Minden emberi lény szabadon születik és egyenlő méltósága és joga van. Az emberek, ésszel és lelkiismerettel bírván, egymással szemben testvéri szellemben kell hogy viseltessenek.
Sur les 12,6 millions de locuteurs du hongrois, 9,8 millions vivent en Hongrie[1], où le hongrois estlangue officielle. Cette langue a le même statut en Slovénie (6 243 Magyars)[5], à côté duslovène, dans les localités où il y a des « communautés nationales » hongroises[6]. Quant à l'importance du nombre de locuteurs, le deuxième pays est la Roumanie, avec 1 259 914 locuteurs de langue maternelle[7]. Dans ce pays, le hongrois peut être utilisé dans l'administration locale, dans les localités où le poids des personnes appartenant à la minorité hongroise dépasse les 20 %[8]. En Serbie (243 146 locuteurs)[9], dans la province deVoïvodine, le hongrois est dit « d'usage officiel » dans les localités où la population magyarophone atteint 15 % de la population totale[10]. En Slovaquie (458 467 Magyars)[11], en Ukraine dans la région deTranscarpathie (161 618 locuteurs)[12], en Autriche (25 884 locuteurs)[13] et en Croatie (10 231 locuteurs)[14], le hongrois est unelangue minoritaire reconnue.
En dehors des pays voisins de la Hongrie, où lesHongrois ont un statut deminorité nationale, il y a beaucoup de locuteurs de hongrois dans ladiaspora. Les communautés les plus nombreuses se trouvent aux États-Unis (86 406)[15], au Canada (57 515)[16] et en Israël (70 000)[17].
La plus longue des troisphrases en hongrois contenues dans la charte de fondation de l'abbaye de Tihany (1055) :feheruuaru rea meneh hodu utu rea (lieu-dit « en montant jusqu'à la grand-route deFehérvár »).
AuXIXe siècle, lalangue nationale unitaire est formée et les normes de lalangue standard sont fixées par des lettrés adeptes du mouvement appelé « renouveau de la langue », qui tend à éliminer les influences latines etallemandes, ainsi que par les ouvrages normatifs de la Société scientifique hongroise. D'abord entre 1844 et 1849, puis définitivement en 1867, le hongrois devient langue officielle.
Le systèmephonologique du hongrois standard est formé de sept paires devoyelles, une brève et une longue par paire, et de25consonnes, chacune pouvant être brève ou longue. L'opposition brève – longue a une valeur fonctionnelle : lesens des mots peut être différencié par la quantité d'une voyelle ou d'une consonne.
Le hongrois se caractérise par l'harmonie vocalique, c'est-à-dire, en général, un mot ne contient que des voyelles ayant un certain trait : elles sont, sauf exception, soitantérieures, soitpostérieures.
En hongrois, l'accent esttonique (appelé aussi d'intensité), plus marqué qu'enfrançais. Les mots relativement longs peuvent comporter plusieurs accents, dont l'un principal. L'accent unique ou principal frappe toujours la première syllabe des mots.
L'écriture du hongrois estphonémique dans une grande mesure. Sauf de rares exceptions, ungraphème correspond toujours au même phonème.
Quelques signesdiacritiques sont utilisés pour des graphèmes notant des voyelles : l'accent aigu servant à noter les voyelles longues (á,é,í,ó,ú), letréma (ö,ü) qui définit d'autres voyelles courtes (lesvoyelles arrondies antérieures, inexistantes en latin) et ledouble accent aigu (ő,ű) qui note leurs homologues longues et qui peut donc être considéré comme un tréma long, puisqu'il ne modifie que lalongueur d'une voyelle à tréma.
Certaines consonnes sont notées à l'aide dedigrammes ([t͡ʃ] –cs, [d͡z] –dz, [ɟ] –gy, l'une des graphies de [j] –ly, [ɲ] –ny, [s] –sz, [c] –ty et [ʒ] –zs) ou d'untrigramme ([d͡ʒ] –dzs).
A a, Á á, B b, C c, Cs cs, D d, Dz dz, Dzs dzs, E e, É é, F f, G g, Gy gy, H h, I i, Í í, J j, K k, L l, Ly ly, M m, N n, Ny ny, O o, Ó ó, Ö ö, Ő ő, P p, Q q, R r, S s, Sz sz, T t, Ty ty, U u, Ú ú, Ü ü, Ű ű, V v, W w, X x, Y y, Z z, Zs zs.
Du fait que le hongrois est unelangue agglutinante, elle se différencie deslangues indo-européennes, mais se rapproche d'autres langues de sa famille, et même de langues d'autres familles encore, comme leturc ou lejaponais. Le caractère agglutinant consiste en ce que lesmorphèmes sont desaffixes (préfixes et suffixes) qu'on attache aux motsradicaux, souvent plusieurs suffixes l'un après l'autre, de façon que les limites entre eux restent nettes, chacun correspondant à un seul traitsémantique ou fonctionnel.
Les linguistes qui étudient le hongrois utilisent des termes différents pour les différents types de suffixes. Le suffixedérivatif s'appelleképző et les suffixes grammaticaux sont de deux sortes. Ceux qui s'ajoutent à un radical ou à un suffixe dérivatif et peuvent être suivis d'un autre suffixe grammatical, s'appellentjel « marque, signe ». De tels suffixes sont ceux qui indiquent lepluriel, et les suffixes possessifs. Ceux qui expriment lescas grammaticaux et ceux qui indiquent lapersonne duverbe, c'est-à-dire lesdésinences, s'appellentragok (au singulierrag). Ils se distinguent des autres types de suffixes par le fait qu'il est impossible de leur attacher un autre suffixe.
Les suffixes se succèdent en un ordre qui suit des règles précises. Par exemple, dans le cas desnoms, les suffixes dérivatifs s'attachent au radical du mot ou à un autre suffixe dérivatif, étant suivis des suffixes grammaticaux, dont le suffixe casuel est toujours le dernier. Il peut être précédé de :
le suffixe-k marquant le pluriel sans idée de possession :ember « homme » +-ek →emberek « hommes » +-nek →embereknek « à des hommes » ;
le suffixe personnel appliqué à l'objet possédé :ember +-em →emberem « mon homme » + -nek →emberemnek « à mon homme » ;
le suffixe marquant le possesseur :az ember +-é → « celui/celle de l'homme » +-t →az emberét « celui/celle de l'homme » à l'accusatif,az emberemét « celui/celle de mon homme » (accusatif),az embereimét « celui/celle de mes hommes » (accusatif),az embereiét « celui/celle de ses hommes » (accusatif).
Concernant le verbe, les grammaires du hongrois prennent en compte lestraits grammaticaux suivants :diathèse,mode,temps,nombre (singulier et pluriel) etpersonne. Par rapport au français, tout comme pour les autres types de mots, il manque au verbe legenre.
En général, on prend en compte cinq catégories de verbes correspondant plus ou moins aux diathèses des grammaires d'autres langues : actifs, factitifs, réfléchis, réciproques, passifs, moyens et potentiels[21].
Dans les grammaires du hongrois, on considère comme des modes verbaux seulement ce qu'on appelle « modes personnels » dans les grammaires du français, soit l'indicatif, leconditionnel et l'impératif.
Le conditionnel a les temps présent et passé. Il peut aussi avoir une valeur d'optatif.
L'impératif n'a qu'une seule forme temporelle. Les grammaires hongroises considèrent qu'il comporte toutes les personnes, ayant aussi les valeurs dusubjonctif français.
Les formes qui, en grammaire française, sont considérées comme des « modes impersonnels », ne sont pas vues comme des modes en grammaire hongroise mais comme des formes nominales du verbe :
L'infinitif hongrois n'a qu'une seule forme. Il présente la particularité de pouvoir être conjugué, c'est-à-dire de recevoir des suffixes personnels, les mêmes que reçoit l'objet possédé.
Leparticipe a trois temps : présent, passé et futur.
Une caractéristique importante du système verbal hongrois, c'est l'existence de deux séries deconjugaison pour lesverbes transitifs directs : une conjugaison appelée « objective » (ou « définie »), et une autre dite « subjective » (ou « indéfinie »).
Le nom ne peut exprimer que le genre naturel, legenre grammatical n'étant pas indiqué en hongrois.
Il comporte aussi letrait grammatical du nombre, bien que le pluriel ne soit pas toujours exprimé par le même suffixe. La marque du pluriel des noms en général est-k, alors que celle des objets possédés est-i :a gyerekek « les enfants » maisa gyerekei « ses enfants ».
En général, on considère que leparadigme casuel hongrois comprend18cas. Le système casuel du hongrois est très riche pour ce qui est de l'expression des rapports spatiaux, ayant trois cas différents pour faire la différence entre le lieu où unprocès a lieu, celui vers lequel un déplacement est effectué et celui depuis lequel un déplacement est effectué. Exemple :a házban van « il/elle est dans la maison » –bemegy a házba « il/elle entre dans la maison » –kimegy a házból « il/elle sort de la maison ».
Le hongrois n'ayant pas d'adjectif possessif, la possession est exprimée à l'aide de suffixes, certains qui sont ajoutés à l'objet possédé et deux autres qui s'appliquent au possesseur. Les constructions par lesquelles on exprime la possession, le possesseur et l'objet possédé étant exprimés par des noms, sont les suivantes :
Exemple
Structure
Traduction littérale
az ember háza « la maison de l'homme »
le possesseur sans suffixe + l'objet possédé avec un suffixe personnel
« l'homme maison sa »
Az embernek van háza « L'homme a une maison »
le possesseur avec le suffixe-nak/-nek + le verbevan « être » + l'objet possédé avec le suffixe personnel de la3e personne
« à l'homme il y a maison sa »
A ház az emberé « La maison est à l'homme »
l'objet possédé sans suffixe + le possesseur avec le suffixe-é (le verbevan étant omis)
« la maison à l'homme »
L'adjectif qualificatif présente la particularité de ne pas s'accorder en nombre dans la fonction d'épithète, mais seulement dans celle d'attribut.
Le numéral cardinal a généralement deux formes, par exemplehárom ethármas « trois ». La première est utilisée pour compter, en tant quecomplément d'un nom ou lorsque ce nom est sous-entendu, ainsi que pour désigner unchiffre dans unnombre. La deuxième forme est l'appellation du chiffre en cause ou du nombre dont ce chiffre est l'unité. Les grammaires hongroises incluent dans la classe des numéraux ce qu'elles appellent « numéraux indéfinis », telssok « beaucoup »,kevés « peu »,számos « nombreux, -euse », etc. Le numéral peut aussi prendre des formes adverbiales si on lui ajoute certains suffixes :öten « cinq » (le nombre de personnes participant à une action),kettesben « à deux » (l'intimité de personnes limitée au nombre en question).
Le principal trait spécifique de l'adverbe hongrois par rapport au français, est un système triple d'expression du lieu, comme pour certains suffixes casuels : le lieu où un procès a lieu, celui vers lequel et celui depuis lequel un déplacement est effectué. Exemple :bent oubenn « dedans, à l'intérieur » (complément de verbes qui n'expriment pas le déplacement vers ou depuis un intérieur) –be « dedans, vers l'intérieur » (auprès de verbes qui expriment le déplacement vers un intérieur) –bentről « du dedans, de l'intérieur » (auprès de verbes qui expriment le déplacement depuis un intérieur).
Les grammaires du hongrois prennent en compte neuf espèces de pronoms : personnels, réfléchis, de réciprocité, possessifs, démonstratifs, interrogatifs, relatifs, indéfinis et généraux.
En fonction dutype de mots qu'ils remplacent, les pronoms sont classés en substantivaux, adjectivaux et numéraux.
Les adjectifs pronominaux ne sont pas distingués des pronoms.
Les pronoms personnels présentent une particularité notable. Seul l'accusatif est constitué de la forme de nominatif + le suffixe casuel spécifique. Les autres sont des suffixes casuels auxquels on ajoute les mêmes suffixes personnels que ceux appliqués à l'objet possédé. Exemple :én « je, moi »,nálam « chez moi »,velem « avec moi », etc.
À la différence du français, en hongrois il n'y a pas d'adjectifs possessifs, mais seulement des pronoms possessifs. La fonction des adjectifs est remplie par des suffixes ajoutés à l'objet possédé (voir plus haut#Le nom, l'adjectif et le numéral).
On considère comme desverbes auxiliaires non seulement ceux qui forment des temps verbaux composés, mais on prend également en compte des auxiliairesaspectuels,modaux etpragmatiques. On inclut dans la même classe lesverbes copulatifs. Il y a aussi des verbes appelés « quasi-auxiliaires », dont le sens grammatical est prédominant, mais ils ont aussi un sens lexical plus ou moins marqué. Ces verbes peuvent être, d'une part, des verbes demodalité et d'aspect, d'autre part, des verbes appelés « fonctionnels », utilisés en association avec des types de mots nominaux qui sont formellement leurs compléments.
Les formes nominales des verbes copulatifs sont considérées comme destypes de mots à part dans les grammaires du hongrois, au même titre que les formes nominales du verbe en général (voir plus haut#Le verbe).
Les postpositions sont des mots grammaticaux qui constituent l'un des moyens d'expression des fonctions syntaxiques qui s'appellent en grammaire du françaiscompléments d'objets indirects etcompléments circonstanciels. Elles correspondent généralement aux prépositions etlocutions prépositives du français (exemple :a faalatt « sous l'arbre »).
Les adjectifs dérivés de postpositions ne sont que formellement des adjectifs. Ils n'ont pas de sens lexical, mais remplissent la fonction des postpositions dont ils dérivent, formant des compléments de nom avec les noms après lesquels ils se placent (exemple :a faalatti pad « le banc sous l'arbre »).
Le seul mot hongrois qui fonctionne comme une préposition estmint « comme, en tant que », par exemple dansMint mérnök dolgozik « Il travaille comme ingénieur ».
Les verbes hongrois sont souvent munis de préfixes ayant une nature partiellement différente des préfixes que peuvent avoir les verbes français. D'un côté, les préfixes hongrois ont une fonction grammaticale et lexicale, d'un autre côté, ils doivent être séparés du verbe dans certains cas, voire parfois placés après celui-ci.
Les conjonctions hongroises ont la même fonction que celles du français.
La particule est, dans les grammaires du hongrois, « un mot grammatical qui ne peut accepter d'affixes, ne réalise de rapports ni morphologiques nisyntaxiques avec d'autres mots, ne peut être terme de la phrase simple […]. Elle a la fonction d'effectuer des opérations sur l'affirmation de la phrase […] ; elle exprime un rapport modal, l'attitude du locuteur (sa façon de se rapporter d'un point de vueaffectif, volitif,axiologique, ou bien elle marque la réaction du locuteur à la situation decommunication ou à une composante de celle-ci […]. »[22].
Les articles pris en compte par les grammaires hongroises sont l'article défini et l'article indéfini, qui ont les mêmes fonctions qu'en français.
À la différence des grammaires du français, dans celles du hongrois les mots de négation ne sont pas inclus dans la classe des adverbes, mais forment une classe à part dans la catégorie des mots grammaticaux.
Cette catégorie de mots, qui ne comprend pas les verbes, se caractérise par leur capacité à constituer à eux seuls une phrase simple.
Outre les interjections et les onomatopées, présentes également dans les grammaires du français, les grammaires du hongrois prennent en compte deux autres classes de mots.
Les mots-phrases d'interaction sont utilisés pour interagir avec le destinataire de la communication. Cette classe comprend des formules de salutation (szervusz « salut »), des mots affirmatifs (igen « oui »), des mots négatifs (nem « non ») et des mots injonctifs (rajta! « allez ! »).
Les modalisateurs ne participent à des rapports syntaxiques avec aucun terme de la phrase simple, mais indiquent l'attitude du locuteur à l'égard du contenu de l'énoncé entier où ils sont utilisés. Ce sont celles des particules (voir plus haut Les mots grammaticaux) qui peuvent constituer à elles seules une phrase simple. De tels mots sonttalán « peut-être »,valószínűleg « vraisemblablement »,esetleg « éventuellement »,állítólag « on le dit », etc.
Nous présentons la syntaxe du hongrois à l'aide de laterminologie hongroise transposée en français. Les fonctions syntaxiques dans la phrase simple sont le verbe, lesujet, l'objet, le complément de lieu, de temps, numérique, d'état, d'origine, de résultat, d'accompagnement, de manière, de cause, de but, de relation, de degré/mesure, de moyen, d'attribution et de comparaison, les compléments asémantiques (ou permanents) et l'épithète[23].
L'épithète se place devant le terme déterminé et ne s'accorde pas avec celui-ci.
Dans la phrase simple, l'ordre des mots est très varié, en fonction du mot ou dusyntagme qu'on veut mettre en relief.
Les propositions coordonnées peuvent être liées entre elles parjuxtaposition ou par une conjonction. La coordination peut être copulative, adversative, disjonctive, consécutive ou explicative[24].
Une caractéristique importante des propositions subordonnées en hongrois est qu'elles ont très souvent un antécédent exprimé par un pronom dans laproposition principale, et la subordonnée complète cet antécédent.
Dans la phrase complexe hongroise il peut y avoir des subordonnées sujet, prédicat, objet, des subordonnées compléments (de lieu, temporelle, numérique, d'état, d'origine, de résultat, d'accompagnement, de manière, de cause, de but, de relation, de degré/mesure, de moyen, d'attribution, de comparaison), des subordonnées compléments permanents, des subordonnées à contenu sémantique spécial (consécutive, conditionnelle, concessive et comparative) et des subordonnées épithète[25].
Lelexique hongrois provient principalement (80 %) de formations lexicales internes, le reste étant constitué de mots hérités (8 %) et d'emprunts (7 %). L'étymologie de 5 % du vocabulaire reste inconnue[26].
Les moyens internes d'enrichissement du lexique sont de loin les plus utilisés. Parmi ceux-ci, les plus productifs sont la création spontanée de mots (interjections, mots onomatopéiques, créations expressives), la formation spontanée de mots pardérivation et parcomposition, ainsi que la création consciente de vocables par les deux derniers procédés. Par rapport au français, la composition spontanée et la création consciente ont une importance beaucoup plus grande.