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Hubert Lyautey

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 Hubert Lyautey
Hubert Lyautey

SurnomLyautey l’Africain
Nom de naissanceLouis Hubert Gonzalve Lyautey
Naissance
Nancy (France)
Décès (à 79 ans)
Thorey (France)
OrigineDrapeau de la FranceFrance
ArmeArmée de terre
Dignité d'ÉtatMaréchal de France
Années de service1873 – 1925
Commandement10e corps d'armée, Rennes
ConflitsGuerres coloniales
Première Guerre mondiale
Faits d'armesConquête du Maroc
DistinctionsMaréchal de France
Médaille militaire (1915)
Grand-croix de la Légion d'honneur (1913)
Grand-croix de l'Ordre de Saint-Grégoire-le-Grand
HommagesInhumé auxInvalides depuis 1961.
Autres fonctionsRésident général de France au Maroc(1912 - 1925)
Ministre de la Guerre(décembre 1916 - mars 1917)
Élu à l'Académie française(1912,fauteuil 14)
FamilleHubert Joseph Lyautey (grand-père)
Inès de Bourgoing (épouse)
Signature de Hubert Lyautey
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Hubert Lyautey, né le àNancy (Meurthe) et mort le àThorey (Meurthe-et-Moselle), est ungénéral,maréchal de France et membre de l’Académie française. Sa notoriété reste liée à son action politique et militaire qui impose le modèle de colonisation « à la française » et l'institution d'unprotectorat auMaroc.

Officier de cavalerie pendant lesguerres coloniales, il sert notamment sous les ordres deJoseph Gallieni auTonkin (1894-1897) et àMadagascar (1897-1902). Il y pratique une « politique d’alliance ». Il va l'appliquer par la suite. Au grade degénéral, il sert enAlgérie (1903-1910). Il est chargé de la pacification de la région frontalière algéro-marocaine. Après letraité de Fès de mars 1912, il devient le premierrésident général duprotectorat français au Maroc. Il met en œuvre une politique de collaboration avec les élites religieuses et civiles.Grand-croix de la Légion d’honneur en 1913, il est élevé à la dignité de maréchal de France en 1921. En désaccord avec lecartel des gauches à propos de laguerre du Rif, il quitte ses fonctions en 1925.

De 1927 à 1931, il organise l'exposition coloniale internationale deVincennes.

Il estministre de la Guerre lors de laPremière Guerre mondiale, de décembre 1916 à mars 1917. Académicien, élu en 1912 et reçu en 1920, il est aussi président d'honneur des trois fédérations desScouts de France.

Biographie

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Famille Lyautey

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Hubert Joseph Lyautey, mort en 1867.
Albert de Mun, 1841-1914.

Louis Hubert Gonzalve Lyautey est issu d'une famille d'originefranc-comtoise, de la commune deVellefaux, et qui s'est illustrée lors des campagnes duPremier Empire. Par sa mère, il descend des Grimoult de Villemotte, famille de la noblesse normande originaire dubocage virois[1] et venue s'installer àCrévic enMeurthe-et-Moselle. Il a hérité d'une grande maison de maître, connue sous le nom de château de Crévic. Les Allemands, au début de la guerre, vont incendier sa maison pour se venger de son rôle au Maroc[2].

La famille Lyautey compte de nombreux officiers. Son arrière-grand-père, Pierre Lyautey, était ordonnateur en chef des armées de Napoléon. Il a eu quatre fils : Just, capitaine, mort au combat ; Antoine Nicolas, général de brigade d'artillerie ; Charles René, intendant général, etHubert Joseph Lyautey, général de division d'artillerie et sénateur du second Empire[3] (grand-père d'Hubert Lyautey). Hubert-Joseph Lyautey a eu pour fils Just Lyautey (père d'Hubert Lyautey),polytechnicien etingénieur des Ponts et Chaussées.

Hubert Lyautey avait un frère, Raoul Aimé Lyautey (29 juillet 1856-15 mars 1935), également militaire. Elève de l'École spéciale militaire de Saint-Cyr puis de l'École de cavalerie de Saumur et de l'École de guerre, officier de cavalerie, il servit dans les chasseurs à cheval et les hussards et acheva sa carrière comme colonel de cuirassiers. Il fit une carrière exclusivement métropolitaine, dans l'est de la France. Il a participé à sa première campagne en 1914-1919. Il était commandeur de la Légion d'honneur et titulaire de la croix de guerre, de la croix du combattant, de la médaille commémorative de la guerre de 1914 et de la médaille interallié. Il était domicilié à Nancy. Il est le père de l'écrivainPierre Lyautey (1893-1976).

Une éducation militaire

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Hubert Lyautey naît le au 10 rue Girardet à Nancy[4], de Just Lyautey (1821-1893) et de Laurence Grimoult de Villemotte (1832-1890). En, à l'âge de dix-huit mois, il fait une chute du balcon du premier étage de l'hôtel de la Reine àNancy, maison de sa famille maternelle[5]. Une blessure à la tête détourne l'attention, on s'aperçoit quatre ans plus tard que la colonne vertébrale est atteinte[6]. Soigné par le chirurgienVelpeau[7], Hubert Lyautey doit rester alité deux ans. Il subira plusieurs interventions chirurgicales, portera des béquilles et un corset de fer garni de cuir pendant dix ans. Il restera souvent alité, et se met à la lecture[8]. — l'hypothèse a été émise que l'atteinte de la colonne vertébrale n'était pas directement la conséquence de l'accident mais unmal de Pott. —[6]. Il lit des livres d'histoire : l'épopée napoléonienne, des récits d'explorateurs, de voyageurs et de missionnaires. Dans le même temps, il subit l'influence de sa tante Berthe, fervente catholique et royaliste[9].

En, Just Lyautey, muté àDijon, place son fils Hubert au lycée[10] de cette ville. Il y passe le baccalauréat en 1872[11]. Muté àVersailles[11], son père l'inscrit aulycée Sainte Geneviève, tenu par desjésuites, et situé àParis dans le5e arrondissement. Il y prépare le concours d'entrée à l'École polytechnique pour devenir ingénieur[12]. Marqué par ladéfaite française de 1870 et l'invasion prussienne — qu'il a vue de près à Dijon — en octobre 1873, Lyautey intégre l'École spéciale militaire de Saint-Cyr, promotion archiduc Albert (1873-1875). Ses résultats sont excellents. Lyautey y nourrit sa réflexion de rêves de grandeur et d'une profonde recherche spirituelle[12]. Il rencontreProsper Keller,Olivier de Fremond, Antonin de Margerie etAlbert de Mun. Sorti de l'école, il mène à Paris la vie mondaine d'un jeune officier. En pleine quête spirituelle, Lyautey est séduit par lecatholicisme social d'Albert de Mun.

Albert de Mun est l'initiateur d'un mouvement de pensée qui s'oppose aux excès du libéralisme mais refuse les solutions révolutionnaires. Il a créé, en 1871, l'Œuvre des cercles catholiques d'ouvriers. Elle doit défendre les intérêts matériels et moraux des ouvriers, et éviter des épisodes comme laCommune de Paris. Il correspondra jusqu'à sa mort avec Lyautey[13].

La France est devenuerépublicaine etanticléricale[14].Monarchiste de raison,légitimiste par romantisme, Lyautey ne cache pas sesopinions catholiques et royalistes. D'après Edward Berenson, il aurait envisagé la vocation religieuse ; il fait deux retraites au monastère de laGrande Chartreuse[15].

Débuts de carrière

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En 1875, classé29e sur 281, il sort de Saint-Cyr. En, il est admis à l'École d'application d'État-major, de Paris. Deux ans plus tard, il est lieutenant. À l'occasion d'un congé, il part deux mois enAlgérie avec ses camarades de promotionProsper Keller et Louis Silhol.

De retour en France, il est affecté au2e régiment de hussards en. Il est transféré en Algérie à la fin de l'année. Il y passe deux ans, d'abord àOrléansville, puis àAlger. Il critique la politique coloniale française et prône un « système plus civilisé et plus humain ».[réf. souhaitée]

En 1882, promu capitaine, il est muté au4e régiment de chasseurs à cheval àBruyères, dans lesVosges. Il est envoyé enItalie pour rédiger un rapport sur la cavalerie de ce pays. En route versRome, il fait un détour parGöritz en Autriche, lieu de l'exil ducomte de Chambord. Celui-ci, averti des rumeurs de prochainralliement du Pape à laRépublique, charge Lyautey d'une mission auprès deLéon XIII. Il est reçu en audience le. Pour lui, l'opinion du pape est déjà faite.

À l'occasion d'une revue militaire, Lyautey rencontre legénéral L'Hotte, inspecteur de la cavalerie en résidence à Tours et ancien écuyer en chef duCadre noir. L'Hotte le choisit comme aide de camp. Il passera quatre années auprès de lui, voyagera à travers la France et ses villes de garnison, et s'initiera à la tactique militaire, alors en phase de renouvellement.

À cette époque, Lyautey est gagné par un scepticisme religieux. Ses années en garnison, son retour au contact de la troupe, son affectation, en 1887, au4e régiment de chasseurs à cheval (basé àSaint-Germain-en-Laye), ont fait mûrir ses idées novatrices sur la fonction de l'armée. Au1er escadron qu'il commande, avec l'accord de son chef de corps, le colonel Donop, il décide de créer un réfectoire, (jusque-là, les soldats n'avaient aucun endroit pour manger), un foyer pour les soldats, avec bibliothèque, billard et jeux, des cours pour les illettrés, et une commission consultative pour permettre aux soldats de donner leur avis.

Eugène-Melchior de Vogüé

Ces nouveauté font de son1er escadron un modèle. Proche de Paris, il a des contacts avec le milieu intellectuel. Lyautey rencontreFrançois Coppée,José-Maria de Heredia,Henri de Régnier,Ferdinand Brunetière,Paul Desjardins,Paul-Gabriel d'Haussonville[16]... Le diplomate et écrivainEugène-Melchior de Vogüé est séduit par sa conception de l'armée nouvelle, par ses réformes ; il jouera un rôle clé auprès de lui, comme autrefoisAlbert de Mun. Vogüé lui demande en 1891 d'écrire un article pour la célèbreRevue des deux Mondes. Ce seraDu rôle social de l'officier dans le service militaire universel, réédité ensuite sous le titrele Rôle social de l'officier[17].

Les règlements en vigueur imposent une autorisation : il ne l'a pas réclamée. Le texte n'est pas signé. Mais son auteur est vite connu. Un débat se crée sur l'action éducatrice de l'armée au-delà de sa fonction purement militaire. Lyautey veut dépasser les rapports de classes. Il voit le service militaire universel comme l'unique moyen de former la jeunesse sur une base égalitaire[18]. Le battage autour de cet article fondateur fait affluer de toute la France des lettres d'encouragement et des dons. André Le Révérend note qu'avec les sommes reçues, Lyautey a pu acheter133 000 livres pour les bibliothèques de soldats qui se créent dans les régiments[19].

Les amis de Vogüé décident la même année de créer une association pour promouvoir leurs idées : « l'Union pour l'action morale », fondée le. Elle est présidée par Desjardins. Lyautey est un des quinze membres fondateurs[20]. Il fait la connaissance de jeunes gens de son âge, qui feront des carrières brillantes et seront ses amis : outre Desjardins,Henry Bérenger, Max Leclerc, l'éditeur,Victor Bérard, helléniste,Arthur Fontaine,Henri Lorain, l'homme desSemaines sociales, Jean, André etMax Lazard[21]. Deux d'entre eux, Arthur Fontaine et Max Lazard, seront parmi les pères fondateurs de l'Organisation internationale du Travail.

Lyautey au Tonkin en 1896

Lyautey est nommé chef d'escadron au printemps 1893. Il est affecté au12e hussards, àGray. À l'automne, il est à l'état-major de la7e division de cavalerie. En, legénéral de Boisdeffre veut l'éloigner des remous causés par son article et l'envoie en Indochine[22].

Dès les escales de Suez et de Singapour, il remarque l'activité des troupes anglaises, et l'état d'esprit de leurs officiers[23]. À Saïgon, il est reçu par legouverneur général Lanessan. Ce dernier lui explique qu'il ne faut pas détruire les cadres du pays conquis mais gouverner avec le mandarin, non contre le mandarin ; qu'il faut respecter les traditions et se rallier les élites[24]. Il esquisse pour Lyautey tout un pan de la doctrine que ce dernier appliquera au Maroc[25].

Lyautey rejoint l'état-major du corps d'occupation àHanoï, auTonkin. Il y fait une autre rencontre décisive :Gallieni. Après vingt ans dans les colonies, Gallieni lui expose sa doctrine : « la conquête civilisatrice ». Pour lui, le succès militaire est nécessaire, mais il n'est rien sans un travail simultané d'organisation : routes, télégraphe, marchés, cultures. La pacification avance comme une tache d'huile, comme une grande bande de civilisation[26]. Lyautey le suit en campagne et le voit pacifier des régions frontalières, construire des villes.

Nommé Gouverneur général par le gouvernement, Gallieni part pour Madagascar où la situation est mauvaise. En 1896, il rend àArmand Rousseau, gouverneur du Tonkin, un rapport issu de son expérience : il assigne à tout officier colonial un triple rôle : diplomatique, politique et militaire[27].

Gallieni et son état-major à Madagascar en 1900 (Lyautey debout à gauche)

Gallieni fait appel à Lyautey qui arrive àTananarive en. Sa première mission est de pacifier la zone dissidente du nord. Gallieni lui laisse carte blanche. Il construit des routes, crée des villes (sa passion d'enfance) commeAnkazobe, épargne un chef rebelle. A chaque permission, il compare ses cinq ans de proconsulat avec la situation en France : le scandale de l'affaire Dreyfus s'étend.Guillaume Jobin dira qu'il est un des rares officiers d'état-major dreyfusards[28], Maurois le juge plutôt « écartelé »[29].

En, lors d'une de ces permissions, il donne une conférence sur le thème de la politique coloniale. Elle paraît dans laRevue des Deux Mondes sous le titreDu rôle colonial de l'armée. Il insiste sur l'importance d'une bonne administration des territoires conquis.

En 1900, Lyautey est nommé colonel, Gallieni lui confie le commandement de la province du sud, avec mission de la pacifier. Sa campagne durera deux ans. Sa tâche accomplie, il rentre en France début 1902 et prend le commandement du14e hussards, basé à Alençon.

Il ronge son frein. À l'été 1903, il est invité chez son amiJules Charles-Roux. Il y rencontre le gouverneur général de l'Algérie,Charles Jonnart. Ce dernier lui parle de l'insécurité qui règne à la frontière algéro-marocaine : des tribus dissidentes y lancent des razzias en Algérie et retournent se mettre à l'abri au Maroc. À sa demande, Lyautey lui expose les méthodes utilisées à Madagascar. Jonnart approuve. Lyautey se lie d'amitié avecEugène Étienne, député d'Oran, franc-maçon et plusieurs fois ministre[30]. Peu après, de nouvelles attaques meurtrières ont lieu en Algérie, le poste d'Aïn Sefra est menacé. En septembre, Lyautey est nommé en Algérie, à la demande du gouverneur général.

Installé à Aïn Sefra, promugénéral de brigade, il réclame d'avoir sous ses ordres des services qui lui échappent : l'artillerie, les convois, l'intendance. Il réclame aussi et obtient le droit de correspondre directement avec le ministre en cas d'urgence, sans passer par la hiérarchie[31].

Au cours de l'hiver 1903-1904, il découvre les traditionsberbères et les décors dubled, àFiguig et ailleurs. Il installe un camp au Maroc à Berguent (Aïn Beni Mathar). Les Affaires étrangères sont furieuses. Paris n'admet pas qu'il ait franchi la frontière, et, le, lui ordonne de se replier. Il demande un sursis à exécution car il a promis aux tribus locales de les protéger. Il met sa démission dans la balance. Sur fond de crise ministérielle, Jonnart finit par faire admettre la solution proposée par Lyautey : ajouter à ses forces un détachement marocain pour sauver la face vis-à-vis des grandes puissances[32].

Laconférence d'Algésiras n'accorde à la France que des droits limités au Maroc. Lyautey est nommé à la tête de ladivision d'Oran en 1907. Sur ordre de Paris, il occupeOujda, réprime un soulèvement des Beni Snassen et pacifie la zone frontière. Début 1908, les tribus se sont soulevées au Maroc à l'instigation deMoulay Hafid. Le générald'Amade est bloqué àCasablanca.Clemenceau envoie Lyautey en mission sur place. À son retour, ce dernier plaide la cause de d'Amade devant Clemenceau : il lui a conseillé d'attendre avant de procéder à l'évacuation deSettat qui lui était ordonnée. Il explique l'importance de cette position. Clemenceau comprend et annule l'ordre[33]:103-107. Lyautey est rappelé fin 1910, pour prendre le commandement du corps d'armée deRennes.

Lyautey et Foucauld près de Beni Abbès (1905)
Henry de Castries à l'époque où il cartographie le Maroc

En Algérie, il a rencontréCharles de Foucauld[15] etIsabelle Eberhardt, qui fut sa médiatrice auprès des tribus arabes. Il appréciait son non-conformisme et sa liberté d'esprit. Il est ému par sa disparition prématurée[34] le à la suite d'une crue[35]. Il fera en sorte que sa dépouille et ses manuscrits soient retrouvés dans sa maison d'Aïn Sefra. Il avait connu Charles de Foucauld jeune officier, lors de son premier séjour en Algérie. Il l'a reçu à Aïn Sefra, est allé le voir àBéni Abbès. En Algérie, il a rencontréHenry de Castries, explorateur et géographe, qui avait cartographié les confins du Maroc et commencé à écrire sur l'histoire du pays. Lyautey l'a fait nommer colonel dans laterritoriale, affecté en 1910 à Tanger, avec mission de continuer ses recherches.

Résident général au Maroc (1912-1916)

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Lyautey décorant Madani El Glaoui (octobre 1912).
Mangin décoré par Lyautey en 1912.
Photo d'un homme en complet gris à rayures, portant un chapeau mou et des gants, et échangeant avec un général de brigade
Lyautey avecPaul Deschanel, président de laChambre des députés française (Casablanca, 1914).
Le sultan Moulay Youssef, père de Mohammed V.

Lyautey reste à Rennes jusqu'en 1912. Il suit les cours duCentre des hautes études militaires, et participe à des manœuvres avecJoffre.

En, à la suite ducoup d'Agadir,Joseph Caillaux etJules Cambon négocient un accord avec l'Allemagne, ratifié en. Il est urgent d'établir le protectorat. Les tribus se sont soulevées quand le sultanMoulay Hafid a confié le poste degrand vizir àSi Madani El Glaoui[Note 1] chef de la tribu desGlaoua. Ce dernier a été destitué en 1911 mais la révolte continue, sans pouvoir être contenue par les troupes françaises

En, le ministre de France àTanger,Eugène Regnault était pressenti pour être le premier Résident. Il fait signer au sultanMoulay Hafid un traité de protectorat. Ce traité reconnaît la souveraineté du Sultan, mais sans avoir l'initiative des lois, gardant le droit de s'y opposer en refusant de signer lesdahirs. En échange, la France le protège. Le maintien de l'ordre, la défense, les finances, les relations extérieures ne sont pas de son ressort[36]. En avril 1912, des troupes marocaines àFès se révoltent. Le gouvernement français envisage alors un résident militaire, plutôt qu'un civil. Le choix se porte sur Lyautey. Par un décret du[37], il devient le premierrésident général de France au Maroc.

Pacification

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Il débarque le à Casablanca en compagnie de sa nouvelle recrue,Henry de Castries, et est accueilli parle colonel Gouraud. Il part pour Fès où il doit se présenter au sultan. En cours de route, il rencontre l'architecte et aquarelliste,Maurice Tranchant de Lunel et l'embauche comme directeur des Antiquités, Beaux-Arts et Monuments historiques du Maroc. À Fès, il trouve une ville en révolution. Une attaque des tribus est imminente. Ses officiers réussissent à desserrer l'étau et à mettre en fuite les tribus. Lyautey accepte que le Sultan quitte Fès pourRabat. A Fès, resserrée dans ses remparts et enserrée dans les montagnes, le sultan se sentait prisonnier. La nouvelle capitale du Maroc, le siège de la Résidence, devient Rabat. C'est une ville ouverte sur l'océan, verdoyante, avec de larges espaces. Ce transfert n'a pas calmé Moulay Hafid, dépressif, qui finit par abdiquer. Il est remplacé par son demi-frère,Moulay Youssef. La continuité de l'administration du Sultan est assurée par le grand vizirEl Mokri, nommé en 1911, qui servira la dynastie alaouite jusqu'en 1955.

Les premiers problèmes de Lyautey sont territoriaux. Trois zones de dissidence échappent à son contrôle et menacent la stabilité du pays : à l'est, la poche deTaza qui bloque l'accès à l'Algérie et lui coûtera son poste ; au centre, la rébellion desZaïans autour deKhénifra ; au sud, le prétendantEl Hiba vient d'entrer dans Marrakech et a pris des otages français. Après avoir reçu des assurances duGlaoui, Lyautey envoie le colonelMangin affronter les dix mille guerriers d'El Hiba le. Son artillerie les met en déroute. Le1er octobre, Lyautey fait son entrée à Marrakech.

Le prétendant El Hiba, en contestant la nomination du Sultan, remettait en cause un des piliers de la politique de Lyautey : s'appuyer sur les autorités légales, obtenir leur adhésion en les respectant et les protégeant. La protection était inscrite dans le traité signé en début d'année. Quant au respect, Lyautey portait une attention méticuleuse à garder la dignité du sultan Moulay Youssef. Il écrit à Albert de Mun : « J'ai écarté soigneusement de lui toutes les promiscuités européennes, les automobiles et les dîners au champagne. Je l'ai entouré de vieux Marocains rituels. Son tempérament de bon musulman et d'honnête homme a fait le reste. Il a restauré la grande prière du vendredi, avec le cérémonial antique. Il a célébré les fêtes de l'Aïd el-Seghir avec une pompe et un respect des traditions inconnus depuisMoulay Hassan… »[38].

Lyautey est élu à l'Académie française le 1912 (Sa réception n'aura lieu qu'après la guerre). Il est fait grand-croix de laLégion d'honneur l'année suivante. Les hommes politiques français le pressent d'en finir avec les autres rébellions. Il refuse, pour préserver ses hommes. Il préfère la patience et la persuasion pour obtenir le ralliement des rebelles, qui sera d'autant plus solide. Il écrit :« Ce pays-ci ne doit pas se traiter par la force seule… Je me garderais bien d'aller m'attaquer à des régions qui sont “en sommeil”, qui se mettraient en feu si j'y pénétrais, en me coûtant beaucoup de monde et de peine… Si l'opinion impatiente préfère les coups d'éclat prématurés à cette méthode plus lente, mais si sûre, on n'avait qu'à ne pas m'envoyer ici. »[39].

C'est le deuxième fondement de la doctrine de Lyautey. Un moyen de pacification privilégié sera l'utilisation desgoums. Ils sont créés en 1908 et recrutés dans les tribus marocaines. Lyautey fixe leur statut en 1913. Ces formations militaires doivent faire le lien avec la population indigène, faciliter l'administration des tribus, voire établir des contacts avec les tribus rebelles.

Il veut créer une liaison ferroviaire avec l'Algérie. Son projet se heurte au verrou de la poche de Taza. L'armée doit sécuriser le parcours. En, Gouraud reçoit le commandement des troupes, réussit au prix de durs combats, et fait la jonction avec les forces venues d'Algérie, que commande le généralBaumgarten[40]. En juin, le généralHenrys réduit le bastion zaïan et libèreKhénifra. En juillet, Gouraud est rappelé à Rabat par Lyautey : la première guerre mondiale a commencé.

Informé par Paris, Lyautey écrit : « Mais ils sont fous ! Une guerre entre Européens, c'est une guerre civile… C'est la plus énorme ânerie que le monde ait jamais faite[41],[42] ! »

L'entrée en guerre de la France implique, pour le Maroc, l'envoi de troupes et de fournitures agricoles. Une partie du territoire français est occupée et on manque de bras dans les régions agricoles. Lyautey s'engage à envoyer immédiatement vingt bataillons et six batteries. L'état-major voudrait dégarnir le Maroc pour se replier sur la côte. Lyautey sait le risque d'embrasement en cas de retrait total des troupes. Elles sont au contact des rebelles, à Taza et autour de Khenifra[Note 2]. Lyautey refuse le plan de l'état-major, qui renonce[43]. C'est la stratégie de la « coquille d'œuf » : une armature légère donne l'impression que les forces françaises sont toujours présentes, armature souvent faite deterritoriaux venus de France, ou de colons en uniformes de légionnaires, ou même dezouaves[44]. Les fournitures agricoles envoyées par le Maroc s'élèveront à 100 000 quintaux de blé en 1915, 235 000 en 1916, plus encore pour l'orge et la laine[45].

Architecture

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La Poste de Rabat
La cathédrale de Rabat
Le Palais de Justice de Casablanca
Le Palais de Justice de Rabat (depuis, siège du Parlement)

Lyautey crée en 1914 une Direction de l'architecture, placée sous la houlette d'Henri Prost, architecte urbaniste. Prost est chargé des plans des villes nouvelles : Rabat (à partir de 1914) et Casablanca (à partir de 1917)[46] en respectant le cœur des villes, en construisant en dehors des médinas, et, éventuellement, en mettant en valeur les monuments anciens. Latour Hassan à Rabat est dégagée et mise en perspective[47]. Dans l'équipe de Prost, on trouve Tranchant de Lunel[Note 3], déjà cité.

De nombreux architectes vont passer par la Direction d'Henri Prost, puis s'établiront à leur compte[48] :Albert Laprade[49], sera le constructeur de la Résidence (actuel Ministère marocain de l'Intérieur) et de la poste à Rabat ; ou bien, Adrien Laforgue (frère de Jules)[48], à qui l'on doit la gare, lacathédrale Saint-Pierre de Rabat aux tours en forme de minaret, le Palais de Justice (actuel Parlement) et des immeubles à Casablanca et à Rabat ; et Antoine Marchisio, futur constructeur (avec Prost) de l'hôtel dela Mamounia à Marrakech, ou encoreJoseph Marrast, concepteur du Palais de Justice de Casablanca.

Espaces verts

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Le jardin d'Essais botaniques de Rabat
Parc de la Ligue Arabe à Casablanca

En 1913, Lyautey a recruté un spécialiste des espaces verts publics pour une mission de conseil temporaire. Le jardinier en chef de la ville de ParisJean-Claude Forestier était l'auteur de plusieurs ouvrages sur le sujet[50]. Au terme de sa mission, Forestier remet un rapport de 69 pages sur la politique à suivre en matière d'urbanisme[48],[51]. Il recommande un verdissement des grandes villes marocaines. Sauf Marrakech, les villes étaient pauvres en espaces verts publics. Il demande que les villes nouvelles soient distinctes des médinas. Il conseille aux architectes-urbanistes de respecter l'environnement : ils doivent inclure dans leurs plans des parcs et des promenades. Lyautey lui confie la conception de deux des nouveaux parcs de Rabat : le jardin du Belvédère, emplacement choisi pour ses perspectives[51], et le jardin d'Essais botaniques, qui accueillera une collection de plantes rares[52]. Saïd Mouline nous apprend en outre qu'il a suggéré à Lyautey le nom d'Henri Prost[51]. En 1915, Tranchant de Lunel dessine les plans du jardin andalou de la casbah des Oudayas. En 1924, Marcel Zaborsky, élève d'Édouard André, sera chargé du jardin du Triangle de vue, à Rabat (depuis jardin Nouzhat Hassan)[53]. En 1916, Albert Laprade réalise le grand parc Lyautey de Casablanca, depuisparc de la Ligue arabe. Ces espaces verts ont été repris et restaurés sous le règne deMohammed VI.

Grands travaux

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L'entrée en guerre supprime les obligations de laconférence d'Algésiras : interdiction de construire des chemins de fer àvoie normale, ceux à voie étroite étant à usage militaire ; obligation de lancer des adjudications internationales pour les achats de matériels ou les grands travaux etc. Lyautey peut lancer l'électrification du pays par centrales thermiques, en attendant les premiers barrages. Il programme la construction de routes[54] et de ports. Des gisements de phosphate ont été découverts qui les nécessitent. Un consortium est formé en 1913 pour leport de Casablanca. Il est en chantier depuis 1900, mais chaque tempête démolit les digues. Le consortium comprendSchneider, laCompagnie marocaine et la société de travaux publics des frères Jean etGeorges Hersent. Une grande digue, parallèle à la côte, le brise-lames, délimite un plan d'eau accessible aux plus gros cargos de l'époque, ainsi qu'aux navires à passagers de laCompagnie Paquet. Le port sera inauguré en 1923. Les Hersent construisent celui de Fedala (depuis,Mohammédia). ÀKénitra, au nord de Rabat et à l'embouchure duSebou, un port fluvial est créé et une ville moderne édifiée : Port-Lyautey.

Administration

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Lyautey s'appuie sur les institutions du Maroc traditionnel : administration du sultan (Makhzen), administration desHabous, assemblées de notables et tribus. Il développe le corps des officiers des Affaires indigènes, héritiers desBureaux arabes d'Algérie[55], pour les tâches civiles et de renseignement. Il s'inspire d'une expérience tunisienne pour implanter au Maroc en 1913 le corps des contrôleurs civils (appelés par les Marocainssidi el Hakem[56]), postes prestigieux (beaucoup finiront préfets ou ambassadeurs). Deux administrations coexistent, l'une militaire, l'autre civile, selon un découpage du Maroc en zone militaire (zone tribale et confins), et zone civile (Rabat et le Rharb, Casablanca et laChaouia)[57]. Les officiers des affaires indigènes opèrent en zone militaire, les contrôleurs civils dans les grandes régions centrales. Lyautey précise leur mission : adapter graduellement le pays aux formes modernes de civilisation, effectuer une mission de conseil et d'assistance, pas d'administration directe mais travailler en coopération avec les autorités locales,pachas etcaïds[58], qui ont des compétences étendues en matière de justice et d'impôts. Lyautey impose sa vision aux partisans d'une administration directe.

Beaux-Arts, antiquités et monuments historiques

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Une kasbah de l'Atlas, aquarelle de Tranchant de Lunel (collection privée)

Lyautey crée en le « Service des Beaux-Arts, Antiquités et Monuments historiques ». Confié à Tranchant de Lunel, il est composé d'architectes et de peintres. Ses missions sont la sauvegarde des monuments historiques de l'antiquité (essentiellement romaine) et de la période islamique ; le relevé des inscriptions historiques ; la sauvegarde des objets d'art et d'ameublement ; la conduite des fouilles archéologiques[59].

Ce Service est aidé par les militaires des services topographiques et du génie[60] et par des artisans locaux, recrutés et formés aux styles anciens (almohades, mérinides, etc.) dans des ateliers d'art indigène[61]. Tranchant est assisté par son confrère, Maurice Mantout, futur architecte de laGrande Mosquée de Paris, et par Prosper Ricard, chargé de l'enseignement des arts indigènes. Pendant la guerre, les territoriaux, les blessés, les mobilisés sont réclamés par Lyautey : les peintresJoseph de La Nézière,Henri Avelot et Gabriel Rousseau, les photographes Jean Rhoné etLucien Vogel, les architectes Georges Beaumet, Marcel Rougemont et Léon Dumas, l'archéologueMaurice Pillet[62].

Médersa Bou Inania,Fès, époque mérinide
Musée des Oudayas

Bénéficient du classement et d'un programme de restauration : lesmédersas de Meknès, Marrakech (médersa Ben Youssef) et Fès (médersas Bou Inania etAttarine).

Lyautey impose que le service des Beaux-Arts soit consulté sur tous les projets de construction dans ou hors des médinas. Pour ces dernières, il impose le respect des règles ancestrales[63]. Il favorise les artisans marocains à travers des ateliers d'art indigène. Il sauvegarde les branches d'activité non concernées par la restauration des monuments.

Constatant qu'il ne restait plus que deux vieux relieurs à Fès, il les incite à former des apprentis pour perpétuer leur métier[64]. Sauvegarder des objets d'art et d'ameublement implique la création de musées. Il fait acheter plusieurs collections ethnographiques et, dès 1915, deux musées s'ouvrent : celuides Oudayas à Rabat, dirigé par Prosper Ricard, et lemusée du Batha à Fès[65].

Peuplement des colons

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La foire de Casablanca, 1915, affiche deJoseph de La Nézière

L'arrivée de Lyautey a provoqué un appel d'air en France et en Afrique du Nord : les colons sont arrivés par milliers chaque mois avant la guerre[66]. Au début, les infrastructures et les logements manquent. Il refuse lacolonisation de peuplement pour éviter l'accaparement des terres. Ledahir (décret royal) du interdit l'aliénation des terres collectives[67] et rend difficile leur acquisition par les colons. Il réserve en priorité aux Marocains les postes dans l'administration et les entreprises, pour assurer leur promotion[68] et s'oppose aux arrivées massives de nouveaux venus. Les résistances sont considérables et cette politique sera abandonnée par la suite. Cet afflux va assurer le développement économique du pays.

Agriculture et forêts

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En agriculture, il suit une double politique : encourager les grosses exploitations confiées à des colons (le pays devient autosuffisant et à l'abri des famines), mais aussi fournir des aides aux petits agriculteurs et éleveurs marocains, sous forme de prêts sans intérêt.

Dès 1912, il crée le Service forestier. Il sera dirigé pendant des décennies parPaul Boudy[69]. L'industrie de transformation amène la création de cotonneries, huileries, minoteries, conserveries et scieries[Note 4]. À l'entrée en guerre, on découvre dans le consulat allemand abandonné toute une organisation commerciale : des échantillons de tout ce que pouvait produire le Reich…, des échantillons aussi des produits souhaités par le Maroc[70]. Lyautey décide de promouvoir la production locale et nationale. Une grande foire a lieu à Casablanca en 1915. Une troisième foire aura lieu en 1917 à Rabat, sur le plateau de l'Agdal[71].

Ministre de la Guerre

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Lyautey, ministre de la Guerre, visite les blessés.
Février 1917 : Guynemer parle à Lyautey.
Lyautey dans les tranchées.

Le, par télégramme,Aristide Briand,président du Conseil, lui propose d'être ministre de la Guerre.Philippe Berthelot aurait suggéré son nom[72]. Lyautey hésite : la situation s'est tendue au Maroc, un sous-marin ayant amené des émissaires allemands auprès d'El Hiba (expédition menée parEdgar Proebster). Lasituation du front est catastrophique, les pertes énormes. Lors d'une permission en 1915, Lyautey a mesuré l'ampleur des pertes :« un gaspillage effréné et désordonné », dû à l'éparpillement des responsabilités et l'absence de direction d'ensemble[73]. Briand lui propose de le remplacer par Gouraud, en qui il a confiance. Il finit par accepter. Il quitte le Maroc le, passe par Madrid saluer le roiAlphonse XIII, et arrive à Paris le.

Il réclame aussitôt l'unité de commandement. Or, un comité de guerre de cinq membres vient d'être créé. Et le ministère de la Guerre ne commande plus le Ravitaillement, confié àHerriot, les Fabrications de Guerre confiées àAlbert Thomas, les Transports et le Service de Santé transformés ensous-secrétariats d'État.

Joffre est remplacé parNivelle, face à unPétain réservé[74]. Le 23, Lyautey reçoit Nivelle qui lui soumet son plan d'attaque. Lyautey aurait déclaré au colonel Renouard, envoyé par Nivelle : « Voyons mon petit, c'est un plan pour l'armée deLa Grande-duchesse de Gérolstein »[Note 5]. Le 25, il reçoit Joffre, qui parle de démission[75]. Le, Lyautey part à Rome assister à une conférence interalliée sur lefront d'Orient. Il revoit le comte deLinange, un Autrichien, en résidence surveillée en tant qu'ennemi, vieil ami de Lyautey. Il va prier àSaint-Pierre pour, confiera-t-il àWladimir d'Ormesson, protester contre la fermeture de l'ambassade de France près leSaint-Siège[76]. La conférence n'aboutit à rien.

Finjanvier, il constate l'éparpillement des pouvoirs : l'état-major n'est plus auministère, rue Saint-Dominique à Paris, mais auGrand Quartier Général à Chantilly, et il se comporte comme un second ministère[77] : le G.Q.G. formule directement ses demandes d'approvisionnement et de transport aux directions concernées, sans coordination avec la rue Saint-Dominique. Lyautey veut centraliser l'administration de la guerre :« Avant toute chose, ne fallait-il pas connaître l'ensemble des besoins, apprécier l'urgence relative de ces besoins, réduire, éventuellement, tel ou tel transport ? Il en allait de même des questions relatives à l'utilisation des effectifs, et surtout de celles qui s'appliquaient au ravitaillement général des armées et de la nation. »[78].

Le, Lyautey reçoit rue Saint-Dominique le colonel Renouard, qui vient lui expliquer le détail du plan de l'offensive Nivelle. Renouard aurait avoué au ministre qu'il ne croit pas à ce plan[79]. Cette entrevue a été décrite par Maurois et reprise par tous les biographes de Lyautey.

Lyautey veut renvoyer Nivelle et le remplacer parFoch. Briand s'y oppose[80].

Le roi Albert1er

En janvier et, il fait de nombreuses inspections du front. Le, il assiste à un exercice de tanks près de Compiègne avec Nivelle etFranchet d'Espèrey.

Le, il est à Dunkerque ; il visite l'armée belge et salue le « roi-soldat »,AlbertIer. Il dîne avec le Premier ministre belge,Charles de Broqueville.

Le, il remet à Foch lamédaille militaire et àGuynemer une décoration anglaise. Il passe brièvement au milieu des ruines deCrévic.

Les 23 et 24 février, il parcourt le front britannique, rencontre le maréchalDouglas Haig et leprince de Galles.

Le 26 février, à Calais, il assiste à uneconférence franco-anglaise, en présence de Briand etLloyd George[81].

La défection de l'allié russe devient de plus en plus probable. Lyautey reporte ses espoirs sur les États-Unis pour assurer ses approvisionnements.Max Lazard, à chaque retour de voyage, lui fait des rapports détaillés[Note 6],[82] sur la mission militaire de la France aux États-Unis.

Depuis son arrivée à Paris, les parlementaires de gauche considèrent Lyautey comme une sorte deBonaparte au retour d'Égypte, prêt à fomenter un coup d'État[83]. Ils sont d'autant plus irrités qu'il brouille les cartes : il passe pour être de droite, mais affiche des préoccupations sociales ; il refuse de mettre au pas le Maroc, créant un conflit qui sera récurrent jusqu'à son départ en 1925.

Lyautey crée une direction de l'Aviation[84]. Legénéral Guillemin est nommé. L'opposition organise un débat en comité secret à partir du. Lyautey ne veut pas de ce comité. Le résultat de ces réunions est vite connu des Allemands. Du 11 au 14 au matin, il est à Londres pour des discussions avec les Anglais sur la nécessaire unité de commandement[85]. L'après-midi du 14, il parle devant les députés, réunis en comité secret (les tribunes sont évacuées). Une bronca l'interrompt. Il démissionne. Il dit à Guillaume de Tarde : « Tu avais raison, je n'ai jamais rien compris à cette race »[86].

Lyautey envoie le texte de son discours aux responsables politiques ; seulGaston Doumergue répond qu'il l'approuve entièrement[87].

Deux jours après, Briand démissionne, remplacé parAlexandre Ribot, avecPaul Painlevé au Ministère de la Guerre.

Le, le nouveau chef du gouvernement demande à Lyautey de reprendre son poste au Maroc. L'offensive Nivelle, déclenchée enavril, est un désastre. Début mai, Lyautey revient à Paris, rencontre Ribot, Painlevé, Poincaré, Foch et Pétain[88]. Clemenceau revient au pouvoir à la fin de l'année[89].

Lyautey quitte Paris le. A Madrid, il s'entretient avec le roi et le chef du gouvernement. Alphonse XIII lui fait discrètement savoir qu'il aimerait le voir soutenir l'idée d'une paix séparée avec l'Autriche. L'empereurCharlesIer et l'impératriceZita y travaillent. Lyautey refuse de s'engager[90].

Retour au Maroc (1917-1925)

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Poursuite du programme

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L'équipe Lyautey en 1925.
Wladimir d'Ormesson en 1919

Le, selon Maurois, il échappe à une torpille. Arrivé à Casablanca, il retrouve une équipe de fidèles. Sur la photo de 1925, on peut voir, debout de gauche à droite : le capitaine Pélier, le colonel Huot (l'homme de l'ombre est dans l'ombre), le Maréchal Pierre de Sorbier, le commandant Ract-Brancaz, le capitaine Fouques-Duparc, Émile Vatin-Pérignon, le capitaine Deschanel, le comte de Saint-Quentin, le capitaine Bourgin. Assis, à l'extrême-gauche : le lieutenantDurosoy et, au premier plan au centre,Gaston Palewski.

Voir la liste complète de ses collaborateurs[91].

Trois militaires ont succédé à Lyautey comme résident général :Charles Noguès,Alphonse Juin[92], qui l'ont servi au plus près, etAugustin Guillaume, brièvement au cabinet de Lyautey.

Parmi les anciens membres de l'équipe, quatre lui ont consacré un livre : Guillaume de Tarde,Wladimir d'Ormesson, les généraux deBoisboissel etDurosoy.

Les phosphates et l'électricité

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L'économie du Maroc est stimulée après guerre par une découverte faite en 1917 : les phosphates deKhouribga. Lyautey décide que l'exploitation sera confiée à l'Office chérifien des phosphates, créé en 1920[93]. L'importance du gisement de Khouribga est considérable. On prévoit que la quasi-totalité de la production devra être exportée.

Les travaux du port de Casablanca sont modifiés : on crée un quai des phosphates, doté de larges surfaces d'entrepôts, de grues dédiées et de liaisons ferroviaires.

L'exploitation commence en 1921. C'est une manne pour le pays.

LaBanque de Paris et des Pays-Bas, évincée de l'exploitation des phosphates, obtient en 1920 la concession dutransport ferroviaire au Maroc. Elle crée laCompagnie des chemins de fer du Maroc (CFM). Ses débuts sont lents jusqu'à 1925, où arrive la traction électrique. En 1923, cette compagnie construit le célèbreMamounia, hôtel de luxe à Marrakech. Elle rachète ensuite des hôtels à laCompagnie générale transatlantique, lePalais Jamaï à Fès, le Transatlantique de Casablanca, Meknès et Agadir).

La concession de l'électricité, comme celle des chemins de fer, est accordée en et autorise la construction de barrages sur l'Oum Errabiâ. Une société est créée en :Énergie électrique du Maroc (EEM). La Banque de Paris et des Pays-Bas la contrôle, soit directement soit via la CFM. Dès, une centrale thermique entre en service sur le sitedes Roches Noires à Casablanca. En 1925, démarrent les travaux des premiers barrages.

Naissance de l'aviation marocaine.

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La ligne Latécoère en 1922

En 1916, Lyautey obtient l'envoi de deux escadrilles (reconnaissance et bombardement).

En 1918, il subventionne des liaisons aériennes entre la France et le Maroc pour le transport du courrier[94], en collaboration avec l'industrielPierre-Georges Latécoère.

À l'été 1922, il confie la reconnaissance des futures escales vers Dakar au capitaineJoseph Roig[95], chef d'escale de Latécoère au Maroc, ainsi qu'à un officier de goumiers qui sert d'interprète[Note 7].

Gestion des terres

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Au total,200 000 ha de lots de terre sont rachetés par Lyautey[96].

Trois corps sont créés pour développer l'agriculture : officiers des eaux et forêts, ingénieurs du génie rural et inspecteurs de l'agriculture[97].

Passionné d'équitation, Lyautey confie le service de l'élevage à un vétérinaire militaire, repéré en 1912, le colonel Théophile Monod. En 1914, Monod crée le haras de Meknès, consacré à l'élevage depur-sang arabes[98].

Haras national de Meknès

Les Beaux-Arts.

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Le Service des Beaux-Arts s'étoffe en 1918[99] avec la création d'unOffice des arts indigènes, confié à Joseph de La Nézière. En 1919, il est rattaché à ladirection de l'Instruction publique, des Beaux-Arts et des Monuments historiques.Georges Hardy est nommé à sa tête. En 1920, l'ensemble du service des Beaux-Arts est réorganisé[100].

En 1923, Lyautey doit renvoyer son chef, Tranchant de Lunel[101]. Il n'est remplacé qu'en 1924, par Jules Borély.

À son retour en 1917, Lyautey invite le LorrainJacques Majorelle à venir.

Jacques Majorelle

Henry de Castries retrouve son service historique, érigé enInstitut historique du Maroc[102].

En 1922, l'Association des peintres et sculpteurs du Maroc est créée, sous la tutelle de Georges Hardy[103].

En 1923, un musée d'art moderne est créé à Rabat[104]. Il est baptisé « MuséeEugène Delacroix », dont lesCarnets du Maroc sont célèbres[105].

De 1917 à 1925, de nouveaux architectes arrivent au Maroc[106], dontAuguste Cadet, etBernard Boutet de Monvel, qui sera affecté en 1917 à la base aérienne de Fès, et fera le portrait en pied du maréchal[107].

André Maurois,Lyautey (1931)

Lyautey a été intéressé par le rôle que Loti a joué en Turquie[Note 8]. Il s'implique dans une autre forme de mise en valeur du Maroc : le recours aux écrivains[108]. Il inviteAndré Maurois[109],Paul Desjardins, l'homme desdécades de Pontigny[110],André Gide,Jean Giraudoux[111], et d'autres[Note 9].

Jean Gallotti,Le Jardin et la Maison arabes au Maroc (1925)

Cadeau de départ du Service au Maréchal, en 1925 : le livre de Jean Gallotti :Le Jardin et la maison arabes au Maroc (deux tomes), illustré par Albert Laprade[Note 10].

Le programme de pacification

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Lyautey envisageait de reformer l'empire chérifien du temps de Moulay Ismaïl, de la Méditerranée au Sénégal[112].

En 1918, le général Aubert sécurise la zone de Taza, le général Maurial fait de même dans le Moyen-Atlas, le colonel Doury écrase uneharka qui menaçait leTafilalet.

En 1920, des tribus entrent en rébellion dans le Rif, vers Taza, dans le Moyen-Atlas et dans le Sud. Les caïds alliés,Goundafi et Glaoui, sont mis à contribution pour affronter la rébellion duSouss, où des tribus sont restées fidèles à El Hiba.

Dans une région du Rif,Ouezzane est un sanctuaire vénéré des Marocains. En, des tribus révoltées interdisent son accès au Makhzen. Lyautey envoie des troupes commandées par Poeymirau, et, en même temps, engage des négociations, qui sont un succès. En octobre, Lyautey entre à Ouezzane, aux côtés du sultan qui reçoit un accueil triomphal et peut aller faire ses dévotions au mausolée du saint et ancien grand maître dusoufisme[113].

À la même époque, Lyautey envoie deux colonnes dans le grand sud contre des tribus insoumises de la région deTarfaya (Cap Juby), zone d'influence espagnole. Il est stoppé net par Paris[114].

Au printemps 1923, une nouvelle campagne doit réduire latache de Taza, qui bloque le passage vers l'Algérie. Elle est menée par Poeymirau et donne lieu à de violentes batailles. Combattent sur le terrainHenri de Bournazel (et sa légendaire tunique rouge), Durosoy (qui sera plus tard l’aide de camp de Lyautey), Blacque-Belair (qui sera laissé pour mort à El Mers[115]), et un jeune capitaine, Jeande Lattre.

Difficultés de santé

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Sa santé est de plus en plus mauvaise : il a descrises de foie à répétition, la première en 1915, une autre après son départ du ministère en 1917, qui l'oblige à une cure àVichy[116].

En, revenant d'Alger en voiture, il arrive à Fès très malade ; les médecins diagnostiquent une crise de vésicule biliaire qui nécessite une opération[117],[Note 11]. Il part à Paris se faire opérer.

Début 1924, il a une nouvelle crise et subit une nouvelle opération. Il passe plusieurs mois à Paris. ÀLucien Saint qui l'accompagne à la gare de Lyon, il dit : « Je ne retourne à Rabat que pour faire mes malles… les élections, ma santé, c'est bien fini »[118].

Difficultés politiques

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Lors de son second séjour, Lyautey se heurte à plusieurs difficultés : l'opposition grandissante des colons, l'administration qui lui échappe, et le gouvernement français de plus en plus hostile. Il présentera trois fois sa démission : fin 1923, après le départ ou la disparition de plusieurs de ses fidèles ; en, après le départ d'Alexandre Millerand qui le soutenait ; et en 1925, après lanomination de Pétain pour diriger les opérations militaires[119].

Il n'a pu s'opposer au déferlement des colons durant les premières années de son protectorat. Il était hostile à la colonisation de peuplement, à cause des risques de conflit avec la population locale sur l'appropriation des terres ou des emplois ; et à cause de ceux qui venaient du reste de l'Afrique du Nord, et voulaient transposer au Maroc le régime algérien d'administration directe.

Ce problème avec les colons va se doubler d'un problème avec l'administration. Ses cadres français ne comprennent pas la nécessité de partager le pouvoir avec des indigènes. Ils ont tendance à l'accaparer. D'où un dérapage constant pendant la guerre.

En 1920, Lyautey écrit au président du Conseil, le[Note 12] :

« Voici le moment de donner un sérieux coup de barre au point de vue de la politique indigène et de la participation de l'élément musulman aux affaires publiques. Il faut regarder bien en face… la situation du monde musulman et ne pas se laisser devancer par les événements. Ce n'est pas impunément qu'ont été lancées à travers le monde les formules du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes et les idées d'émancipation… Il faut bien se garder de croire que les Marocains échappent ou échapperont longtemps à ce mouvement général… Ce serait absolument une illusion de croire que les Marocains ne se rendent pas compte de la mise à l'écart des affaires publiques dans laquelle ils sont tenus. Ils en souffrent et ils en causent… Ils ne sont ni barbares, ni inertes… Il se forme chez eux une jeunesse qui se sent vivre et veut agir, qui a le goût de l'instruction et des affaires. À défaut des débouchés que notre administration lui donne si maigrement et dans des conditions si subalternes, elle cherchera sa voie ailleurs… Il faut donc entrer résolument et vite dans une nouvelle voie »

Lyautey commence à percevoir des revendications d'indépendance. Il préconise la formation d'élites marocaines, qui prendraient peu à peu la relève.

L'école militaire de Dar El-Beïda à Meknès

Autour de 1914, Lyautey fonde des collèges musulmans à Fès (collège Moulay Idriss) et à Rabat (collège Moulay Youssef), puis en 1918 à Meknès (école militaire de Dar El-Beïda[120]. L'intégration d'élèves officiers de Dar El-Beïda dans l'armée est facilitée. Leur inconvénient est qu'ils ne permettent pas de passer le baccalauréat.

En 1916, il propose de former des jeunes issus des collèges musulmans, de leur procurer des stages dans la fonction publique. Cette proposition restera lettre morte.

En 1920, il crée l'Institut des Hautes Études marocaines à Rabat. L'animateur est le grand arabisantÉvariste Lévi-Provençal. Il a pour mission d'acculturer à petites doses l'élite de la société[121]. Aux congrès de l'Institut, Lévi-Provençal s'exprime en arabe.

En 1921, Lyautey décide que les trois premiers de chaque promotion de Dar El-Beïda se verront offrir des postes à la Résidence, au Makhzen et au renseignement. Il organise pour chaque promotion des stages et voyages en France, avec visite des principales institutions de la République et rencontres avec les hauts responsables de l'État[122].

La classe politique n'est pas prête à admettre ce discours. Ces réformes ne suffiront pas à vaincre les résistances de l'administration, renforcées par l'arrivée de nouveaux résidents généraux.

La guerre du Rif

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Abd El Krim

En 1924, lecartel des gauches arrive au pouvoir. Il envoie de nouvelles instructions à Lyautey : « Le Maroc a assez coûté, il faut maintenant qu'il rapporte[123] ». Le cartel fait pression pour imposer l'administration directe.

Lyautey refuse en s'abritant derrière les traités. Ses crédits sont alors rognés, ses décisions critiquées[124]. Il envoie sa démission et fait ses bagages.

Depuis trois ans,Abd El Krim était entré en révolte contre l'Espagne dans les montagnes du Rif[Note 13]. En 1924, il invite ses compatriotes à se retourner contre la France[125].

Le gouvernement change de discours, Lyautey défait ses bagages.

Début 1924, Abd El Krim établit une ligne de postes fortifiés face aux Français. En avril, ce sont les premières attaques dans la région de l'Ouergha. Les troupes résistent difficilement. Deuxième offensive a lieu au début de l'été, visant l'est et l'ouest du premier front : Taza et Ouezzane ; l'offensive est à nouveau stoppée.

Abd El Krim avait promis d'être à Fès le, il n'y est pas. Le sultan Moulay Youssef y vient, et exhorte son peuple à la résistance[126]. Une grande partie des tribus lui reste fidèle[127].

A l'automne, Lyautey reçoit le renfort de onze bataillons[128]. Il est épuisé, dort quatre heures par nuit, demande l'envoi d'un général pour conduire les opérations[129]. Le gouvernement choisit le généralNaulin.

Lyautey souhaite ménager Abd El Krim[130]. C'est incompréhensible pour le gouvernement, qui décide de décharger Lyautey de toute responsabilité militaire, et de nommer Pétain commandant en chef des forces armées.

Pétain est envoyé au Maroc en juillet 1925 pour évaluer la situation. Il y revient le avec les pleins pouvoirs[131]. Il retire à Lyautey son état-major et lui signifie « que son temps est révolu et qu'il ne va pas tarder à être remplacé par un Résident civil »[132].

Démission et retour

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Plaque au domicile parisien du maréchal Lyautey,no 5rue Bonaparte.

Il est convoqué à Paris fin août, reçoit la confirmation qu'on veut sa tête, et repart sans avoir vu les ministres.

Le[133], il rédige sa lettre de démission :

« Du jour où la menace rifaine s'est réalisée, je n'ai plus eu d'autre pensée que de tenir le coup avec les moyens réduits dont je disposais au début, et de sauver la situation. Aujourd'hui, on peut sincèrement affirmer que le danger est écarté et que, avec les effectifs à pied d'œuvre, l'avenir peut être envisagé avec confiance. C'est donc en toute sécurité de conscience que je demande à être relevé de mes fonctions. »

Le maréchal entame une tournée d'adieux de dix jours[134]. Sa dernière entrevue, le, est pour le Sultan[135].

Le à Casablanca[136], il embarque sur l'Anfa[137].

A son arrivée à Marseille[138], aucune troupe, aucun officiel ne l'attendent, seulement quelques amis[139].

Le 21 septembre 1925, pendant cette période où Lyautey était encore résident général, Urbain Blanc, Secrétaire général du Protectorat, promulgue l'interdiction du commerce public desesclaves et précise les conditions de leur affranchissement[140].

La fin de sa vie en Lorraine

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château de Thorey
Château de Thorey.
LaGrande Mosquée de Paris.

Les troupes allemandes ayant incendié et pillé sa propriété familiale deCrévic[141], le maréchal s'installe àThorey. Le village adjoint à son nom celui de son nouveau résident.

À partir de 1922, il y fait construire parAlbert Laprade unchâteau sur l'édifice d'unegentilhommière héritée de sa tante maternelle,Mlle de Villemotte, dont il était proche. Cette demeure comprend une grande bibliothèque, une salle marocaine et une salle lorraine, ornée des portraits des ducs. Il s'y installe en 1925, à 71 ans.

Il décide de s'intéresser de près à sa province de naissance. Il soutient lemusée lorrain dont il préside la société d'amis. Il est membre de l'académie de Stanislas. Il fait construire un nouveau pavillon pour les étudiants catholiques de Nancy.

Chaque année, il fait dire une messe annuelle à la mémoire des ducs de Lorraine[142] en l'église des Cordeliers de Nancy[Note 14].

Le, a lieu l'inauguration de laGrande Mosquée de Paris[143],[144]. Lyautey n'est pas invité[145],[146],[147].

Pavillon du Maroc à l'Exposition coloniale

En 1927, il accepte le poste de commissaire général de l'Exposition coloniale, qui se tiendra à laPorte Dorée à Paris, en 1931[148]. 33 millions de billets sont vendus[149].

Au milieu de ces constructions éphémères, trône lePalais de la Porte Dorée, un chef-d'œuvreart déco signé d'Albert Laprade, architecte de Lyautey au Maroc.

Après l'exposition, le palais abrite unmusée des colonies, remplacé récemment par unmusée de l'Histoire de l'immigration.

Le bureau de Lyautey, quintessence de l'art déco, a été conservé, mais sans son portrait parLászló, transféré aumusée du Quai Branly. Il reste sur place une attraction voulue par lui : l'aquarium tropical.

En 1928, Lyautey préside le comité chargé de construire lemonument Barrès (unelanterne des morts) sur lacolline de Sion, voisine de Thorey. Il est inauguré en.

En 1929, en compagnie de Foch et deFayolle, il encourage le colonel de La Rocque[150], à prendre la tête desCroix-de-Feu[151]. Dans son étude sur les Croix-de-Feu, Albert Kechichian dit, à propos de La Rocque de« ses nombreuses et chaleureuses séances de travail au domicile » [parisien]« du maréchal Lyautey, avec Robert Garric et Georges Lamirand, entre 1931 et 1933 »[152]. Lyautey discute avec intérêt du programme des Croix-de-Feu mais reste prudent[153], selon Nobécourt, à l'égard d'un mouvement auquel il n'adhère pas[154]. La Rocque, semble-t-il[155], cherche à le récupérer[156].

Jusqu'au début des années 1930, Lyautey est membre du conseil d'administration de l'École libre des sciences politiques[157].

Le Sultan Mohammed chez Lyautey à Thorey

Il meurt à Thorey le, à 79 ans. Quinze jours auparavant, il avait reçu la visite du Sultan du Maroc, accompagné de son jeune filsHassan. À l'annonce de sa mort, le Sultan renonce à s'embarquer àMarseille, et revient s'incliner devant sa dépouille :« Il pleurait » dit André Maurois[158].

Lyautey avait demandé que ses obsèques aient lieu à Nancy et son inhumation au Maroc. Le gouvernement lui accorde desobsèques nationales[159].

Tombeau de Lyautey aux Invalides

Un an après, sa dépouille est inhumée àRabat[33]:377-378, dans unmausolée[160].

En 1961, le Maroc s'inquiète du sort du mausolée de Lyautey[161]. Le roiMohammed V demande le rapatriement de la dépouille du maréchal. Son homme de confiance, Si Mammeri, vient à Paris et suggère que Lyautey repose auxInvalides. Legénéral de Gaulle accepte[162].

Son tombeau est dessiné par Albert Laprade, à la demande deMalraux. Les inscriptions gravées sur les côtés sont tirées de déclarations du maréchal.

D'un côté, est écrit en Français :« Être de ceux auxquels les hommes croient ; dans les yeux desquels des milliers d'yeux cherchent l'ordre ; à la voix desquels des routes s'ouvrent, des pays se peuplent, des villes surgissent »[Note 15].

De l'autre côté, est écrit en Arabe :« Plus je vis au Maroc, plus je suis persuadé de la grandeur de ce Pays »[163].

Parcours religieux

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Dans les années 1880, le capitaine Lyautey est gagné par le scepticisme. Il écrit :« Je voudrais aimer Dieu, mais je n'arrive pas à le faire par gratitude » -. Il reste lié à son condisciple, le docteurPaul Michaux, figure emblématique de l'intelligentsia catholique parisienne, qui fonde en 1898 laFédération gymnastique et sportive des patronages de France.

Durant sa vie d'homme, il entame un long cheminement spirituel, fasciné par le Dieu des idées (« Mais l'admiration n'est pas l'amour »), gardant son admiration pour l'Église et partageant la plupart de ses positions morales, sociales et politiques.

Dans sa vieillesse[164], en 1930, il redécouvre la foi par lescoutisme. Il rencontre le futur père Patrick Heidsieck, chef scout en route vers le sacerdoce[165]. Une correspondance s'établit entre le jeune prêtre et le vieil officier.

Le jeudi saint 1930 (), après s'être confessé, il reçoit la communion du curé de Thorey ; il dit l’intensité de sa joie àWladimir d'Ormesson[166].

À côté de Thorey, se trouve la « colline inspirée »,Sion, lieu de pèlerinage ; le maréchal fréquentera le monastère et recevra chez lui les frères missionnaires oblats[167].

Vie privée

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Selon les historiens

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En 1907, le général Lyautey fait la connaissance d'Inès de Bourgoing. Il l'épouse deux ans plus tard, le, àParis.

La maréchale Lyautey est issue d'une vieille famille du Nivernais. À18 ans, elle a épousé en premières noces le capitaine d'artillerie, Joseph Fortoul, qui se suicidera en 1900[168].

Elle fait preuve d'un grand dévouement, œuvre de concert avec son mari. Lyautey l'appelle « son meilleur collaborateur ».

Homosexualité

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Blacque-Belair mentionne cette hypothèse à propos de l'entourage de Lyautey en 1922[169]. Il ajoute que certains membres de l'équipe ont « l'improbité prospère ».

Selon Marc Oraison, l'homosexualité de Lyautey serait avérée[Note 16].

Selon Robert F. Aldrich, à partir des années 1970, des ouvrages français font mention d'une inclination à l'homosexualité dans les écrits de l'officier[170].

L'historien militaireDouglas Porch souligne le paradoxe des fréquentations de ce conservateur, proche de cercles artistiques dont les vues politiques étaient assez éloignées des siennes[171].

Christian Gury, dans son livreLyautey-Charlus tente de démontrer que Lyautey aurait pu servir de modèle aubaron de Charlus, le personnage d’À la recherche du temps perdu deMarcel Proust[172]. Le modèle généralement reconnu de Charlus estRobert de Montesquiou, et la vie parisienne de Lyautey a été très limitée.

Guy Dupré évoque l'homosexualité de Lyautey dans son livreLes Manœuvres d'automne[173] etAngelo Rinaldi en fait état plusieurs fois dansService de presse[174].

Claude Arnaud, dans son livre[175], écrit que Lyautey aurait demandé àJean Cocteau un exemplaire de sonLivre blanc[176].

Lyautey est au centre de deux polars ésotériques parus au Maroc : Elmehdi Elkourti,Les Cinq Gardiens de la parole perdue, éditions Casa Express, 2013(ISBN 9789954912256) (finalistePrix Grand Atlas 2014) ; Noureddine Hany,Esprit chasseur : Le Secret des Maures vivants, éditions Aquila, 2019,p. 390(ISBN 9789920684002)(répertorié par la Bibliothèque de l'Académie française des Sciences d'Outre-mer sous la cote63.172 (recension d'octobre 2020).

Selon Arnaud Teyssier, d'autres auteurs parlent plutôt d'une « sensualité homophile », pour ne pas entacher sa réputation[177].

Lyautey et les affaires étrangères

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Toute sa vie, Lyautey s'intéressera à trois dossiers : la Turquie, l'Europe et les pays méditerranéens.

La Turquie

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Mustafa Kemal

Il suit le dossier turc depuis l'entrée en guerre des puissances alliées contre ce pays en 1914. Le sultanMehmed V n'est pas seulement un chef politique, il est aussi leCalife de l'Islam[Note 17]. Les Allemands l'ont poussé à déclarer la guerre sainte.

En 1920, Lyautey mesure les conséquences dutraité de Sèvres, imposé à la Turquie : l'Empire ottoman est dépecé ; de nombreux pays sont créés artificiellement en application desaccords Sykes-Picot de 1916 ; la Turquie est amputée et mise sous tutelle.

Les Turcs se révoltent alors sous la conduite deMustafa Kemal, qui refuse le traité, va destituer le sultan, et installe sa capitale à Angora (futureAnkara).

Le, pour sauver l'amitié franco-turque, et, à travers elle l'amitié franco-arabe, Lyautey, envoie une lettre auprésident du Conseil,Georges Leygues. Selon Benoist-Méchin, il y critique le fait que les lieux saints soient passés sous le contrôle d'un État vassal des Occidentaux, fait part de l'inquiétude que ce conflit a suscitée chez les Marocains et réclame qu'une paix véritable soit recherchée avec la Turquie, qui« serait accueillie au Maroc avec un véritable soulagement. »[178].

Par l'intermédiaire d'une amie, Berthe Georges-Gaulis[Note 18], il entre en contact avec Mustafa Kemal et tient le gouvernement au courant de ces échanges. Il obtient d'Aristide Briand l'envoi d'une mission parlementaire à Ankara, conduite parHenri Franklin Bouillon. Cette mission propose que la France se retire de la coalition des ennemis de la Turquie, considère le traité de Sèvres comme nul et non avenu, et accorde au peuple turc unepaix équitable et l'indépendance[179].

La ratification de cet accord a lieu en octobre 1921. Le de la même année, Mustafa Kemal écrit à Lyautey[180] :

« Parmi ceux qui, dans une claire vision des intérêts supérieurs de la France et de la situation qu'elle occupe dans la Méditerranée, se sont déclarés pour le maintien de la politique traditionnelle de la France au Proche-Orient, Votre Excellence figure au premier rang et nul ne doute que votre haute intervention ait fait pencher la balance dans ce sens. »

L'Europe

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Émile Mayrisch, par Théo van Rysselberghe

De Lyautey jeune, Guillaume de Tarde dit : « Spectacle étonnant que celui de ce capitaine de cavalerie qui a horreur de la guerre et qui considère que le Pouvoir a pour objectif essentiel de l'éviter »[181].

Il lutte toute sa vie pour la paix en Europe. En 1897, il estime fratricide la guerre de 1870,« qui avait brisé dans l'œuf l'Europe unie, logique, historique que préparait le long travail des siècles. »[17]. En 1914, il qualifie la guerre de« guerre fratricide ou de guerre civile européenne »[182].

Le, il écrit à sa sœur, après l'armistice[183] :

« On se grise follement de Metz et Strasbourg en perdant de vue tout ce qui importe le plus pour la reconstruction de demain. Je n'ai aucune confiance dans notre Premier [Clemenceau] pour le trop connaître… Sa haine jacobine des trônes l'emporte et lui a fait faire la pire faute, l'insulte gratuite à l'empereur d'Autriche il y a dix mois [le rejet de ses offres de paix, voir note 134] et ensuite la dislocation de cette même Autriche, sur qui il fallait construire notre point d'appui européen. Nous allons nous retrouver dans le vide entre l'Allemagne reconstituée en démocratie industrielle et impérialiste, l'Italie si fortifiée et que nous retrouverons avant peu recollée à l'Allemagne sans le contrepoids de l'Autriche, l'Espagne hostile par notre faute. »

Il fait des propositions en vue dutraité de Versailles, propose la création d'un état indépendant enSarre[184], demande que le Maroc participe à la signature du traité : c'est refusé.

En 1926, retraité à Thorey, avec son ancien collaborateur Pierre Viénot, il crée unComité franco-allemand d'information. Son but est de lutter contre l'esprit revanchard de part et d'autre du Rhin, contre les campagnes de presse hostiles dans les deux pays, et tenter un rapprochement entre eux[185]. Il est prévu que le comité siège au Luxembourg, hébergé par le groupe de Colpach de l'Européen convaincuÉmile Mayrisch, dont Viénot va épouser la fille[186].

Dans le même temps, Lyautey accepte la présidence duComité français de propagande aéronautique, fondé parAndré Michelin. Il va militer pour que la France ne se laisse pas distancer par l'Allemagne, tant en ce qui concerne l'aviation militaire que civile.

En 1929, il crée une émanation de ce comité : laCommission de défense aérienne s'occupera de défense passive contre les bombardements aériens. Elle deviendra, en 1931, laLigue de défense aérienne, présidée par La Rocque[187].

En 1933, le danger nazi est prégnant ;Charles Maurras et ses amis prennent parti contre le nazisme. Un éditeur maurassien,Fernand Sorlot, décide de traduireMein Kampf, sans l'autorisation de Hitler, et sans faire de coupes[188]. LaLICA, ancêtre de laLICRA, offre de partager le tirage. Lyautey approuve l'opération. La traduction paraît en, auxNouvelles Éditions latines, avec un bandeau en couverture : « Tout Français doit lire ce livre, signé Lyautey »[189].

Les avocats d'Hitler obtiennent la saisie du livre. Une édition expurgée paraîtra en 1938.

Le Maghreb

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Si Kaddour ben Ghabrit.

En 1915, Lyautey songe à l'instauration d'un califat occidental, selon Jalila Sbai[190].

Mille ans auparavant, un tel califat a existé àCordoue, porté par une branche desOmeyyades. Lessaadiens descendant du Prophète par la branche ditechérifienne, l'un d'entre eux,Ahmed al-Mansour tente de se présenter comme calife[191].

A la fin duXIXe et au début du XXe siècle, pour faire pièce au sultan ottoman, les Anglais souhaitent nommer calife le chérif deLa Mecque,Hussein ben Ali, appartenant à ladynastie hachémite[192].

Les Français, craignant que ce calife n'étende son pouvoir à l'Afrique du Nord, reprennent l'idée d'un califat occidental. Il pourrait étendre son influence aux nouveaux territoires sous mandat français du Proche-Orient.

Les responsables algériens s'y opposent, y voyant une tentative hégémonique de la France.

En 1916, Lyautey et les Anglais lancent une intervention militaire sur leHedjaz. Elle est supervisée par un haut fonctionnaire du ministère des Affaires étrangères, spécialiste des questions religieuses :Si Kaddour Benghabrit[193] :« Sur des instructions confidentielles de Lyautey, il va jouer un rôle à la fois d'ambassadeur informel de France à La Mecque, et surtout de véritable commissaire politique et religieux du détachement français. »[194].

Cette expédition a un objectif militaire : stopper et même repousser les Ottomans, qui ont le contrôle de la région ; un objectif religieux : faciliter les pèlerinages vers les lieux saints. En l'absence de toute hygiène et de toute structure médicale, les épidémies prolifèrent et l'infrastructure hôtelière y est très insuffisante ; et un objectif politique : aider matériellement le chérif des lieux saints, Hussein ben Ali. Contrôler à deux le futur calife limiterait les risques.

Le chef de la mission militaire est le colonelÉdouard Brémond, ancien du Maroc de 1907 à 1914. Il a sous ses ordres une cinquantaine d'officiers et sous-officiers, dont plusieurs sont musulmans. Un millier d'hommes est tenu en réserve du côté de Suez.

Le déroulement et le bilan de la mission sont décrits par Pascal Le Pautremat dans son article[195].

L'objectif religieux, l'accueil des pèlerins, est un succès : Si Kaddour arrive à contourner l'interdiction d'acheter des immeubles faite à des chrétiens. Une sociétéad hoc est créé, laSociété musulmane des Habous des lieux saints, contrôlée par des musulmans d'A.F.N.. Elle va racheter des immeubles pour les transformer en hôtels, àMédine et à La Mecque. Les premiers pèlerinages commencent en ; le paquebotOrénoque est affrété pour les transporter. Si Kaddour se heurtera à un agitateur qui a distribué une brochure aux pèlerins. Elle explique que les Français vont s'emparer de laKaaba pour la transporter au Musée du Louvre[196] !

La mission échoue sur les plans politique et militaire. Le chérif Hussein avait demandé l'aide des Français, autorisé une force militaire à opérer sur place, mais il revient sur sa décision.Lawrence d'Arabie considère que la France opère sur sa chasse gardée, et va entraver son action. En 1917, le gouvernement transfère son effort militaire du Hedjaz à la Palestine. Lyautey en restera amer à l'égard de nosalliés[197].

En 1922, profitant de l'effacement de l'Allemagne et du mandat français au Liban, Lyautey veut lancer une fédération franco-musulmane des pays de la Méditerranée[198], sans succès[199]. Il obtient deMillerand l'institution d'une conférence annuelle des gouverneurs et résidents généraux d'Afrique française du Nord, pour coordonner leurs actions[200].

Opinions politiques et citations

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Lyautey est d'origine aristocratique par sa mère, descendant deSaint Louis. Il est monarchiste,légitimiste. Son père resteorléaniste.

L'aïeule de Lyautey, pour ses 80 ans, aurait déclaré devant sa descendance rassemblée : « Vous êtes ici plusieurs centaines, et je bénis le ciel que, s'il y a des légitimistes, des orléanistes, des bonapartistes, il ne se trouve pas un seul républicain. »[201].

Il penche pour le « comte de Chambord ». Au Maroc, il fréquente les membres de la famille d'Orléans qui y résident. Il a des liens d'amitié et d'estime avec le roiAlphonse XIII d'Espagne. Il a du respect, comme certains Lorrains, pour les descendants de leurs anciens ducs, membres de lamaison de Habsbourg-Lorraine[201].

A la fin des années 1890, il obtient un entretien privé avec le papeLéon XIII. Il se rallie alors à la République et accepte de la servir, sans renier ses convictions.

En 1897, il affirme que la France est forte malgré la République, à cause de la qualité de son peuple : « Il faut que la pâte individuelle française soit d'une rude qualité pour avoir résisté à un régime pareil »[202],[203].

« Moi, je suis un homme du Nord, un Lorrain, un Normand, un Rhénan ; il y a de tous ces sangs-là dans mon sang ; mais rien qui vienne d'au-dessous de la Loire… Je n'ai jamais pu regarder un Toulousain comme un compatriote. »
« […] Dieu sait si j'aime la Lorraine – c'est mon pays… Mais quand je sortais de Lorraine pour aller en Alsace, je trouvais un ordre, une propreté, une discipline qui contrastaient avec le fumier des rues de nos villages, le laisser-aller. L'Alsace m'offrait le spectacle de tout ce que j'aime dans la vieille France et de tout ce que j'admire dans l'Allemagne – ce qu'il y a de meilleur dans l'une et dans l'autre… Je n'aime pas la Prusse. Mais l'Allemagne, c'est un grand peuple et qui a fait de grandes choses. Et j'espérais que tout cela serait maintenu dans l'Alsace, étendu à toute la France pour son profit… »
L'Alsace, la Lorraine – les « pays », quoi… c'est du réel, de l'humain… Après la guerre, j'avais cru, j'avais espéré qu'en respectant là-bas ce qu'il fallait respecter, on pourrait faire quelque chose d'intéressant, de neuf, dont le reste du pays aurait pu ensuite s'inspirer et aurait recueilli le bénéfice. Un régionalisme vivant, souple, aéré… Mais non ! Il fallait tout centraliser, tout unifier, tout ramener au gabarit, et cette illusion-là est allée rejoindre les autres illusions de la victoire »

En 1895, Lyautey doute de la culpabilité de Dreyfus : « Ce qui ajoute à notre scepticisme, c'est qu'il nous semble discerner là une pression de la soi-disant opinion ou plutôt de la rue, de la tourbe […] Elle hurle à la mort contre ce Juif, parce qu'il est Juif et qu'aujourd'hui, l'antisémitisme tient la corde »[204].

Clemenceau s'en est souvenu. Il soutient souvent Lyautey au cours de sa carrière ministérielle, et à la présidence de la Commission des armées. Le généralMordacq, chef de cabinet de Clemenceau et connaissant le maréchal depuis le Tonkin en 1895[205] :« « le Tigre » aurait regretté la mise à l'écart de Lyautey puis son départ du Maroc lors de la guerre du Rif, où le gouvernement dit le « cartel des gauches » lui adjoignit sur le plan militaire Philippe Pétain, ce qui le poussa à donner sa démission. »

Lyautey parle de l'État-major comme : « Coteries d'admiration mutuelle, adorateurs des clichés et des formules, à l'écart des grands courants sincères que la troupe seule révèle, forts en thème, portant au Ministère, près du haut commandement, les petites vilenies de collège, flatteries au pion, recherche du satisfecit, rétractation de la personnalité et de l'indépendance d'esprit. C'est pourquoi, il y a quatre ans, sitôt le pied sur le bateau, il m'a paru que je m'échappais d'une geôle »[206].

Il déclare àAlbert Laprade : « Quelle chance vous avez d'être architecte ! Au moins de vous il restera des pierres, des arbres énormes. Tandis que de moi, il ne restera rien. Les hommes sont des ingrats »[207].

Il déclare au député Birot qui considère le Maroc comme une « colonie française » :« Alors que nous sommes en Algérie depuis plus de quatre-vingt ans, en Tunisie depuis trente-cinq ans, nous n’avons pris pied au Maroc qu’il y a huit ans, et notre protectorat y date de moins de quatre ans »

Devise

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Sa devise est attribuée au poète anglaisPercy Bysshe Shelley[208]. En fait, elle est deWilliam Shakespeare[Note 19] :« La joie de l'âme est dans l'action. »

Distinctions, décorations et honneurs

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Académies

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Réception de Lyautey à l'Académie française.Louis Duchesne, à droite, préside la séance

Il est élu (avec 27 voix) à l'Académie française le aufauteuil 14. Sa réception aura lieu après la guerre, le. L'historien moderniste,Louis Duchesne, prononce son discours de réception.

Il est associé-correspondant de l'académie de Stanislas depuis 1900.

Il est à l'origine de la fondation de l'académie des sciences d'outre-mer en 1923, et y est élu membre titulaire[209].

Décorations françaises et étrangères

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Le, il est faitgrand-croix de la Légion d'honneur.

Le, il reçoit lamédaille militaire.

Parmi ses autres décorations : officier duMérite agricole, grand cordon de l'Ordre de Léopold de Belgique, officier de l'Ordre du Soleil levant (Japon), chevalier de l'Ordre du Christ (Portugal) et de l'Ordre de Saint-Stanislas de Russie, commandeur de l'Ordre royal du Cambodge, de l'Ordre du Dragon d'Annam et de l'Ordre de l'Étoile d'Anjouan. Au Maroc, il a reçu lamédaille coloniale avec barrettes, lamédaille commémorative du Maroc, l'Ordre du Mérite militaire chérifien et le grand cordon duOuissam Alaouite.

Lyautey, académicien, en 1920. Il porte la plaque de grand-croix de la Légion d'honneur, la médaille militaire et le Ouissam Alaouite.

Le, il est élevé à la dignité demaréchal de France.

Le même jour, il reçoit[Note 20] du prétendant orléaniste au trône de France,Philippe d'Orléans, la plaque de l'ordre du Saint-Esprit[Note 21].

En 1930, il est élevé à la dignité de grand-croix de l'ordre de Saint-Grégoire-le-Grand (Vatican).

Décorations françaises

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Décorations étrangères

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Armoiries en tant que chevalier de l'Ordre de Charles III d'Espagne.

Fonctions honorifiques

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En 1911, il est membre du comité de patronage desÉclaireuses Éclaireurs de France, ainsi que de celui desÉclaireuses et Éclaireurs unionistes de France,

En 1922, il entre auConseil supérieur de la guerre.

En 1926, il est président du Comité français de propagande aéronautique créé à l'initiative d'André Michelin.

En 1927, il est commissaire général de l'exposition coloniale internationale. Elle se tient en 1931. Il fait construire lePalais de la Porte Dorée. Son portrait par Laszlo était accroché dans ce bâtiment.

Le, il est élu membre duJockey Club, parrainé par le duc de Doudeauville et par legénéral de Mac Mahon, duc de Magenta.

En 1929, il est président d'honneur desScouts de France. Le château de Thorey-Lyautey abrite aujourd'hui un musée du scoutisme.

Héritage

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Dans une déclaration faite le au conseil de politique indigène, Lyautey déclare[210] :

« Il est à prévoir… que dans un temps plus ou moins lointain, l'Afrique du Nord évoluée, civilisée, vivant de sa vie autonome se détachera de la Métropole. Il faut qu'à ce moment-là - et ce doit être le but suprême de notre politique - cette séparation se fasse sans douleur et que les regards des indigènes continuent toujours à se tourner avec affection vers la France… Je n'ai pas cessé d'espérer créer entre ce peuple et nous un état d'âme, une amitié, une satisfaction intime qui font qu'il restera avec nous le plus longtemps possible, mais qui auront pour résultat final que si les événements le détachent politiquement de nous, toutes ses sympathies resteront françaises. C'est la pensée avec laquelle je vis, qui me porte. »

Homme politique classé à gauche et ancien ministre,Théodore Steeg succède à Lyautey en 1925. Il rétablit la primauté des civils sur les soldats, amplifie la colonisation officielle financée par l'État et ouvre grand les vannes du fonctionnariat. Entre le départ de Lyautey et l'indépendance, les terres de colonisation vont presque doubler[211].

Lucien Saint lui succède : responsable dudahir berbère de 1930, il applique le principe « diviser pour régner » et suscite des réactions nationalistes.

En 1936, Pierre Viénot, ancien collaborateur de Lyautey, est désigné comme ministre de tutelle. Il nomme deux de ses collègues au Maroc :Charles Noguès comme Résident général et Aimery Blacque-Belair comme directeur du Tourisme, leur donnant secrètement la mission de maintenir des contacts avec les nationalistes[212].

Hommages

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En 1931, à Paris, le sultan Mohammed ben Youssef déclare[213] :

« En venant admirer l'Exposition Coloniale, cette belle réussite de votre génie, il nous est particulièrement agréable de profiter de cette occasion pour apporter notre salut au grand Français qui a su conserver au Maroc ses traditions ancestrales, ses mœurs et ses coutumes, tout en y introduisant cet esprit d'organisation moderne sans lequel aucun pays ne saurait vivre désormais. Pouvons-nous oublier, en effet, qu'à votre arrivée au Maroc, l'empire chérifien menaçait ruine. Ses institutions, ses arts, son administration branlante, tout appelait un organisateur, un rénovateur de votre trempe pour le remettre dans la voie propre à le diriger vers ses destinées. »

Unestatue équestre, lastatue Lyautey, est inaugurée en 1938 à Casablanca[214] avant d'être déplacée en 1959 au consulat de France[215].

Le, à l'occasion du transfert des cendres du maréchal aux Invalides, legénéral de Gaulle déclare :

« Dans un monde où tout change, la flamme qui l'animait est vivante, l'exemple qu'il donna reste bon, la leçon qu'il a léguée demeure féconde. Vingt sept années après sa mort… voici qu'il nous apparaît comme un homme d'à présent, car ce que fit ce grand romantique de la pensée et de l'action porte l'empreinte d'une œuvre classique, c'est-à-dire valable en tous cas et en tous temps parce que ce fut une œuvre immense. »

La compagnie Paquet, qui dessert le port de Casablanca depuis Marseille, a lancé en 1924 un paquebotMaréchal Lyautey. Il est construit auxchantiers navals de la Seyne-sur-Mer. Il est remplacé en 1952 par unpaquebotLyautey, construit aux mêmes chantiers.

Le, par arrêté viziriel[216], la ville marocaine deKénitra, à 30 km environ au nord deRabat), objet de tous les soins du maréchal (urbanisme et port fluvial), devientPort-Lyautey, jusqu'à la fin duprotectorat. Elle fut ensuite rebaptisée « Kénitra ». En 1936,Marcel L'Herbier y tourne le filmLes Hommes nouveaux, d'après le roman de Claude Farrère, avecGabriel Signoret dans le rôle de Lyautey.

AuMaroc, lelycée Lyautey deCasablanca est l'un des plus grands lycées français de l'étranger. La direction commande un portrait du maréchal Lyautey. Il est réalisé dans les années 1990. Il soulève un débat parmi les élèves quant au regard à porter sur l'œuvre et les responsabilités du maréchal Lyautey.

Un hôpital militaire, à Strasbourg, a porté le nom de Lyautey. Il est aujourd'hui fermé.

Dans le foyer étudiant du GEC à Nancy, un bâtiment porte son nom ainsi que sa signature gravée sur le béton, ainsi que des écoles élémentaires àAllonnes,Caen,Riedisheim etVichy, et un collège àContrexéville.

Lacorniche Lyautey dulycée militaire d'Aix-en-Provence est placée sous son patronage depuis 1956.

La17e promotion ducollège interarmées de défense porte son nom[217], ainsi que le1er escadron du4e régiment de chasseurs basé à Gap (Hautes-Alpes) (qui a été commandé par lui).

Plusieurs troupes de scouts portent son nom[218].

En 1947, Fernand Chaussat écrit une pièce radiophonique en deux actes consacrée à Lyautey[219]. En 1980,Gilles Grangier réalise un téléfilm en plusieurs épisodes intituléL'Aéropostale, courrier du ciel. Le rôle de Lyautey est expliqué. Le téléfilm est diffusé de à.

Devant l'anciennegendarmerie de Nancy, s'élève une statue d'Hubert Lyautey sculptée parFrançois Cogné[220].

Œuvres

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Armoiries

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FigureBlasonnement

D'azur à une foi d'or sommée d'un soleil du second et soutenus de trois cinquefeuilles d'argent.[221]

Notes et références

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Notes

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  1. Il y avait deux frères Glaoui : l'aîné, Madani, était pacha de Marrakech et grand vizir du sultan de 1908 à 1911. À sa mort en 1918, le cadet, Thami, lui a succédé ; il est mort en 1955
  2. Près de Khenifra, l'armée a subi un revers en novembre 1914 : une colonne a été anéantie à cause de l'imprudence de son chef, le colonel Laverdure. VoirMaurois 1931,p. 124.
  3. Lyautey dit de lui : « C'est lui qui a inventé l'architecture des maisons marocaines actuelles… Ce n'était pas facile de combiner le goût indigène… avec notre goût des fenêtres et balcons extérieurs. Tranchant leur a fabriqué des immeubles… que les indigènes daignent accepter, et qui enchantent les Européens. Je ne sais comment il s'y est pris, mais les résultats sont là » (Voir Claude Farrère,Lyautey créateur)
  4. Il n’y a pas de sucrerie à l'époque.Saint-Louis à Marseille fournit le Maroc. La première raffinerie de canne, la COSUMA, sera fondée en 1929.
  5. Cette phrase manque à toutes les biographies de Lyautey mais figure à la page 23 de l'ouvrage de Maurois,Dialogues sur le commandement, écrit en collaboration avec un ancien du cabinet de Lyautey,Aimery Blacque-Belair, et le philosopheAlain .
  6. Économiste aux préoccupations sociales affirmées, Max Lazard, de la famille de banquiers du même nom, a été cofondateur avant-guerre desUniversités populaires et après-guerre duBureau International du Travail.
  7. « Histoire de l'Aéropostale », surSite de memoire-aeropostale !(consulté le)
  8. DansLyautey créateur, Claude Farrère cite cette confidence du maréchal : « Pierre Loti… par la seule puissance de son génie, a su faire admettre à l'Europe entière que les Turcs sont des hommes comme nous. Il a retourné pour eux l'opinion mondiale »
  9. On peut encore citerJacques Ladreit de Lacharrière, qui s'intéresse au Maroc depuis le début des années 1910 et a publié de nombreux articles sur Lyautey,André Chevrillon (Visions du Maroc,Marrakech dans les palmes,Un crépuscule d'Islam), etHenry Bordeaux, qui a fait dans les années 1920 de longs séjours au Maroc et en a tiré plusieurs récits, romans ou essais :Un printemps au Maroc,Le Miracle du Maroc,Henry de Bournazel, ouLe Gouffre.
  10. Lettre-préface de Lyautey : « Vous avez écrit un livre non seulement d'artiste et d'érudit, mais d'amoureux. Un soir de cet été [1925], j'ai pu feuilleter votre manuscrit resté longtemps sur ma table, au milieu des préoccupations que vous savez. C'était comme lorsqu'on pénètre, à la fin d'une journée accablante, derrière les murs hostiles d'une casbah, dans un jardin de cyprès, où vous assaillent la fraicheur des fontaines, le parfum des roses et le vol des colombes ».
  11. Maurois raconte : « Il est intransportable. La foule se rassemble sous ses fenêtres et lesoulémas font réciter des prières ; l'iman deMoulay Idriss vient avec un flacon d'eau de la source du lieu et des cierges qu'il place au pied du lit du maréchal. Le lendemain, il se sent mieux et on crie au miracle ! »
  12. De plus larges extraits de ce texte fondamental se trouvent dansOrmesson 1963,p. 170-176.
  13. Lyautey est resté dans l'expectative au début du conflit, peut-être lorgnait-il du côté deLarache et Tanger, mais il était surtout préoccupé d'empêcher une jonction entre les tribus qui contrôlent la tâche de Taza (qu'il combat de façon discontinue depuis 1914) et celles du Rif.
  14. Cette messe est toujours dite en octobre. L'archiduc Otto de Habsbourg s'est marié dans cette église en 1951 et y a célébré ses noces d'or.
  15. Phrase tirée desLettres du Tonkin, mais tronquée par Pierre Lyautey, ce qui change quelque peu les choses. Dans la version d'origine, Lyautey écrit avant : « J'ai cru que peut-être j'allais… », et après : « Je me suis bercé de tout cela », cf.Teyssier 2004,p. 549-550.
  16. Marc Oraison écrit dansLa Question homosexuelle, Paris,Éditions du Seuil,(lire en ligne),p. 10 : « Sait-on habituellement qu'un homme de l'envergure de Lyautey était homosexuel ? Et cela n'avait rien de sordide, bien au contraire. »
  17. Un de ses ancêtres a obtenu ce titre d'un membre de la branche du Caire de la dynastieabbasside, après l'avoir vaincu en 1517
  18. Berthe Georges-Gaulis est l'auteure deLa France au Maroc, l'œuvre du général Lyautey, paru en 1919. En 1921, elle est en train d'écrire un autre livre sur le nationalisme turc
  19. comme l'a signalé Charles-André Julien dès 1946. Il l'a précisé dans son ouvrageLe Maroc face aux impérialismes : 1415-1956, Les Éditions du Jaguar, Paris, 2011 : « La devise de Lyautey,Joy's soul lies in the doing n'est pas de Shelley, mais de William Shakespeare :Troilus and Cressida, Acte I, scène II (The Dramatic Works of William Shakespeare with a life by Thomas Campbell, London, George Routledge and Sons, 1866,p. 607). »
  20. Lyautey et son épouse assisteront néanmoins dix ans plus tard aux obsèques du prétendant légitimiste au trône de France,Jacques de Bourbon :« Obsèques de Don Jaime de Bourbon, duc d'Anjou et de Madrid »,Figaro,vol. 106,no 281,‎,p. 2(lire en ligne, consulté le).
  21. Laissé s'éteindre par Louis-Philippe à partir de 1830 mais, par la suite, porté et conféré par divers prétendants au trône de France.
  22. La médaille militaire se porte en avant la LH pour les officiers généraux ayant commandé au front ; attention : selon la Grande Chancellerie aucun texte officiel n'existe et il s'agit d'une simple habitude.
  23. VoirGénéralYves de Boisboissel,Dans l'ombre de Lyautey, éd. L'Harmattan, :

    « Dans sa chambre à coucher, dans son bureau, ses fanions de commandements successifs, ses bibelots préférés, ses gravures : la Grèce, l'Italie, ses photographies : le comte de Chambord, le pape Léon XIII, sa famille, "ses jeunes et ses morts", ses amis et ses amies. Une vitrine renfermait les pièces les plus précieuses : la plaque de l'ordre du Saint-Esprit offerte par le duc de Vendôme le jour où il fut élevé à la dignité de maréchal de France, la médaille militaire de Canrobert donnée par sa fille, et la médaille de Sainte-Hélène du grand-père d'un de ses paysans lorrains : la synthèse de toutes les gloires militaires de la France. Le grand-père, dit-on, destinait cette médaille à son fils mais celui-ci mourut à la guerre.L'ordre du Saint-Esprit a été remis par le duc de Vendôme à la demande du duc d'Orléans qui à l'époque était en exil.Lyautey était de famille très orléaniste et à cet égard il n'était pas en accord avec son père sur le légitimisme ; on a pu dire qu'il était légitimiste par romantisme, mais outre ses liens d'amitié, il appréciait les Orléans et l'orléanisme pour leur modération. »

Références

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  91. Dans le premier cercle et sur toute la durée, on trouve, côté militaires : le généralPoeymirau, le chef militaire, mort en 1924 ; le général Gueydon de Dives, chef d'état-major en 1914, suivi du colonel Jean Delmas, mort en 1921 ; le capitaine Bénédic, futur colonel, chef du cabinet militaire ; le colonel Berriau, chef des affaires indigènes et du renseignement, mort en 1918, suivi du colonel Huot;Maurice Durosoy, arrivé en 1924 comme aide de camp, puis chef de cabinet du maréchal, futur général. Officiers d'ordonnance :Wladimir d'Ormesson,Édouard Champion (l'éditeur), Joseph Pélier,Yves de Boisboissel, Louis Guillon, Fouques-Duparc, etc. Membres de son cabinet militaire : le commandant Ract-Brancaz (du service du renseignement),Georges Spillmann (du même service, futur général), le commandant Cellier,Aimery Blacque-Belair (le lieutenant desDialogues sur le commandement de Maurois), le capitaine et secrétaire d'ambassade Étienne de Felcourt, chargé des renseignements extérieurs, Alfred Droin, l'officier poète:121 96-97,François de La Rocque, à l'état-major de Lyautey de 1913 à 1916, puis brièvement en 1925 comme lieutenant-colonel chargé du deuxième bureau. Côté civils, le premier cercle comprend :Robert Billecard, chef du cabinet civil de 1912 à 1914, suivi de M. Révilliod et d'Émile Vatin-Pérignon ; Paul Tirard, secrétaire général du Protectorat en 1913-14, suivi d'André Lallier du Coudray ; Pierre de Sorbier, d'abord chef du cabinet diplomatique, puis secrétaire général adjoint du Protectorat en 1917, enfin secrétaire général de 1920 à 1924 ; Charles de Saint-Aulaire, diplomate, au Maroc depuis 1902, délégué à la Résidence générale de 1912 à 1916, suivi d'Urbain Blanc ; Guillaume de Tarde, secrétaire général adjoint du Protectorat, puis directeur des affaires civiles de 1917 à 1920 ;François Piétri, chef des services financiers jusqu'en 1924, inspecteur des finances et futur ministre ; René de Saint-Quentin, chef du cabinet diplomatique, futur ambassadeur. Dans le second cercle, on trouve : Henri Gaillard, diplomate, secrétaire général du gouvernement chérifien (poste supprimé en 1917), Félix de Vogüé, seul fils survivant d'Eugène-Melchior,Pierre Viénot, secrétaire particulier ainsi que Georges Hutin,Gaston Palewski, Gérard de Launay,Henry de Castries et son successeur à la tête du service historique, Pierre de Cenival, Tranchant de Lunel (jusqu'à son renvoi en 1923), son successeur, Jules Borély,Paul Boudy, chef du service forestier,Henri Prost et plusieurs de ses collègues architectes.
  92. Juin l'a suivi en France en 1925, et a continué à le servir au sein duConseil supérieur de la guerre.
  93. Depuis 1908, on sait qu'il y a des phosphates au Maroc : c'est une des raisons de l'intérêt des Allemands pour le pays.
  94. Le, Latécoère est à bord du vol d'essai duSalmson 2A2 qui relie Toulouse à Casablanca, vol effectué en 11h45. À son arrivée, il remet à Lyautey le journal de la veille et à la générale un bouquet de violettes fraichement cueilli.
  95. P.G. Latécoère,Correspondance, présentée par Laurent Albaret,p. 27. Il rappelle que Roig est un ancien du cabinet de Lyautey
  96. Soit par rachat de terresguich (La protection du sultan étant assurée par la France, ce statut devient obsolète), soit par rachat de bienshabous, soit par rachat de50 000 ha à de grandes sociétés foncières, soit par confiscation de30 000 ha appartenant à des Allemands ou Austro-Hongrois. Il faut y ajouter les achats privés.
  97. Le service des forêts est confié àPaul Boudy et celui du génie rural à Jacques Nacivet, qui obtient en 1923 que l'hydraulique agricole soit détachée de la direction des travaux publics et placée sous sa coupe. Quant aux inspecteurs de l'agriculture, ils ont pour mission la vulgarisation des techniques agricoles, et la distribution d'engrais et de semences. Les cultures passent dans laChaouia entre 1915 et 1923 de201 000 ha à 422 000, dont de16 000 à 31 000 ha pour les lots de colonisation. La production globale passe de 1915 à 1924 pour les céréales de 13,8 à 22,2 millions de quintaux, et pour les bovins de 548 000 têtes à 1 568 000.
  98. Jamal Hossaini-Hilali,Des Vétérinaires au Maroc sous le Protectorat français
  99. En 1918, on découvre lestombeaux saadiens de Marrakech, murés depuis deux siècles. Les relevés en sont faits à l'aquarelle par Gabriel Rousseau.
  100. Il y aura trois sections : « Les monuments historiques, palais et résidences », confiés à Edmond Pauty ; « Les arts indigènes » (ateliers, enseignement, musées) confiés à Prosper Ricard et Joseph de La Nézière, épaulés par des ethnographes comme Jean Gallotti et une cohorte de peintres, dontAzouaou Mammeri ; « Les antiquités », confiées au spécialiste deVolubilis,Louis Chatelain.
  101. Il est impliqué dans des affaires de mœurs et de drogue.
  102. « Dictionnaire des orientalistes », surhttp://dictionnairedesorientalistes.ehess.fr(consulté le)
  103. Elle comprend au départ douze membres : Jean Baldaoui, Jean Hainaut, Raphaël Pinatel,Paul Lafond, Édouard Brindeau de Jarny,Marcel Vicaire, André Lenoir,Mattéo Brondy, Edmond Pauty,Albert Laprade, Gabriel Rousseau, Blanche Laurent-Berbudeau. Autour d'eux, on peut encore citer : Jules Galand et Bernard Boutet de Monvel, deux officiers-peintres, Tranchant de Lunel,André Suréda, Henri Derche,Charles Duvent (honoré de plusieurs commandes officielles), Camille Josso, Azouaou Mammeri et bien sûr Jacques Majorelle, qui s'installe à Marrakech en 1922. Leurs thèmes favoris sont les médinas, les fantasias et les kasbahs de l'Atlas.
  104. Jusqu'à la fin de la guerre, Lyautey a mobilisé les peintres pour des relevés des monuments à sauver. Il incite les artistes (tels queRaoul Dufy) à rester au Maroc en mettant des ateliers à leur disposition. Il fait la promotion des peintres et sculpteurs, en parrainant de nombreuses expositions au Maroc, à Marseille et à Paris. Il reçoit l'aide en particulier de la galerieGeorges Petit. Il veut faire émerger une école proprement marocaine.
  105. Réalisés au cours d'un séjour de six mois en 1832.
  106. On peut citerMarius Boyer,Edmond Brion,Auguste Cadet, Jean Balois, Albert Greslin, dont le principal centre d'intérêt est la ville de Casablanca en pleine expansion. Leur style est foisonnant et fait appel à toutes les références, du néo-mauresque à l'art déco, avec souvent des créations très personnelles qui font la richesse de la ville. Certains ont été appelés par Lyautey lui-même. Mais leurs plus belles réalisations datent d'après son départ, comme le siège de la Banque d'État du Maroc à Rabat, par Brion et Cadet, à la façade ornée de pierre ocre (pierre de Salé) richement sculptée (depuis,Bank Al-Maghrib).
  107. Theliol 2011,p. 188-189.
  108. Il cornaque, cajole toute une série d'écrivains, reconnus ou non. S'ils arrivent sans le sou commeJérôme etJean Tharaud, il subvient à leurs besoins matériels et en est payé de retour par des livres qui participent au mythe :Rabat ou les heures marocaines,Marrakech ou les seigneurs de l'Atlas,Fès ou les bourgeois de l'Islam(141-143). Des résidents sont mis à contribution : Joseph Vattier (Âmes maghrébines, 1925) ouAline Réveillaud de Lens (Derrière les vieux murs en ruines, 1922). Des écrivains reconnus sont invités :Edith Wharton en 1917 (In Morocco, 1919),Claude Farrère en 1920 (Les Hommes nouveaux,Lyautey l'Africain, 1922).
  109. André Maurois obtient le droit de rédiger la biographie de Lyautey, la seule qui paraît de son vivant.
  110. Le maréchal connaîtPaul Desjardins, l'homme desdécades de Pontigny, depuis trente ans. Il l'invite à Rabat avecAndré Gide et d'autres auteurs de laNRF ; il lui présente Pierre Viénot et Aimery Blacque-Belair qui sont à son cabinet et que Desjardins embauche pour ses décades. Divers auteurs de la NRF s'intéressent au maréchal (Roger Martin du Gard etJean Schlumberger notamment).
  111. C'est un cas un peu à part,Jean Giraudoux, car s'il est venu au Maroc, c'est en service commandé, en tant que responsable duservice des œuvres françaises à l’étranger dépendant du Quai d'Orsay. Le courant passe tout de suite avec Lyautey, dont l'influence le marque durablement, notamment ses conceptions urbanistiques. Giraudoux retrouve d'ailleurs au Maroc son camarade de lycée Albert Laprade. Plus étonnant, la personnalité de l'écrivain semble avoir séduit le Sultan. Giraudoux et Lyautey se revoient par la suite en France, en particulier au moment de l'Exposition coloniale.
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  125. En 1924, Abd El Krim franchit la ligne rouge en contestant l'autorité du Sultan et en parlant ouvertement de le remplacer:174, comme El Hiba dans le sud dix ans auparavant. Déjà, dans toute la zone, les oulémas disent la prière en son nom:318. Le sultan Moulay Youssef refuse de rejoindre le combat d'Abd El Krim ; ce dernier appelle donc à la révolte contre la France.
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  129. Poeymirau, est mort l'année précédente.
  130. L'adversaire qu'il affronte a étudié à l'université Al Quaraouiyine, à Fès, et été nommécadi deMellila, avant d'être jeté en prison pour s'être opposé à la politique de conquête espagnole. Lyautey ne désespère pas de l'amener à résipiscence et le verrait bien comme un caïd du Rif, reconnaissant l'autorité du Makhzen. C'est pourquoi il ne poursuit pas l'offensive contre lui, il veut juste, en plein accord avec Naulin, continuer sa bonne vieille méthode : l'alternance de la diplomatie et de l'usage de la force. Militairement, il n'envisage pour l'instant que de récupérer le terrain perdu, en donnant au passage une leçon aux tribus qui ont trahi, dont les Beni Zeroual:258-259.
  131. La guerre qu'il livre de concert avecPrimo de Rivera etFranco, en alignant quelque 400 000 hommes, est conforme aux vœux des politiques : les forces d'Abd El Krim sont écrasées sans merci et l'usage d'armes chimiques fait des ravages dans la population civile.
  132. Benoist-Méchin 1978,p. 344.
  133. Benoist-Méchin 1978,p. 345.
  134. Les tribus lui envoient une lettre d'adieux dans laquelle elles adressent « leurs remerciements à l'homme plein de sollicitude qui, par sa grande et belle œuvre… étend partout le manteau de l'ordre, jette à bas les citadelles de l'anarchie et fait toujours en sorte qu'il n'y ait aucun conflit entre la civilisation et les coutumes anciennes du pays »
  135. Maurois 1931,p. 179-180.
  136. Benoist-Méchin 1978,p. 348.
  137. Le port est noir de monde. Dans la foule compacte, Lyautey circule presque en silence, serrant des mains, murmurant quelques mots. Sur le pont, il fait un signe d'adieu et se retourne :« Les officiers sont effrayés de voir l'expression de son visage, c'est celui d'un homme terrassé par le chagrin » Au passage de Gibraltar, la flotte anglaise lui rend les honneurs militaires.
  138. Ormesson 1963,p. 196-199.
  139. Au premier rang, il y a d'Ormesson, qui protestera dansLe Figaro, sous la forme d'une lettre ouverte au Président du Conseil.
  140. François-PaulBlanc et AlbertLourde,« L’esclavage au Maroc au temps du protectorat », dansEsclavage et droit : Du Code noir à nos jours, Artois Presses Université,coll. « Droit et sciences économiques »,, 91–124 p.(ISBN 978-2-84832-488-3,lire en ligne)
  141. En représailles dutraité de protectorat du Maroc...?
  142. Son amitié avec le princeSixte de Bourbon-Parme lui donne l'occasion de renforcer ses liens avec sa sœur, l'impératrice Zita et à travers elle, avec toute laMaison de Habsbourg-Lorraine. En accord avec eux, il reçoit à son domicile parisien l'archiduc héritier,Otto de Habsbourg-Lorraine.
  143. « Présentation Mosquée de Paris », surgrandemosqueedeparis.fr.
  144. « Quand l'inauguration de la Grande Mosquée exprime l'ambivalene du lien colonial », surRadio France.
  145. « Inauguraton de la grande mosquée de Paris », surL'histoire par l'image.
  146. « Moulay Youssef », surkronobase.
  147. Il compte pourtant parmi les promoteurs du projet, qu'il a toujours ardemment soutenu, pour lequel il a mis ses architectes à disposition et dont il a présidé la cérémonie de pose de première pierre le. À cette occasion, il a rappelé le mot deMaurice Colrat à propos de cette construction :« Il ne montera vers le beau ciel de l'Ile-de-France qu'une prière de plus, dont les tours catholiques de Notre-Dame ne seront point jalouses ». Le gouvernement a pris soin d'inviter le sultan Moulay Youssef. Quand ce dernier arrive à Paris et constate la situation, sa réaction est éloquente : aussitôt après la cérémonie, il file à Thorey avec toute sa suite saluer le maréchal.
  148. Aidé par une poignée de ses anciens, avec Gérard de Launay en chef de cabinet, il réussit le tour de force de présenter des reproductions des monuments des cinq continents, tels que les temples d'Angkor, des mosquées, desksour, la maison deGeorge Washington, des paillotes tahitiennes, avec force animations, et un budget en équilibre.
  149. Maurois 1931,p. 188.
  150. Ormesson 1963,p. 203.
  151. Il a maintenu des liens d'amitié avec La Rocque, dont il partage les idées et qui le vénère. Il lui fait connaître, au début des années 1930,Robert Garric, qui s'inscrit dans la lignée d'Albert de Mun et Eugène-Melchior de Vogüé, le catholicisme social, et a fondé en 1920 lesÉquipes sociales, qui œuvrent en milieu ouvrier ; Lyautey a adhéré dès 1922 à ce mouvement. Il lui présente aussiGeorges Lamirand, uncentralien, promoteur en Lorraine des Équipes sociales et auteur en 1932 du livreLe Rôle social de l'ingénieur, préfacé par le maréchal.
  152. Albert Kechichian,Les Croix-de-Feu à l'âge des fascismes,p. 107
  153. Le patronage de Lyautey est acquis mais il n'a rien d'exclusif :« Le maréchal ne ménageait pas les encouragements, mais de loin et sans interférer, ni donner à penser qu'il avait délégué une mission »
  154. Jacques Nobécourt,Le Colonel de La Rocque (1885-1946) ou les pièges du nationalisme chrétien, Fayard,(ISBN 9782213596877), p.241-242.
  155. En témoigne la cérémonie de pose en d'une plaque à Saint-Germain en souvenir de l'article sur le rôle social de l'officier, où les troupes Croix-de-Feu paradent et qu'ils qualifient de« magnifique réunion de propagande »
  156. Nobécourt 1996,p. 241.
  157. GérardVincent et Anne-MarieDethomas,Sciences po: Histoire d'une réussite, Plon (réédition numérique FeniXX),(ISBN 978-2-259-26077-0,lire en ligne)
  158. Maurois 1931,p. 189.
  159. Contrairement à la tradition, elles n'ont pas lieu à Paris mais à Nancy. Après une messe à Thorey, le cortège funèbre gagne Nancy le ; la foule défile pendant trois jours devant son cercueil dans l'église des Cordeliers. Le, une messe solennelle est célébrée en lacathédrale de la ville, en présence du présidentAlbert Lebrun. Les honneurs militaires lui sont rendusplace Stanislas. Le corps est déposé dans la crypte de la cathédrale.
  160. Un mur entier de la salle mortuaire étant occupé par l'épitaphe composée par lui-même avec une traduction en langue arabe et qui résume sa vision :« Ici repose Louis Hubert Lyautey, qui fut le premier Résident Général du Maroc, de 1912 à 1925. Décédé dans la religion catholique, dont il reçut, en pleine foi, les derniers sacrements. Profondément respectueux des traditions ancestrales et de la religion gardée et pratiquée par les habitants du Maghreb auprès desquels il a voulu reposer, en cette terre qu'il a tant aimée. Dieu ait son âme dans la paix éternelle »
  161. C'est une koubba, située dans le parc de la Résidence, à l'époque encore ambassade de France. Une partie des locaux a commencé à être rétrocédée.
  162. Benoist-Méchin 1978,p. 383-384.
  163. Lyautey,Paroles d'action, discours de 1922,p. 423
  164. Le Révérend 1976,p. 41.
  165. « Patrick Heidsieck (1906-1992) », surdata.bnf.fr(consulté le)
  166. Ormesson 1963,p. 222.
  167. Voir les écrits regroupés par Patrick Heidsiek dans son ouvragePrésence de Lyautey (1944).
  168. « Nouvelles militaires »,La Dépêche tunisienne,‎,p. 2(lire en ligne).
  169. « Le maréchal s'entoure trop facilement de gigolos, qui débarquent de Paris, passent à Rabat six mois par an et traitent tout un peu à la légère. Porteurs souvent que d'un beau nom ou d'un physique plaisant, ils sont peu disposés à être les porte-parole et les réalisateurs des idées admirables du Maître. Celui-ci a bien perdu en perdant des hommes comme les colonels Delmas et Berriau. »
  170. (en) Robert F.Aldrich,Colonialism and Homosexuality, Routledge,(lire en ligne), p.64-70.
  171. Cité parAldrich 2003.
  172. Christian Gury,Lyautey-Charlus, Kimé, 1998,p. 86.
  173. Olivier Orban, 1989 ; Le Rocher, 1998.
  174. Plon, 1999[réf. non conforme].
  175. Claude Arnaud,Jean Cocteau,p. 414.
  176. C'est un livre semi-clandestin, paru en 1928 sans nom d'auteur, plus tard illustré de dessinshomoérotiques dans le style aisément reconnaissable de Cocteau.
  177. Teyssier 2004,p. 226.
  178. Benoist-Méchin 1978,p. 290.
  179. Benoist-Méchin 1978,p. 291.
  180. Benoist-Méchin 1978,p. 292.
  181. Tarde 1959,p. 61.
  182. Certes, en, il refusera d'intervenir en faveur d'une paix séparée avec l'Autriche, comme le lui demande le roi Alphonse XIII, alors même que celui qui est à la manœuvre est son ami le princeSixte de Bourbon-Parme, frère de l'impératrice Zita, mais il sait qu'il va se heurter à l'opposition irréductible de Clemenceau. Après la guerre, il déplorera cette occasion manquée de faire avancer la paix et d'épargner des vies humaines.
  183. Benoist-Méchin 1978,p. 237.
  184. Jean-François Thull,Le Retour de Lyautey en Lorraine, Annales de l'Est, numéro spécial 2004,p. 136 (Actes du colloqueLyautey de Nancy)
  185. Ce projet est soutenu en France parWladimir d'Ormesson, l'ambassadeurCharles Laurent,André Siegfried,Henri de Peyerimhoff,Henri Chardon,Lucien Romier,Jean Schlumberger, Edme Sommier, Félix de Vogüé, etc.
  186. Ormesson 1963,p. 206-207.
  187. Nobécourt 1996,p. 132.
  188. Sur la suggestion du général Lachèvre.
  189. Et non une préface de Lyautey comme certains l'ont écrit. À tous, il paraît essentiel que les Français soient mis au courant du programme liberticide et raciste d'Hitler et de sa haine de la France. Nombreux sont aveuglés par le pacifisme.
  190. JalilaSbaï, « Quand la France rêvait d'un calife pour son empire musulman », surOrient XXI,(consulté le)
  191. Voir Nabil Mouline,Le Califat imaginaire d'Ahmad al-Mansûr.
  192. Ultérieurement à la tête de l'Irak et de la Jordanie.
  193. Le futur promoteur de laGrande Mosquée de Paris.
  194. « Lyautey, précurseur de la politique arabe de la France ? », surwww.lesclesdumoyenorient.com(consulté le)
  195. Pascal LePautremat, « La mission du Lieutenant-colonel Brémond au Hedjaz, 1916-1917 »,Guerres mondiales et conflits contemporains,vol. 221,no 1,‎,p. 17–31(ISSN 0984-2292,DOI 10.3917/gmcc.221.0017,lire en ligne, consulté le)
  196. SylviaChiffoleau,« Le pèlerinage à La Mecque à l’époque coloniale : matrice d’une opinion publique musulmane ? », dansLes pèlerinages au Maghreb et au Moyen-Orient : Espaces publics, espaces du public, Presses de l’Ifpo,coll. « Contemporain publications »,, 131–163 p.(ISBN 978-2-35159-270-0,lire en ligne)
  197. Comme en témoigne sa lettre au président du Conseil du citée plus haut.
  198. Benoist-Méchin 1978,p. 294-297.
  199. Cette proposition sera reprise beaucoup plus tard par les promoteurs de l'Union pour la Méditerranée
  200. Benoist-Méchin 1978,p. 298.
  201. a etbHenri d'Orléans « comte de Paris »,Mémoires d'exil et de combats,p. 24.
  202. Teyssier 2004,p. 191.
  203. Raymond Postal,id.
  204. VoirDreyfusards, Coll. Archives, Gallimard, Paris, 1965.
  205. Général Mordacq,Clemenceau au soir de sa vie, II,p. 74-77
  206. Maurois 1931,p. 46.
  207. Albert Laprade,Souvenirs sur Jean Giraudoux et le maréchal Lyautey, bulletin de la Société d'émulation du Bourbonnais, 1966,p. 32
  208. « The soul's joy lies in doing »
  209. « Hubert LYAUTEY »[archive du], surwww.academieoutremer.fr(consulté le)
  210. Cité par beaucoup. ChezOrmesson 1963,p. 184-185.
  211. Daniel Rivet,Histoire du Maroc,p. 311
  212. Philippe Champy,op. cit.,p. 104[réf. non conforme]
  213. Ormesson 1963,p. 212-213.
  214. « Inauguration d’une statue élevée en l’honneur du maréchal Lyautey, à Casablanca, le 5 novembre 1938 : Discours de M. Louis Gillet, de l’Académie française », surAcadémie française
  215. A.F.P., « La statue du maréchal Lyautey a été transférée dans le jardin du consulat général de France à Casablanca », surLe Monde,
  216. Laplanche 1986,p. 77.
  217. « Collège interarmées »
  218. « Hubert Lyautey - Scoutopedia, l'Encyclopédie scoute ! », surfr.scoutwiki.org(consulté le)
  219. BNF, Arts du spectacle, document dactylographié
  220. « Monument à Hubert Lyautey – Rue des Cordeliers – Nancy », sure-monumen.net.
  221. www.heraldique-europeenne.org.

Voir aussi

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Archives

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Les papiers personnels d'Hubert Lyautey sont conservés auxArchives nationales sous la cote 475 AP :[Salle des inventaires virtuelle, site des Archives nationales]

Bibliographie

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Filmographie

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Cinéma

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Documentaires

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Articles connexes

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Liens externes

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Hubert Lyautey
1912-1934
Louis Franchet d'Espèrey
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Composition de l'Académie française au jour de son élection(31 octobre 1912)
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Affaires étrangèresAristide BriandAristide Briand
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JusticeRené Viviani
MarineLucien Lacaze
Agriculture
FinancesAlexandre Ribot
Travaux publics
Commerce, Industrie etPTTÉtienne Clémentel
ColoniesGaston Doumergue
Travail et Prévoyance sociale
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