LesHopis (contraction deHopitu-shinumu, « le peuple de la paix » enfrançais) font partie du groupeamérindien desPueblos d'Amérique du Nord, voisins desNavajos, desPapagos, et desZuñis. Les Hopis vivent dans le nord-est de l'Arizona, dans la région desFour Corners, une région très aride. Dans des textes anciens, le peuple est souvent appelé Moki ou Moqui[2].
On recensait 7 494 Hopis répartis en sept pueblos en 1775[3], alors qu'il n'y en avait plus que 6 500 en 1990.
La langue hopie fait partie deslangues uto-aztèques. Il existe un dictionnaire de la langue, qui est parlée par 80 % de la population (1990), soit 5 264 personnes sur 6 500.
Dans les années 1930, le linguisteBenjamin Lee Whorf écrivit que la langue Hopi n'avait aucun mot pour exprimer le temps, ce qui suggérait que ce peuple avait une perception du temps différente de celle des Européens[4].
Le récit des origines du monde des Hopis raconte la création qui s'est faite par étapes :
le premier monde Tokpela (l'espace infini). À partir de l'infini, le créateur Taiowa créa le monde fini avec les terres, les animaux et des humains. Quand les humains sont devenus mauvais, ce monde a été détruit par le feu. Les hommes épargnés ont été guidés vers un nouveau monde au-dessus ;
Tokpa (minuit sombre) le deuxième monde, qui a finalement été couvert de glace après que les hommes ont grimpé au troisième monde ;
Kuskurza (la signification du terme s'est perdue), ce troisième monde auquel sont associées la direction et la couleur rouge a été englouti sous les eaux. Les hommes ont dû chercher eux-mêmes le passage vers un nouveau monde ;
Tuwaqachi (le monde entier) le quatrième monde est celui que les humains habitent toujours, sa direction est le nord, sa couleursikyangpu un jaune-blanc[5].
Uneprophétie prédit la fin de ce quatrième monde, les survivants grimperont vers un cinquième[6].
Il semble que les Hopis soient venus du sud vers leVIIIe siècle pour s'installer dans l'actuelArizona. Entre 700 et 1100, ils ont construit ou emménagé dans lespueblos deMesa Verde,Chaco Canyon, Aztec, Wupatki, Betakin et Keel Seek où l'on trouve leurs signes declans sur des murs. Pendant les grandessécheresses de 1276 à 1299, la plupart de ces pueblos ont été désertés. C'est durant la même période que les villages sur les troismesas ont été fondés.
Quand auXVIe siècle lesConquistadors arrivent sur le territoire des Hopis, ces derniers les accueillent amicalement. Ainsi, en 1583, ils mettent des guides à la disposition de l'expédition d'Antonio de Espejo et, en 1598, ils se soumettent au gouverneur espagnolJuan de Oñate.
En 1629, des missionnairesfranciscains s'installent àOraibi. Les missionnaires catholiques sont une des causes de larévolte des Pueblos en. Les églises sont détruites, tout comme les bâtiments du gouverneur àSanta Fe. Les Espagnols se retirent provisoirement au Mexique jusqu'en 1692. Quand ils reviennent dans la région, ils apportent des moutons, bœufs et chevaux.
C'est à cette période qu'un nouveau peuple nomade arrive du nord, lesNavajos, que les Hopis appellent Tasavuhta (ceux qui fracassent le crâne). Comme les Navajos volent les récoltes et le bétail des Hopis, il y a des conflits constants entre les deux peuples qui durent jusqu'auXXe siècle.
En 1868, le gouvernement américain autorise les Navajos qui ont survécu à la « longue marche » à s'installer sur une partie de leur ancien territoire, sur la mêmeréserve que les Hopis. À leurs yeux, un Indien équivalait à un autre et on ne tenait pas compte des tensions préexistant entre les deux peuples[7].
En1974, le16e Karmapa rendit visite aux indiens Hopis dans l'Arizona. Selon Mick Brown, ils s'échangèrent deux bagues en argent, turquoise et corail comme présent, qui, à la surprise des personnes présentes, étaient identiques. Un représentant des Hopis ayant déclaré au Karmapa qu'ils souffraient d'une sécheresse, ce dernier répondit qu'il prierait pour cela, ce qu'il fit dans la voiture qui le ramenait au motel. Au moment où il en sortit, un orage se déclencha, d'un ciel initialement sans nuage[8].
Laréserve des Hopis (couleur violet) entièrement entourée par la réserve desNavajos.
La réserve des Hopis est à l'intérieur de la réserve Navajo. D'abord il s'agissait d'une seule réserve. En 1882 un territoire rectangulaire distinct fut attribué aux Hopis. Toutefois de nombreux Navajos continuaient à y habiter. Pendant longtemps une partie du territoire était attribué à une gestion commune des Hopis et Navajos (Navajo-Hopi Joint Use Area) (depuis 1936). Les conflits qui en résultaient ont seulement été réglés en 2009[10].
La société Hopi estmatrilinéaire,matrilocale etexogame. Elle est organisée enclans avec desphratries. Les clans les plus importants étaient ceux des ours, des perroquets, des aigles, et des blaireaux[11].
Après le mariage, l'homme emménage chez sa femme. C'est elle qui est propriétaire du logement et des terres. Les clans ont leurs rituels spécifiques et leurs objets. Ils sont réglés par leskivas, sociétés ayant la responsabilité des très nombreuses cérémonies qui rythment l'année.
Le chant de l'aigle.
Les rituels qui impliquent deskatchinas, souvent plus de trente différents, ont tous lieu entre lesolstice d'hiver et le solstice d'été, et durent plusieurs jours[12]. Par exemple, en février, on célèbre Powama[13] (la danse du Haricot). Durant seize jours, les danseurs masqués priaient les esprits katchinas de la pluie pour avoir de bonnes récoltes.
Les filles en âge de se marier portaient une coiffure très élaborée comportant desmacarons. Les mères des promis se lavaient les cheveux ensemble dans le même récipient pour sceller l'union.
La future mariée hopi passait d'abord trois jours à moudre du grain chez ses beaux-parents. Après la célébration, elle attendait sa tenue de mariage, tissée par son futur mari et les hommes de sa belle-famille. Elle rentrait ensuite chez elle avec sa parure rangée dans un étui en roseau.
Le jour de son mariage, le garçon hopi se parait de colliers de perles.
À leur mort, les femmes étaient enterrées dans leur robe de mariée afin d'être convenablement vêtues pour rejoindre le monde des esprits.
Les Hopis sont très prolifiques en symboles. Ils utilisaient notamment lasvastika pour représenter les pérégrinations des clans. Au début de laSeconde Guerre mondiale, les Hopis renoncèrent officiellement à son usage sur leurs objets usuels et créations artistiques.
Kyle Kootswaytewa inspectant un plan de maïs hopi.
Les Hopis sont un peuple d'agriculteurs, vivant dans un pays aride. Leurs cultures étaient adaptées à cet environnement désertique, où il faut tenir compte des chemins d'écoulement des eaux de pluie pour l'irrigation naturelle.
L'agriculture, l'élevage et l'artisanat sont des activités importantes pour les Hopis. Leurs cérémonies marquent les différentes phases du cycle agricole. Pour les Hopis, l'agriculture a été un mode de vie à part entière.
Le maïs bleu des Hopis a l'avantage de pousser même en zone aride. Pour éviter le dessèchement, les Hopis plantent sa graine à 30 cm de profondeur.Différentes variétés de maïs Hopi.
La culture dumaïs bleu (mais aussi blanc, rouge, violet, jaune) occupe une place importante dans la société et la culture hopi. Ces variétés étaient toutes adaptées à leurs conditions difficiles de culture (sol pauvre sablonneux, absence defertilisation). Le type d'épi est long (30-40gr), 12-14 rangs, structure farineuse à légèrement cornée.
Maïs hopi bleu, couleur de base dans leurs légendes. Ce maïs est particulièrement destiné au « piki bread », latortilla extrafine de maïs bleu. En fait il y a des sous-variétés du bleu foncé au gris. On en fait des gâteaux, des tamales et toutes sortes de préparations à base de farine.
Maïs blanc : en général plus denté, destiné auxhominy = grains cuits et débarrassés de leur peau puis séchés et utilisés pour faire le fameux « posole », soupe-ragoût à la viande, le cassoulet hopi ! Autres préparations à base de farine.
Maïs rouge : souvent rayé ou de couleur variable. Piki bread aussi.
Le compositeurJon Appleton a composéHopi, la naissance du désert, commande de l'aden 06 pour les Rencontres des Chorales d'enfants à Nice et Cannes en 1993. La pièce a été mise en scène par la Compagnie Pupella-Noguès (Joëlle Noguès et Giorgio Pupella) avec des reproductions des poupées Kachina et des silhouettes de théâtre d'ombre. La direction musicale était de Alain Jutard. Le spectacle a été présenté dans les théâtres de Nice Akropolis et du Palais des Festivals de Cannes en juin 1993.
La bande dessinéeL'université des chèvres met en scène un instituteur itinérant d'origine française qui intègre la société des hopis auXIXe siècle.