Cet article est uneébauche concernant leMinnesota.
L'histoire du Minnesota est tributaire des colons venus du Canada, qui ont contribué très tôt à son développement, comme le découvreurLouis Hennepin et le trappeurPaul Parrant.

.
En1679, le FrançaisCavelier de la Salle explore leMississippi et arrive dans l'actuel état du Dakota du Nord et surnomme la région « L'étoile du Nord » qui deviendra par la suitela devise de l'état du Minnesota, voisin desGrandes Plaines du Dakota[1]. Le Minnesota n'existe alors pas encore sur les cartes.La mainmise de la France sur ce territoire commença dès1680 après l'expédition deLouis Hennepin. D’après le récit de ceprêtrefranciscain de la congrégation desRécollets),missionnaire et explorateur, il descend avec ses deux compagnons,Michel Accault et Antoine Auguel dit Le Picard Du Guay, la rivière Illinois jusqu’au Mississippi. Ils remontent alors le Mississippi jusqu’à l’emplacement de l’actuelle ville deMinneapolis où la chute d’eau est baptisée « Saut Saint Antoine ». Le, ils sont faits prisonniers desSioux près de l’embouchure de l’Illinois. En juillet, Daniel Greysolon Duluth négocie leur libération.
À la suite dutraité de Paris découlant de laguerre de Sept Ans en1763, la zone duMinnesota actuel, à l'ouest du Mississippi et au sud de labaie d'Hudson, fut cédée à l'Espagne. La partie de la ville actuelle de Minneapolis située à l'est du Mississippi fut transférée à l'Angleterre également à l'issue du traité de Paris de1763.
Deux décennies plus tard, cette portion de terre, qui abrite une partie du Minnesota, mais aussi de Minneapolis, fut remise aux États-Unis après l'indépendance du pays. Faisant partie de laNouvelle-France, le territoire ouest de Minneapolis revint brièvement sous contrôle français en1803 avant d'être intégré définitivement dans lesÉtats-Unis à la suite de lavente de la Louisiane.

En1805, le généralJames Wilkinson, gouverneur du territoire deHaute-Louisiane, ordonne au lieutenantZebulon Pike de trouver la source duMississippi, dans le sillage de l'expédition Lewis et Clark, qui avait suivi laMissouri vers le nord-ouest depuisSaint Louis.Zebulon Pike achète 400 km2 de terres sur le lieu du futurFort Snelling, auconfluent duMinnesota et duMississippi dans lecomté de Hennepin. Mais il faudra attendre une décennie avant la première implantation significative dans cette région. LeFort Snelling, construit entre1820 et1825, est tout d'abord nomméFort St. Anthony. Le terrain qu'occupait le fort correspond aujourd'hui à la totalité de Minneapolis et à la moitié deSaint Paul.
Le colonelJosiah Snelling donnera son nom au fort, après l'avoir quitté en septembre1827 lorsqu'il fut rappelé àWashington pour raisons de santé.fort permettait la surveillance duconfluent du Mississippi et du Minnesota. Le périmètre de sécurité sous son contrôle était interdit à toute implantation civile.

À ses débuts, beaucoup de nouveaux colons étaient desCanadiens, parmi lesquelsPierre Parrant, un trappeur et commerçant en fourrures né àSault Ste. Marie en 1777. Lorsque le commerce d'alcool fleurit, les officiers militaires américains leur interdirent de vivre trop près deFort Snelling. Pierre Parrant acheta une caverne et implanta une taverne qui fut la fondation de la ville deSaint Paul (Minnesota). Dès 1840, la communauté canadienne en fait un centre de commerce et une destination des colons qui émigrent vers l'ouest. En 1841, le père Lucien Galtier fut envoyé comme chef spirituel des canadiens catholiques et construisit une "chapelle Saint-Paul", son saint favori, au-dessus du plateau Lambert. L'établissement prit ainsi le nom de Saint-Paul et la chapelle devint laCathedral of St Paul. Ce n'est qu'en1850 que le tout premier non-militaire fut autorisé à s'installer plus près du fort. Il s'agissait deJohn H. Stevens qui avait obtenu ce droit en échange de son offre d'un service debac à travers les fleuves pour relier à Saint Anthony. Symboliquement, il est considéré comme le premier résident du territoire occupé aujourd'hui par Minneapolis. En1852, leprésidentMillard Fillmore approuva un acte duCongrès accordant une réduction de la surface sous protection de Fort Snelling, ouvrant alors la partie à l'ouest du fleuve aux implantations civiles. La même année, fut créé lecomté de Hennepin nommé en l'honneur du père Louis Hennepin qui l'a découvert.
Le territoire du Minnesota fut établi en 1849 et Saint-Paul devint sa capitale, deux ans avant letraité de la Traverse des Sioux. Signé en1851 entre la Nationamérindienne desSioux et les États-Unis, le texte dépossédait les tribus amérindiennes de nouveaux territoires au profit des colons américains, permettant l'immigration et la création dans la foulée du nouveau territoire. Il ne compte alors que trois villes :Saint Paul, St. Anthony (maintenant partie deMinneapolis) etStillwater. Les principales institutions du territoire étaient divisées entre les trois: capitole pourSaint Paul ;université du Minnesota pour Minneapolis et prison territoriale pour Stillwater[2].
En 1857, on vota pour déplacer la capitale à Saint-Pierre. Cependant, Joe Rolette, un administrateur, cacha le texte de la requête, et le, l'État du Minnesota devint le trente-deuxième état des États-Unis, avec Saint-Paul comme capitale. Lors de l'élection présidentielle de 1856, il fait partie des trois nouveaux états, avec l'Iowa et leWisconsin, dont la population, agricole et industrielle, vote avec laNouvelle-Angleterre pour le candidat républicain Fremont, contre le sud esclavagiste[3].
Lors de laguerre de Sécession (1861-1865), le Minnesota fait partie de l’Union (nordistes).
La paroisse St Louis est fondée en 1868 par un architecte français, très en vue à cette époque, Emmanuel Louis Masqueray[4]. Bien que son église soit plus petite que la cathédrale St Paul ou la basilique St Mary, situées à Minneapolis et réalisées elles aussi par le même architecte, Masqueray avait une préférence pour cet édifice, qu'il surnommait sa « petite perle ».
La présence historique desCanadiens et desFrançais se retrouve dans la devise de l'État enfrançais dans le texte : « L'étoile du Nord[5],[6],[7] ».
Irma Levasseur, première femme médecin, y fut formée avant de retourner pratiquer auQuébec et enEurope. Elle fait ses études de médecine à l'Université Saint-Paul du Minnesota car les universités québécoises refusent systématiquement les femmes dans leurs salles de cours, ce qui permet, de 1900 à 1903, de pratiquer la médecine aux États-Unis avant de pouvoir le faire dans son pays au Canada. Ainsi, en1907, avec l'aide deJustine Lacoste-Beaubien, et de médecins qu'elle a recrutés (dontSéverin Lachapelle), Irma Levasseur fonde l'hôpital Sainte-Justine deMontréal dans un bâtiment résidentiel de larue Saint-Denis.

Les immigrants scandinaves, russes et ukrainiens du pourtour desGrands Lacs tentent d'yfaire pousser des « blés durs », d'hiver et de printemps, venus d'Ukraine et deRussie, plus résistants aux rudes hivers.
En1866, Cadwallader Washburn créé àMinneapolis, sur les rives duMississippi, un moulin qui deviendra la multinationaleGeneral Mills et en1869,Charles Pillsbury prend des parts dans un autre moulin deMinneapolis, apposant quatre « X » sur ses sacs de farine, pour souligner leur qualité. Cadwallader Washburn envoie William Hood Dunwoody ouvrir le marché du blé de printemps enAngleterre, en1877, mais une violente explosion détruit son moulin l'année suivante. Il remplace alors les meules traditionnelles en pierre par des rouleaux métalliques automatiques, produisant une farine plus nourrissante. Minneapolis devient la « capitale des minoteries » et dépasse sa rivaleSaint-Louis (Missouri) en tonnage de farine vendue dès 1881[8], l'année qui voit la création duMinneapolis Grain Exchange par 21 professionnels des céréales. Deux ans plus tard fut lancé le premiercontrat à terme sur le blé dur rouge de printemps, cultivé en particulier dans la province du Saskatchewa, canadienne. En 1900, Minneapolis devient la capitale mondiale du blé[9]. LeMinneapolis Grain Exchange sera le premiermarché à terme au monde à proposer un système decompensation, permettant d'augmenter les volumes échangés, à bien moindre coût et avec une plus grande sécurité de transaction. Grâce aux géants du rail basés sur les ports du lac Michigan, qui desservent leMinnesota, leWisconsin et le pourtour desGrands Lacs, la production de blé à l'ouest du Mississippi assure 65 % de l'offre américaine dès 1899 et 90 % dès 1909.
Le Minnesota vote à partir de 1885 une série de lois qui régulent le commerce du grain, de manière à garantir des standards de qualité pour l'entreposage et le transport ferroviaire. Des « inspecteurs d'État » sont chargés d'en faire la surveillance, ce qui permet de définir des "grades" pour les blés qui transitent par l'État, ou bien y sont produits. Ces grades sont connus dans tout le pays mais aussi sur les marchés internationaux et assurent le succès duMinneapolis Grain Exchange, bientôt obligé de faire construire un nouveau bâtiment pour s'agrandir, entre 1900 et 1902. Une commission indépendante est chargée d'étudier l'impact et l'application de ces lois. Dans un rapport de 1888, elle estime que "les lois sur les céréales ont révolutionné l'activité dans les céréales dans le nord-ouest" des États-Unis[10].
En1931, le chômage et la misère provoqués par laGrande Dépression entraînent des émeutes de la faim dans la ville deMinneapolis[11]. Comble de l'adversité, l'ouest du Minnesota, et le Dakota voisin, sont affectés par de sévères sècheresses entre 1931 et 1935. Les programmes de relance et d'assistance du New Deal se soucient alors de la misère des tribus amérindiennes en créant l'"Indian Reorganization Act" de 1934, leur donnant de l'autonomie pour s'organiser face à la crise[12]. Pour réhabiliterMinneapolis, où le crime organisé s'est développé au même moment, un vaste plan derenouvellement urbain prévoit la destruction d'environ 200 bâtiments insalubres, bien que certains aient parfois la chance d'avoir unearchitecture recherchée. C'est ainsi près de 40 % de laville qui disparaît dans cette vaste opération. L'un des plus regrettés d'entre eux fut leMetropolitan Building, plus connu sous le nom de « the Met » , détruit malgré de nombreux soutiens réclamant sa conservation. L'épisode génère une relative prise de conscience des habitantsMinneapolis et de leurs dirigeants concernant la préservation dupatrimoine de la ville.
En1952, de l'autre côté de la frontière, lacitoyenneté canadienne est accordée aux Premières Nations indiennes. Puis, en1968, nait le mouvement amérindien (American Indian Movement) àMinneapolis. Dans les années 1960, sous l'influence duRed Power, la région de Minneapolis a redécouvert l'héritage et la civilisation des Premières Nations et s'y est fortement intéressée.