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Histoire de la physique

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L'histoire de la physique retrace l'origine et l'évolution des courants de pensée et des connaissances ensciences physiques.

Thématiques

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Plusieurs problématiques parallèles s'imbriquent au cours des siècles :

Préhistoire

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Durant laPréhistoire, les hommes faisaient des observations (Stonehenge ouCarcan en témoignent) et étaient amenés à reproduire desphénomènes.C'est sur les berges des fleuvesTigre etEuphrate (Irak actuel) et du fleuveNil (Égypte), puis plus tard en Grèce que les prémices des sciences ont vu le jour, il y a 5 000 ans. Celles-ci étaient transmises par desreligieux, ce qui assurait une continuité du savoir, la navigation assurant la propagation desconnaissances et l'écriture, sur tablettes ou papyrus, son « stockage ».

Dans l'observation dephénomènes se reproduisant encycles (diurne, lunaire ou annuel), la découverte des invariants de ces cycles constitue un début de raisonnement scientifique ; il y a là la notion que lemonde obéit à des règles, et que l'on peut probablementutiliser ces règles.

Cette période vit l'apparition de techniques agraires,architecturales et guerrières, l'invention de lamétallurgie (âge du bronze auIIIe millénaire av. J.-C.,âge du fer vers, le début de l'architecture et de la mécanique.

Sciences etReligion se mêlaient : les artisans faisaient des prières pendant la fabrication de leurs objets, prières qui pouvaient être un moyen de mesurer letemps lorsque la durée avait une importance dans le procédé.

Antiquité

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Épistémologie de la physique dans l'Antiquité

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Article connexe :Philosophie naturelle.

La physique était considérée dans laGrèce antique, au plus tard à l'époque desstoïciens, mais sans doute déjà auparavant, comme une des trois branches de laphilosophie. On ne la distinguait pas véritablement de lamétaphysique. Les auteurs latins utilisent souvent le motphysici pour désigner lesprésocratiques, dont l'approche étaitmatérialiste, centrée sur la nature (Phusis)[1].

Les auteurs de l'Antiquité cherchent à formuler une explication des phénomènes observés par des lois naturelles, l'action desdieux est ainsi repoussée à causes plus lointaines[2]. La physique de l'Antiquité tend à manquer de vérification expérimentale, même s'il existe de nombreuses exception, surtout à la fin de l'Antiquité. Une partie de l'explication de la pauvreté de l'expérimentation est culturelle : letravail manuel est souvent méprisé, il est du ressort des bassesclasses et desesclaves[3].

Théorie des quatre éléments

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Article connexe :Quatre éléments.

La théorie des quatre éléments constitue probablement la première tentative d'expliquer le monde qui nous entoure d'une façon complète sans faire appel à l'animisme ou à lamythologie[4]. Les quatre éléments sont listés parEmpédocle : Feu, Air, Terre et Eau, dans cet ordre de primauté -Aristote modifiera l'ordre en Feu, Air, Eau et Terre.

Mouvement des corps, mécanique

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Les Grecs se sont particulièrement intéressés à la nature même du mouvement.

Zénon d’Élée (490-) a formulé desparadoxes qui ont été rapportés un siècle plus tard par Aristote (384-) dans saPhysique[5]. Le plus célèbre de desparadoxes de Zénon concerneAchille et la tortue : si la tortue a de l’avance sur Achille, celui-ci ne la rattrapera jamais, quelle que soit sa vitesse, car pendant qu’Achille court pour atteindre le point d’où est partie, la tortue avance, de telle sorte qu’Achille ne pourra jamais annuler cette avance. Ce paradoxe illustre un présupposé suivant lequel l'infiniment petit n'existe pas, présupposé qui sera aussi celui des philosophesatomistes telDémocrite (460-).

Or, on sait, aujourd’hui, que la résolution mathématique du problème d’Achille et de la tortue démontre bien que la durée de la course reste finie même en acceptant son découpage en une infinité d'étapes : la somme d’une infinité de termes peut, en effet, constituer une grandeur finie.

Aristote s'est aussi penché sur la question du mouvement. Mais ce terme même a eu chez lui un sens particulier, puisqu’il faut y voir un changement, au sens le plus général, et non un simple changement de position. Aristote a en effet décrit le mouvement comme un passage d’un équilibre perdu vers un équilibre retrouvé et a considéré que les matières naturelles possèdent en elles-mêmes un principe de mouvement. Ainsi, contrairement aux éléates, il était convaincu que le mouvement est intelligible. Aristote a imaginé pour chaque corps un moteur intérieur capable de provoquer son déplacement lors d’un mouvement « naturel » ou d’engendrer le mouvement d’un autre corps lors d’un mouvement effectué « par violence ». Il n'a pas distingué le mouvement accéléré dumouvement rectiligne uniforme ; aussi, même s’ils s’inscrivent dans le domaine de la mécanique, est-il impossible de considérer ses travaux comme une analyse dynamique du mouvement des corps.[réf. nécessaire]

Théorie atomiste

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Articles connexes :Atomisme etDémocrite.

Leucippe etDémocrite ont élaboré une première théorie de l'atome. L'atome est perçu comme le composant ultime, élémentaire, de toute matière. Rien n'existe en dehors des atomes et du vide. Les atomes s'assemblent pour former les objets que nous connaissons. Leur forme varie ; ils sont plats, arrondis, crochus, creux, etc, ce qui rend leurs assemblage possible ou non. Bien qu'élaborée cette théorie reste du ressort de la spéculation intellectuelle, elle ne peut s'accompagner d'aucune approche expérimentale envisageable à l'époque[6],[7].

Optique

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À partir dePlaton, des auteurs grecs écrivent amplement sur lalumière, qu'ils tendent cependant à amalgamer avec lavision qu'elle permet : ainsi pourSophocle, la lumière solairevoit les objets. Certains auteurs, commeEmpédocle, attribuent la vision à l'émission d'un rayon visuel de l'œil vers l'objet[8].

réfraction de la lumière

PourEuclide, ces rayons sont émis du centre de l’œil et prennent une forme conique. La propagation des rayons est considérée comme rectiligne, ce qui permet à Euclide d'appliquersa géométrie aux problèmes que l'on appellerait aujourd'hui deperspective, s'intéressant à la taille et la forme perçue des objets[9]. Son traité d'optique nous est parvenu, mais dans des versions largement modifiées par des auteurs ultérieurs[10]. Le sujet de laréfraction de la lumière est abordé sous la forme duproblème de la rame brisée : la rame parait rectiligne dans l'air, mais semble brisée lorsqu'elle est à moitié plongée dans l'eau. Cette observation sera surtout commentée, entre autres parCicéron comme une preuve des limites desens, l'occasion d'introduire une distinction entre la perception et la réalité des choses[11].

Astronomie

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Article connexe :Astronomie grecque.

Le célèbre calcul du rayon de laTerre parÉratosthène constitue une application fructueuse des principes de l'optique et l'astronomie. En observant la différence dans la position apparente du soleil entreAlexandrie etSyène à l'aide degnomon, en faisant appel à unbématiste pour connaître la distance séparant ces deux villes et en appliquant des lois géométriques, Ératosthène évalue la circonférence de la terre à 252000stades, un chiffre étonnamment précis[12].

Perception sociale et intellectuelle de la physique dans l'Antiquité

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Il a existé un débat d'historiens sur la question de savoir si la conception d'unprogrès scientifique, c'est-à-dire d'un avancement graduel vers une meilleure compréhension du monde, était présente dans l'Antiquité. Carrier répond par l'affirmative, en s'appuyant sur des auteurs commeTertullien,Claude Ptolémée etSénèque[13].

Statique des fluides

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Articles connexes :Statique des fluides etpoussée d'Archimède.

La découverte de lapoussée d'Archimède constitue l'un des accomplissement les plus remarquables de l'Antiquité en matière de physique, avec la mise en œuvre d'une méthode expérimentale, et la mise en évidence d'un phénomène quantifié. Selon l'histoire rapportée parVitruve[14],Archimède répondait à une demande du roi deSyracuse : vérifier si une partie de l'or de sacouronne n'avait pas été remplacée par de l'argent. Archimède trouve une solution : par immersion dans l'eau, il parvient à mesure levolume d'un objet de forme arbitraire, et peut alors en déterminer lamasse volumique[15].

Pauvreté des sources

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On connaît mal le détail des idées anciennes en physique et leurs vérifications expérimentales. La quasi-totalité des sources directes les concernant a été perdue lors des deux grands incendies de labibliothèque d'Alexandrie : avec plus de 40 000 rouleaux perdus, et 696 par le général'Amr ibn al-'As qui présida à la destruction totale du fonds (hormisAristote dont les rouleaux furent sauvésin extremis et clandestinement par des admirateurs de ses œuvres).

Chine et Inde

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Depuis l'Antiquité, on a essayé de comprendre le comportement de la matière : pourquoi les objets sans support tombent par terre, pourquoi les différents matériaux ont des propriétés différentes, et ainsi de suite. Les caractéristiques de l'univers, comme la forme de laTerre et le comportement descorps célestes comme laLune et leSoleil étaient un autre mystère. Plusieurs théories furent proposées pour répondre à ces questions. La plupart de ces réponses étaient fausses, mais cela est inhérent à la démarche scientifique ; et de nos jours, même les théories modernes comme lamécanique quantique et larelativité sont simplement considérées comme « des théories qui n'ont pas pour le moment été contredites » (bien qu'elles soient dans leur état actuelincompatibles l'une avec l'autre).

Les théories physiques de l'Antiquité étaient dans une large mesure considérées d'un point de vuephilosophique, et n'étaient pas toujours vérifiées par des expérimentations systématiques. Il est ici important d'avoirconscience que, dans laGrèce antique, la philosophie est née des débats etdiscours (logos) issus de l'observation de la nature (physikê en grec). On trouve donc lesétymologies de beaucoup de termes employés aujourd'hui dans les sciences : suffixe -logie (technologie, …), et physique.

Pour revenir à l'expérimentation, l'une d'entre elles jouera un rôle important : l'effet derame brisée qui conduira à l'étude de laréfraction. Néanmoins, l'idée de méthode expérimentale commença d'être élaborée de manière précise parÉpicure et lessceptiques, méthode qui jouera également un rôle important dans le développement de la médecine.

Hormis pour des précurseurs comme les philosophes de l'école milésienne,Démocrite, et bien d'autres, le comportement et la nature du monde étaient expliquées par l'action dedieux. Vers, un certain nombre dephilosophesgrecs (par exempleThalès de Milet) commençaient à admettre que lemonde pût être compris comme le résultat de processusnaturels. Certains reprirent la contestation de lamythologie amorcée par ce même Démocrite concernant par exemple les origines de l'espèce humaine. (Ils anticipaient en cela les idées deCharles Darwin — mais cela entre dans l'histoire de la biologie plutôt que dans celle de laphysique.)

Faute de matériel expérimental perfectionné (télescopes…) et d'instruments précis de mesure dutemps, la vérification expérimentale de telles idées était difficile sinon impossible. Il y eut quelques exceptions : par exemple, le penseur grecArchimède décrivit correctement lastatique des fluides après avoir remarqué un jour, si l'on en croit la légende, que son propre corps déplaçait un certain volume d'eau alors qu'il entrait dans son bain. Un autre exemple remarquable fut celui d'Ératosthène, qui - persuadé pour d'autres raisons, dont leséclipses de lune, que laTerre était sphérique - parvint à calculer sa circonférence en comparant les ombres portées par des bâtons verticaux en deux points éloignés de la surface du globe. En appliquant le résultat des mêmes observations à une Terreplate il en eût déduit la distance du soleil, ce qui nous rappelle quetoute interprétation s'appuie nécessairement sur des présuppositions antérieures (voirinférence bayésienne).

Desmathématiciens grecs, dont à nouveauArchimède, ont songé à calculer le volume d'objets comme lessphères et lescônes en les divisant en tranches imaginaires d'épaisseur infiniment petite ; ce qui faisait d'eux des précurseurs, de près de deux millénaires, ducalcul intégral. Mais ils comprenaient mal pourquoi on ne convergeait pas ainsi vers la valeur de2{\displaystyle {\sqrt {2}}} en divisant la diagonale du carré en petitesmarches d'escalier successives !

Moyen Âge

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Article détaillé :Science du Moyen Âge.
De Iride deThierry de Freiberg, un physicien duXIVe siècle

Évolution du savoir pendant le haut Moyen Âge

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LeMoyen Âge a été réévalué depuis une trentaine d'années, par des historiens tels queGeorges Duby,Jean Favier,Pierre Riché, ouJacques Le Goff.

AuMoyen Âge précoce, à la suite desgrandes invasions, l'Occident a oublié une partie de l'héritage de l'Antiquité, surtout les textes de laGrèce antique. La période 550-750 peut être qualifiée de temps obscurs, au cours desquels se conserva malgré tout, grâce àBoèce,Cassiodore,Isidore de Séville, etBède le Vénérable, un savoir de base autour desarts libéraux. Lesarts libéraux formèrent l'enseignement de base des écoles carolingiennes. Cependant la physique n'en faisait pas partie.

Lacivilisation arabo-musulmane conserva la mémoire de la science grecque. Les principaux progrès scientifiques au cours duhaut Moyen Âge sont d'ailleurs le fait de savants arabes (mathématiques, mécanique, médecine, astronomie) et indiens (mathématique, avec l'invention duzéro vers l'an 500).

La période de l'An mil n'est pas cette période de terreurs légendaires, image véhiculée par les historiens duXIXe siècle, comme Jules Michelet, mais plutôt une renaissance. Un peu avant l'An mil, un certainGerbert d'Aurillac fit un séjour en Catalogne, dont il ramena des connaissances scientifiques, qui permirent de réintroduire lequadrivium en Occident. Cette période voit ainsi le début de la mise en place d'outils mathématiques (algèbre,algorithmique, entre autres) qui seront précieux pour la suite

Introduction de la physique aristotélicienne

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Le mot physique apparaît auXIIe siècle, dans le sens de médecine, science de la nature (aujourd'hui :sciences naturelles). La physique correspondait à l'un des traités d'Aristote, qui fut traduit à partir duXIIe siècle enOccident. Dans la philosophie d'Aristote, l'observation de lanature tient en effet une grande place. Dans le sens plus proche de l'utilisation moderne du terme, on voit des progrès dans les techniques d'architecture (chantiers des églises romanes et gothiques), de navigation. Les disciplines sont la mécanique, la métallurgie, l'hydraulique, l'orfèvrerie…

La physique en elle-même ne semble pas avoir fait encore de progrès décisifs dans cette période, hormis la mécanique.

Premières critiques de la physique aristotélicienne

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La physique d'Aristote se révélait en fait insuffisante pour expliquer le mouvement des corps. Vers la fin du Moyen Âge fut introduite en Occident la doctrine de l'impetus afin d'expliquer le mouvement des corps physiques.

Vers la fin duXVe siècle, le mot physique prit le sens de science des causes naturelles (première utilisation en1487 selon le Petit Robert), toujours dans la philosophiescolastique.

XVIe au XIXe siècle : premiers bouleversements, la physique classique

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Article détaillé :Physique classique.

XVIe siècle : Copernic

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Les travaux de l'astronome polonaisCopernic auXVIe siècle ont marqué les tout débuts d'un bouleversement majeur dans les sciences qui eut des répercussions capitales en physique. Contrairement à Aristote et Ptolémée, Copernic voyait la Terre animée d'un mouvement de rotation autour du Soleil (héliocentrisme). Le philosophe des sciencesThomas Samuel Kuhn considère que cette découverte est unerévolution scientifique majeure, consistant en un véritable changement deparadigme[16]. Cette transformation est souvent appelée larévolution copernicienne. Au siècle suivant, les observations de Copernic furent confirmées par la théorie de Newton, qui révolutionna lamécanique céleste, et lamécanique en général.

XVIIe siècle

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Les débuts de la physique au sens moderne datent sans doute deGalilée (1564–1642), dont on peut dire qu'il fut le premier physicien dans le sens actuel : sa foi en lesmathématiques pour décrire lemonde et les phénomènes fut ce qui le distingua de ses prédécesseurs, même si on ne peut pas toujours dire qu'il ait été un expérimentateur très scrupuleux. Galilée perfectionna des instruments optiques pour l'astronomie, la fameuselunette astronomique, et apporta des progrès décisifs encinématique (mouvement uniformément accéléré).

La rigueur qui manquait encore àGalilée dans la formulation mathématique fut sans doute apportée parDescartes :coordonnées cartésiennes, travaux en optique (la loi de Descartes est en fait la loi de Snell). Le fameuxDiscours de la Méthode, écrit enfrançais, chercha à décrire une manière déductive de traiter les problèmes, beaucoup moins fondée sur l'intuition. On peut dire qu'il marque le début de la démarche des sciences dites « exactes », fondées sur les raisonnementslogiques dedéduction. Cette démarche fit progresser la physique dans des domaines comme la mécanique classique, l'optique, le calcul différentiel, lagéométrie analytique...

Descartes s'aventura plus loin sur le planphilosophique : dans lesméditations sur la philosophie première (1641), il dénonça la sciencearistotélicienne, qui était coupable de n'avoir pas compris le mouvement des planètes comme l'annonçaientCopernic et Galilée. L'expressionaristotélicien prit alors un sens très péjoratif, pour dénoncer les errements de lascolastique alors en déclin.

Blaise Pascal (1623–1662) décrivit les phénomènes depression atmosphérique, et fit de nombreux apports enhydrostatique ethydrodynamique. Enmathématiques, il inventa lesprobabilités, qui eurent des applications ultérieurement en physique.

Isaac Newton (1643-1727) a formulé les « lois » qui portent son nom, qui ont permis l'essor de ce qu'on appelle la mécanique classique. En mathématique infinitésimale, il trouva un moyen de lever les indéterminations dans le calcul des tangentes ou dérivées. En 1685, il généralisa les lois de la gravitation queRobert Hooke venait de formuler et les utilisa comme base de son système du monde, où la gravitation, force d'attraction universelle, est la cause du mouvement. Son ouvrage majeur,Principes mathématiques de la philosophie naturelle publié en 1687, décrivit lagravitation de façon universelle et mathématique. Il permit de confirmer la théorie de l'héliocentrisme sur le plan de sa formulation mathématique (la preuve optique n'était pas encore obtenue). Les méthodes de calcul qu'il y utilise en font un précurseur du calcul vectoriel.

Leibniz (1646–1716) inventa lecalcul infinitésimal à peu près au même moment que Newton, qui développa de son côté un procédé similaire avec le calcul desfluxions. ToutefoisIsaac Newton n'utilise pas son calcul dans son œuvre majeure, lesPrincipia, en 1687. Les apports de Leibniz en physique furent considérables. Citons la force vive, lointain ancêtre de l'énergie, ou la loi de conservation.

On peut dire que c'est de cette époque que le motphysique commence à changer de sens : descience des causes naturelles, la physique devient la science qui étudie les propriétés générales de la matière et établit des lois qui rendent compte desphénomènes matériels : la première utilisation dans ce sens date de 1708 (Petit Robert).

XVIIIe siècle

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La physique duXVIIIe siècle voit croître ses connaissances de manière tout à fait significative. Les domaines issus duXVIIe siècle et de la Révolution scientifique continuent sur leur lancée, tandis que de nouveaux domaines sont explorés, tel que l'électricité.

Ce n'est qu'auXVIIIe siècle que les travaux de Newton sur l'interaction gravitationnelle commencent à être vraiment diffusés sur le continent : en France, par exemple, on continuait d'expliquer le mouvement des planètes par lathéorie des tourbillons de Descartes, même si un savant tel que Varignon fut acquis à la cause newtonienne très tôt, dès 1700. En effet, sur le continent, le concept d'attraction à distance était perçu comme la résurgence des qualités occultes, et donc majoritairement rejeté. Les tourbillons furent progressivement écartés à partir des années 1720, et le point de non retour fut franchi avec l'expédition deMaupertuis sur la mesure du méridien terrestre en 1738, qui permit de conclure à la véracité de la théorie de Newton sur Descartes. À la même période,Voltaire, véritable propagandiste de Newton, s'implique dans le débat et publie deux essais sur Newton :Épître sur Newton (1736), etÉléments de la philosophie de Newton (1738).

La mécanique analytique se développe au long du siècle avec Varignon, D'Alembert, Maupertuis, Lagrange et quelques autres, poursuivant ainsi l’œuvre de Jacques Bernoulli sur l'analyse mathématique (poursuivie par son frère Jean Bernoulli, et Euler), qu'il avait lui-même fondé sur la formalisation de Leibniz du calcul différentiel et intégral[17]. Outre la gravitation, les savants s'intéressent aux systèmes à liaisons, puis appliquent le formalisme aux milieux continus, ce qui permettra à D'Alembert en 1747 de déterminer l'équation des cordes vibrantes, et à Euler en 1755 d'établir les équations générales de l'hydrodynamique, après que Daniel Bernoulli (Hydrodynamica, 1738) et Jean Bernoulli aient apporté d'importantes contributions.

Tandis que d'Alembert publie en 1743 son très remarquéTraité de dynamique dans lequel il tente de réduire toute la dynamique à la statique, Maupertuis invente le principe de moindre action, et Lagrange, en 1788, va magistralement parachever l'œuvre[18]. C'est véritablement avec ce dernier que la mécanique devient une nouvelle branche de l'analyse mathématique.

À côté de l'avancée de la mécanique analytique, leXVIIIe siècle voit se développer de manière tout à fait significative la physique expérimentale, notamment à partir des années 1730. En France, c'est Nollet qui s'impose comme le pape de cette physique, et s'investit également beaucoup dans les cours publics. En cela il est tout similaire à un Musschenbroek en Hollande, ou Desaguliers en Angleterre. Cette physique expérimentale s'intéresse ainsi à l'électricité. Gray en Angleterre comprend le rôle de ce que Desaguliers appellera après lui conducteurs et isolants. Dufay, académicien des sciences français lui rendra d'ailleurs visite, et expérimentera par lui-même ensuite. Il aura ainsi l'idée que l'électricité était composée de deux fluides, l'électricité vitrée, et la résineuse, et non d'un seul fluide comme on le pensait. C'est parce qu'on l'envisageait comme un fluide que l'on chercha à isoler dans des récipients. C'est ainsi que Musschenbroek inventa, en cherchant autre chose, labouteille de Leyde.Benjamin Franklin donna une théorie complète de cet appareil, voyant dans la bouteille de Leyde uncondensateur. Mais c'est Nollet qui composa le premier système d'ampleur d'explication des phénomènes électriques, ou plutôt électrostatiques pour employer le vocabulaire contemporain. Son système ne survivra pas à la confrontation avec le système de Franklin, notamment après le retentissement de sonexpérience bien connue avec un cerf-volant, montrant que la foudre est électrique, et bien que cette expérience n'ait que peu de rapports avec son système. À la fin du siècle, les importants travaux de Coulomb permettent de donner une mesure de la force électrique tandis que ceux de Volta permettent de créer les premières piles voltaïques.

La science des machines se développe à partir des résultats séminaux d'Antoine Parent sur les roues hydrauliques au tout début du siècle. Deparcieux, Smeaton, Borda, au milieu du siècle, puis Coulomb à la fin du siècle, apportent leurs contributions.

Les théories de la chaleur se développent à la faveur des recherches sur le ressort de l'air initiées à la fin duXVIIe siècle, par Boyle en Angleterre, et Mariotte, un peu plus tardivement en France. Ainsi, Guillaume Amontons fait d'importants travaux sur les thermomètres dans les toutes premières années du siècle, vite éclipsés par ceux de Fahrenheit, et de Réaumur. En 1741,Anders Celsius définit comme extrémités de l'échelle des températures, l'ébullition de l'eau (degré 100), et la congélation de l'eau (degré 0), échelle que Linné renverse en 1745. C'est cette échelle qui sera retenue en 1794 par la Convention quand le système métrique sera adopté[19]. Du côté des théories de la chaleur elles-mêmes, on ne conceptualise pas encore la différence entre température et chaleur. Boerhaave au début du siècle, puis Black, et enfin Lavoisier[20] à la fin du siècle, adoptent tous une conception matérielle de la chaleur. Lavoisier nomme ce fluide le "calorique", dont l'inexistence sera démontrée auXIXe siècle.

XIXe siècle

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AvecSadi Carnot apparait lathermodynamique, initialement pour améliorer les performances desmachines à vapeur. C'est la fin du rêve du « mouvement perpétuel » : une théorie scientifique établit maintenant qu'il n'est pas possible de tirer de l'énergie de nulle part, et que l'énergie se « dégrade ».Boltzmann comprend alors l'originestatistique dusecond principe, le seul qui fasse apparaître une distinction entre passé et futur en physique.

Une autre théorie très importante est l'électromagnétisme, unification de l'étude de l'électricité et dumagnétisme. C'estJames Maxwell (1831–1879) qui finira d'unifier les deux théories, et qui introduira les derniers termes dans les équations qui portent maintenant son nom et qui décrivent le comportement deschamps électriques etmagnétiques. À l'époque, une constatation est faite : leséquations de Maxwell ne sont pas invariantes par lestransformations de Galilée. Et une controverse fait rage : si lalumière est uneonde, elle se déplace dans un milieu, puisque c'est le cas pour toutes les ondes que l'on connait. L'éther est évoqué comme hypothèse pour ces deux problèmes.

Lesexpériences de Michelson et Morley conduisent cependant à penser que lavitesse de la lumière est la même quelle que soit la direction, ce qui est en contradiction avec l'idée d'un éther fixe dans lequel la lumière se propagerait, sauf si on accepte l'hypothèse de la contraction des longueurs émise par Fitzgerald et Lorentz : latransformation de Lorentz, énoncée par Fitzgerald (et aussi par Voigt) en 1889 et indépendamment parLorentz en 1892.C'est surtout l'expérience de Kennedy-Thorndike qui donna le coup de grâce au concept d'éther.

XXe siècle

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De nouveaux bouleversements en physique fondamentale

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Article détaillé :Histoire de la relativité restreinte.
La physique moderne s'intéresse au cas oules vitesses sont proches de la vitesse de la lumière ou au cas oula taille des objets est faible. La fusion de ces deux domaine donnela théorie quantique des champs.

Le début duXXe siècle est marqué par une succession de découvertes scientifiques qui ont complètement modifié notre vision de l'Univers et dumonde, apportant en particulier avec larelativité générale et lamécanique quantique de nouveaux changements deparadigme[16].

L'ère de lamécanique classique se referma sans doute lorsque fut découverte larelativité restreinte, parAlbert Einstein, (Henri Poincaré ayant partiellement pressenti cette élaboration théorique, très peu de temps avant Einstein). Cette théorie, en postulant que letemps pouvait être relatif, mettait un point final aux débats sur l'existence de l'éther, et permettait de constater que lamécanique de Newton n'avait qu'un domaine limité de validité.

Einstein, continuant dans cette voie, mettra au point la théorie de larelativité générale, avec l'aide deDavid Hilbert en utilisant un domaine tout jeune des mathématiques.

Cette théorie conduira à expliquer les constatations deEdwin Hubble, qui annonce en 1929 que lesgalaxies qui nous entourent s'éloignent apparemment de la nôtre.Cette constatation conduira à l'hypothèse du commencement de l'Univers dans une grande explosion appelée ironiquement « Big Bang ».

Au début duXXe siècle, à la suite des travaux deMax Planck et d'Einstein démontrant l'existence duphoton (quantum delumière) se produisit la plus grande révolution conceptuelle de la physique : la naissance de lamécanique quantique.

Cette théorie mit un terme définitif à l'âge d'or de la mécanique deNewton : celle-ci ne décrit qu'une petite partie des phénomènes naturels, ceux qui se produisent à notre échelle.

La découverte de laradioactivité et son interprétation se produit en même temps.

Si la radioactivité est découverte parHenri Becquerel,Ernest Rutherford jouera un rôle essentiel dans la compréhension de ce phénomène : c'est lui qui comprend que plusieurs rayonnements sont à l'œuvre (il les appelleraalpha etbêta) et que la radioactivité s'accompagne d'une transmutation.Il découvre aussi que lesatomes comportent unnoyau, sorte de graine positive.

Apports de l'informatique à la résolution de problèmes physiques

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Avec l'informatique sont apparus dans la seconde moitié duXXe siècle de nouvelles possibilités de modéliser les phénomènes physiques. Les équations de différentes théories physiques peuvent être résolues à l'aide de modèles numériques — différences finies,éléments finis, volumes finis — afin de rendre compte des phénomènes physiques. Par exemple, leséquations de Navier-Stokes peuvent être résolues numériquement pour calculer les évolutions de la vitesse et de la température d'un fluide.

Les capacités de stocker les mesures sont telles que, même si on n'a pas de modèle pour expliquer unphénomène, on est de plus en plus capable de suivre son évolution numériquement (voirmétéorologie par exemple).

Les outils d'informatique scientifique et technique devraient aider profondément lesscientifiques et lesingénieurs à fiabiliser lesméthodes expérimentales et à éliminer toutes les pseudo-hypothèses qui renaissent de façon récurrente.

Notes et références

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  1. Carrier, Richard, 1969-,The scientist in the early Roman Empire,, 743 p.(ISBN 978-1-63431-107-6,1-63431-107-8 et978-1-63431-108-3,OCLC 1008992825)
  2. Perdijon 2008,p. 19
  3. Perdijon 2008,p. 22
  4. JeanLecomte et Marie-HélèneMarganne, « La théorie des quatre éléments »,Bulletins de l'Académie Royale de Belgique,vol. 3,no 1,‎,p. 14–21(DOI 10.3406/barb.1992.27329,lire en ligne, consulté le)
  5. Isabelle Ricard,Une petite histoire de la physique, Paris,Ellipses,,p. 90.
  6. Perdijon 2008,p. 27
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Voir aussi

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Bibliographie

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Articles connexes

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