Hubert Robert naît àParis, dans une famille de la moyenne bourgeoisie, le[2], il estbaptisé le lendemain en l'église Saint-Sulpice de Paris[3]. Il est le fils de Nicolas Robert, intendant du marquis de Stainville[4] et de Jeanne Catherine Charlotte Thibault. Grâce à la protection de lafamille de Choiseul, il étudie aucollège de Navarre entre 1745 et 1751[5]. Il y reçoit une éducation classique dont peu d’artistes parmi ses contemporains purent bénéficier[4]. L’un de ses professeurs, l’abbé Batteux, note les facilités du jeune élève pour le dessin, en le voyant dessiner un mousquetaire à l'arrière de sa copie de traduction de grec[2].
Après un premier apprentissage dans l’atelier du sculpteurMichel-Ange Slodtz[5] (selon l’Abecedario de Pierre-Jean Mariette), Hubert Robert part en Italie en 1754 grâce aucomte de Stainville (1719-1785), nommé ambassadeur de France à Rome[4]. Il obtient le droit de suivre les cours de l’Académie de France à Rome alors installée au palais Mancini sur le Corso, dont il devient pensionnaire en 1759.
Arrivé àRome le, Hubert Robert ne retourne en France que le. Grâce à l'appui du comte de Stainville, Hubert Robert obtient une place de pensionnaire à l’Académie de France à Rome[4], de 1759 à 1762, sans avoir remporté le prestigieuxprix de Rome. Il profite alors des cours de perspective donnés par le peintreGiovanni Paolo Panini (1691-1765) et du voisinage deGiovanni Battista Piranesi (1720-1778), dit Piranèse[4], dont l’atelier de gravure est situé sur la via del Corso, face aupalais Mancini.
À Rome, Hubert Robert rencontreLouis-Jacques Durameau,Étienne de La Vallée-Poussin etJean-Robert Ango, ainsi que des amateurs influents. Parmi ces derniers, l’abbé de Saint-Non, membre honoraire de l'Académie royale de peinture et de sculpture, emmène Hubert Robert àNaples en pour visiter les sites les plus célèbres de Campanie, en particulier les temples doriques dePaestum, qui ne cesseront de le fasciner bien après son retour en France.
Précédé par une excellente réputation de dessinateur d’architectures en ruines, Hubert Robert est de retour à Paris au mois d’. Quand il présente le, à l'Académie royale de peinture et de sculpture, uncaprice architectural,Le Port de Ripetta à Rome[6], il est agréé et reçu durant la même séance, en tant que « peintre d’architecture ». Obtenant ainsi le droit d’exposer au Salon, il présente en 1767 plusieurs peintures et dessins d’architectures en ruines salués par la critique,Denis Diderot en tête. Sa participation sera constante au Salon jusqu'en 1798. L'artiste fréquente dessalons littéraires plus intimes comme celui deMadame Geoffrin, tenu les lundis jusqu'en 1777, celui de la fille de celle-ciMarie-Thérèse de La Ferté-Imbault ou celui d'Élisabeth-Louise de Rohan-Chabot, au sein duquel Hubert Robert enseigne le dessin aux amateurs, dont le jeuneThomas-Charles Naudet[7].
Artiste à la mode, Hubert Robert développe très tôt un marché pour ses œuvres peintes et dessinées illustrant des paysages intégrant des architectures en ruines, qui se conjugue parfaitement avec la pratique du dessin en amateur. En effet, le paysage demeure un genre privilégié par les aristocrates, car son approche nécessite moins de métier que les sujets d’histoire. On notera qu'auSalon de 1787, lemarquis de Paroy et lemarquis Turpin de Crissé, deux membres honoraires de l'Académie, exposent des œuvres imitant la manière d'Hubert Robert.
Hubert Robert prolonge son approche du paysage dans la création de jardins. Nommé successivement dessinateur des Jardins du Roi, garde des Tableaux du Roi, garde du Museum et conseiller à l’Académie, il est chargé d’aménager certaines parties des résidences royales, comme lehameau de la Reine àTrianon. Ce dernier s'inspire du hameau duparc d'Ermenonville, premierjardin anglais d'envergure sur le continent, à la conception duquel Robert participe en tant que conseiller artistique du marquisRené-Louis de Girardin. Leparc de Méréville, appartenant au marquisJean-Joseph de Laborde, peut être considéré comme celui où l'influence d'Hubert Robert est la plus importante.
Déclaré « suspect » par leComité de surveillance révolutionnaire, Hubert Robert est emprisonné àSainte-Pélagie le, avant d’être transféré le à laprison de Saint-Lazare dont il est libéré le. Malgré ces vicissitudes, Hubert Robert produit des peintures sur assiettes et des dessins témoignant de la vie carcérale. Ce fut lui qui dessina le portrait deJean-Antoine Roucher que le poète envoya la veille de sa mort à sa femme et à sa fille.
Hubert Robert,Autoportrait en prison, vers 1793-1794, localisation inconnue.
LaRévolution a également entraîné la destruction de certains de ses travaux : Robert a conçu les décors d'un théâtre d’environ 500 places dans l’Aile neuve, à l'emplacement de l'escalier Gabriel actuel dans lechâteau de Versailles. Ce théâtre était destiné à servir de théâtre ordinaire de la cour, en remplacement du théâtre de lacour des Princes, trop vétuste et trop petit ; construite à partir de l’été 1785 et inaugurée début 1786, cette salle a été détruite sousLouis-Philippe. Une aquarelle de la conception de Robert est conservée à Paris auxArchives nationales[8].
Libéré après dix mois de détention, à la chute deRobespierre, il retrouve en 1795 son poste de conservateur au Museum, futurmusée du Louvre, qu’il ne quitte qu’à sa mise en retraite en. Il projette dans ses œuvres de réunir le Louvre aux Tuileries. C'est de cette période féconde que datent ses nombreuses vues du Louvre, réelles ou imaginaires, dont ce tableau peint ainsi en 1796, intituléVue de la Grande Galerie du Louvre en ruine, imaginant la Grande Galerie du Louvre en partie détruite, voûtes effondrées, sculptures décelées, et au milieu des débris d’édifices et d’arcs renversés, l’Apollon du Belvédère (tableau exposé dans l’aile Sully dumusée du Louvre)[9].
Capriccio con rovine romane (Caprice architectural avec ruines romaines), huile sur toile, 97,5 × 136 cm, . Inv. 1558 (F.N. 16939) ;
Vedute immaginaria del Pantheon (L’imbarcadero) (Vue imaginaire du Panthéon (L’embarcadère)), huile sur toile, Inv. 2475 ;
Fontana monumentale (Fontaine monumentale), huile sur toile, 42 × 35 cm, Inv. 2476 ;
Monaco che predica fra le rovine (Moine prêchant dans les ruines), huile sur bois, 40 × 33 cm, Inv. 2477 ;
Il canale (Le Canal), huile sur bois, 65 × 42 cm, Inv. 2478 ;
Porta con lavandaie (Porte[19] avec lavandières), huile sur toile, 72 × 92 cm, Inv. 2479 ;
Capriccio architettonico con fiume e i Dioscuri del Quirinale (Caprice architectural avec fleuve et les Dioscures du Quirinal), huile sur toile, 64 × 80 cm, Inv. 2480 ;
Nîmes, la Maison Carrée, huile sur bois, 32 × 42 cm, Inv. 2481.
Vue du Tempietto de San Pietro in Montorio (à Rome), plume, encre brune, lavis brun et aquarelle sur une contre-épreuve de sanguine, 33,8 × 44,4 cm[21]. Selon un procédé qui lui est familier, Hubert Robert tire cette contre épreuve d'une première étude conservée au musée des Beaux-Arts de Valence. Sur cette feuille est inscrit le lieu et la date de l'exécution, 1762, ainsi que sa signature. Si le dessin tient du caprice architectural, sa liberté d'invention est sous-tendue par une intelligence aiguë des monuments de la Renaissance et de ses sources antiques[22] ;
Personnage en pied, plume, encre brune et lavis brun, 33 × 24,5 cm[23]. Étude de figure d'un homme barbu en costume modeste que l'on retrouve dans une composition peinte :Port orné d'architectures, conservé aumusée portuaire de Dunkerque[24].
Hubert Robert Drawings & Watercolors, Washington, National Gallery of Art, 1978-1979, catalogue par Victor Carlson.
Hubert Robert et la Révolution, musée d'Art et d'Archéologie de Valence, 1989.
J.H. Fragonard e H. Robert a Roma, Rome, villa Médicis, 1990-1991, catalogue par Jean-Pierre Cuzin et Catherine Boulot.
Hubert Robert et Saint-Pétersbourg. Les commandes de la famille impériale et des princes russes entre 1773 et 1802, musée d'Art et d'Archéologie de Valence, 1999, catalogue par Hélène Moulin-Stanislas.
Hubert Robert, Paris, musée du Louvre, 2006, catalogue par Jean-François Méjanès.
Hubert Robert. Un orateur dans les ruines, Belfort, musée des Beaux-Arts, 2014-2015, catalogue par Sarah Catala.
Hubert Robert, 1733-1808. Un peintre visionnaire, Paris, musée du Louvre, du au[28].
↑Acquisition par le musée du Louvre en novembre 2012. Le tableau a appartenu àJoseph-Alexandre de Ségur, fils naturel de l'artiste (cf. Guillaume Faroult, « Un Hubert Robert sans les ruines »,Grande Galerie - Le Journal du Louvre, mars/avril/,no 23,p. 12).
↑Tableau peint vraisemblablement à Rome. L'œuvre est proche du tableau éponyme deGiovanni Paolo Panini, conservée aumusée d'Art et d'Histoire de Narbonne. Alexandre considérait Achille comme un modèle et se présentait comme son descendant par sa mèreOlympias, princesse d'Egire (cf.Grande Galerie - Le Journal du Louvre, septembre/octobre/,no 17).
↑Bénédicte Savoy,Patrimoine annexé, Les biens culturels saisis par la France en Allemagne autour de 1800,t. I, Paris, Éditions de la Maison des sciences de l'homme, 2003,p. 327 (en ligne).
Jean de Cayeux,Hubert Robert, Paris : Fayard, 1989.
Philippe Huisman,L'Aquarelle française auXVIIIe siècle;
Sarah Catala,Les Hubert Robert de Besançon, Milan : Silvana Editoriale, 2013. — Catalogue raisonné des dessins, peintures et gravures de la bibliothèque municipale et du musée des Beaux-Arts et d'Archéologie et de Besançon.
GuillaumeFarout (dir.),Hubert Robert, 1733-1808 : Un peintre visionnaire, Somogy et Musée du Louvre éd.,(ISBN978-2757210642). — avec la collaboration de Catherine Voiriot. Catalogue de l'exposition éponyme au musée du Louvre du au.
Pierre de Nolhac,Hubert Robert : 1733-1808, Goupil &Cie, 1910.
Claude Courtot,Journal imaginaire de mes prisons en ruines : Hubert Robert 1793-1794, José Corti, 1988.
Nathalie Hersent, « Hubert Robert, le peintre des ruines »,Le blog de Gallica,(lire en ligne).
Paul Sentenac,Hubert Robert, avec 60 planches hors texte en héliogravure, Nogent-le-Rotrou, Cachan, Paris, éditions Rieder, coll. « des Maîtres de l'art ancien », 1929,64 p.