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L'île est une des îles méridionales de l'archipel. Son nom ne vient pas du mot italiengiglio (« lys »), mais du mot grecαἰγύλιον /aigúlion (« chèvre »)[2], latinisé enigilium, devenuigilio et finalement en italiengiglio, une population de chèvres sauvages s'étant développée sur l'île.
L'île a été habitée dès leNéolithique comme l'atteste la découverte de sites (1985 et 1991). Elle est essentiellement granitique. La présence d'obsidienne laisse supposer une importation de matière première brute. L'abondance des céramiques, de l'industrie lithique, des meules, molettes et haches montre que l'établissement devait avoir une certaine importance[3].
En 410, fuyant les invasionswisigothes, des populations trouvent refuge sur l'île. À partir de 455, l'île est devenue la propriété de saint Mamiliano, archevêque de Palerme qui fuyait lesVandales.
En 1558, la famille Piccolomini vend l'île àÉléonore de Tolède, femme deCosmeIer de Médicis. La gouvernance de Giglio acquiert autonomie et stabilité. Des lois sont promulguées afin de permettre à la population d'être associée à la vie politique de l'île.
En 1534 a lieu la première incursion deBarberousse. En 1544, Barberousse revient et met à sac Giglio et déporte la plupart de ses habitants en Tunisie pour y être vendus comme esclaves. Les chroniqueurs de l'époque évoquent700 personnes. Lafamille des Médicis repeuple l'île avec des personnes provenant des environs deSienne.
Entre 1559 et 1563, de nouvelles attaques par des pirates barbaresques ont lieu, mais cette fois elles sont repoussées. La tour fortifiée (XVIe siècle) de Saraceno est érigée parFerdinandIer de Médicis en 1596 afin de protéger les habitants des incursions de pirates. La dernière attaque a eu lieu le.
Durant la période napoléonienne, après l'invasion de la Toscane, l'île de Giglio passe sous administration française sans que celle-ci soit toutefois pleinement effective sur place. Outre la levée de l'impôt, l'administration imposera la conscription et le désarmement des citoyens qui servaient dans la milice grand-ducale de l'île. Cette disposition ne fut jamais effective.
L'unification italienne est le début d'une période de récession du fait de la perte des avantages qui étaient accordés par le grand-duc de Toscane, à savoir absence d'impôt et subventions.
Le début duXXe siècle est marqué par la poursuite du déclin. La propagation duphylloxéra a entrainé l'abandon du vignoble. L'exploitation des carrières de granite et l'ouverture d'une mine de pyrite en 1938 ont permis la création d'emplois, mais qui n'ont pas été suffisants pour stopper le déclin de l'activité économique orientée essentiellement vers l'agriculture. Ce déclin se traduit pour la première fois par un solde migratoire négatif, de nombreux habitants préférant tenter leur chance ailleurs, en particulier en Argentine. Le boom économique de l'après-guerre a permis la découverte de l'île par les premiers vacanciers, mais n'a pas permis de compenser les conséquences liées à la fermeture de la dernière mine de pyrite. C'est la démocratisation du tourisme qui permettra la stabilisation du chiffre de population.
Dans la nuit du 13 au, le paquebot de croisièreCosta Concordia, transportant plus de 4 000 passagers, s'échoue sur un récif de la côte est de l'île, à la pointe Gabbianara[4], à moins de 500 mètres au nord du port de Giglio. La catastrophe fait32 victimes[5].
LaTour de Campese, à l'extrémité nord de la plage deGiglio Campese, a été construite dans la seconde moitié duXVIe siècle parCosmeIer de Toscane comme défense contre les Sarrasins, aujourd'hui restaurée, et utilisée comme résidence privée.
L'ancienne végétation qui recouvrait presque entièrement l'île, se caractérisait par unmaquis composé dechêne vert, dechêne-liège ainsi que debruyère arborescente et d'arbousier. Le développement de l'agriculture et les incendies de forêt ont modifié l'environnement naturel et provoqué la disparition d'une grande partie de cette végétation qui, avec la transition d'une économie agricole au tourisme, est en reconstitution lente. Dans son ouvrageL'isola del Giglio e la sua flora datant de 1900,S. Sommer, qui a étudié la flore de l'île[9], note l'absence d'espèce particulière et rapporte que le fait le plus intéressant est la présence sur l'île d'une espèce de moutarde (Sinapis procumbens) seulement reconnue jusqu'ici en Afrique septentrionale. Dans la seconde moitié duXXe siècle, les pentes duPoggio della Pagana ont été reboisées avec des pins.Jusqu'il y a quelques décennies[Quand ?] presque toute la surface de l'île était occupée par des terrasses réalisées en pierres sèches de granit et qui ont, pour la plupart, été abandonnées et sont peu à peu colonisées par la garrigue d'helichrysum et deciste. Certaines sont encore cultivées avec de la vigne. La faune terrestre de l'île n'a pas de grande variété ; elle se limite à deslapins de garenne, à lacrocidure des jardins et aumouflon importé récemment. Ce dernier pose un problème : sans prédateurs, cette espèce allochtone s'est multipliée, causant des dégâts aux cultures ainsi qu'aux vignobles et dégradant les murs de soutènement des terrasses[10].Enfin, on note la présence dudiscoglosse sarde (amphibien) et dufaucon pèlerin qui niche dans les rochers.
L'économie de l'île était initialement axée sur la pêche, l'agriculture et l'élevage et l'exploitation de la pyrite.L'économie de la pêche est née à l'époque romaine à l'initiative de la famille Enobarbi Domizi de l'île de Giglio. Les ruines de la villa romaine, située àGiglio Porto, jouxtent les bassins de pisciculture consacrés à l'élevage de lamurène. Après l'époque romaine, les droits de pêche sont le privilège de l'abbaye de Tre Fontane, puis passent à la famille Aldobrandeschi jusqu'auXIIIe siècle. Par la suite, cette activité se démocratisa afin de répondre aux besoins des populations locales. L'exploitation de lapyrite a cessé en 1962. Un des enjeux de l'économie locale est de maintenir l'attrait de l'île en entretenant son identité. Outre les paysages, les plages et la qualité de vie (limitation de la circulation automobile[11]), les acteurs locaux ont la volonté de maintenir et de réactiver les productions qui avaient fait la renommée de l'île. Du passé agricole subsistent des productions locales. L'île produit notamment :
Afin de poursuivre le développement agricole, la coopérative de l'île a en projet de redynamiser le secteur des oliveraies. Afin de fournir un service aux agriculteurs locaux pour les encourager et les aider à produire localement de l'huile d'olive, elle envisage la mise en place de formations liées à la taille des oliviers et la construction d'un petit moulin. Les producteurs de l'île doivent expédier leurs fruits vers des moulins situés sur le continent. Enfin, l'acquisition d'oliveraies à l'abandon devrait permettre l'accroissement de la production. Par ailleurs, la transformation locale de la production de l'arboriculture fruitière insulaire devrait participer à ce renouveau.
Lepanficato(it), un pain doux et brun dans la composition duquel entrent les figues, le vin, des fruits secs, du miel et du chocolat. Ces deux derniers ingrédients ont été ajoutés plus récemment. Ce pain trouve son origine dans les traditions culinaires des habitants deSienne. Après le raid de Barberousse, l'île fut repeuplée par la volonté des Medicis par de nouveaux habitants originaires de cette ville. Raison pour laquelle le panficato rappelle lepanforte de Sienne.
Cette activité doit satisfaire aux besoins d'une population sédentaire relativement peu élevée et à l'afflux saisonnier de touristes dont la durée des séjours est brève. On dénombre un peu moins d'une centaine de commerces de détails, soit un pour quatorze habitants, cette sur-représentativité est le témoin de cette mutation économique. Certaines épiceries[14],[15] distribuent largement la production artisanale locale (biscuits, huile d'olive, confiture, vin, miel,schiacciatina(it)), y compris par lecommerce électronique, et la présence de laboratoires de fabrication fait s'apparenter ces commerces à desdelicatessen.
Dans le domaine dédié spécifiquement au tourisme, on trouve des entreprises orientées vers :
le séjour : en 2010[réf. souhaitée] on dénombre 11 hôtels-restaurants, 24 restaurants, 48 locations saisonnières et 1 camping ;
Une ligne de bus dessert Giglio Porto - Giglio Castello - Giglio Campese[17]. La liaison entre les deux terminus est d'une demi-heure, 16 départs de chaque terminus sont assurés quotidiennement. Le prix du billet est de 2,00 € (2014).
Deux compagnies de ferries[18],[19] assurent la liaison entreIsola del Giglio etPorto Santo Stefano,Monte Argentario sur le continent. La fréquence varie de deux aller-retours quotidiens en basse saison à plus de quinze l'été.
Lenaufrage duCosta Concordia est un accident de paquebot de croisière, survenu en Méditerranée, vendredi, à proximité de l'île.
Alors qu'il navigue beaucoup trop près de la côte sur ordre du capitaine, pour saluer, le bâtiment talonne un récif sur bâbord (côté gauche), la coque est éventrée sous la ligne de flottaison sur plusieurs dizaines de mètres et prend l'eau immédiatement. Les ordres de barre ne peuvent être exécutés puisque les vérins hydrauliques de barre ne sont plus alimentés en électricité. Les safrans sont bloqués à droite. Le navire ira s'échouer sur un rocher après avoir fait demi-tour.
Le bilan définitif s'élève à trente deux morts.
Le, l'épave du bateau est redressée.
Le, le paquebot est remorqué en direction de Gênes, où il arrive dans la nuit du 26 juillet au, pour y être démantelé.