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ISEE 3

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Pour les articles homonymes, voirICE.

ISEE 3
Description de cette image, également commentée ci-après
Vue d'artiste du satellite ISEE 3 dans l'espace
Données générales
OrganisationNASA
ProgrammeInternational Sun-Earth Explorer
DomaineÉtude des interactions Soleil-Terre puis descomètes
Type demissionSurvol
StatutMission achevée
Autres nomsICE, ISEE-C, Explorer 59
Base de lancementCape Canaveral, SLC-17B
Lancement12 août 1978, 15:12UTC
LanceurDelta 2914
(Thor 633 / Delta 144)
Fin de mission5 mai 1997
Identifiant COSPAR1978-079A
SATCAT11004
Caractéristiques techniques
Masse au lancement479 kg
Puissance électrique173watts
Orbite
OrbiteHéliocentrique
Périapside0,93 AU (139 000 000 km; 86 000 000 mi)
Apoapside1,03 AU (154 000 000 km; 96 000 000 mi)
Période de révolution355 jours
Inclinaison0.10°

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ISEE 3 (acronyme deInternational Sun-Earth Explorer, enfrançais :« Explorateur international Soleil-Terre ») est le troisièmesatellite scientifique duProgramme ISEE, une série de trois satellites scientifiques construits par laNASA et l'Agence spatiale européenne (ESA) et lancés en 1977 et 1978 pour étudier les interactions entre levent solaire et lamagnétosphère terrestre.

ISEE 3 devient le premier engin spatial à être placé en orbite aupoint de Lagrange L1. À compter de 1983, sous la nouvelle appellationICE (International Cometary Explorer), il est réaffecté à l'étude descomètes et survole la comète21P/Giacobini-Zinner en 1985 et lacomète de Halley en 1986.ISEE 3 est le59e satellite duprogrammeExplorer de la NASA.

Contexte

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Article détaillé :programme ISEE.

La NASA et l'ESA décident en 1971 de développer ensemble une mission spatiale d'étude des interactions entre le vent solaire et la magnétosphère terrestre. Cette mission doit mettre en œuvre pour la première fois deux satellites fonctionnant en tandem,ISEE 1 etISEE 2, pour déterminer sans ambiguïté si les variations observées par les instruments embarqués sont dues au déplacement des engins spatiaux ou à des variations temporelles.ISEE 1 est construit par la NASA tandis qu'ISEE 2 est fabriqué par l'Agence spatiale européenne. La NASA décide de construire un troisième engin spatial,ISEE 3, pour réaliser simultanément des mesures continues des caractéristiques du vent solaire en amont de la magnétosphère terrestre. À cet effet,ISEE 3 doit être placé sur une orbite autour dupoint de Lagrange L1 réalisant une première attendue depuis le début des années 1970 par les scientifiques. Les trois engins spatiaux forment leprogramme ISEE (International Sun-Earth Explorer)[1].

Objectifs

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ISEE 3 a pour objectif d'étudier les interactions entre la magnétosphère terrestre et le vent solaire en amont de la magnétosphère terrestre et contribuer ainsi à remplir les objectifs du programme ISEE :

  • étudier les relations entre le Soleil et la Terre aux limites externes de la magnétosphère ;
  • examiner la structure détaillée du vent solaire près de la Terre et l'onde de choc qui se forme au niveau de l'interface entre le vent solaire et la magnétosphère terrestre ;
  • étudier les mouvements et les mécanismes à l'œuvre dans les couches deplasma ;
  • poursuivre l'étude desrayons cosmiques et deséruptions solaires dans l'espace interplanétaire situé à 1Unité Astronomique du Soleil.

Déroulement de la mission

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Trajectoire de ICE.
Préparation de ISEE 3 pour des tests dynamiques.

Étude de la magnétosphère au point de Lagrange L1 (1978-1982)

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ISEE-3 est lancé le par une fuséeDelta 2914. Le satellite est le premier objet artificiel placé aupoint de Lagrange L1 du systèmeSoleil-Terre[2], à environ1,5 million de km de la Terre dans la direction du Soleil. Ce point où les forces gravitationnelles de la Terre et du Soleil s'équilibrent ne permet pas au satellite de s'y maintenir. Il circule donc sur uneorbite de Halo autour de L1 grâce à des corrections périodiques effectuées à l'aide de sa propulsion. Dans ce lieu de l'espace, le satellite peut mesurer les caractéristiques du vent solaire avant que celui-ci n'atteigne la magnétosphère terrestre et n'interagisse avec celle-ci.ISEE 3 atteint cette orbite le. La mission primaire deISEE 3 s'achève après trois années passées à effectuer des mesures notamment du vent solaire, des rayons cosmiques et des éruptions gamma.

Prolongement de la mission

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Pour le prolongement de la mission deISEE 3, trois options s'offrent à la NASA :

  • poursuivre les observations au point L1 jusqu'à épuisement des ergols utilisés pour se maintenir sur l'orbite de Halo. La quantité d'hydrazine restante permet de poursuivre la mission durant10 ans ;
  • quitter provisoirement L1 pour étudier la magnétoqueue qui s'étend à l'opposé du point de Lagrange par rapport à la Terre et dont on connaît mal la structure à l'époque ;
  • étudier la magnétoqueue puis effectuer un survol de la comète21P/Giacobini-Zinner et de lacomète de Halley.

Les principales agences spatiales mettent en chantier à la fin des années 1970 une mission destinée à survoler la comète de Halley qui doit survoler le Soleil en 1986 après76 ans d'absence. La NASA développe deux projets mais aucun n'aboutit pour des raisons budgétaires.ISEE 3 ne possède pas d'antenne grand gain ni demémoire de masse pour stocker les données et une étude démontre que les données recueillies lors du survol de Halley ne pourraient être transmises compte tenu de la distance entre la Terre et la sonde spatiale au moment du survol. En revanche, un survol de la comète 21P/Giacobini-Zinner qui doit revenir vers le Soleil en 1975 peut se dérouler dans des conditions beaucoup plus favorables : proximité de la Terre (71 millions de km) et possibilité de se trouver dans le faisceau de transmission duradiotélescope d'Arecibo (fixe)[3].

Étude de la magnétoqueue (1982-1983)

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L'étude de la magnétoqueue est acceptée etISEE 3 quitte son orbite autour du point de Lagrange L1 le. Le projet de survol de la comète, fortement appuyé par lacommunauté scientifique américaine, est approuvé par la NASA le. La sonde spatiale passe à proximité de la Lune en, ce qui lui permet d'effectuer une première traversée de la magnétoqueue en. Grâce à plusieurs passes effectuées par la suite jusqu'à une distante de240 rayons terrestres,ISEE 2 découvre que la structure interne de la magnétoqueue est pratiquement identique avec celle à proximité de la planète. Les données collectées montrent que les aurores polaires génèrent de grandes bulles deplasma confiné qui se déplacent le long de la magnétoqueue. Plusieurs survols de la Lune permettent àISEE 3 de modifier sa trajectoire grâce à l'assistance gravitationnelle reçue. Le dernier survol effectué à très faible distance (120 km) le permet àISEE 3 d'échapper définitivement à l'attraction de la Terre et de se placer sur une trajectoire lui permettant de survoler la comète 21P/Giacobini-Zinner. Peu après, la mission est rebaptisée ICE (International Cometary Explorer)[4].

Survol de comètes (1983-1986)

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Plusieurs mesures sont effectuées avant le survol de la comète par des observatoires terrestres pour déterminer précisément sa trajectoire. Le et le, des corrections de trajectoire sont effectuées et la distance de survol du noyau de la comète est désormais évaluée à 8 000 km. ICE ne dispose pas de caméra mais huit de ses instruments peuvent recueillir des données utiles. Les premières données sont collectées le et le survol a lieu le[5].

Étude du Soleil et du milieu interplanétaire (1991-1997)

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En 1991, la mission de ICE est prolongée par la NASA. L'engin spatial doit étudier les éjections de masse coronale par le Soleil, le rayonnement cosmique et effectuer des observations coordonnées avec la sonde spatialeUlysses. Le, la NASA met fin à la mission.

Survol de la Terre en 2014

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Le satellite repasse au voisinage de la Terre en. Pour la NASA, la mission est terminée bien que la sonde soit toujours opérationnelle et contienne encore du carburant. Le projet « ISEE-3 Reboot» est lancé par des ingénieurs et des scientifiques[6] avec pour objectif de reprendre contact avec la sonde, l'insérer sur une orbite stable et lui permettre de poursuivre sa mission[7]. Mi 2014, laSpace College Foundation obtient de la NASA le droit de continuer d'utiliser de façon amateur la sonde[8]. Fin, l'équipe projet parvient à rétablir le contact avec la sonde spatiale et à activer son système de contrôle d'attitude puis de correction de trajectoire[9]. Mais peu après le survol de la Lune, le contact avec la sonde spatiale est perdu le[10].

Caractéristiques techniques

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ISEE 3 est un satellite de forme cylindrique (à 16 facettes) de1,58 mètre de haut pour1,77 mètre de diamètre. Deux antennes de radio science et une antenne radio moyen gain sont fixées à une extrémité du cylindre portant sa hauteur à14 mètres. Quatre antennes radiales utilisées par les instruments de mesure du plasma et la science radio portent son envergure à92 mètres. Il reprend l'architecture de la série des huit satellites IMP (Interplanetary Monitoring Platform) duprogrammeExplorer développés par l'agence spatiale américaine pour étudier la magnétosphère terrestre. D'une masse de 479 kg au lancement, il emporte 89 kg d'hydrazine. Le satellite est stabilisé par rotation. Il dispose de 12 petits propulseurs de 18newtons de poussée à la fois pour lecontrôle d'attitude et les changements de trajectoire. Les ergols dont il dispose lui permettent d'effectuer des changements de vitesse cumulés de430 m/s. Les télécommunications sont assurées enbande S avec un débit en début de mission de 2 048bits par seconde qui chutera en 1991 à 64 bit/s[11],[12],[13].

Instruments scientifiques

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ISEE 3 emporte13 instruments représentant une masse de 104 kg dont les capteurs sont placés à l'équateur du cylindre. Ils sont fournis à la fois par des laboratoires américains et européens. Ces instruments comprennent unmagnétomètre, des instruments de mesure duplasma, duvent solaire, desrayons cosmiques à basse, moyenne et haute énergie, desondes de plasma, de la composition de plasma, des détecteurs deprotons etélectrons, deséruptions gamma et une expérience deradioastronomie[13],[11] :

  • ANH (X-Rays and Electrons Instrument) ;
  • BAH (Solar Wind Plasma Experiment) ;
  • HKH (High Energy Cosmic Ray Experiment) ;
  • HOH (Low Energy Cosmic Ray Experiment) ;
  • DFH (Low Energy Proton Experiment) ;
  • MEH (Cosmic Ray Electrons and Nuclei) ;
  • OGH (Plasma Composition Experiment) ;
  • SCH (Plasma Wave Instrument) ;
  • SBH (Radio Mapping Experiment) ;
  • SMH (Helium Vector Magnetometer) ;
  • STH (Heavy Isotope Spectrometer Telescope, HIST) ;
  • TYH (Medium Energy Cosmic Ray Experiment).

Notes et références

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  1. (en) A. C. Durney, « The International Sun-Earth Explorer mission »,
  2. Christophe Lettelier, « Chaos sous contrôle »,Pour la Science,no 385,‎,p. 60-67(lire en ligne)
  3. Ulivi et Harland 2009,p. 60-61
  4. Ulivi et Harland 2009,p. 61-62
  5. Ulivi et Harland 2009,p. 62-64
  6. (en) « ISEE 3 », surSpace College(consulté le)
  7. (en) « NASA Signs Agreement with Citizen Scientists Attempting to Communicate with Old Spacecraft », surNASA
  8. Erwan Lecomte, « La Nasa cède un satellite à des amateurs. Une première historique ! », surSciences et Avenir,.
  9. (en) Kenneth Chang, « Calling Back a Zombie Ship From the Graveyard of Space », surThe New York Times,.
  10. (en) KeithCowing, « ISEE-3 is in Safe Mode », Space College,(consulté le) :« The ground stations listening to ISEE-3 have not been able to obtain a signal since the 16 September 2014 »
  11. a etb(en) « ISEE-3 », surEO Portal,Agence spatiale européenne(consulté le)
  12. (en) « ISEE 3 », surcatalogue NSSDC, NASA(consulté le)
  13. a etbUlivi et Harland 2009,p. 58

Sources

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Voir aussi

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