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Hostie

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Pour les articles ayant des titres homophones, voirOstie etOsty.

L'hostie, dans les ritesliturgiqueschrétiens, est unpain sans levain que l'officiant consacre pendant lacélébration de l'Eucharistie pour le partager avec les fidèles au cours de lacommunion.

Dans lathéologie catholique, l'hostie devient lecorps du Christ, ressuscité d'entre les morts, et dont on célèbre laRésurrection le jour dePâques.

Hosties dans le rite catholique.

Dénominations et fabrication

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Peinture murale représentant le pain eucharistique,catacombe de Saint-Calixte,IIIe siècle.

L'hostie fut aussi appeléeoblata[1],oiste en ancien français,oublie, pain d'autel, pain à chanter, pain des anges, pain de communion, agneau,nebula,neulle etnieulle (en Flandre)[2].

Le christianisme connaît, comme d'autres religions, la notion desacrifice et d'offrande audieu mais à la place de l'immolation d'unehostia (victime en latin) constituée souvent par unanimal, il utilise le pain pour représenter le corps deJésus-Christ, victime« après laquelle nulle autre ne doit plus être immolée[3] », pendant la messe, au moment de la consécration.

Le pain destiné à laconsécration a gardé ce nom de « hostie ». Il s'agit d'abord d'un pain ordinaire dont les fidèles font l'oblation volontaire, offrande qui devient obligatoire auVIe siècle après le deuxièmeconcile de Mâcon. La totalité du pain apporté par les fidèles n'est pas utilisée pour la consécration. Ce qui reste est béni, prend le nom d'eulogie et est distribué aux personnes qui n'ont pas communié le jour même ; lescatéchumènes, les pécheurs connus et les concubines des clercs sont exclus de la distribution. On prête aux eulogies la vertu de fortifier le corps et l'esprit contre les maladies[1].

Fer à hosties.

L'hostie est ensuite faite d'un pain sans levain, spécialement préparé pour la messe. Leseizième concile de Tolède décide en 693 que le pain qui va être consacré doit être petit, entier, propre et fabriqué expressément.Jean Mabillon écrit dansDe azymo qu'on utilise des fers dès leIXe siècle pour le faire plus petit, plus net et plus commode[4] ; ce sont des femmes vouées au service de l'église qui le confectionnent.

Dès leXIIe siècle, l'hostie est devenue une rondelle depâte cuite entre deuxplaques de fer comme uneoublie par lesoubloyers (ou oublieurs) qui ont le droit de fabrication[1] (alors que les pâtissiers ne l'ont pas) et pour lesquels ce produit forme une part considérable de leur commerce[5]. Les statuts de la corporation, précisent en 1406 que les oubloyères, qui peuvent pâtisser les oublies en tant que pâtisserie pour le public, ne peuvent « faire pain à célébrer en Église »[6].

Les images en relief imprimées dans la pâte par le décor en creux des fers représentent lesmonogrammesIHS etIHC ou des scènes religieuses comme laCène, laFlagellation, laCrucifixion, etc.

Rondeaux[7] pour la découpe des hosties dans le rite catholique.

Edmond Martène décrit, dansDe antiquis monachorum ritibuslibri 5 collecti ex variis ordinariis, consuetudinariis ritualibusque manuscriptis, la fabrication de l'hostie par lesmoines telle qu'elle s'est pratiquée dans lesmonastères jusqu'auXVe siècle : tri des grains — un par un —, séchage au soleil, moulage entre desmeules lavées,pétrissage de la fleur de farine avec de l'eau froide sur une table à bords relevés, cuisson de six hosties à la fois dans les fers sur un feu clair, découpe des hosties avec un rondeau avant dépôt dans un plat couvert d'un linge blanc ; cette fabrication se faisait quand on en avait besoin, mais surtout peu avantNoël et avantPâques[4].

Après laRévolution française, les oublieurs français perdent généralement le commerce des hosties, fabriquées alors par les religieux, notamment par lesClarisses et lesCarmélites qui deviennent le plus gros fournisseur en France. Lecarmel de Laval en fabrique ainsi quatre millions par an, par une méthode artisanale[8].

Conservation

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Pyxide duXVe siècle.

L'hostie faite depain azyme prend peu de place et se conserve bien. S'il reste des hosties consacrées après la communion, elles sont placées dans unepyxide ou dans unciboire recouvert et rangé dans letabernacle ; s'il est impossible de les y placer, elles doivent être mangées par le prêtre ou par les fidèles.

Seules les hosties consacrées destinées à lacommunion des malades et placées dans unecustode, ou celle qui est placée dans l'ostensoir pour une procession comme celle de laFête-Dieu, peuvent sortir d'une église.

Utilisation religieuse

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Hosties préparées pour la consécration.
Pain au levain ouprosphore et fragments sur unepatène selon la tradition byzantine.

On ne sait pas quand l'usage du pain sanslevain comme Sainte Espèce[N 1] s'est introduit dans l'Église. Que le pain soitfermenté ou non n'a, en soi, aucune importance pour la substance dusacrement mais certaines Églises chrétiennes autres que catholiques romaines y ont attaché une significationdogmatique[9].

La divergence d'opinion quant à l'utilisation du pain azyme a été l'un des motifs de la division de l'Église entre catholiques et orthodoxes.

Catholicisme

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Dans lerite latin descatholiques, le pain azyme est utilisé[10] comme pour laPâque juive. Lerite byzantin desÉglises catholiques orientales utilise du pain levé comme dans l'Église orthodoxe. L'Église catholique arménienne, Église apostolique arménienne, l'Église catholique syro-malabare et l'Église maronite ont adopté l'usage du pain sans levain. Les traditions orientale et occidentale veulent cependant que le pain soit fait à partir deblé.

Dans lathéologie catholique, après que leprêtre a dit au nom duChrist :« Ceci est mon corps livré pour vous » — (paroles de laconsécration) prononcées à la place du Christ (in persona Christi) —, l'hostie n'est plus du pain mais le Christ lui-même ressuscité tout entier (à la fois humain et divin), présent « en substance » (dogme de latranssubstantiation). Les catholiques distinguent donc l'hostie non consacrée, simple fragment de pain, et l'hostie consacrée, vrai corps du Christ sous la seule apparence du pain.

Orthodoxie

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Les Églises orthodoxes orientales perpétuent la pratique ancienne de l'utilisation de pain au levain pour l'Eucharistie. Le pain sacramentel, appeléProsphora, ne peut être fabriqué qu'à partir de quatre ingrédients : fleur de farine de blé,eau pure,levure etsel. On asperge parfois d'eau bénite la pâte ou le pétrin.

La cuisson ne peut être réalisée que par un chrétien orthodoxecroyant, de préférence récemmentconfessé, et s'accompagne deprière et dejeûne. Avant la cuisson, chaque pain est formé de deux disques de pâte, placés l'un sur l'autre, et marqué d'unsceau liturgique particulier. LeProsphora doit être frais, non rassis ou moisi, lors de sa présentation à l'autel. PlusieursProsphoras sont souvent cuits et offerts par les fidèles, le prêtre choisissant le meilleur pour l'hostie qui sera consacrée. Les pains restants sont bénis et offerts à l'assistance après la fin de la messe ; ces pains sont appelésAntidôron (ἀντίδωρον).

Protestantisme

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Dans leséglises protestantes, il existe une grande variété de pratiques quant au type de pain utilisé,lorsqu'il y a effectivement des hosties (beaucoup de temples ne pratiquent pas cet usage). Certains, comme lesluthériens, utilisent des pains au levain ; d'autres continuent d'utiliser du pain azyme, et d'autres encore choisissent lematza. Les hosties sans levain sont variées : elles peuvent être carrées, triangulaires et rondes, et certaines peuvent même être faites de farine de blé entier.

Les catholiques et les orthodoxes, qui croient à la présence réelle du Christ dans l'hostie de l'Eucharistie, regroupent les deux discours deJean VI sur le pain de vie et sur laSainte-Cène, alors que certains protestants considèrent la Sainte-Cène comme un devoir de mémoire.

Certains protestants ne croient pas à la présence réelle du Christ dans le pain puisque Jésus-Christ conclut son discours sur le pain de vie par cette phrase :« Les paroles que je vous ai dites sont Esprit et vie » (c'est le cas des églisesréforméeszwingliennes).Mais la croyance dans la présence réelle n'est pas forcément un critère de choix : le luthéranisme, tout en croyant à la présence réelle (maisconsubstantiative plutôt quetranssubstantiative) peut utiliser du pain levé.

Accusation de profanation

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Accusation de profanation contre les Hérétiques

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Scène de profanation. Vitrail duXIXe siècle,Bruxelles.

Accusation de profanation contre les Juifs

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Article détaillé :Accusation de profanation d'hosties contre les Juifs.

Dès leXIIIe siècle, en Europe, lesJuifs sont accusés de voler des hosties consacrées et de les profaner pour reproduire la crucifixion du Christ, en les cassant ou les brulant ou en les maltraitant de toute autre façon. Ces accusations causent la mort de nombreux Juifs par décision de justice, ou lors de massacres etpogroms.

Paolo Uccello,Le Miracle de l'hostie profanée,XVe siècle.

Le Miracle de l'hostie profanée dePaolo Ucello rappelle l'accusation portée en 1290 contre unusurier juif parisien qui aurait demandé une hostie en paiement. En 1370, l'affaire des « hosties sanglantes » ou le « Sacrement du miracle » deBruxelles[13] permet l'expulsion des Juifs — accusés d'avoir transpercé de poignards des hosties, dérobées dans une chapelle, et dont du sang aurait coulé — duBrabant et la confiscation de leurs biens. EnAngleterre, d'où les Juifs ont été bannis en 1290 et où ils ne peuvent revenir qu'en 1650, leur absence n'empêche pas les histoires de profanation de proliférer.

Martin Luther etSigismond II de Pologne sont les premiers, auXVIe siècle, à repousser ces accusations qui se perpétuent pourtant jusqu'auXXe siècle. Ce n'est qu'après leIIe concile œcuménique du Vatican que les autorités religieuses catholiques admettent le caractère tendancieux et légendaires de ces accusations[14].

Dans les arts

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Scène de la Piété de Saint Ode,châsse de Sainte-Ode, 1245-1255.

L'élévation de l'hostie illustre le thème de la piété de Sainte-Ode sur le deuxième des bas-reliefs en argent repoussé qui décorent la toiture de lachâsse de Sainte-Ode à Amay.

Le rite de l'élévation de l'hostie après la consécration remonte auXIIe siècle avec un décret d'Odon de Sully[15].

Autres usages

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  • En868, le concile deWorms recommande aux prêtres et aux évêques d'utiliser l'hostie dans le cadre de l'ordalie : l'innocence d'un prêtre accusé est prouvée s'il avale sans difficulté une hostie consacrée.
  • AuQuébec, le mothostie est unsacre commun.

Notes et références

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Notes

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  1. Les Saintes Espèces sont le pain et le vin consacrés lors de l'Eucharistie.

Références

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  1. ab etcPierre Jean J.G. Guyot,Répertoire universel et raisonné de jurisprudence civile, criminelle, canonique et bénéficiale,t. XLII, Paris, Panckoucke,, 574 p.,p. 493.
  2. J. B. de Roquefort,Supplément au glossaire de la langue romane, Paris, Chasseriau et Hécart,, 30 p..
  3. Pierre Larousse,Grand Dictionnaire universel duXIXe siècle,t. 9 :H-K,(lire en ligne),p. 403
  4. a etbJoseph Alexandre Martigny,Dictionnaire des antiquités chrétiennes, Elibron Classics, 676 p.,p. 496-497.
  5. Charles Ouin-Lacroix,Histoire des anciennes corporations d'arts et métiers et des confréries religieuses de la capitale de la Normandie, Lecointe imp., Rouen, 1850,p. 54.
  6. Pierre Vinçard,Les ouvriers de Paris. Alimentation, Gosselin, Paris, 1863, 360 p.,p. 71 à 102.
  7. Raymond Lecoq,Les Objets de la vie domestique. Ustensiles en fer de la cuisine et du foyer des origines auXIXe siècle, Berger-Levrault, 1979, 318 p.
  8. Noémie Bertin, « Dans le secret des hosties »,Famille chrétienne,no 2092,‎,p. 32-34(lire en ligne).
  9. Heinrich Klee (trad. P.H. Mabire),Manuel de l'histoire des dogmes chrétiens,t. II, Paris, Jacques Lecoffre,, 532 p.,p. 300 à 302.
  10. Can. 926 - Dans la célébration eucharistique, selon l'antique tradition de l'Église latine, le prêtre utilisera du pain azyme quel que soit le lieu où il célèbre.
  11. Charles Le Maire,Paris ancien et nouveau,t. 3,p. 373
  12. Roger Aubenas et Robert Ricard,Histoire de l'Eglise,vol. 15 :De L'Église et la Renaissance, Bloud & Gay,(lire en ligne)
  13. Jean-Marie Cauchies et Marie-Astrid Collet-Lombard,Le miracle du Saint Sang: Bois-Seigneur-Isaac 1405-2005 ; actes du colloque organisé au prieuré des Prémontres de Bois-Seigneur-Isaac (Belgique, Brabant wallon) les 13 et 14 mai 2005, 496 p.,p. 57 et 58.
  14. Le Saint-Sacrement de Miracle : Des reliques nationales ?, Barbara Frère, Centre interdisciplinaire d’étude des religions et de la laïcité (CIERL).
  15. Dictionnaire de la spiritualité, fascicules XXX-XXXI-XXXII, Beauchesne, Paris, 1961.

Voir aussi

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Articles connexes

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Bibliographie

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  • Jacques Sirmond,Disquisitio de azymo, semperne in altaris usu fuerit apud Latinos, Paris, 1651.
  • Claude de Vert,Dissertation sur les mots de messe et de communion, Paris, 1694.

Liens externes

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