Origène ou encoreJean Chrysostome estiment qu'elle n'est pas exempte d'avoir commis des péchés[5]. Selon la théologienne catholique Marie-Jeanne Berère, malgré l'importance que prend progressivement le culte de Marie, « l'imaginaire marial » sur sa sainteté se développe également, propageant l'idée selon laquelle la mère du Christ ne peut avoir commis de faute contre Dieu, qu'elle est « sans souillure ni corruption »[5].
Tertullien, affirme que« Dieu seul est sans péché ; le seul homme sans péché est le Christ, puisque le Christ est aussi Dieu »[6],[7], où il s'oppose à l'idée qu'un autre humain que le Christ puisse avoir échappé au péché originel[8],[9].
Selon Marie-Jeanne Berère, la question se pose alors de savoir à quel moment de son existence remonte cet état de pureté et différentes réponses sont apportées : dès sa propre conception, dans le sein de sa mère, à sa naissance ou encore à la conception de Jésus[5]. Par ailleurs, le développement vers la même époque de la théologie sur lepéché originel, censé entacher tout être humain dès sa conception, incite les tenants d'une sainteté intégrale de Marie à considérer qu'elle en a été préservée, ce qui reste encore douteux pourAugustin d'Hippone lui-même[10]. Néanmoins, dansContra Julianum, qui fut approuvé par le concile de Carthage, saint Augustin exempta Marie du péché originel.
Le dogme de l'Immaculée Conception n'apparaît pas avant le Moyen Âge central, auxXIe et XIIe siècles[15],[16]. Il est surtout poussé par les franciscains à partir duXIIIe siècle[15], rencontrant l'opposition des autres ordres religieux catholiques[17],[18].
EnEurope occidentale, un débat théologique oppose les « immaculistes » (tenants de l'Immaculée Conception) aux « maculistes ». Ainsi,Bernard de Clairvaux, pourtant connu pour sa dévotion mariale, s'élève contre ce dogme en 1146[17]. Un siècle plus tard,Thomas d'Aquin se montre défavorable à la notion d'Immaculée Conception[18],[21],[22].
Ces débats entraînent des turbulences : la Sorbonne est paralysée une année par cette querelle. En 1387, le dominicain Johannes de Montesono est condamné pour avoir enseigné que Marie était née avec le péché originel[28].
C'est au cours duXIVe siècle que s'opère le changement[29]. Si le discours maculiste reste majoritaire, la pratique de la fête se popularise[29]. Les arguments des prédicateurs franciscains commePierre d'Auriol avec sonTractatus de conceptione Beatae Mariae Virginis, ouDuns Scot qui attribue à Marie le rôle de « parfait médiateur », finissent par convaincre les théologiens, en particulierJean Gerson etPierre d'Ailly,aumônier du roiCharles VI[29],[30], Pierre d'Ailly défend en 1388 devant lapapauté d'Avignon l'idée de l'Immaculée Conception. Sa plaidoirie remporte l'adhésion des autorités ecclésiastiques, face aux Dominicains, et fort de son succès, dès son retour àParis, il fait renvoyer de la maison royale tous les Dominicains qui contestaient cette doctrine[31].
Les discussions se poursuivirent jusqu'au XVe siècle, inaugurant une période de débats intenses et durables parmi les théologiens catholiques. Ces débats inspirèrent des artistes italiens du siècle suivant (tels queSogliani en 1521, ouToschi etPortelli) qui réalisèrent des peintures allégoriques intitulées précisément « Disputation sur l'Immaculée Conception ». En 1566, Carlo Portelli lui-même peignit une représentation claire de l'Immaculée Conception afin de réaffirmer ce concept théologique, qui ne reçut cependant de confirmation officielle que trois siècles plus tard.
Médaille de l'Immaculée Conception, ou médaille miraculeuse (1830).
Lors desapparitions mariales dontCatherine Labouré s'est dite favorisée,rue du Bac àParis en 1830, la Vierge se serait présentée, selon son récit, comme« conçue sans péché ». Lamédaille miraculeuse, frappée avec l'invocation« Ô Marie, conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous », popularise la foi en la conception immaculée de Marie[32].
Dans l’Église catholique, plusieurs voix se font alors entendre pour demander au pape la formulation du dogme de l'Immaculée Conception. Ainsi, leVIIe concile deBaltimore en 1849 conclut ses travaux« en estimant opportun de définir comme un dogme l'Immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge Marie »[33].
Pour répondre aux demandes des évêques,Pie IX, après son élection, institue le une commission de vingt théologiens et une congrégation antépréparatoire de huit cardinaux[N 1]. Le pape sollicite ensuite par écrit l'avis de tous les évêques, via l'encycliqueUbi primum du.
Le, le pape réunit une commission spéciale pour élaborer le texte définitif qui, après l'approbation par un consistoire, est promulgué le sous le titre d'Ineffabilis Deus.
Image pieuse représentant l'Immaculée Conception (imprimée àNancy en 1835).
La promulgation de ce dogme est à replacer dans le contexte des documents pontificaux de la même époque : leMirari vos deGrégoire XVI (1832) ainsi que les divers textes dePie IX,Qui pluribus (1846),Ineffabilis Deus (1854),Quanta cura etSyllabus (1864). La proclamation d’undogme marial au milieu de textes concernant surtout la montée en puissance durationalisme, ne présente pas, à première vue, de cohérence avec la série[34].
Or la doctrine de l'Immaculée Conception traite dupéché originel dont seule Marie, la mère du Christ, serait exempte. Il s’agit donc de s'opposer aux courants qui revendiquent l’exercice autonome de la raison, devenue faillible par une corruption de l’esprit due à l’orgueil. Dans cette perspective, le dogme s'inscrit dans la série. D'autres points méritent d'être signalés : la longue tradition de cette croyance, le fait que c'est la première fois que le pape use de l'infaillibilité pontificale avant même que celle-ci ne soit définie à son tour par un dogme en 1870[35].
Pie IX se caractérise en effet par son « intransigeance » qui refuse toute « transaction » avec les quatre principales causes des « malheurs du temps », selon sa terminologie : l'esprit de laRéforme protestante, laphilosophie des Lumières, l'héritage de laRévolution française et lelibéralisme étatique[36]. Cette position ne saurait toutefois se réduire au rejet ducourant moderniste : Pie IX, dernier souverain desÉtats pontificaux, comme le souligneYves-Marie Hilaire[37], s'efforce avant tout de préserver et de transmettre le « dépôt de la foi » de l'Église catholique au moment même où celle-ci paraît menacée de toutes parts[36]. Dès lors, tout en s'employant à favoriser la renaissance de la religion[37], Pie IX considère la promulgation de nouveaux dogmes aussi bien comme le nécessaire exercice de ses droits de souverain pontife que comme « un approfondissement et un aboutissement de la tradition vivante de la foi à travers les siècles »[36].
Deux ans après la proclamation du dogme,Auguste Sibour, archevêque de Paris, est poignardé en pleine église à l'issue d'une cérémonie, le parJean-Louis Verger ancien curé, visiblement déséquilibré[38], et déjà sanctionné par l’Église[N 2]. Lors de son crime, il s'écrie« À bas les déesses », expliquant que son geste est une contestation du dogme de l'Immaculée Conception, mais quelques heures après il se rétracte, donnant une autre motivation à son meurtre (une protestation contre le célibat des prêtres)[39],[38]. Son procès, qui se conclut par sa condamnation et son exécution le, donne lieu à de nouveaux esclandres de sa part[40]. Une plaque scellée, à l'entrée de la nef de l'église Saint-Étienne-du-Mont commémore le meurtre de l'archevêque[41].
ÀLourdes,Bernadette Soubirous affirme que, le — jour de l’Annonciation —, soit quatre ans après la promulgation du dogme, la « dame » qui lui est apparue s'est elle-même présentée ainsi, engascon, dans lagrotte de Massabielle, àLourdes : « Que soy era immaculada councepciou » (« Je suis l'Immaculée Conception »)[42].Jean-Paul II indiquera dans une homélie que cette déclaration vient confirmer le dogme de l'Immaculée Conception puisque« à Lourdes, [Marie] s’appela du nom que Dieu lui a donné de toute éternité ; oui, de toute éternité, il la choisit avec ce nom et il la destina à être la Mère de son Fils, le Verbe éternel »[43].
En 1877, lors desapparitions mariales de Gietrzwałd, les voyantes déclarent avoir vu une « dame » qui leur aurait dit :« Je suis la très sainte Vierge Marie immaculée ». Quelques jours plus tard, la Vierge aurait demandé aux jeunes filles de faire installer un reposoir avec une statue de l'Immaculée Conception. Ces apparitions ont été reconnues comme« authentiques et dignes de foi » en 1977, à l'occasion du centenaire des apparitions. Lors de cette proclamation, était présent l'archevêqueKarol Wojtyła, futur pape Jean-Paul II[44].
En 1932, lors desapparitions mariales de Beauraing, les voyants affirment que l'apparition (qu'ils ont très vite désignée comme la Vierge Marie), leur déclare qu'elle est« la Vierge immaculée ». Si les enfants rapportent d'autres titres mariaux comme« laMère de Dieu, lareine des Cieux », ils ne précisent pas« Immaculée Conception », mais simplement, par deux fois,« la Vierge immaculée ». Ces apparitions (une trentaine) sont reconnues par l'évêque du lieu, et ainsi par l'Église catholique en 1947[45].
« Pour être la Mère du Sauveur, Marie fut pourvue par Dieu de dons à la mesure d’une si grande tâche »[46], il ajoute« par la grâce de Dieu, Marie est restée pure de tout péché personnel tout au long de sa vie »[47].
« La bienheureuse Vierge Marie a été, au premier instant de sa conception, par une grâce et une faveur singulière du Dieu Tout-Puissant, en vue des mérites de Jésus-Christ Sauveur du genre humain, préservée intacte de toute souillure du péché originel »[48].
Il affirme également que ce dogme prononcé parPie IX en 1854 est le fruit d'une lente prise de conscience de l’Église« au long des siècles »[46] qui remonte aux pères de la tradition orientale — c'est-à-dire aux premiers siècles de l’Église[47].
Wladimir Guettée s'étonne que, malgré la forte opposition à l'Immaculée Conception dont témoignent selon lui les grands docteurs scolastiques, la bulle de proclamation du dogme puisse qualifier la croyance en cette doctrine de constante, unanime et universelle[50]. D'autre part,Jean de Shanghaï affirme qu'aucun des textes des anciensPères (mis en avant par les catholiques) qui ont exalté la pureté de Marie n'a parlé spécifiquement d'une conception sanspéché originel ou même d'une purification de la Sainte Vierge dans le sein de sa mère[51],[N 4]. Selon Guettée, la Mère de Dieu est appelée dans les livres de prières orthodoxes « toute-sainte », « toute-pure », « toute-bienheureuse », « toute-glorieuse », « toute-immaculée », non par une absence du péché des ancêtres, mais par une absence de tout péché personnel qui, jusqu'à l'Annonciation, fut le fruit de sa lutte personnelle jointe à l'abondance de grâce répandue en elle[N 5]. Toujours selon Guettée, en déclarant cela, l'Église orthodoxe se veut fidèle à la tradition des Pères. Guettée cite en exemple,saint Ambroise ousaint Augustin qui tous deux parlent de la Sainte Vierge comme « sans défaillances », « immaculée » ou « sans péchés », mais qui affirment par ailleurs : « Parmi tous ceux qui sont nés des femmes, il n'y a de parfaitement saint que le Seigneur Jésus : lui seul par la manière ineffable dont il a été conçu, et par la puissance infinie de la divine Majesté, n'a point éprouvé la contagion du vice qui corrompt la nature humaine » (saint Ambroise,in Luc, II, 55) ; et « Jésus-Christ seul n'a jamais eu de péché ; il n'a pas pris la chair de péché, quoiqu'il ait pris de sa mère une chair qui était celle du péché ; car ce qu'il en a pris de sa mère, ou il l'a purifié avant de le prendre, ou il l'a purifié en le prenant » (saint Augustin,de Peccatt. remiss., livre II)[52].
Concernant la doctrine de l'Immaculée Conception, le point de vue des orthodoxes peut être résumé par cette phrase du théologien orthodoxeVladimir Lossky :« Si la Sainte Vierge avait été isolée du reste de l’humanité par un privilège de Dieu lui conférant d’avance l’état de l’homme avant le péché, alors son consentement libre à la volonté divine, sa réponse à l’archange Gabriel, perdraient le lien de solidarité historique avec les autres actes qui contribuèrent à préparer, au long des siècles, l’avènement du Messie »[53],[54]. Le dogme catholique de l’Immaculée Conception, en offrant une possibilité de libération du péché originel avant lacrucifixion de Jésus, remet finalement en cause tout le plan divin du salut et de laRédemption après la chute, ce qui est incompréhensible pour les pères grecs[55].
Les catholiques répliquent généralement à cette objection en disant qu'être libéré dupéché originel n'enlève pas lelibre arbitre. Or il s'agit pour les orthodoxes d'affirmer que « Marie incarne le libre élan vers Dieu de l'humanité, non-rédimée encore »[56].
SelonMartin Jugie, prêtre catholique assomptionniste du début duXXe siècle, la croyance en l'Immaculée Conception parmi certains orthodoxes et spécialement lesvieux-croyants, serait« le fidèle écho de l’antique tradition, antérieure à la réforme du patriarcheNicon (1652-1666)[57] ». Il cite également le règlement intérieur du monastère de Bélokrinitsa daté de 1841 : « La Mère du Créateur de tout l'univers, non seulement n'a participé en rien à la tache originelle, mais elle est toujours demeurée pure comme le ciel et toute belle. » PourGeorges Florovsky, au contraire, ces traces d'une doctrine de l'Immaculée Conception ne sont que la manifestation de l'influence de la théologie catholique romaine en Russie au dix-septième siècle[58]. Le théologien orthodoxe d’origine russePaul Evdokimov signale que« la doctrine latinisante deSyméon de Polotsk au sujet de la conception de la Vierge » est due aux« infiltrations romaines dans la théologie de la Russie du sud auxXVIIe et XVIIIe siècles » (Dimitri de Rostov) ; cette doctrine ne représente que quelques traces hétérodoxes dans la dévotion à la Vierge de cette époque[59].
LesÉglise orthodoxe éthiopienne etÉglise orthodoxe érythréenne croient en la conception immaculée de la Théotokos. La proposition des orthodoxes éthiopiens est la suivante : « Notre-Dame, la Vierge Marie, qui a conçu et mis au monde Jésus-Christ dans la virginité, est exempte du péché originel dérivé des descendants d'Adam, pure de tout péché de la chair et de l'âme ; inscrite dans la conscience de Dieu avant le temps de sa naissance, libre et protégée des désirs et des fragilités humaines, et la meilleure parmi les élus. Telle est la Vierge Marie – Pure et Sainte des Saintes. (Cantique 4.7) »[60].
La déclaration duDialogue entre l’Église catholique et les Églises luthériennes,« The One Mediator, the Saints, and Mary » publiée en 1990 après sept ans d'étude et de discussion, reconnaît que les luthériens et les catholiques restent séparés« par des points de vue divergents sur des questions telles que l'invocation des saints, l'Immaculée Conception et l'Assomption de Marie »[62] ; le rapport final de laCommission internationale anglicane-catholique romaine (ARCIC), créée en 1969 pour favoriser les progrès œcuméniques entre l'Église catholique romaine et laCommunion anglicane, enregistre aussi le désaccord des anglicans avec la doctrine, bien que lesanglo-catholiques puissent considérer l'Immaculée Conception comme croyance pieuse facultative[63].
LeGroupe des Dombes (réunissant des protestants et catholiques de langue française) écrit :« Dans la mesure où les catholiques admettent que lefiat de Marie lors de l'Annonciation n'était possible que moyennant la grâce de Dieu, ils peuvent justement présenter l'Immaculée Conception comme une expression radicale de cette grâce […]. Inversement, dans la mesure où les protestants reconnaissent que le don de la grâce ne dispense pas Marie de répondre librement et activement à la volonté de Dieu, ils peuvent alors mieux comprendre le sens de la position catholique selon laquelle l'Immaculée Conception n'a pas pour effet d'arracher Marie à la condition humaine, mais plutôt de la préparer à pouvoir un jour, comme toute créature rachetée, apporter sa réponse active à l'initiative de Dieu »[64].
LePortugal est placé sous le patronage de l'Immaculée Conception depuis leMoyen Âge. Le, après60 ans d’union avec l’Espagne, les Portugais reprennent leur indépendance. Six ans plus tard, le nouveau roiJoão IV place le pays sous la protection de la Vierge: dans l’église deVila Viçosa où se trouve le palais familial, il dépose la couronne royale sur la tête deNotre-Dame de la Conception (Nossa Senhora da Conceição) qui est proclaméeReine et patronne du Portugal[67],[68]. Par la suite, les rois du Portugal ne porteront plus jamais la couronne sur leur tête[69]. Le est au Portugal le jour férié où les catholiques portugais fêtent celle qui est « reine, patronne et protectrice » de leur pays.
Les insurgés corses, réunis au couvent Saint François à Orezza en 1735, décidèrent de faire sécession d’avec larépublique de Gênes et proclamèrent l'indépendance de l'île. Ils placèrent leur jeune nation sous la protection de l'Immaculée Conception, dotant laCorse de son hymne religieuxDio Vi Salvi Regina consacré à laVierge Marie et de son jour de fête nationale, le 8 décembre[70]. Aujourd'hui encore, dans les villes et les villages de Corse, le est un jour de célébrations religieuses et de réjouissances.
En 1846, leVIeconcile provincial deBaltimore proclame la « bienheureuse Vierge Marie conçue sans péché », c'est-à-dire Immaculée Conception, patronne desÉtats-Unis d’Amérique[33].
L'Immaculée Conception se fête le 8 décembre, neuf mois avant la fête de laNativité de Marie, depuis1476, par décision deSixte IV.
Les premières traces de cette fête de« l'Immaculée Conception » dans la chrétienté remontent auVIIIe siècle dans l'Église grecque. Elle était alors célébrée le àConstantinople. Certains émettent l'hypothèse que cette fête était déjà célébrée auVIe siècle dans leslaures monastiques. Georges de Nicomédie, auIXe siècle y fait référence comme étant« la fête de la Vierge la plus récente ». À la même époque, cette fête était déjà connue enIrlande, auDanemark et enAngleterre aussi[71].
Pierre d'Ailly,aumônier du roiCharles VI, lui conseille la célébration de la fête de l'Immaculée Conception. LaChapelle royale commence cette célébration en décembre sous le règne de Charles VI, vraisemblablement en 1389[31].
Dans l’Église catholique, la fête de l'Immaculée Conception est célébrée le 8 décembre avec rang desolennité[72]. EnFrance, cette fête est particulièrement marquée dans le diocèse deLyon depuis 1852. La fête a été renommée de manière profane enFête des lumières[73],[74] (à ne pas confondre avec lachandeleur). Le est férié dans lescantons suisses de culte majoritaire catholique (Argovie, Fribourg, Jura, Lucerne, Nidwald, Obwald, Saint-Gall, Tessin, Uri, Valais, Zoug)[75].
Le dogme de l'Immaculée Conception est devenu un thème dans l'art sacré[76]. Ce thème est très représenté dans l'artbaroque[77]. Peu de peintures représentent la naissance de Marie[78]. Les attributs associés à Marie Immaculée sont le croissant delune, les douzeétoiles, l'attitude d'orante, auxquels s'ajoute parfois leserpent qu'elle foule sous ses pieds[79]. Éléments qu'on retrouve par exemple sur les peintures ci-dessous, réalisées parBartolomé Esteban Murillo,Francesco Vanni etPierre Paul Rubens.
↑Congrégation composée d'un secrétaire et de cinq consulteurs. Elle est présidée par lecardinal Lambruschini.
↑L'ouvrage indique que Rome lui avait retiré la prêtrise en 1856 (Larue 2009,p. 94).
↑L'argument consiste à remarquer dans un premier temps que ces versets s'appliquent à l’Église, et dans un deuxième temps que laVierge Marie qui est identifiée comme « fille de Sion », personnalise l’Église, et qu'elle est donc« Immaculée ». VoirJoseph Ratzinger 2002,p. 72-79.
↑« Ainsi, l’Église orthodoxe ne sépare pas Marie du reste de la descendance d’Adam et ne la range pas à part des autres justes de l’Ancien Testament. C'est seulement par une grâce spéciale, préfigurant celle du salut pour l'annoncer, que les Justes de l'Ancienne Alliance ont pu, dans une certaine mesure, accéder à une certaine connaissance des choses divines et aussi se préserver des passions mauvaises et pratiquer les vertus » (Jean-Claude Larchet,Maxime le Confesseur, médiateur entre l'Orient et l'Occident, Cerf,p. 94).
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↑Judith Marie Gentle, Robert L. Fastiggi,De Maria Numquam Satis : The Significance of the Catholic Doctrines on the Blessed Virgin Mary for All People, University Press of America, 2009(ISBN9780761848479),p. 1sq.
« L’immaculée conception de Marie est un point de foi dont la dévotion est apparue surtout aux Xe et XIe siècles, et qui a ensuite été mis en avant par les franciscains. »
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