Hunéric (enlatin :Hunericus ouHunirix ; engrec ancien :Ὁνώριχος), également orthographiéHunnéric ouHonéric, né vers, peut être enEspagne, et mort le, àCarthage, est le deuxième roi duroyaume vandale, du au, et le fils aîné deGenséric. Il abandonne la politique impériale de son père, et se concentre principalement sur les affaires intérieures. Comme son peuple, il est de confessionarienne, et est principalement connu pour sa persécution d'adeptes duchristianisme nicéen sur ses territoires. Il est marié àEudocia, fille de l'empereur romain,Valentinien III etLicinia Eudoxia.
Hunéric est le premier roi vandale à utiliser le titre deRoi des Vandales et des Alains. Malgré cela, la conservation de la puissance maritime desVandales et leur emprise sur les îles de laméditerranée occidentale, Hunéric n'a pas eu le même prestige que son père, Genséric, avec les autres États.
La source d'information la plus importante à son sujet estVictor de Vita, dont la présentation n’est pas toujours objective à cause de la politique religieuse d'Hunéric.
Hunéric naît autour de 420, une source suggère qu'il est né en Espagne, avant même la transition vandale en Afrique 429. Il est le fils aîné du roiGenséric. Vers, il épouse une princessewisigothe, fille du roiThéodoric.
En, il est envoyé àRavenne comme otage chez l'empereurValentinien III dans le cadre d'un traité signé par son père avec ce dernier. Et, à cette occasion, il est fiancé àEudocia avec l’assentiment de l'empereur. Hunéric est renvoyé à Carthage peu de temps après, Genséric ayant respecté le traité. En, la fille du roi Théodoric, accusée d'avoir voulu empoisonner Hunéric, est mutilée au visage (dont le nez et les oreilles coupés) avant d'être renvoyée enGaule chez son père[1].
Le, Genséricmet à sac Rome pendant 14 jours et retourne àCarthage avec un énorme butin et de nombreux otages dont l'impératrice,Eudoxie et ses filles, Eudocia etPlacidia. Eudocia, promise depuis 442, est mariée de force à Hunéric. De cette union, naît le futur roiHildéric. En 472, Eudocia s'enfuit àJérusalem,« dégoûtée, dit-on, par l'arianisme fanatique de son mari », pour y mourir.
Le, à la mort de son père, Hunéric devient roi des Vandales. Il prend alors la « précaution » de faire assassiner deux de ses frères encore vivants, les princesThéudric et Théodéric, ainsi que leurs femmes et leurs enfants et certains de leurs partisans, comme l'évêque arienJucundus, qui est brûlé vif[2].
Bien qu'il soit un fervent adhérent à l'arianisme, son règne débute avec un certain nombre d'ouvertures religieuses. À la suite de la visite d'une mission diplomatique de l'Empire romain d'Orient dirigée par Alexandre, Hunéric rétablit les propriétés saisies par son père auprès des marchands deCarthage[3]. Il lève également la politique de persécution descatholiques romains locaux, leur permettant d'organiser unsynode où ils élisent un nouvel évêque catholique de Carthage,Eugène, après que le poste eut été vacant pendant 24 ans[4].
Cependant, peu de temps après l'ordination d'Eugène, Hunéric retourne sa parole, et commence à persécuter de nouveau les catholiques[5]. Il essaie également de faire tomber la propriété catholique à l'Etat, mais quand ceci provoque trop de protestation de l'empereur byzantin, il choisit à la place d'exiler un certain nombre de catholiques vers une province lointaine. Le, il organise une réunion d'évêques catholiques, avec des évêques ariens, mais le, il expulse de force les évêques catholiques de leurs offices, et en bannit quelques-uns enCorse. Quelques-uns sont exécutés, y compris l'ancien proconsul Victorien, avec Frumentius et d'autres riches marchands, qui sont tués àHadrumetum, après avoir refusé de devenir ariens[6]. Parmi ces exilés figurent Vigile, évêque deThapsus, qui a publié un traité théologique contre l'arianisme. En outre, il persécute et déporte pour les provinces d'outre-mer, tout le long de son règne, un grand nombre demanichéens[7].
Vers 480, il réalise de grands travaux qui ont consisté à assécher un secteur du littoral grâce à une machine appeléecoclea, c'est-à-dire unevis d'Archimède[8]. Pour cela, Hunéric est loué par le poète romainCaton[9].
À la fin, alors qu'une famine produite par une sécheresse insolite éclate, suivie par une épidémie de peste dont Hunéric est lui-même victime[10], lesBerbères desAurès (dans l'actuelle Est de l'Algérie), peut-être sous l'égide du chefMasties, se soulèvent et se séparent avec succès de la domination vandale[11].
Il meurt de maladie le, et est remplacé par son neveu,Gunthamund. L'historien catholiqueVictor de Vita, qui laisse de lui un portrait accablant, le qualifie de« plus monstrueux des scélérats », insistant sur sa maladie à la fin de sa vie (probablement lagangrène de Fournier),« qu'il avait méritée », il indique qu'« il fut envahi par la pourriture et la vermine, de sorte que l'on n'enterra pas un cadavre, mais des lambeaux de corps humain : il subit ainsi le même sort que cetancien roi dont le cadavre pourri fut enfoui comme celui d'un âne »[12].
↑Chalon Michel, Devallet Georges, Force Paul, Griffe Michel,Lassère Jean-Marie, Michaud Jean-Noël : « Memorabile factum. Une célébration de l'évergétisme des rois vandales dans l'Anthologie latine ». In:Antiquités africaines, 21, 1985,p. 242 (lire en ligne surpersee.fr).