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Histoire des Juifs en Serbie

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Lasynagogue de Novi Sad située dans l'avenue Jevrejska qui signifie « avenue des Juifs »

Les premiersJuifs arrivèrent sur le territoire de l'actuellerépublique de Serbie à l'époque de l'Empire romain. Mais les communautés juives desBalkans ne prirent de l'importance qu'à la fin duXVe siècle, lorsque les Juifs, fuyant l'Inquisition en Espagne et auPortugal, trouvèrent refuge dans les régions contrôlées par lesOttomans et notamment en Serbie, alors en grande partie sous domination turque.

Les communautés s'y développèrent jusqu'à laPremière Guerre mondiale, mais elles furent presque anéanties par les Allemands lors de laShoah pendant laSeconde Guerre mondiale. Les crimes commis pendant l'Holocauste ont été des actes commis par lesfascistes allemands, hongrois, croates et bulgares[1]. Les Serbes sont l’un des rares peuples qui, dans son histoire millénaire, n’a jamais persécuté ou anéanti les Juifs[réf. nécessaire].

Lacommunauté juive de Serbie compte actuellement moins de 800 membres.

Histoire de la communauté

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Les premiers Juifs arrivèrent dans la région dès l'époque romaine. Cette présence est attestée par les rares documents d'avant leXe siècle et d'autres, partiels jusqu'auXVe siècle.

La période ottomane

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La communauté juive de Serbie prit de l'importance auxXVe etXVIe siècles, avec l'arrivée de Juifs qui, venus d'Espagne et du Portugal fuyaient l'Inquisition. Le sultanBayezid II les accueillit dans l'Empire ottoman, où ils se livrèrent à diverses activités marchandes et, notamment au commerce du sel[2]. Les bonnes relations entre Juifs etSerbes permirent à la communauté de prospérer et, au tournant duXIXe siècle, beaucoup de marchands juifs parcouraient les routes commerciales de l'Empire[3].

LeXIXe siècle

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Lasynagogue de Belgrade

Le début duXIXe siècle vit les Serbes s'affranchir de la tutelle ottomane : unepremière révolte (1804-1813) puis uneseconde révolte (1815) permirent à la Serbie de gagner son autonomie (laSublime Porte la reconnut officiellement en1830). Au cours de ces rébellions, de nombreux Juifs soutinrent les Serbes dans leur combat, notamment en leur procurant des armes. Cet engagement valut à la communauté des représailles de la part des Turcs ottomans[2].

Le nouveau gouvernement serbe manifesta une certaine hostilité à l'encontre de la communauté juive et, en1831, il fut interdit aux Juifs d'exercer certaines professions. Le sort des Juifs connut une brève amélioration sous le premier règne du princeMichel III Obrenović (1839-1842), mais les dispositions à l'encontre des Juifs furent réactivées par le princeAlexandre Karađorđević (1842-1858).

En1858, la dynastie desObrenović revint au pouvoir. Le princeMiloš assouplit les restrictions imposées aux marchands juifs, mais trois ans plus tard, en1861, le princeMichel III, de retour aux affaires, mit en place une nouvelle politique restrictive à l'encontre des Juifs[2].

Ces fluctuations dans la politique à l'égard de la communauté juive durèrent jusqu'à la fin duXIXe siècle, quand, en1889 la Serbie devint une monarchie parlementaire et que leParlement de Serbie leva toutes les restrictions contre les Juifs[2].

LeXXe siècle

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Juifs dans les guerres de Serbie pour la liberté 1912-1918 (pdf)

Vers1912, la communauté juive de Serbie comptait environ 5 000 membres[2].

Après laPremière Guerre mondiale, laSerbie, avec leMonténégro et d'autres régions qui, avant la guerre, appartenaient à l'empire d'Autriche-Hongrie (Slovénie,Croatie etBosnie-Herzégovine), constituèrent leroyaume des Serbes, Croates et Slovènes, royaume qui, en1929, prit le nom deroyaume de Yougoslavie. La communauté juive deSerbie comptait alors environ 13 000 membres (dont 500 Juifs auKosovo)[4] ; elle se mêla alors aux autres communautés du nouveau royaume de Yougoslavie ; ces autres communautés, plus importantes, comptaient, elles, environ 51 700 membres. Dans l'entre-deux-guerres, toutes ces communautés connurent une période de prospérité.

Quartier juif de Belgrade,Nadežda Petrović, 1903

À la veille de laSeconde Guerre mondiale, 10 000 Juifs vivaient àBelgrade, dont 80 % parlaient leladino (les JuifsSéfarades) et 20 % parlaient leyiddish (les JuifsAshkénazes)[5].

La Shoah

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Enfants et adolescents de la communauté juive deRuma, années 1920
Article principal :Shoah en Serbie sous occupation allemande.

En Serbie, l'application de laSolution finale par lesnazis visant à l'élimination physique des Juifs eut lieu très rapidement et sans qu'il fût besoin d'organiser des convois de déportation vers les camps de la mort. Le processus qui concernait un relativement faible nombre de Juifs, on estime leur nombre à 16 000 avant guerre, était déjà achevé enmai 1942[6].

La plupart des hommes juifs de Belgrade qui ne périrent pas aucamp de concentration de Banjica furent décimés sur le site d'Autokomanda proche du centre-ville, àTopovske Šupe et àTrostruki Surduk.

Il y eut d'autres massacres dans le pays notamment àNovi Sad où plus de 800 juifs furent fusillés et jetés dans leDanube à l'hiver 1942.

Rassemblement de prisonniers juifs à Belgrade, avril 1941
Premières mesures antisémites
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Expositionanti-juive et anti-maçonnique au musée ethnographique de Belgrade, 2014

Cinq services eurent conjointement la responsabilité de cette opération, le commandement militaire, les affaires économiques chargées de l'aryanisation, le plénipotentiaire du ministère des affaires étrangères du Reich, la sécurité politique (SS) puis à la suite de sa création en le gouvernement fantoche du généralMilan Nedić[6].

Le se tint une réunion des quatre premiers services afin de trouver une solution au « problème juif et tsigane ». Ceci déboucha le sur une série de mesures : une définition du Juif fut établie, on ordonna le retrait des Juifs de la fonction publique et des professions libérales, on soumit les Juifs au port de l'étoile jaune et au travail forcé et l'on commença à recenser les biens juifs[6]. Cette dernière mesure conduisit à l'aryanisation des entreprises juives. Sur le total des fonds ainsi obtenus, l'Allemagne nazie en retint 60 % à titre de dommages de guerre, le reste allant au gouvernement Nedić[6].

Politique d'exécution des otages
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Localisation des camps de concentration auxBalkans durant la Seconde Guerre mondiale
Juifs arrêtés à Belgrade, avril 1941

Par ailleurs fut mise en place une politique de représailles faisant suite aux opérations de la résistance serbe qui était fort active . À cette fin on prit en otage des Juifs, des Tsiganes et des communistes que l'on menaçait d'abattre dans le cas où des Allemands étaient tués[6]. À la fin de l'été 1941 on organisa la rafle systématique des hommes juifs et on les regroupa dans deux camps, l'un àBelgrade et l'autre àŠabac[6]. Ces mesures, de grande ampleur à une époque où le processus d'élimination des Juifs n'en était, dans la plupart des pays, qu'à ses premiers balbutiements, attirèrent l'attention du ministère des affaires étrangères nazi qui envoya sur place le chargé de missionEdmund Veesenmayer. Le il envoya conjointement avec l'ambassadeur allemand à BelgradeFelix Benzler une dépêche à Berlin relatant que les Juifs se livraient au sabotage et au terrorisme et proposa que soient déportés 8000 hommes juifs jusqu'audelta du Danube enRoumanie par le moyen depéniches qui descendraient leDanube[6]. ÀBerlin cette option fut rejetée parJoachim von Ribbentrop, le ministre des affaires étrangères, qui argua que cette déportation ne pourrait se faire sans l'accord de la Roumanie, laquelle refuserait que l'on déverse cette quantité de Juifs sur son territoire[6]. Malgré l'envoi répété depuis Belgrade de notes demandant la déportation des Juifs, le ministère continua à refuser cette solution et demanda conseil à l'ObersturmbannführerAdolf Eichmann. Celui-ci préconisa de fusiller les Juifs[6]. Il fut alors décidé en haut lieu que laWehrmacht se chargerait de l'opération, ce qui contrastait avec la situation dans les territoires de l'Est, où lesEinsatzgruppen se chargeaient de cette besogne[6]. Le une action despartisans àTopola faisant 21 morts dans les rangs allemands donna lieu aux premières exécutions de grande ampleur[6]. On choisit 2 100 prisonniers juifs et tsiganes des camps de Belgrade etŠabac et on les fit fusiller, L'armée se chargea de la mise à mort tandis que les Einsatzgruppen vérifiaient qu'il s'agissait bien de captifs Juifs et Tsiganes[6].

Par la suite, c'est cette proportion de 100 fusillés pour chaque Allemand tué et 50 pour chaque blessé qui fut systématiquement appliquée[6]. Cette politique fut un "succès" ,conduisant au massacre de milliers de Juifs et Tsiganes. La solution finale était alors en bonne voie comme cela transparait dans une correspondance duStaatsratHarold Turner à l'un de ses amis auquel il écrit : « Ici le diable est lâché comme tu le sais sans doute » tout en relevant la contradiction qu'il y avait à exécuter des Juifs et des Tsiganes en représailles d'opérations conduites par les Serbes[6].

Élimination des femmes et enfants
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Monument àNovi Sad, dédié aux civils juifs et serbes tués lors du raid de 1942

Néanmoins cette politique n'était que partiellement efficace car elle laissait en vie femmes, enfants et vieillards que laWehrmacht rechignait à fusiller[6]. Par ailleurs, les exécutions en masse connues du public commençaient à susciter des condamnations de la part de certains États neutres[6]. On décida donc de transporter le restant des Juifs sur une île du Danube àMitrovica non loin de Belgrade[6]. On se rendit néanmoins compte que l'île était située en terrain inondable et l'on se rabattit sur le choix deZemun, ville située en face de Belgrade. À cette époque la ville était sous le contrôle du régimeoustachi croate qui accepta gracieusement de prêter le site. Il s'agissait d'un ancien parc d'exposition, aujourd'hui connu sous le nom deStaro Sajmište[7], qui fut rapidement transformé par l'Organisation Todt encamp de concentration[6].

Le, ordre fut donné de recenser tous les femmes et enfants juifs, opération achevée en décembre. On les transféra alors par vagues dans ce camp et le maire de BelgradeDragomir Jovanović fit envoyer des vivres, principalement des pommes de terre et des choux souvent pourris[6].

En, on fit venir spécialement de Berlin, un camion àgaz asphyxiant. Jusqu'au, Wilhelm Götz et Erwin Meyer[8], deux conducteurs SS, gazent pendant le transport des groupes de Juifs du camp[7] dans leur camion spécial de marqueSaurer. Tous les jours, excepté le dimanche et les jours de fête, le camion sortait du camp avec sa cargaison humaine, traversait par un pont laSave puis une fois sur la rive serbe, on branchait les tuyaux de gaz à l'intérieur du camion[6]. Le véhicule traversait alors Belgrade rempli de Juifs agonisants jusqu'à une zone de tir militaire, situé àJajinci[7], près de Belgrade, où des fosses communes avaient été creusées par des prisonniers serbes[6]. Le camp se vidait vite : en, de 5 000 à 6 000 personnes y étaient internées, tandis qu'en, on n'en comptait plus que 2 974[6]. Le l'opération était terminée et le camion fut réexpédié à Berlin avant de servir ultérieurement enBiélorussie[6].

En outre, plusieurs centaines de Juifs de Serbie sont conduits à la mort dans lecamp de concentration de Jasenovac, connu pour sa cruauté[9],[10].

Bilan
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Monument érigé àKladovo en 2002 et dédicacé aux Juifs persécutés et tués par les nazis. Les Juifs ont pu utiliser le port de Kladovo qui était leur seul voie versIsraël entre janvier et septembre 1940

Un total de 8 000 Juifs moururent dans le camp ou dans le fourgon, 15 000 Juifs trouvèrent la mort en Serbie si l'on prend aussi en compte les exécutions de représailles[6].

Emanuel Schäfer chef de laSS en Serbie rapporte qu'exception faite du cas des Juifs ayant contracté unmariage juif, il n'y avait plus de « problème juif » en Serbie (« keine Judenfrage mehr »)[pas clair]. EnHarold Turner laissait une note laconique à son nouveau supérieur indiquant « Serbie, seul pays où question Juifs et question Tziganes résolues »[6].

Justes parmi les Nations
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En 2010, la Serbie compte 128 Serbes, un Monténégrin et un Bosniaque honorés de la médaille de Justes parmi les nations, pour avoir sauvé des vies juives durant la Shoah[11].

La communauté après la guerre

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LaFédération des communautés juives de Yougoslavie' fut fondée aux lendemains de la Seconde Guerre mondiale, dans le but de coordonner les communautés de larépublique fédérale socialiste de Yougoslavie et pour militer en faveur du droit des Juifs à émigrer enIsraël[12]. La Fédération avait son siège àBelgrade, la capitale de la nouvelle république. Plus de la moitié des survivants firent le choix de partir enIsraël.

La communauté juive deSerbie, comme celles de toutes les républiques formant la République fédérale, faisait partie de la Fédération des communautés juives de Yougoslavie ; mais cette fédération fut dissoute dans lesannées 1990.

Les guerres en Yougoslavie

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Les Juifs de Serbie vécurent de façon relativement paisible entre la fin de la guerre et les années 1990. Cependant, la fin de laguerre froide vit l'éclatement de la République fédérale socialiste de Yougoslavie et des guerres éclatèrent enCroatie, enBosnie-Herzégovine et auKosovo.

À cette époque, bien que l'antisémitisme soit très peu présent en Serbie, la communauté juive eut, comme le reste de la Serbie, à souffrir des conséquences des guerres successives. Beaucoup de Juifs firent le choix de s'installer enIsraël et auxÉtats-Unis, notamment. Pendant laguerre du Kosovo, la Fédération des communautés juives de Yougoslavie organisa le transfert de nombreux Juifs âgés, de femmes et d'enfants àBudapest, enHongrie ; il s'agissait de les mettre en sécurité. Beaucoup d'entre eux s'installèrent définitivement dans ce pays[13].

Aujourd'hui

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Chiffres

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Fronton de la synagogue de Novi Sad

Population juive entre 1931 et 2011 :

  • 1931 : 21 000 Juifs (seulement en Voïvodine, donc bien plus avec le reste de la Serbie)
  • 1953: 1 504
  • 1961: 1 250
  • 1971: 1 128
  • 1981: 683
  • 1991: 1 107
  • 2002: 1 185 (avec le Kosovo)
  • 2011: 787 (Kosovo)
    Ruben Fuks, président de la Fédération des communautés juives de Serbie, 2013

Une autre source indique qu'avant les guerres desannées 1990, environ 2 500 Juifs vivent en Serbie[2], pour la plupart àBelgrade.

Au recensement serbe de2002[14], la Serbie comptait 785 Juifs. 91 % des Juifs deSerbie centrale vivent àBelgrade. 40 % des Juifs de Serbie vivent enVoïvodine.

SecteurPopulation
juive
Population
totale
Belgrade4151 576 124
Novi Sad400299 294
Subotica89148 401
Pančevo42127 162
Reste de laSerbie2395 646 314
Total1 1857 498 001

Au recensement de 2011, 787 personnes se sont identifiées comme juives dont 578 relèvent des valeurs du judaïsme. Environ la moitié d'entre elles ne vivent qu'à Belgrade, alors que presque toutes les autres sont en Voïvodine, en particulier dans les trois plus grandes villes : Novi Sad, Subotica et Pancevo.

Un petit nombre de Juifs vit encore àZrenjanin et àSombor et quelques familles isolées sont dispersées dans le reste du pays.

En 2017, Ruben Fuks, président de la Fédération des communautés juives de Serbie, reçoit leprix autrichien pour la mémoire de l'Holocauste (Austrian Holocaust Memorial Award) par leService autrichien à l'étranger, pour sa contribution à la mémoire de laShoah.

Plaque sur la synagogue dePančevo, incendiée en 2007

Origine

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Articles détaillés :Histoire des Juifs en Espagne etSéfarade.

Encore aujourd'hui, la majorité des Juifs de Serbie sont desSéfarades, descendants de réfugiés, fuyant l'Inquisition en Espagne et au Portugal.

Vestiges

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Il existe actuellement une collection de peintures dues à des artistes juifs, conservée au Musée juif de Belgrade, qui a été recensée par le(en)Center of Jewish Art de l'université hébraïque de Jérusalem qui avait lancé un projet majeur pour inventorier les restes matériels du patrimoine culturel juif de l’ancienne Yougoslavie, en 1988[15].

La seulesynagogue encore ouverte au culte en Serbie est lasynagogue de Belgrade. Outre la synagogue, la capitale possède unmusée d'histoire juive.

Un bâtiment dumusée national de Belgrade nomméGalerija fresaka (Galerie desfresques)[16] est construit en 1952 sur un terrain appartenant à la communauté juive et où s'érigeait la synagogue de Bet Israël qui a été démolie par les nazis en 1944. La communauté juive a fait don du terrain à la Ville de Belgrade à la condition que le bâtiment futur soit consacré à laculture[17].

En Serbie, l'antisémitisme est rare et ne concerne que des cas isolés, même si l'on a pu relever quelques incidents. Par exemple, dans le rapport dudépartement d'État des États-Unis sur le respect des droits de l'homme en Serbie pour2006, on peut lire :« Les chefs de la communauté juive de Serbie ont rapporté des incidents répétés d'antisémitisme, incluant des graffiti antisémites, du vandalisme, quelques livres antisémites en circulation, ainsi que des messages sur Internet » ; le rapport note que ces incidents antisémites sont en augmentation en Serbie[18]. Ces actes n'ont visé que les Juifs Ashkénazes, minoritaires dans la population juive.

Le gouvernement de Serbie reconnaît le judaïsme comme l'une des sept communautés religieuses « traditionnelles » du pays[19].

La ville de Belgrade a plusieurs monuments commémorant lemartyre juif de la Seconde Guerre mondiale, le plus récent construit étant celui du site d'Autokomanda où de nombreuses fusillades eurent lieu àTopovske Šupe.

Anciennes synagogues

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  • Synagogue de Subotica (aujourd'hui restaurée et en usage)[20]
    Synagogue de Subotica (aujourd'hui restaurée et en usage)[20]
  • Synagogue de Ada, 1900
    Synagogue deAda, 1900
  • Synagogue de Kikinda
    Synagogue deKikinda
  • Maison (avec synagogue) de la famille Winterstein à Šid, 1910
    Maison (avec synagogue) de la famille Winterstein àŠid, 1910
  • Synagogue de la rue Tsar Uros à Belgrade, 1908.
    Synagogue de la rue Tsar Uros à Belgrade, 1908.
  • Synagogue de Šabac (aujourd'hui transformé en un musée d'historie juive)
    Synagogue deŠabac (aujourd'hui transformé en un musée d'historie juive)

Cimetière juif de Zemun

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Article détaillé :Cimetière de Zemun à Gardoš.
Ancienne synagogue deZemun

Lecimetière de Zemun à Belgrade est l'un des plus anciens en Serbie. Sa partie juive possède des tombes et monuments commémoratifs de l'arrivée des Juifs àZemun (depuis 1739) à nos jours.

Les pierres ont des formes caractéristiques des anciens (plaques votives) à moderne et représentatives, comme le monument ornant la tombe de Gabriella Polgar (1915). Y figurent les noms de famille : Brandeis, Levi, Salamon, Koen, Goldstein, Hirsl, Heim, Cher, Wexler et autres. Parmi eux, l'on trouve également l'écrivain et publiciste(en)Oto-Bihali Merin (1993) et son frère Paul (1941), l'industriel Mavro Binder (1927), Moïse Albahari (1897) ou le docteur Isaac Issacar (1912).  Dans un endroit bien en vue, une pyramide rappelle les victimes dufascisme et dunazisme de 1941 - 1945 où 540 membres de la communauté juive de Zemun ont perdu la vie dans lescamps de Jasenovac etStara Gradiska .

Un grand nombre de pierres tombales de différences stylistiques et iconographiques caractéristiques sont d'une grande importance pour le suivi et la continuité chronologique du développement culturel de la région, couvrant plus de deux siècles, particulièrement les tombes des familles qui ont disparu[21].

L'institut pour la protection des monuments culturels de la ville de Belgrade a compilé un catalogue de tombes importantes et de monuments commémoratifs dont certains doivent être restaurés. Aujourd'hui, le cimetière de Zemun est en danger à cause des glissements de terrain et des voûtes qui augmentent l'instabilité du terrain.

L'historien et conservateur Miodrag Mija Dabižić, est l'auteur du livreCimetière Zemun. « Ici reposent les anciens citoyens de Zemun et des invités inattendus venus de divers lieux... (Le cimetière) est surtout un témoignage de la vie, du temps passé et des gens... une sorte de musée en plein air », écrit-il, mais l'article que lui consacre le quotidien serbe de référence,Politika, ne cite pas les Juifs qui y reposent[22].

  • Anciennes tombes polies par les siècles
    Anciennes tombes polies par les siècles
  • Tombes à l'équilibre instable, 2008
    Tombes à l'équilibre instable, 2008
  • Inscriptions hébraïques
    Inscriptions hébraïques
  • Stèle devenue illisible et l'autre y prenant appui
    Stèle devenue illisible et l'autre y prenant appui
  • Tombes d'enfants, surmontées de saules pleureurs
    Tombes d'enfants, surmontées desaules pleureurs
Plaque en mémoire des 4 000 Juifs qui ont construit et vécu àSubotica puis ont été assassinés dans les camps de concentration de la Seconde Guerre mondiale

En Voïvodine

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Pendant que le reste de laSerbie se trouvait sous dominationottomane, laVoïvodine, actuellement province autonome au sein de larépublique de Serbie, fit partie des possessions desHabsbourg à partir de la fin duXVIIe siècle. Avant cette période, elle fut, elle aussi, dirigée par les Ottomans et c'est sous leur domination que les premiers Juifs s'installèrent dans la région.

En1782, l'empereurJoseph II d'Autriche publia unédit de tolérance, qui accordait aux Juifs, dans une certaine mesure, la liberté religieuse. Cet édit attira de nombreux Juifs dans l'empire d'Autriche, y compris en Voïvodine. Les communautés juives prospérèrent et, à la fin duXIXe siècle, la région comptait près de 40 communautés[13].

Au recensement de1931, 21 000 Juifs vivaient dans la province. En revanche, les communautés juives de Voïvodine, comme celles du reste de la Serbie, furent en grande partie exterminées au cours de l'Holocauste, et particulièrement dans les régions duBanat, directement placé sous contrôle nazi, et de laBačka, occupée par les Hongrois. Lors du raid de1942, les troupes hongroises tuèrent de nombreux Juifs et de nombreux civils serbes de la Bačka. Les synagogues deZrenjanin et deKikinda furent détruites pendant la guerre, tandis que celle dePančevo fut démolie après la guerre après la quasi-disparition des Juifs de la ville.

(hu)Halbrohr Tamás, président de la communauté juive de Subotica, portant lesrouleaux de la Torah à Subotica en 2014

Aujourd'hui, 329 Juifs, soit près de la moitié des Juifs de Serbie, vivent en Voïvodine, la plupart àSubotica,Pančevo,Zrenjanin etSombor.

Personnalités

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Notes et références

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  1. https://www.biblisem.net/narratio/dimiserb.htm
  2. abcde etf« Serbia Virtual Jewish History Tour », surjewishvirtuallibrary.org(consulté le).
  3. (en) Stéphanie Persin,Virtual Jewish History Tour - Serbia and Montenegro (Jewish Virtual Libray, Serbia and Montenegro)
  4. Jaša Romano,Jews of Yugoslavia 1941 – 1945, Federation of Jewish Communities of Yugoslavia, 1980 ; pp. 573-590.
  5. Belgrade Synagogue
  6. abcdefghijklmnopqrstuvwx etyRaul Hilberg,La Destruction des Juifs d'Europe, é, « Folio »-histoire, 2006, tome II, pp. 1264 - 1284
  7. ab etcDictionnaire de la Shoah, Larousse, Paris, 2009.
  8. David Albahari,Goetz et Meyer, Gallimard, Paris 2002, p. 42.
  9. « JUSP Jasenovac - LIST OF INDIVIDUAL VICTIMS OF JASENOVAC CONCENTRATION CAMP », surjusp-jasenovac.hr(consulté le).
  10. (en) « Expert: 800,000 Serbs were killed in Croat WW2 death camp », surB92.net(consulté le).
  11. (en) Milan Fogel • Dr. Milan Ristović • Dr. Milan Koljanin (trad. Olivera Polajnar), « RIGHTEOUS AMONG THE NATIONS - SERBIA »[PDF], surjoz.rs, Nenad Fogel,.
  12. (en) Stéphanie Persin,Jews of the Former Yugoslavia After the Holocaust
  13. a etbSynagogues Without Jews--Croatia and Serbia
  14. (sr)Bureau des Statistiques de la République de Serbie, Résultats du recensement de 2002, p.12
  15. IvanCeresnjes, « Une étude de cas : le patrimoine juif dans les pays de l’ex-Yougoslavie »,Études balkaniques. Cahiers Pierre Belon,no 12,‎1er janvier 2005,p. 211–218(ISSN 1260-2116,lire en ligne, consulté le)
  16. (en-US) « Gallery of Frescoes | Народни музеј »(consulté le).
  17. (en) « Gallery of Frescoes Belgrade - »,(consulté le).
  18. Country Reports on Human Rights Practices, Serbia, 2006
  19. (en)International Religious Freedom Report 2005, Serbia and Montenegro (includes Kosovo) (département d'État des États-Unis)
  20. Javna medijska ustanova JMU Radio-televizijaVojvodine, « Veličanstvena sinagoga za molitvu, učenje i okupljanje », surJMU Radio-televizija Vojvodine(consulté le).
  21. (sr + en)« Zemun Cemetery at Gardoš », surbeogradskonasledje.rs, Site de l'Institut pour la protection du patrimoine de la ville de Belgrade(consulté le).
  22. (ru) Branca Vasiljevic, « Почивалиште три конфесије на брду Гардош » [« Lieu de repos de trois religions sur la colline Gardos »], surPolitika Online,‎(consulté le).

Sources

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Voir aussi

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Huisserie de la porte de la synagogue de Novi Sad

Articles connexes

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Liens externes

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États souverains
Anciens pays en Europe
Dépendances,autonomies et territoires
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