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Histoire de la Jamaïque

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Espace caraïbe.

LaJamaïque, une des plus grandes îles de l'archipel des Antilles, située ausud deCuba et à l'ouest de l’Île Hispaniola,territoire de larépublique d’Haïti et de laRépublique dominicaine, dans lamer des Caraïbes.

Elle est d'abord habitée par le peupletaïno, qui appartient au groupe desArawaks.Découverte parChristophe Colomb en 1494, aussitôt possession de lacouronne de Castille, elle connaît la colonisation seulement après la mort du navigateur.

AuXVIIe siècle, la Jamaïque est menacée par les entreprises despirates qui s'attaquent même à la principale ville de l'île (Villa de la Vega, aujourd’huiSpanish Town). En 1655, la ville est conquise par l'Angleterre et l'île devient le sanctuaire desboucaniers, menés par le capitaineHenry Morgan. Letraité de Madrid de 1670 officialise l'abandon de la Jamaïque par les Espagnols.

Après cela, les Anglais commencent à importer massivement des esclaves afin de cultiver lacanne à sucre, qui devient la principale denrée d'exportation. En 1865, la Jamaïque est le théâtre d'un des plus importants soulèvements de la population noire des Antilles.

La Jamaïque,état insulaire,souverain,indépendant depuis 1962, membre duCommonwealth, d'une superficie de 10 991 km2, est habitée en 2020 par 2 808 570 habitants (diaspora non comprise), appelés Jamaïcain(e)s, parlantanglais et/ouanglais jamaïcain et/oucréole jamaïcain (patwa), et partiellementpatois rasta (dread-talk).

  • Carte ancienne (1671).
    Carte ancienne (1671).
  • Carte ancienne (1672).
    Carte ancienne (1672).
  • Carte de base, au présent.
    Carte de base, au présent.
  • Carte détaillée.
    Carte détaillée.
  • Régions (2010).
    Régions (2010).

Histoire précolombienne

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Le peupleTaïnos (Arawaks) s'installe à laJamaïque vers l'an 1000 avant notre ère, en même temps que dans d'autres îles des Caraïbes. Il donne à cette île le nom deXamayca, « la terre du bois et de l'eau ».De cette longue période subsistent quelques vestiges :sites paléontologiques des Caraïbes (Jamaïque) (en).

Découverte et conquête (1494-1509)

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Christophe Colomb

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En octobre 1492,Christophe Colomb découvre, au nom des Rois catholiques, plusieurs îles des Caraïbes, notamment Hispaniola (Saint-Domingue) et Cuba. Lors de son deuxième voyage, qui commence en septembre 1494, il lance la colonisation d'Hispaniola, mais poursuit ses explorations dans la région, où il pense pouvoir atteindre lesIndes (l'Asie orientale), but de tous ses voyages.

Il débarque le 4 avril 1494 sur l'île de la Jamaïque, mais seulement à titre d'exploration : il n'établit aucun colon.

Lors de son quatrième voyage (1502-1504), après avoir exploré la côte de l'isthme de Panama, ses navires se trouvent en très mauvais état et il fait escale à la Jamaïque (près deSaint Ann's Bay), où l'escadre inutilisable va passer un an avant que le gouverneur d'Hispaniola envoie des navires de secours. Colomb rentre ensuite en Espagne où il meurt en 1506.

Conquête (1509)

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En 1509, la conquête de l'île est effectuée par Juan de Esquivel, sur l'ordre de Diego Colomb, gouverneur d'Hispaniola depuis 1507. L'île reçoit le nom deSantiago (Saint-Jacques) et Esquivel y fonde la ville de Nueva Sevilla aux environs de Saint Ann's Bay.

La colonie espagnole de la Jamaïque (1509-1655)

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L'esclavage

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Les indigènes sont rapidement décimés par la maladie, l'esclavage et la guerre. Certains ne trouvent d'issue à leur condition servile que dans le suicide.À partir de 1517, des esclaves africains sont utilisés à la Jamaïque[1].

LaCatholic Encyclopedia de 1907 souligne qu'« un regard sur la période d'occupation espagnole nous donne une bien piètre image de l'administration coloniale espagnole de l'époque, qui fut accusée d'avoir causé, par son attitude vis-à-vis desindigènes, l'extermination presque complète de ceux-ci. Cette grave accusation, si elle se révélait exacte, ne pourrait être absoute sous le prétexte que de telles conduites étaient courantes à cette époque, et qu'elles continuèrent d'être perpétrées pendant des années, de façon parfois plus résolue, par d'autres nations ».

Ces allégations sont confirmées par l'histoire très détaillée de la Jamaïque espagnole que l'on doit àFrancisco Morales Padrón (es) (1924-2010).

L’arrivée du gouverneurJuan de Esquivel en 1509 marque l’incorporation indigènes dans le colonialisme espagnol comme seule source de travail manuel[2].Les autochtones ont d'abord été mis au travail, à la suite de la rumeur de gisements de métaux précieux[2].Les mines ne s'étant pas matérialisées ou ayant été abandonnées, le travail indigène est vite transféré au coton et à la culture du yucca[2], puis finalement vers la canne à sucre à forte intensité de main-d’œuvre[2] mais à la fin de la seconde moitié du XVIe siècle, des esclaves noirs sont venus seconder la population indigène[2].

Principaux événements

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La ville deSevilla la Nueva (Jamaica) (es) est facile à défendre, mais située près d'un marécage, elle est favorable au développement d'épidémies.Les Espagnols migrent finalement àSantiago de la Vega (actuelleSpanish Town, fondée en 1534), dont ils font leur capitale.

Dans les années 1640, de nombreux colons sont attirés en Jamaïque, réputée pour sa grande beauté. Despirates désertent leurs bandes et s'installent dans l'île.Durant cent ans, entre 1555 et 1655, la Jamaïque est sujette à de nombreuses attaques de pirates :piraterie dans les Caraïbes.

En 1601, le gouverneur Don Fernando Melgarejo a envoyé une expédition dans la Sierra de Bastida, les fameuses « Montagnes bleues »[2], avec l’intention de soumettre et de soumettre lescollectivités d'indigènes indépendants qui occupaient la région[2]. L'île comptait alors 1500 habitants dont la moitié d'esclaves noirs[2], qui s'échappaient fréquemment[2], tandis qu'une partie de cette population noire avait été légalement affranchie, pour servir comme soldats[2].

Recensement de 1611

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Le nombre d’Africains dans les îles des Antilles espagnoles augmente modestement, seulement à l’époque de l'Union ibérique (1580-1640)[2].D'autant que la résistance incessante des esclaves africains constitue un sérieux et continuel obstacle aux colonies espagnoles[2].Les soulèvements sont extrêmement fréquents[2], se produisant à chaque étape du passage, dans les ports, en Mer, et à l’arrivée dans les plantations aux Amériques[2], en profitant de la faible densité de population espagnole[2] et de la présence d'Amérindiens[2].Cette période se caractérise par les plaintes continuelles des colons espagnols de la nécessité de disposer de davantage d'esclaves pour leurs plantations[2].

La population recensée en 1611 par les autorités espagnoles est de 1518 personnes dont 705 Espagnols, 558 Noirs esclaves, 106 Noirs libres (gens de couleur libres), 74 Arawaks et 75 étrangers[3], parmi lesquels quelques Français, probablement d'anciens pirates basques installés sur l'île, comme celui tué par le dernier gouverneur espagnol, Cristobal Arnaldo de Ysassi en 1640.Dans deux ou trois toponymes apparaît le nom de Frenchman, près de Lacovia et Mandeville dans le Sud et près de Port- Antonio dans le Nord[3].

Dans les premières décennies duXVIIe siècle, les colons jamaïcains ont en effet acheté illégalement des esclaves angolais sur les navires venant pour les fournitures et les réparations[2], car la Couronne espagnole refuse d’augmenter le nombre de licences délivrées pour leurimportation, souhaitant les réserver aux mines d'argent du continent[2], notamment celle duPotosípéruvien (actuellement en Bolivie), en pleine expansion.

Avant 1655, le gouverneur de la Jamaïque Manzuela recrute quelques Nouveaux chrétiens Portugais pour s'installer sur la côte sud et y développer des raffineries de sucre, mais sans succès[4].

Jamaïque anglaise à l'époque de la république (1655-1661)

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Lorsque les Anglais arrivent à la Jamaïque, l'Angleterre est devenue, très provisoirement, une république (Commonwealth) sous le gouvernement d'Olivier Cromwell ; le roiCharles Ier a été décapité en 1649.

Conquête britannique (mai 1655)

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En mai 1655, une expédition britannique menée par l'amiralWilliam Penn senior et le généralRobert Venabless'empare de l'île, encore peu peuplée, après avoir échoué à prendreSaint-Domingue.Des Espagnols ont libéré leurs esclaves dans les forêts montagneuses, où ils ont établi des communautés libres, certaines descendant à la fois d'esclaves africains en fuite et d'hommes et de femmes taïnos[5]avec leur chef Juan de Bolas, principalement basé autour de la ville de Guanaboa Vale.

En 1655, la Jamaïque espagnole a moins de 2000 habitants, dont seulement 500 en état de porter les armes[6].Lorsque les 7 000 Anglais débarquent le 21 mai 1655[6], le gouverneur Juan Ramírez de Arellano négocie une reddition permettant à chacun de partir pour la destination de son choix[6].Seule une batterie côtière commandée par Francisco de Proenza résiste quelque temps[6].Ce dernier rejoint Don Francisco de Leyba Yzazi, un basque parmi les plus riches résidents de l'île[6] et une soixantaine d'autres Espagnols qui se cachent dans l’intérieur de l’île, resté sauvage et inexploité, après avoir offert la liberté aux esclaves qui les suivraient[6].Ils s'allient alors avec deux chefs de villages d'esclaves fugitifs, Juan de Bolas et Juan de Serras[6] et partent avec un troupeau de 2 000 bêtes[6].Plus tard, les fugitis sont exposés aussi aux cambriolages contre une garnison anglaise progressivement réduite à 2500 hommes par les épidémies tropicales[6], en se cachant parfois dans les grottes de Runaway Bay et sur un îlet de la baie de Saint-Ann[6].

La plupart des esclaves faussent compagnie à leurs ex-maîtres espagnols[7].Deux grandes factions des « Marrons » s'établissent alors aux extrémités opposées de l’île, avec des structures politiques très différentes[7] mais des structures économiques et sociales similaires[7].Le journal du capitaine Sabada, pilote juif au service du vice-amiral Goodson[2], racontant la mission de reconnaissance qui lui fut confié sur le pourtour de l'île[2], témoigne des capacités diplomatiques des esclaves fugitifs[2]. Dispersés dans la jungle, ils créent des dizaines de villages secrets sur le versant nord desBlue Mountains où sera cultivé plus tard le caféJamaica Blue Mountain[8] et dans lePays Cockpit, au solcalcaire recristallisé etdolomite, percé de dépressions en forme de bol et arrosé d'énormes précipitations. Pendant un siècle et demi, ces deux zones continueront de servir, grâce à leurs nombreuses caches, de base arrière aux nombreuses révoltes d'esclavesmarrons.

Efforts pour développer les cultures vivrières

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En 1655, quand la Jamaïque est prise par les Anglais,Oliver Cromwell souhaite peupler cette nouvelle colonie en priorité[9]. Lespremiers gouverneurs anglais de la Jamaïque ont accordé librement deslettres de marque auxboucaniers français et anglais de l'île de la Tortue, commeFrançois l'Olonnais arrivé en 1655[10], tandis que la présence anglaise à Port Royal leur a fourni un lieu où vendre leur butin et c'est seulement dans les années 1660 que le nouveau gouverneur français de l'île de la Tortue,Bertrand d'Ogeron (1613-1676), va prendre le relais.Oliver Cromwell a également envoyé des prisonniers de guerre irlandais, mais en nombre relativement réduit.Si l'Irlande a vu sa population chuter dramatiquement c'est dans les deux décennies précédentes[9], passant de 1,466 million en 1641 à 0,62 million en 1652, selon les estimations d'un contemporain, l'économiste et philosophe SirWilliam Petty[9], qui invoque les guerres et les banissement au cours de la Guerre de Confédération (1641-1652)[9] mais surtout les famine et les épidémies[9].En 1652,William Petty a rejoint l'armée d'Oliver Cromwell enIrlande comme médecin-général puis été soupçonné decorruption après avoir obtenu la charge decadastrer l'Irlande par leDown Survey, achevé en 1656, qui a servi à Cromwell à rembourser ses financeurs avec des terres.

Portrait miniature d'Oliver Cromwell parSamuel Cooper, 1657

Durant ses premières années, la Jamaïque anglaise n'a ainsi pas épargné ses efforts pour exploiter ses terres arables et établir une colonie productive, avec ses propres cultures vivrières[2], et cette expansion anglaise est condamnée à affronter un jour lespalenques de Juan de Bolas[2], notamment en 1658 quand l'un des plus importants d'entre eux est découvert par des Anglais, mais l'affaire se termine par un partenariat[2], les Noirs constituant une milice appelée à seconder les soldats anglais dans les parties montagneuses, ce qui amène des habitants du « Palenque » à trahir sa localisation, dans l'espoir que l'accord aboutisse[2].Le gouverneur anglais Edward D’Oyley reconnait en effet rapidement que ses troupes sont sérieusement désavantagées par rapport aux combattants non anglais, les fugitifs noirs[2], en raison de leur manque de familiarité avec l'environnement montagneux et forestier de l’île[2].

Dès avril 1656, un établissement d’une bande de fugitifs est découvert et rapporté au gouverneur D’Oyley[2] mais sans réaction.Puis dès juillet 1657, le lieutenant-colonel William Brayne écrit pour demander de l'aide à Londres contre les fugitifs noirs[2], sans réponse non plus.La chronologie des archives d’État en Jamaïque anglaise de 1657-1661 détaille ensuite d'innombrables embuscades et raids perpétrés par des bandes de « nègres » contre la colonie naissante[2].

Appel aux boucaniers

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Les Espagnols tentèrent de reprendre la Jamaïque via la résistance de Don Christobal de Ysasi[11], reconnu « gouverneur » théorique. Ils lui envoient fin 1657 le renfort de 300 soldats de Cuba[6], battus par 900 hommes mobilisés par le gouverneur anglais O’Doyley à la bataille d'Ocho Rios, le 30 octobre[6]. D'autres renforts d'environ 500 espagnols sont débarqués sur la côte nord en mai 1658[6] mais défaits par 700 Anglais et 10 navires dotés d'une forte artillerie[6].

Parallèlement, en 1657, l'amiralRobert Blake disperse la flotte espagnole dans la Caraïbe. Le gouverneur de laJamaïque invite lesboucaniers, parmi lesquels beaucoup d'Irlandais de la Barbade, à s'établir àPort Royal, pour la défendre. Les Britanniques s'installent dans l'ex-capitale espagnole, Villa ou Santiago de la Vega, rebaptisée « Spanish Town ». Pendant sa reconstruction, Port Royal fait office de capitale, puis devient une importante base arrière pour la piraterie. Les deux principales activités de l'île sont la plantation decacao, dispersée dans la jungle, et la flibuste. La Jamaïque devient la capitale despirates,corsaires etboucaniers ayant créé des établissements dans labaie de Campêche pour le « bois de teinture ». En 1659, les prises de courses atteignent le niveau record de 300 000 sterling.

Présence des huguenots

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Des Français se sont établis à la Jamaïque à cette époque, bien avant la révocation de l’édit de Nantes (1685)[12], au moment des tensions des années 1650. Plusieurs Français sont observés en 1662 dans la paroisse de Saint Andrew, à Liguanea : les 600 habitants à l'époque sont « anglais et français », ainsi qu'à Sainte-Catherine[3], et laissent quelques patronymes[3], mais c'est seulement le 28 juillet 1681 qu'un édit du roi Charles acceptera de naturaliser les huguenots français[3], tandis qu'un texte de janvier 1683 évoque 42 protestants français qui doivent « être transplantés dans l'île de Sa Majesté, la Jamaïque »[3]. Dans les registres des paroisses jamaïcaines de Saint-Andrew et de Sainte-Catherine, ces patronymes sont en tel nombre, vers la fin du XVIIIe siècle, qu’on ne peut plus les compter[12] mais très vite, eux-mêmes et leurs descendants se sont mêlés aux Anglais et sont restés protestants[12].

L'accord de paix d'Edward D'Oyley avec les esclaves fugitifs

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Mais après l'érosion du protectorat à la suite de la mort d’Oliver Cromwell, en 1658, les Anglais sont dans le désarroi financier puis la désorganisation, d'autant que le gouverneur conserve des liens étroits avec le régime d'Oliver Cromwell[2].Alors que la garnison anglaise manque de vivres,Edward D'Oyley signale en 1658 l'existence de plusieurs campements de fugitifs noirs, dont l'un est« une ville… plantée d' environ 200 acres de cultures vivrières », dans l’intérieur montagneux et inaccessible de l’île[2].

Pour éviter la guerre civile contre les noirs, le gouverneur Edward D'Oyley réussit à convaincre Juan de Bolas de rallier ses guerriers « Marrons » aux Anglais en 1660.Il lui garantit la liberté à son village de fugitifs « pour l'éternité », dans le premier traité reconnaissant ces communautés[13].Cette guérilla des « Marrons des Montagnes Bleues » va être auXXe siècle enseignée dans les ouvrages scolaires jamaïcains[14].Dix ans plus tard, en 1670, le Traité de Madrid abandonne définitivement la Jamaïque à l’Angleterre[6].

Puis les Anglais donnent le nom du rallié à laJuan de Bolas River et laJuan de Bolas Mountain et à une rivière.L’année 1660 marque ainsi un tournant dans la conquête anglaise de la Jamaïque et l’histoire du marronage en Jamaïque[7].Au cours des quatre années qui suivent (1660-1663), la collaboration des chefs des esclaves fugitifs avec les forces anglaises procure une plus grande sécurité à la colonie[2], et finalement facilite les intentions impérialistes, qui se sont concrétisées ensuite[2].

Edward D'Oyley est remplacé par un nouveau gouverneur en août 1661[2].Un peu avant son remplacement, il engage des négociations avec les villages découverts de « nègres » en vue d’une relation de travail coopérative[2].Les Anglais donnent à Juan de Bolas un terrain agricole en échange de ses services pour rétablir l'ordre.Réalisant que Bolas connait bien mieux les Montagnes que lui, Ysasi doit alors s'enfuir àCuba[15],[16].Trois ans plus tard, la colonie estime avoir réduit le nombre de « Marrons » de 558 à 100[7].

Règnes de Charles II et de Jacques II (1661-1688)

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Restauration de la royauté en Angleterre et ses conséquences

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Après laRestauration anglaise de 1661 qui voit le roi Charles II reprendre le trône de son père décapité en 1649 par lapremière révolution anglaise, trois nouveaux gouverneurs vont se succéder en trois ans.Des demandes des juifs et presbytériens pour participer à l'activité minière et au commerce sur l’île suivent la déclaration de tolérance religieuse émise par le roi Charles II[2], mais les libertés et le droit à la propriété de la terre ont en fait été étendus à la classe sociale qui en métropole vient d'être restaurée, l'aristocratie[2].

Charles II tout d'abord renonce à son intention initiale et déclare rendre l’île à l'Espagne[2] et reconnait officiellement les acquis agricoles du mandat de D’Oyley[2], malgré les liens étroits de ce dernier avec le régime d'Oliver Cromwell[2].Avec les deux nouveaux gouverneurs qui se succèdent, Thomas Hickman-Windsor et Sir Charles Lyttelton, le régime de restauration monarchique à Londres encourage un peuplement de la Jamaïque de type différent, via des réformes structurelles dans la recherche de la stabilité[2].

Surtout, l'année 1664 lance le long et graduel processus de remodelage de la Jamaïque anglaise[2].Le gouverneur de la BarbadeThomas Modyford débarque à la Jamaïque le 4 juin 1664 avec 700 de ses esclaves.L'île accueille aussi des artisans connaissant le processus de raffinage du sucre. Les actions du gouverneur Modyford (1664-1670) posent les jalons de sa transformation ultérieure, réalisée dans la Jamaïque de la seconde partie des années 1670, en colonie royale dominée par les plantations de canne à sucre et peuplée par le travail des esclaves africains[2].Modyford fait d’ailleurs des ouvertures aux corsaires anglais dans les Antilles : recevoir des terres et être incorporés dans les forces armées de la colonie[2].

Arrivée des planteurs de la Barbade et du Suriname

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Larestauration anglaise de 1660 renchérit la spéculation immobilière à laBarbade, où une demi-douzaine de grands planteurs de sucre sont anoblis.Les officiers supérieursjacobites s'intéressent alors à d'autres îles et à la fourniture d'esclaves à l'Espagne catholique, à qui letraité de Tordesillas interdit d'aller enAfrique.Le roiCharles II créé en 1660 laCompagnie des aventuriers d'Afrique, en l'honneur de laquelle est frappée une pièce d'or, laguinée.La production de sucre de la Barbade dépasse déjà celle duBrésil.Chaque année, 200 navires en ramènent 15 000 tonnes à Londres. Sur cette île minuscule, la terre devient rare et chère.Les planteurs réclament la possibilité de s'étendre ailleurs.Plusieurs s'installent dès 1664 dans laProvince de Caroline, menés par un ex-gouverneur de la Barbade.Un autre ex-gouverneur de la Barbade,Thomas Modyford, est chargé par le roiCharles II d'enseigner l'art de planter lacanne à sucre aux flibustiers de laJamaïque, où il s'installe avec 700 esclaves et devient gouverneur[17]. Il est nommé directeur decompagnie des aventuriers d'Afrique.Son frère, le colonel James Modyford, l'accompagne.Mais beaucoup de flibustiers ne désarment pas.Ils craignent que les espagnols ne volent leurs bateaux pour les empêcher de commercer avec les ports de laNouvelle-Angleterre protestante, enAmérique du Nord.En 1666,Thomas Modyford se fait mal voir parCharles II, à qui il tente d'expliquer qu'il risque de se mettre à dos les flibustiers et les pousser chez les Français de l'île de la Tortue et son gouverneurBertrand d'Ogeron.

En 1664, ladeuxiëme guerre anglo-néerlandaise obligeLondres à céder leSuriname aux Hollandais, qui l'ont emporté lors du conflit militaire: 1 200 autres colons anglais sont alors appelés parThomas Modyford en Jamaïque pour développer le sucre. L'Espagne reconnait à l'Angleterre la possession de la Jamaïque par leTraité de Madrid en 1670, pour l'encourager à se concentrer sur la guerre contre laHollande, peu présente dans laCaraïbe, et occuper ainsi les flibustiers jamaïcains, qui créent une insécurité pour les espagnols et les planteurs de sucre.

Le gouverneur de la Jamaïque pousse alors les premiers planteurs desucre à commercer avec laVirginie catholique, où des milliers de jacobites fidèles au roi CharlesIer s'étaient installés dès les années 1640, et où vient d'être votée laLoi virginienne de 1662 sur l'esclavage. L'idée est aussi d'échanger des esclaves: à partir de 1670 laVirginie compte 2 000 esclaves noirs, travaillant le tabac.Les liens sont étroits aussi avec laCaroline du Nord, où s'étaient installés en 1663 les grands planteurs de la Barbade comme le colonelBenjamin Berringer etJohn Yeamans et où ledocteur Henry Woodward développe latraite des Amérindiens de Caroline depuis 1670.Dès 1671, la Jamaïque, qui ne comptait que 500 esclaves en 1661, en importe plus d'un millier par an[18]. Ce sera 8000 par an à partir de 1680.

Après 1671, Sir Thomas Lynch retourne Henry Morgan et chasse les pirates

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Henry Morgan (1635-1688), flibustier et pirate.

Londres décide de briser lesflibustiers en 1671, en nommant un nouveau gouverneur, lejacobiteThomas Lynch, planteur de sucre, négociant en esclaves et vétéran des guerres contre le parlementpuritain. Son prédécesseurThomas Modyford était accusé d'avoir toléré la flibuste et leraid sur Panama, organisé par le chef pirateHenry Morgan, au risque de gâcher le rapprochement avec l'Espagne.

L'année suivante, Henry Morgan est emprisonné àLondres. Puis il est libéré à la demande du roiCharles II et de son frère Jacques[19]. Morgan, qui est proche d'un des oncles du roi, reçoit des terres et 126 esclaves, à condition de devenir planteur et de renier son passé de flibustier. Nommé ensuite gouverneur de laJamaïque, il a pour mission de réduire l'activité des flibustiers. Il intentera même un procès en diffamation à Alexandre-OlivierExquemelin l'un d'entre eux, qui a évoqué son passé de flibustier dans un livre.

Deux premières grandes révoltes d'esclaves (1673)

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En 1673 eurent lieu deux grandes révoltes d'esclaves dont une échoue et est sévèrement réprimée[7]. L'autre, à la St. Anne Plantation, voit 300 esclaves s’échapper vers le « Pays Cockpit », déjà occupé[7]. Plus tard, en 1685, la Widow Grey Plantation connut une révolte qui permit à 150 esclaves de s’échapper et, en 1690, c'est de la plantation Sutton que 400 fugitifs ont réussi à s'enfuir[7]. Les villages de fugitifs d'Accompong etCudjoe's Town (Trelawny Town) puisMe-no-Sen-You-no-Come, dont situés ainsi dans lePays Cockpit.

Les nombreux raids opérés la nuit contre les plantations permettaient de se procurer des armes aux esclaves[7], mais aussi des femmes et des outils introuvables dans la jungle. Les fugitifs recouraient plus fréquemment à des échanges discrêts avec les esclaves toujours en captivité[7]. Plus généralement, la politique d’isolement adoptée par les « marrons » jamaïcains leur a permis de croître dans la complexité politique et sociale[7] et à des générations de naître dans des villages marrons plutôt que dans des plantations grâce à des terres adaptées et une production agricole autosuffisante[7].

Avec la croissance démographique et l’expansion de la chasse et des terres agricoles[7], les « marrons » qui n’étaient pas nés dans les plantations ont établi un sentiment d’identité[7] et de capacité à négocier leur liens avec la Grande-Bretagne[7]. Les propriétaires étant souvent absents, car vivant en Angleterre[7], les Marrons communiquaient presque quotidiennement avec les esclaves des plantations, échangeant des produits alimentaires qu’ils avaient cultivés contre des outils, des armes, des textiles et des casseroles[7]. Il leur fallait recruter de nouveaux membres car le taux de mortalité dans les montagnes était élevé[7].

La Jamaïque importe 8 000 esclaves par an entre 1680 et 1688

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Alors que laJamaïque comptait 500 esclaves en 1660, volés sur des bateaux espagnols, leur nombre atteint 10 000 au début des années 1670[19]. La création en 1672 de laCompagnie royale d'Afrique vise à en importer plus, en bâtissant des forts sur le littoral de l'Afrique de l'Ouest: entre 1672 et 1713, en quarante ans, la compagnie y embarque 125 000 esclaves dont 25 000 décèdent lors de la traversée. Malgré ces pertes, sa rentabilité est estimée à 12 % par an. La moitié des déportations de ces trente années s'est faite en huit ans, de 1680 à 1688, pendant lesquels la Compagnie royale d'Afrique a prélevé 61 000 personnes sur les côtes d'Afrique, à bord de 194 navires. Mais 23,8 % des captifs sont morts au cours de la traversée[20]

La population de la Jamaïque affiche alors la plus forte croissance au monde. La Couronne britannique, craignant les révoltes, incite aussi les capitaines de navires à importer des blancs, dès 1682, en leur accordant une gratification de 168 livres pour ceux venant d'Angleterre, 135 livres pour lesIrlandais et 78 livres pour ceux venant d'Amérique[17]. La Jamaïque compte que 40 000 esclaves en 1700, pas plus que laBarbade, 20 000 autres étant répartis entre les îles anglaises deSaint-Vincent etMontserrat. Principal frein au développement du sucre, les pirates qui se réfugient dans les multiples criques deSaint-Domingue, se mêlant aux flibustiers français et créant de l'instabilité. Par ailleurs, de nombreux hollandais ont rejoint les pirates, même si leur pays a été refoulé vers leSuriname. La flibuste s'internationalise. En 1684, lors des grands raids pirates surPanama, elle compte 17 navires et 3 000 hommes rien qu'àSaint-Domingue.

Après 1688, laGlorieuse Révolution britannique déclenche laguerre de la Ligue d'Augsbourg contre la France, fragilisant les plantations jamaïcaines. L'expédition de la Jamaïque est organisée en 1694 par legouverneur de Saint-DomingueJean-Baptiste du Casse, directeur de laCompagnie du Sénégal, qui rapporte de l’indigo et 3 000 esclaves àSaint-Domingue, où il lance ainsi la production sucrière, trois ans avant lapaix de Ryswick. Le désarmement les flibustiers finit par aboutir. En 1700, la plupart ont fui: refoulés àBelize et auxBahamas pour les anglophones, sédentarisés au Panama pour ceux de laColonie française du Darién.

XVIIIe et XIXe siècles

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Révolte de Tacky de 1760

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Larévolte de Tacky en 1760, par Nicolas Lejeune
Article détaillé :Révolte de Tacky.

Larévolte de Tacky est une des plus importantesrévoltes d'esclaves dans lesCaraïbes entre l'Insurrection des esclaves de Saint John de 1733 et larévolution haïtienne de 1793. Elle fait suite aux révoltes de 1673, 1690 et 1745[21].

Elle est racontée notamment dans l'histoire de l'île d'Edward Long publiée en 1774, les carnets de Thomas Thistlewood, responsable de laparoisse de Westmoreland, où la rébellion avait débuté[21].

Larévolte de Tacky se déroule d'avril à juillet 1760, s'étendant à une grande partie de l'île et causant la mort de soixante Blancs et de plusieurs centaines de Noirs, ainsi que 250 000 livres sterling de dommages matériels[21].C'est un conflit opposant lesesclaves d'ethnieakan (alors appelée « coromantee ») aux troupes de l'Empire britannique enJamaïque[pas clair].

Le chef de la rébellion, Tacky, appartient au groupe ethnique desFantis, chez qui il était parmi les chefs les plus importants (le territoire des Fantis en Afrique correspond au centre de l'actuelGhana). Aux côtés d'Asante, surnommée la « Reine Nanny » ou « Nana », il organise une insurrection visant à prendre le contrôle de la Jamaïque, afin d'en faire une terre noire libérée de l'emprise britannique[22]. Selon J. A. Jones, officier britannique chargé de négocier la reddition des révoltés, Tacky connaissait très bien l'anglais, chose courante dans les élites Fante de l'époque[23].

En avril 1760, des esclaves parviennent à s'échapper de leurs plantations dans le cadre d'une opération préparée pour le lundi de Pâques suivant. Le 7 avril 1760, marchant sur Port Maria, fort situé dans la paroisse de St. Mary, le groupe des esclaves évadés tue un garde et vole des armes[21].

Puissance sucrière éclipsée par Saint-Domingue

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Creusement des sillons pour la canne à sucre, dans une plantation de Jamaïque au XIXe siècle.

Bien que la production sucrière ait commencé vingt ans plus tôt enJamaïque, la rivale françaiseSaint-Domingue domine le marché du sucre dès 1700, dès que l'effort de désarmement des flibustiers porte ses fruits. La Jamaïque profite alors d'une plus grande stabilité, mais laRoyal Navy, en pleine expansion, coûte de plus en plus cher à entretenir: un quart des recettes publiques britanniques.Londres cherche donc des financements.En 1705, le sucre roux est taxé à hauteur de 342 %, un niveau jugé prohibitif. Entre 1688 et 1713, les impôts passent de 3 % à 9 % duPIB britannique[24]. La Jamaïque est la première victime de la hausse des impôts indirects, lors de la création d’un « board des colonies » en 1696, qui se traduit par l'embauche progressive de 6 900 agents du fisc, chargés de contrôler des taxes élevées, en particulier sur les réexportations de sucre.

LeSugar and Molasses Act de 1733, puis leSugar Act de 1764 vont cependant alléger la note.L'année 1734 voit la reprise de l'essor sucrier en Jamaïque : la production passe de 12 millions de livres à 40 millions soixante ans plus tard.Mais le retard sur Saint-Domingue est loin de se combler.Même à ce moment-là, la Jamaïque est jugée beaucoup moins productive : son sol est sablonneux, les taxes plus élevées, les planteurs très endettés, faute de capital de départ[17]. AuXVIIIe siècle, la rentabilité, après impôt, des plantations jamaïcaines est deux à trois fois plus faible que celles de Saint-Domingue.Dernier facteur mais non des moindres, les révoltes d'esclaves y sont favorisées (révolte de Tacky en 1760) par l'existence d'un sanctuaire, dans la région duPays Cockpit.

Larévolution haïtienne qui débute àSaint-Domingue (colonie française) en 1791 redonne un avantage à la Jamaïque, qui devient premier producteur mondial de sucre en 1810, année où sa population d'esclaves noirs dépasse 350 000 personnes, avant que l'abolition de latraite négrière de 1807 ne stoppe le mouvement. À la fin de la décennie 1790, l'ensemble des îles de la Caraïbe britannique font immigrer par an 19 000 esclaves noirs, dont les deux tiers en Jamaïque[25].

Plus d'un demi-million d'esclaves africains sont débarqués sur l'ile entre 1701 et 1807.

Une île lourdement taxée et menacée par les révoltes

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Leonard Parkinson, chefmarron, 1796.

En 1766, alors que les colonies d'Amérique du Nord se plaignent aussi de taxes élevées, le droit fiscal de 4,5 % sur les exportations de sucre jamaïcain hors d'Angleterre est supprimé, une dizaine d'années après que la France ait au contraire créé une taxe sur les esclaves:Londres veut ainsi dissimuler le « problème jamaïcain », le retard sur la France dans la production de sucre, et encourager des blancs à s'installer. En 1818, à l'apogée du sucre jamaïcain, la population noire est de 160 000 personnes, pour 8 000 blancs, un ratio de un àvingt, plus faible qu'àSaint-Domingue (un à trente).

Les esclaves jamaïcains, connus sous le nom deMarrons, se révoltèrent plus d'une douzaine de fois entre 1673 et 1832 et établirent des communautés indépendantes d'où il était impossible de les défaire, comme fut démontré lors d'importantes expéditions militaires britanniques des années 1730 et 1790.

LaBataille des Saintes d'avril 1782, pendant laguerre franco-britannique, voit la flotte britannique dirigée parGeorge Rodney battre une flotte française dirigée par lecomte de Grasse, ce qui évite à la Jamaïque, après la prise de la quasi-totalité des îles anglaises du Vent par les Français, une seconde attaque française après celle de 1693, restée avortée et dont témoignent les deux canons français prélevés sur le vaisseau amiral « Ville de Paris » entourant la statue de Rodney à Spanish Town.

Révoltes d'esclaves des années 1790

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Incendie de la plantation Roehampton pendant laGrande révolte des esclaves de 1831.

L'une des communautés fut cependant expulsée dans les années 1790 et forma une partie du noyau de lacommunauté créole duSierra Leone. Le gouvernement colonial embaucha des « Marrons » pour les capturer. Vers 1800, les Britanniques se servirent également de 10 000 Jamaïcains libres de couleur pour maintenir leur mainmise. À Noël 1831, une révolte de grande ampleur, connue sous le nom deBaptist War, éclata. Sur les 300 000 esclaves de l'île, 60 000 se soulevèrent. Il s'agissait à l'origine d'une grève pacifique menée par le baptisteSamuel Sharpe. La rébellion fut matée dix jours plus tard, au début de 1832, par la milice des planteurs et les garnisons britanniques.

À la suite des pertes matérielles et humaines provoquées par cette révolte, le parlement britannique ouvrit deux enquêtes dont les conclusions allaient grandement contribuer à l'abolition de l'esclavage dans tout l'empire britannique, le. Les esclaves jamaïcains restèrent liés à leurs anciens propriétaires, mais avec une garantie des droits sous ce qui s'appelaitApprenticeship System. La population libérée dut pourtant toujours faire face à des conditions de vie très difficiles, ce qui provoqua larébellion de Morant Bay en octobre 1865, menée parGeorge William Gordon etPaul Bogle. Elle fut brutalement réprimée : l'état d'urgence est déclaré, plus de 400 personnes furent pendues ou fusillées, plus de 600 furent flagellées (cent coups de fouet pour les hommes et 30 pour les femmes ; la corde était alors bardée de fil de fer) et un millier de maisons furent incendiées[26]. L'Assemblée de l'île renonça par la suite à son autorité. Ainsi, la Jamaïque acquit-elle le statut decolonie de la Couronne. La production de sucre diminua en importance à la fin duXIXe siècle pour être concurrencée par celle de labanane. En 1872, la ville portuaire deKingston étant bien plus grande et plus raffinée queSpanish Town située à l'intérieur des terres, accéda au statut de capitale.

L'établissement du statut de Colonie de la Couronne favorisa, pendant quelques décennies, le développement d'une classe moyenne comprenant des fonctionnaires subalternes et des officiers de police issus du peuple, dont la promotion sociale et politique avait été bloquée jusque-là. LaGrande Dépression eut un impact significatif sur la classe moyenne émergente et sur la classe ouvrière des années 1930. Au printemps 1938, les travailleurs du sucre et ceux du port se révoltèrent dans toute l'île. Bien que réprimée, la révolte entraîna des changements significatifs, telle que l'émergence dusyndicalisme et du pluralisme politique.

Arrivée de réfugiés français de Saint-Domingue (1790-1804)

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Panorama deKingston etPort Royal vers 1820, par James Hakewill.

En une quinzaine d'années, de 1790 à 1804, quatre vagues d'immigration française, d'importance inégale, tant sur le plan du nombre de personnes concernées que de la composition socio-politique, vont prendre la direction de la Jamaïque, avec deux accélérations en 1792 et en 1798[12].

Au cours de l'été 1798 un flot d'environ deux milliers de réfugiés arrive dans le sillage des troupes britanniques qui ont quitté leurs forts de Saint-Domingue et fait doubler la population de réfugiés français dans l'île :réfugiés français de Saint-Domingue en Jamaïque[3]. La plupart se sont engagés dans les corps créés ou mobilisés pour accompagner les Britanniques : la « Légion britannique » de Montalembert[3], où ont servi le comte Duquesne, le lieutenant Desgouttes, les frères Barbeyrac, le vicomte Dulau d'Allemans, et ses hussards de cavalerie (lieutenant de Laulanié, cornette Vassal, baron de Mélet) ou encore la brigade irlandaise du colonel Walsh[3], de la famille des Walsh-Serrant de Saint-Domingue. Parmi les fonctionnaires, Louis-Ambroise Grandjean d'Aubancourt, grand ami de Lady Nugent[3] et Pierre Joseph Laborie, qui publie à Londres en anglais en 1798 son célèbre ouvrageThe Coffee Planter et meurt à Kingston en 1800[3].

Français chassés dès 1803

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Grand bal à la Jamaïque en 1802.
Le centre ville deKingston vers 1820, par James Hakewill.
Proclamation de l'abolition de l'esclavage dans la colonie de Jamaïque, le1er août 1838, depuis la maison du gouverneur àSpanish Town.

De nombreux prisonniers faits en mer à l'occasion de la reprise de la guerre franco-britannique sont débarqués à partir de juin 1803, rejoints fin 1803 par environ 8 000 rescapés de l'expédition Leclerc et de celle de 1803, toutes deux àSaint-Domingue, puis, en 1808, par les partisans battus du général Barquier àSanto-Domingo[3]. Entre-temps, le 25 novembre 1803, une proclamation àKingston du général Nugent demande à tous les Blancs étrangers à l'île, principalement des Français, au nombre de plus de 4 000, de gagner La Nouvelle-Orléans avec leurs esclaves. Une partie cependant est attirée par les autorités espagnoles vers Cuba[3]. En 1805 ne reste à la Jamaïque qu'une infime partie d'entre eux, surtout des veuves, enfants et hommes âgés, propriétaires de plantations de café, les réfugiés s'étant investis dans les arts, la spéculation et surtout la culture du café, le nombre de caféières gérées par des Français à la Jamaïque ayant atteint des centaines, grâce à l'avance technique des pionniers de Saint-Domingue commePierre-Joseph Laborie, secrétaire de la Chambre d'agriculture et député à la Constituante, qui rédige un manuel technique, jamais traduit[3].

La Jamaïque voit ainsi émerger une production caféière jusque-là inexistante, de 14,5 millions de livres en 1812 sur 27,6 millions de livres pour l'ensemble des colonies britanniques, quand dans le même temps la production haïtienne diminua de 70 %, passant de 76,8 millions de livres en 1789 à 43 millions de livres en 1801 puis à 26 millions de livres seulement en 1820[3]. Pour le sucre, la récolte haïtienne est passée de 141 millions de livres en 1789 à seulement 18,5 millions de livres en 1801 et 2,5 millions de livres en 1820, effondrement encore plus dramatique[3]. La Jamaïque, qui ne produisait avant la Révolution que 59 000 tonnes de sucre, devient le premier producteur mondial en augmentant très rapidement sa production d'environ 50 % pour atteindre 88 000 tonnes en moyenne de 1805 à 1809[3]. Cuba ne produisait qu'une dizaine de milliers de tonnes avant 1789 mais triple puis quintuple sa production : 34 335 tonnes en 1800-1804 et 50 384 en 1820-1824[3].Jean-François Pouyat, ex-propriétaire à Saint-Domingue a par ailleurs favorisé l'introduction en Jamaïque de la banane plantain « tigre », qui réussit[3].

La récolte de café ne nécessite pas des tâches ayant« la même rapidité ni la même intensité » ni les mêmes traitements immédiats des fruits récoltés que celle de canne à sucre, où le taux desucrose chute après seulement une semaine et la température des ateliers est au maximum[27]. Les cerises de café peuvent de leur côté attendre un an sans perdre de valeur et la période hors-récolte, bien plus longue, est consacrée à d'importants travaux d'entretiens, moins effectués en chaîne[27].

Elle s'effectue sur des parcelles plus grandes, adaptées à une forme de polyculture, qui permettaient aux esclaves d'entretenir des plants vivriers, ce qui est impossible sur les parcelles sucrières, d'où une surface moyenne supérieure en moyenne de 30 % à 40 % pour ces cultures dans les plantations caféières[27]. Dans celle de sucre, la coupe de la canne à la chaîne était supervisée par une catégorie distincte d'esclaves, aux intérêts opposés, avec des rapports hiérarchiques très marqués[27].

En Jamaïque, l'historien Matthew Reeves a réalisé, avec l'aide d'une communauté de descendants d'esclaves et duJamaica National Heritage Trust, une comparaison entre les parcours des esclaves travaillant dans les plantations sucrières du secteur de Thetford et ceux des plantations de café de la Montagne Juan de Bolas[27],[28], du nom d'un ancien chef des esclaves fugitifs devenu colonel de la milice et magistrat après un accord de paix en 1660[29]. Elle a montré des différences importantes dans la longévité des esclaves, avec un âge moyen au décès plus élevé de deux décennies dans la zone caféière[27]. Par ailleurs, le travail y a moins d'impact sur la fécondité des femmes, qui est retardé chez les esclaves du sucre et dédié parfois à des femmes qui n'ont pas d'autre activité[27].

Les descendants des esclaves des plantations de café vivent souvent sur le même lieu car, parmi leurs ancêtres, les esclaves affranchis s'installaient dans la plantation en rachetant une parcelle. Les affranchis des plantations de sucre préféraient s'installer au contraire à l'extérieur, et les cultures personnelles de complément se trouvaient déjà souvent à l'extérieur de l'espace sucrier[27].

Indépendance (1962)

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La Jamaïque gagne son autonomie au milieu desannées 1940[30]. LePeople's National Party (PNP) est fondé en 1938 et son principal rival, leParti travailliste de Jamaïque (Jamaica Labour Party, JLP), cinq années plus tard.

Les premières élections au suffrage universel ont lieu en 1944. La Jamaïque rejoint en 1958 neuf autres territoires britanniques dans l'éphémèreFédération des Indes occidentales, organisation dont elle se retire en 1961, les électeurs ayant choisi de renoncer à cette alliance.

Son indépendance obtenue le 6 août 1962, la Jamaïque demeure membre duCommonwealth et adopte lesystème de Westminster. Le premier Premier ministre de la Jamaïque indépendante est le travaillisteAlexander Bustamante.Pendant cette période, le gouvernement jamaïcain est inféodé aux États-Unis et entretient un climat de violence politique et sociale[31].

Dans les années qui suivent l'accession à l'indépendance, le pouvoir change régulièrement de mains et alterne entre leParti travailliste de Jamaïque et lePeople's National Party.Michael Manley, premier chef de l'État issu du PNP, élu en 1972, met en place un programme du type socialiste et renforce les relations avecCuba[32].Sa réélection (deuxième mandat) marque le début d'une flambée de violence politique.Après que le PNP a perdu le pouvoir, au début de novembre 1980,Edward Seaga prend immédiatement le contre-pied de la politique de son prédécesseur en favorisant la privatisation et en cherchant à nouer des liens étroits avec lesÉtats-Unis.Le PNP et Manley reviennent au pouvoir en 1989 et poursuivent une politique modérée.Manley démissionne pour des raisons de santé en 1992 etPercy Patterson lui succède à la tête du PNP. Le PNP est réélu en 1993 et en 1998.

Émigration massive

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La Jamaïque est un pays d'émigration massive.

À la fin duXIXe siècle et au début duXXe siècle, de nombreux Jamaïquains émigrèrent enAmérique centrale, àCuba et enRépublique dominicaine pour trouver du travail dans les plantations de bananes et de canne à sucre. Dans les années 1950 et 1960, leRoyaume-Uni devint leur principale destination, jusqu'en 1962, date à laquelle il réduisit ses quotas. Les principaux flux se concentrent dès lors vers les États-Unis et leCanada. Environ 20 000 Jamaïquains émigrent chaque année aux États-Unis et 200 000 autres s'y rendent en visite. New York, Miami, Chicago et Hartford comptent parmi les villes américaines qui abritent une importante population jamaïquaine. Les envois de fonds des communautés d'émigrés jamaïquains aux États-Unis, au Royaume-Uni, et au Canada contribuent de façon croissante et significative à l'économie de l'île.

Mouvement rastafari et musique

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Le pasteur afro-centristeLeonard Percival Howell (1898-1981), ancien grand ami deMarcus Garvey, apôtre du « Retour à l'Afrique » (mouvementBack to Africa / Exodus), fonde en 1940 la première communauté rastafari.Lemouvement rastafari qui est ainsi lancé s'inspire du couronnement de l'empereurHailé SellassiéIer en Éthioipie, présenté comme le Messie revenu sur terre pour sauver les Noirs : ceux-ci doivent retourner enAfrique, la terre des ancêtres. Une visite officielle de l'empereur en Jamaïque en avril 1966 paraît une révélation, bien gérée parMortimer Planno (1929-2006), un des cofondateurs duRastafari Movement Association. Artistes, musiciens et poètes font chorus.

Lamusique jamaïcaine développe de nombreux genres musicaux :musique marron (en),musique populaire jamaïcaine (en),mento (vers 1880-1890),sound system (1945),ska (années 1950),dub (1965),rocksteady (1966),reggae (1968),dub poetry (1975)c,dancehall (1975c),raggamuffin (1986c),reggae fusion...

Galerie 1930-1990

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Galerie de responsables politiques depuis 2000

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Notes et références

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  1. Un prêtre espagnol,Bartolomé de Las Casas, œuvre à la protection du peuple taïno.C'est lui aussi qui suggère, ce qu'il regrette par la suite, d'avoir recours à des esclavesafricains.Il écrit plusieurs livres dans lesquels il dénonce avec véhémence le mauvais traitement que lesconquistadores infligent aux indigènes et préconise que les Espagnols convertissent les Taïnos auchristianisme.
  2. abcdefghijklmnopqrstuvwxyzaaabacadaeafagahaiajakalamanaoapaqaras etat"“FREE NEGROES” – THE DEVELOPMENT OF EARLY ENGLISH JAMAICA AND THE BIRTH OF JAMAICAN MAROON CONSCIOUSNESS, 1655-1670" par PATRICK JOHN NICHOLS, Georgia State University en 2015[1]
  3. abcdefghijklmnopqr etsJacques deCauna, « La diaspora des colons de Saint-Domingue et le monde créole : le cas de la Jamaïque »,Outre-Mers. Revue d'histoire,vol. 81,no 304,‎,p. 333–359(DOI 10.3406/outre.1994.3230,lire en ligne, consulté le)
  4. "Amsterdam's Sephardic Merchants and the Atlantic Sugar Trade in the Seventeenth Century" par Yda Schreuder · 2018 aux Editions Springer International Publishing
  5. Agorsah, E. Kofi, "Archaeology of Maroon Settlements in Jamaica",Maroon Heritage: Archaeological, Ethnographic and Historical Perspectives, ed. E. Kofi Agorsah (Kingston: University of the West Indies Canoe Press, 1994), pp. 180–1.
  6. abcdefghijklmn eto"Don Cristóbal Arnaldo de Isasi, le Basque rebelle, dernier défenseur de la Jamaïque espagnole (1655-1660)" par Jacques de Cauna, docteur d’État en histoire, professeur à la Sorbonne)[2]
  7. abcdefghijklmnopq etr"From Freedom to Bondage: The Jamaican Maroons, 1655-1770" par Jonathan Brooks, University of North Carolina Wilmington[3]
  8. "Histoire générale des Antilles et des Guyanes: des Précolombiens à nos jours", par Jacques Adélaïde-Merland, page 95[4]
  9. abcd ete"Welcome to Sligoville: The story of the Irish in Jamaica", article dans leIrish Times le 18 septembre 2017, par Olive Collins[5]
  10. "Géopolitique des îles: Des îles rêvées aux îles mondialisées" par Marie Redon, aux Editions Le Cavalier Bleu[6]
  11. Mavis Campbell,The Maroons of Jamaica 1655-1796: a History of Resistance, Collaboration & Betrayal (Massachusetts: Bergin & Garvey, 1988), pp. 14-17
  12. abc etd"Les colons de Saint-Domingue passés à la Jamaïque (1792-1835)" par Philip Wright etGabriel Debien, dans leBulletin de la Société d'Histoire de la Guadeloupe Numéro 26, 4e trimestre 1975 " par le dansLe Monde[7]
  13. W. Noel Sainsbury (editor), "America and West Indies: February 1663," Calendar of State Papers Colonial, America and West Indies, Volume 5: 1661-1668
  14. Les Windward Maroons, plus anciennement Spanish Maroons, pour les différencier d’un autre groupe installé à l’ouest de l’île, les Leewards Maroons selon l’historien jamaïcain Carey Robinson, The fighting Maroons of Jamaïca, Kingston, Collins & Sangster, 1971
  15. Campbell,The Maroons of Jamaica 1655-1796, pp. 17-20.
  16. C.V. Black,History of Jamaica (London: Collins, 1975), p. 54.
  17. ab etcDrouin de Bercy,Histoire civile et commerciale de la Jamaïque,, 144 p.(lire en ligne).
  18. Robin Blackburn,The Making of New World Slavery : From the Baroque to the Modern, 1492-1800,, 602 p.(ISBN 978-1-85984-195-2,lire en ligne),p. 284.
  19. a etb(en) Robin Blackburn,The Making of New World Slavery : From the Baroque to the Modern, 1492-1800,, 602 p.(ISBN 978-1-85984-195-2,lire en ligne),p. 284.
  20. Histoire et civilisation de la Caraïbe : Guadeloupe, Martinique, Petites Antilles, Paris, Maisonneuve & Larose,, 414 p.(ISBN 2-7068-1857-3,lire en ligne),p. 306.
  21. abc etdJennifer Conerly, « The Unbelievable Jamaican Slave Uprising that Led to Revolution »,[8] (consulté le 22 février 2018).
  22. « Jamaican Culture », Jamaicans.com,(consulté le)
  23. James Athearn Jones,Haverill, or memoirs of an officer in the army of Wolfe, J.J & Harper, 1831, p. 199.(ISBN 978-1-1595-9493-0)
  24. "The Oxford History of the British Empire: Volume II: The Eighteenth Century", par P. J. Marshall"[9]
  25. "The Atlantic Slave Trade", par Herbert S. Klein, page 42
  26. Henri Wesseling,Les empires coloniaux européens. 1815-1919,Folio,
  27. abcdefg eth(en) James A.Delle, Mark W.Hauser et Douglas V.Armstrong,Out of Many, One People: The Historical Archaeology of Colonial Jamaica, University of Alabama Press,(ISBN 978-0-8173-5648-4,lire en ligne)
  28. Matthew Reeves' Talk – Juan de Bolas Coffee Estate & Thetford Sugar Estate Held at the Trelawny Parish Library
  29. The Juan de Bolas Marker, site du Jamaica National Heritage Trust[10]
  30. https://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMHistoriquePays/JAM
  31. Amzat Boukari-Yabara,Une histoire du panafricanisme,La Découverte,,p. 268
  32. Thibault Ehrengardt,Peter Tosh, chronique d'une mort annoncée, Le Monde du 24 août 2018p. 16

Annexes

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Bibliographie

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Lectures complémentaires

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Articles connexes

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Jamaïque

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Liens externes

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