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Hypothyroïdie

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Hypothyroïdie
Description de cette image, également commentée ci-après
Thyroxine (T4).
Données clés

Traitement
MédicamentL-thyroxine, thyroglobulin(d) ettriiodothyronineVoir et modifier les données sur Wikidata
SpécialitéEndocrinologieVoir et modifier les données sur Wikidata
Classification et ressources externes
CIM-10E03.9
CIM-9244.9
DiseasesDB6558
MedlinePlus000353
eMedicine122393
MeSHD007037
Patient UKHypothyroidism

Wikipédia ne donne pas de conseils médicauxMise en garde médicale

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L'hypothyroïdie est une situationpathologique d'imprégnation insuffisante de l'organisme enhormones thyroïdiennes, normalement produites par laglande thyroïde. Lessymptômes, d'intensité variable, sont notamment unefatigue, unesomnolence, une frilosité, uneconstipation, une prise de poids, une pâleurcutanée, une raideur musculaire, desœdèmes (« myxœdème »).Elle peut se compliquer d'insuffisance cardiaque ou dedépression et classiquement lorsque l'évolution est avancée, d'uncoma myxœdémateux.In utero et chez lenouveau-né elle peut entraîner unretard mental (autrefois dénommé « crétinisme »).

La thyroïde étant sous le contrôle de la glandehypophysaire, les causes de l'hypothyroïdie relèvent de deux mécanismes principaux. Elle est dite primitive lorsque seule la thyroïde est atteinte, et secondaire lorsque c'est l'hypophyse qui est atteinte. Le diagnostic d'hypothyroïdie est établi par uneprise de sang qui montre un taux anormalement bas d'une part de lathyroxine (taux normal dans les formes frustes) et d'autre part dethyréostimuline (TSH), dans des proportions variant selon mécanisme.

L'hypothyroïdie est fréquente et le plus souvent d'origine primaire, d'expression fruste et affectant une femme. Les causes sont alors généralement unecarence en iode, une pathologieauto-immune (telles que lathyroïdite de Hashimoto ou lathyroïdite atrophique), oumédicamenteuse (par exemple en rapport avec l'amiodarone).
La plupart des hypothyroïdies secondaires sont dues à destumeurs de la région hypophysaire comprimant la glande, ou à des séquelles locales dechirurgie ou deradiothérapie.

Le traitement est celui de la cause, lorsqu'il est possible. Le traitement substitutif de l'hypothyroïdie est lalévothyroxine, prescrite par un médecin et dont la surveillance est à la fois clinique (signes d'hypothyroïdie et d'hyperthyroïdie) et biologique (dosage de TSH).
La prévention repose en premier lieu sur la supplémentation alimentaire eniode dans les zones déficitaires, notamment sous la forme desel iodé.

Épidémiologie

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Cette maladie affecte plus souvent lesfemmes, surtout après 50 ans ; et des personnes qui ont des antécédents personnels ou familiaux de maladie de la thyroïde ou demaladie auto-immune (diabète de type 1,maladie cœliaqueetc.), et les femmes qui ont enfanté au cours de l’année.

Sonincidence est de 0,3 % chez la femme et saprévalence est de près de 3 % de la population (étude réalisée dans la population anglaise)[1].

La grossesse peut causer une affection auto-immune transitoire de la glande thyroïde. L’hypothyroïdie peut alors survenir dans l’année suivant un accouchement (auquel cas elle dure de 6 à 12 mois en moyenne).

D'après une étude de cohorte, la mortalité sans traitement est augmentée en moyenne d'environ 15%[2].

Causes

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Les causes sont multiples. La grande majorité est représentée par l'hypothyroïdie primaire, autrement dit un dysfonctionnement au niveau de la glandethyroïde même. L'hypothyroïdie secondaire est due à un dysfonctionnement de l'hypophyse qui secrète alors en quantité insuffisante laTSH ou « hormone de stimulation de la thyroïde ». Enfin, cas très rare, l'hypothyroïdie peut être due à unerésistance périphérique aux hormones thyroïdiennes.

À l’origine, l’hypothyroïdie était due essentiellement à une carence eniode. Depuis l’ajout de l’iode dans le sel de table, cette cause est devenue rare dans les pays industrialisés (mais reste fréquente dans les pays en voie de développement).

Hypothyroïdie primaire

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Hypothyroïdie secondaire

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  • insuffisance hypophysaire
  • lésion hypothalamique
  • déficit en TSH

Résistance périphérique aux hormones thyroïdiennes

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C'est un syndrome rare caractérisé par des anomalies des récepteurs tissulaires des hormones thyroïdiennes qui altèrent la liaison entre l'hormone et sa cible.Cette anomalie est partiellement compensée par une hyperproduction hormonale, ce qui limite l'hypothyroïdie.

Clinique

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Les premiers signes d'une hypothyroïdie sont souvent asymptomatiques et très légers. Cette affection peut être associée a un grand nombre de symptômes. Ils peuvent être dus à une pathologie causale sous-jacente à l'hypothyroïdie, à un effet de masse dû à un goitre, ou directement à la carence en hormones thyroïdiennes. Les signes sont listés ci-après[4],[5],[6].

Premiers signes

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Dans les formes débutantes, on peut rencontrer des signes :

  • généraux : ongles cassants, peau sèche, démangeaisons, gain de poids, rétention d'eau[7],[8],[9],myxœdème,chute de cheveux ;
  • neuropsychiques :dépression, pensées incessantes et rapides,insomnie ;
  • neuromusculaires : réflexes déprimés,hypotonie, des crampes musculaires, douleurs articulaires, l'instabilité de l'humeur, l'irritabilité,constipation ;
  • métaboliques : fatigue[10], somnolence, frilosité et intolérance au froid, sudation diminuée, ralentissement métabolique général ;
  • cardiovasculaires :bradycardie ;
  • endocriniens : infertilité (féminine), règles irrégulières etgalactorrhée.

Signes tardifs

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Lorsque la maladie est plus évoluée, peuvent exister des signes :

  • généraux : amincissement des sourcils (signe de Hertoghe), dessèchement de la peau du visage ;
  • neuropsychiques : élocution ralentie etdysphonie, migration de la voix dans les graves à cause de l'œdème de Reinke (pseudomyxome des cordes vocales) ;
  • neuromusculaires :syndrome du canal carpien etparesthésie bilatérale (fourmillement, picotements, engourdissement des extrémités tactiles) ;
  • métaboliques :hypothermie ;
  • cardiovasculaires :hypotension ;
  • endocriniens :goître (dépendant de la cause de l'hypothyroïdie), baisse de lalibido principalement chez les hommes[11] en raison d'une insuffisance de synthèse de latestostérone testiculaire.

Signes moins fréquents

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Plus rarement, peuvent être présents des signes :

Examens complémentaires

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Biologie

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Examens généraux

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Il peut exister unehyperlipémie, plus rarement, unehypoglycémie[17].

Il peut exister uneanémie due à une anomalie de synthèse de l'hémoglobine en rapport avec la diminution des niveaux d'érythropoïétine (EPO), la diminution de l'absorption dufer et dufolate au niveau intestinal, ou à une carence envitamine B12[18] consécutivement à l'anémie.

Il peut exister une altération de la fonction rénale avec diminution dudébit de filtration glomérulaire.

Examens spécifiques

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Le diagnostic repose sur le dosage de laTSH qui est augmentée dans les formes primaires (de loin les plus courantes).

Le dosage deshormones thyroïdiennes montre des taux bas, mais peut être normal dans les formes débutantes.

La recherche d'anticorps anti-peroxydase etanti-thyroglobuline est utile afin de détecter un mécanisme auto-immun.

Imagerie

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Complications

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Les formes graves peuvent aller jusqu'à des troubles de la conscience, voire uncoma, appelé« coma myxœdémateux ». L'hypothyroïdie peut également se compliquer d'unepéricardite, d'épanchements pleuraux.

L'hypothyroïdie, même fruste, semble être corrélée avec le risque de survenue demaladies cardio-vasculaires[19]. La correction de celle-ci n'entraîne cependant pas une modification du risque[20].

Diagnostic

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Diagnostic positif

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Le diagnostic est affirmé par un dosage hormonal guidé par la clinique. La T4 est abaissée sauf en cas deforme fruste (avec peu de symptômes). La TSH peut être basse ou augmentée selon la cause. En pratique seul le dosage de la TSH est réalisé dans un premier temps, et c'est en cas d'anomalie de celui-ci ou de forte conviction clinique que le dosage de T4 est fait.

Diagnostic étiologique

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Le contexte clinique peut orienter vers une cause. Cependant, le dosage des anticorps (anti-thyroperoxydase voire anti-thyroglobuline) est souvent réalisé, une échographie n'est quant à elle, et contrairement au bilan d'hyperthyroidie, pas nécessaire au bilan initial.

Traitement

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La plupart du temps, le traitement doit faire appel à une substitution journalière en hormones thyroïdiennes, par voie orale. Il s'agit d'un traitement à vie qui exige un suivi médical impliquant également un dosage annuel de la TSH.

Le médicament le plus utilisé est lalévothyroxine qui doit être donnée à doses progressives chez le patient âgé ou porteur d'une maladie cardiaque. Il entraîne la normalisation du taux deTSH, mais qui peut être différée de plusieurs mois[1].

Prévention

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L'ajout d'iode dans le sel de cuisine est une mesure efficace pour prévenir la carence en iode, en particulier dans les pays en voie de développement.

Dépistage

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L'hypothyroïdie congénitale est dépistée systématiquement à la naissance en France, ce qui permet, avec un traitement approprié, d'éviter une affection autrefois dénomméecrétinisme. Ce dépistage a été mis en place en 1975.

Le dépistage d'une hypothyroïdie chez l'adulte est conseillé en France[21] :

  • pour les femmes de plus de 60 ans avec antécédent de pathologie thyroïdienne ;
  • pour toute personne avec antécédent de traitement à risque : chirurgie, radiothérapie, médicament (amiodarone,lithium, interféron).

Notes et références

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  1. a etb(en) Vaidya B, Pearce SH,« Management of hypothyroidism in adults »BMJ 2008;337:a801
  2. Seo YoungSohn, Gi HyeonSeo et Jae HoonChung, « Risk of All-Cause Mortality in Levothyroxine-Treated Hypothyroid Patients: A Nationwide Korean Cohort Study »,Frontiers in Endocrinology,vol. 12,‎,p. 680647(ISSN 1664-2392,PMID 34054737,PMCID 8155625,DOI 10.3389/fendo.2021.680647,lire en ligne, consulté le)
  3. (en) Gaitan E., « Goitrogens in food and water »,Annu Rev Nutr.,no 10,‎,p. 21-39(PMID 1696490,lire en ligne)
  4. (en)ATA 2003,p. 4
  5. (en)MedlinePlus,Hypothyroidism, 2012
  6. (en) « Hypothyroidism – In-Depth Report », New York Times,(consulté le)
  7. [PDF](en) « Hypothyroidism », American Association of Clinical Endocrinologists
  8. (en) CYeum, SWKim, NHKim, KCChoi et JLee, « Increased expression of aquaporin water channels in hypothyroid rat kidney »,Pharmacologica,vol. 46,no 1,‎,p. 85–8(PMID 12208125,DOI 10.1016/S1043-6618(02)00036-1)
  9. [PDF](en) « Thyroid and Weight »,The American Thyroid Association(consulté le)
  10. (en)fact sheet CDC medical records on VoxHealth. Retrieved on 2013-01-01
  11. (en) E. M.Velázquez et G. BellabarbaArata, « Effects of Thyroid Status on Pituitary Gonadotropin and Testicular Reserve in Men »,Systems Biology in Reproductive Medicine,vol. 38,‎,p. 85–92(DOI 10.3109/01485019708988535)
  12. (en) James B.Lavalle,Cracking the Metabolic Code : 9 Keys to Optimal Health: Easyread Edition,vol. 1,, 612 p.(ISBN 978-1-4429-5039-9 et1-4429-5039-0,lire en ligne),p. 100.
  13. (en) American College of Psychiatrists 2010 PRITE (Psychiatry Resident In-Training Exam) question 38.
  14. (en) Mary HSamuels, « Cognitive function in untreated hypothyroidism and hyperthyroidism »,Current Opinion in Endocrinology, Diabetes and Obesity,vol. 15,no 5,‎,p. 429–33(PMID 18769215,DOI 10.1097/MED.0b013e32830eb84c)
  15. (en) Devon IRubin, Michael JAminoff, Douglas SRoss et Janet LWilterdink, « Neurologic manifestations of hypothyroidism »,
  16. (en) Clinical Medicine by Kumar and Clark, "Thyroid Axis Endocrinology, "p. 610.
  17. (en) Hofeldt FD, Dippe S, Forsham PH, « Diagnosis and classification of reactive hypoglycemia based on hormonal changes in response to oral and intravenous glucose administration »,Am. J. Clin. Nutr.,vol. 25,no 11,‎,p. 1193–201(PMID 5086042,lire en ligne[PDF])
  18. (en) AJabbar, AYawar, SWaseem, NIslam, NUl Haque, LZuberi, AKhan et JAkhter, « Vitamin B12 deficiency common in primary hypothyroidism »,JPMA. the Journal of the Pakistan Medical Association,vol. 58,no 5,‎,p. 258–61(PMID 18655403)
  19. (en) Ochs N, Auer R, Bauer DCet al.« Meta-analysis: subclinical thyroid dysfunction and the risk for coronary heart disease and mortality »Ann Intern Med 2008;148:832-45
  20. (en) Villar HC, Saconato H, Valente O, Atallah AN,« Thyroid hormone replacement for subclinical hypothyroidism »Cochrane Database Syst Rev. 2007(3):CD003419
  21. Haute Autorité de santé,Hypothyroïdies frustes chez l'adulte : diagnostic et prise en charge, 2007[PDF]lire en ligne

Voir aussi

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Articles connexes

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Liens externes

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