
Les informations figurant dans cet article ou cette section doivent être reliées aux sources mentionnées dans les sections « Bibliographie », « Sources » ou « Liens externes »().
| Naissance | |
|---|---|
| Décès | |
| Nom dans la langue maternelle | |
| Activités | Médecin écrivain,médecin |
| Maître |
|---|
Ibn Al Jazzar, de son nom completAbū Jaʿfar Aḥmad ibn Ibrāhīm ibn Abī Khālid ibn al-Jazzār al-Qayrawani (arabe :ابو جعفر احمد ابن ابراهيم ابن ابى خالد ابن الجزار), né en878 àKairouan et décédé dans lesannées 980 à Kairouan, est unmédecinarabe de l'Ifriqiya (Tunisie actuelle) ayant vécu auxIXe et Xe siècles.
Lafaculté de médecine deSousse porte son nom depuis1984.
Il grandit dans une famille de médecins, ce qui le conduit à suivre le parcours de son père et de son oncle comme il est d'usage à l'époque. En effet, certains métiers sont alors spécifiques à des familles, comme dans l'enseignement et la médecine. Pendant son enfance et sa jeunesse, Ibn Al Jazzar reçoit un enseignement pluridisciplinaire comme le veulent les usages et laméthodologie en vogue à Kairouan : il apprend leCoran, étudie lefiqh, lasunna, leshadîths, lagrammaire et lalittérature arabe. Il apprend également la médecine auprès de son père et de son oncle, ainsi qu'auprès d'Isaac Israeli ben Salomon.
Il rédige à son tour des ouvrages de grammaire et d'histoire et compose de la poésie. Il finit par surpasser Isaac Israeli ben Salomon par le nombre de ses ouvrages, leur diversité, leur apport, leur méthodologie, l'importance de leur contenu, leur diffusion et la persistance de leur influence à travers le temps. Il rédige notamment un ouvrage de médecine destiné aux pauvres, une prédisposition sociale peu courante à l'époque. Grâce à ses qualités personnelles et à sa connaissance de la médecine, les Kairouanais viennent en nombre se faire soigner chez lui où il consulte mais enseigne également. Il prépare lui-même les médicaments (sirops,onguents, comprimés ou autres) et les confie à un domestique qui, assis dans le vestibule de la maison, les transmet à leurs destinataires, tout en encaissant le prix du remède et les honoraires du médecin. Si l'on ignore leurs montants, Ibn Al Jazzar laisse à sa mort une fortune colossale évaluée à 4 020 dinars en or et 25quintaux de livres ; ces derniers, écrits aucalame sur des peaux traitées, ont alors une grande valeur.
Ibn Al Jazzar a écrit un certain nombre de livres traitant de la grammaire, de l'histoire, de la jurisprudence, de la prosodie, etc. Beaucoup de ses livres, cités par différents auteurs, se sont perdus. Le plus important estZād al-musāfir wa tuhfatu al-qādim (Viatique du voyageur). Traduit enlatin,grec ethébreu, il est copié, recopié et imprimé enFrance et enItalie auXVIe siècle. Il est adopté et vulgarisé en Europe comme un livre servant à l'enseignement classique de la médecine. Ce livre n'est pas une compilation, comme leCanon d'Avicenne, un mélange de médecine et de philosophie. Alors qu'Avicenne n'était pas un médecin praticien, Ibn Al Jazzar l'était, c'est pourquoi son livre présente une autre facture.
C'est un précis de médecine, couvrant le corps humain de la tête aux pieds, conçu pour l'enseignement clinique. On n'y trouve ni anatomie, ni philosophie. Ce sont des leçons écrites après ses cours, comme le fait remarquer l'auteur dans la conclusion de son livre ; on s'en rend compte par les répétitions qu'on y trouve. L'auteur nomme la maladie, énumère lessymptômes connus, donne le traitement et indique parfois le pronostic. Il cite souvent en référence des noms d'auteurs étrangers, comme pour donner de l'importance à son sujet, ou par probité intellectuelle, pour justifier les emprunts.
Divisé en deux volumes et sept chapitres, il y est question des maladies susceptibles d'affecter l'être humain.
Dans sonHistoire de la médecine arabe en Tunisie durant dix siècles,Ahmed Ben Miled dit :
« Alors queRhazès le précède de quelques décennies, Ibn Al Jazzar adopte dans la rédaction duViatique le même style qu'« El Haoui », « Le Continent » deRhazès, mais plus élaborée et plus concis. On peut se demander s'il n'avait pas eu très tôt ce livre entre les mains. Ceci est peu probable car Ibn Al Jazzar ne sépare pas la rougeole de la variole, ce qui constitue l'innovation de Rhazès et, parmi les médecins auxquels il fait souvent référence telsClaude Galien,Hippocrate,Dioscoride,Rufus, Tridon, Fergorius,Aristote et Isaac Israeli ben Salomon, il ne cite pas Rhazès[1]. »
En tout, une quarantaine d'ouvrages lui sont attribués parmi lesquels :
La plupart des livres cités par son historiographeIbn Abi Usaybi'a sont plutôt des mémoires. Ils ne semblent pas avoir été entièrement acquis par Ibn Al Jazzar, comme le laisse entendre Ibn Abi Usaybi'a, mais proviendrait des nombreux dons du souverainUbayd Allah al-Mahdi.