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Cet article retrace l'histoire d'Hellemmes, une ancienne commune duNord de laFrance,associée àLille en.Elle s'appelait autrefois Hellemmes lez Lille[réf. nécessaire].
Hellemmes est située à l'est deLille et a une superficie de 334hectares. Elle est comprise entre les communes deLille,Ronchin,Lezennes,Villeneuve-d'Ascq (Annapes etFlers-lez-Lille) etMons-en-Barœul.
Administrativement, elle faisait partie de lachâtellenie de Lille. L'altitude de la ville varie de 26,50 à 30 mètres.
Hellemmes est une commune qui était traversée par le courant Maître-David, un ruisseau passant à la limite de la commune (à laGuinguette où l'on constate que le tracé n'est pas rectiligne),dans les rues Jacquard et Étienne-Dolet.
Selon un mémoire duXVIIe siècle, le fossé aurait été établi pour détourner les eaux sauvages qui descendaient deRonchin etFaches et se déversaient dans les fossés deLille, les faisant déborder. Ces eaux se déversèrent dans les marais deFlers, par le fossé partant de "la porte des Malades" actuelleporte de Paris jusqu'à proximité de la ferme de Quiquempois (àFlers).
En1571, un marché fut conclu entre la ville de Lille et les manants propriétaires des terrains au travers desquels le fossé devait passer. Le total des terres acquises s'éleva à1 bonnier 15 cents 7 verges 9 pieds pour la somme de 2004 livres, en ajoutant les indemnités pour les semailles.
En1572, les manants de Flers, trouvant que les eaux occasionnaient des dégâts, demandèrent aumagistrat de Lille de la continuer jusqu'à laMarque (rivière). Quelques terres furent acquises, mais sans suite.
Une nouvelle demande fut donc présentée au magistrat en1629. Un accord définitif fut signé le entre le bailli d'Annappes et le magistrat. Le percement et l'entretien du fossé furent cause de nombreux conflits entre1571 et1779.
Au début de1738, une enquête fut ouverte par le magistrat de Lille pour étudier l'utilité de ce fossé, ce qui, semble-t-il, fut confirmé. Ce n'est qu'en1779 que le magistrat décida de vendre les terrains, sans pour autant supprimer le courant. Quelques années plus tard, le fossé n'allait plus que de la Guinguette à Hellemmes, jusqu'aux environs du lac Saint-Jean àVilleneuve-d'Ascq. À présent, il n'existe plus.
Un second fossé, le Becquerel, venait deMons-en-Barœul par l'actuelle rue du Becquerel, et passait par les rues Jacquart et Étienne-Dolet. Il apparaît donc que, ces courants prenaient, au moins en partie, le même chemin ; parfois, leurs noms sont confondus.
Un petit pont enjambant un filet d'eau se trouvait dans le parc de la mairie. C'est à tort que la rumeur publique y voit un ruisseau : il s'agissait des eaux pluviales de l'immeuble industriel adjacent qui desservaient le jardin d'agrément.
Hellemmes serait la formeromane donnée au germaniqueHelhem, composé duteutonhem = demeure, maison, et dehel (heil) pour heilag, sacer, sanctus. Par extension, ce suffixe signifie foyer, demeure du chef, la maison et, partant, le village entier.Ainsi, d'après E. Mannier, « Heil-Hem » signifierait demeure sainte, nom qui a pu être donné dans les premiers temps par le séjour de quelque pieux cénobite.
Le suffixehem semble avoir été importé par lesFrancs saliens etheim par les Francs ripuaires (voir la concentration de ces mots — et de leurs dérivés — dans les zones d'occupation de ces peuples). Tous deux ayant été usités par l'une ou l'autre tribu, il devient difficile d'attribuer des limites étymologiques certaines.
L'extension donnée à la signification dehem permet de penser que notre région, peuplée d'hommes fiers et indépendants aurait accepté au moins une intégration duchristianisme dans leur panthéon religieux, ce qui aurait pu donner au nom du bourg en gestation la valeur de « village saint » ou « village croyant », honneur accordé par les évangélisateurs.
Le christianisme est apparu assez tôt, importé par les négociants, les évangélisateurs, les troupes romaines...
Piat, accompagné de quelques jeunes prêtres, a été envoyé par le pape versTournai pour porter la bonne parole enGauleBelgique. Ils traversent laNervie, laMénapie et l'Atrébatie, les deux premières régions subissant plus que n'acceptant l'occupation romaine.
Irénée, un converti, fit don à saint Piat d'une maison dans Tournai pour servir de lieu de culte, endroit où fut érigée plus tard la cathédrale Notre-Dame.
Un descendant d'Irénée, Éleuthère, succédant à saint Denis, se fit prêtre, et créa l'évêché de Tournai dont il fut l'évêque pendant quarante-cinq ans (jusqu'à sa mort survenue le).
Les notes relatives à Hellemmes dans ledictionnaire de Pietresson de Saint-Aubin indiquent :
La frontière entreMénapie etAtrébatie a longtemps fait l'objet de controverses, la tradition voulant que les anciens évêchés aient repris les limites des civitas en lesquellesJules César voyait des entités plus politiques qu'administratives. Ces circonscriptions servaient de cadre à la levée des impôts, variables selon l'obéissance et la fidélité des peuples vaincus.
La délimitation des deux territoires actuellement généralement admise est celle fournie par Pierre Léman (ancien directeur des antiquités historiques). Elle passait parHouplines,Armentières,Lomme,Lambersart,La Madeleine,Fives,Bouvines,Mortagne.
Fives(Fivis, Finis) est considérée comme ayant servi de borne frontière. Cette frontière aurait-elle, par la rue Roger-Salengro, coupé Hellemmes en deux ?
Lors de la construction de l'école des apprentis (pour le compte de la SNCF), les fondations d'une villa gallo-romaine ont été mises au jour.
Rien ne vient à l'appui de la légende selon laquelle Hellemmes aurait été fondée par un certain Helemus.En effet, c'est la terre qui donnait son nom au seigneur et non l'inverse. L'adoption du nom d'une terre plus prestigieuse était courant.Certains, préféraient même la mention d'une avouerie plutôt que leur titre.
La fixation des blasons date duXIIIe siècle. Il faut cependant attendre leXVIe siècle pour qu'Hellemmes ait le sien (Sébastien Dore,héraldiste, tenait à jour l'armorial de France).Louis XIV avait besoin de ressources. Le « blasonnage » donnait lieu à des taxes d'enregistrement : communes, métiers, abbayes, etc. furent tenus d'en avoir un.Il est dit devair, soit constitué de petites pièces en forme de clochetons d'azur et d'argent placés tête-bêche.
Bernard Derosier, maire, a changé ces armoiries afin de les moderniser (il serait alors plus judicieux de parler delogo).Quinze triangles bleus posés quatre, quatre, quatre, trois, devaient symboliser l'industrie et lamétallurgie et une pensée pour le CITTN, ruche d'entreprises qu'il avait voulu voir s'implanter sur Hellemmes. Le nom Hellemmes et la mention « commune associée à Lille » s'inscrivaient en noir.
En 2001, Gilles Pargneaux, successeur de Bernard Derosier, veut également mettre sa « patte » au symbole communal. Les triangles ne sont plus qu'au nombre de six, plus gros, cinq de couleur bleue, un légèrement décalé afin de donner une idée de mouvement, de couleur jaune. Ce nouveau logo a été présenté aux habitants le lors de la traditionnelle cérémonie des vœux.
Les découvertes archéologiques sur le territoire de la commune sont rares.
En1963, lors de la construction de l'atelier des apprentisSNCF, rueDanton, des structures interprétées comme datant de l'époque gallo-romaine ont été mises au jour:
Rue du Blason, une monnaie « romaine » a été trouvée, mais l'inventeur a toujours refusé de la confier pour une identification plus précise.
Un four à céramique (le dépotoir n'a pas été fouillé) situé à Hellemmes, et non pas à Lézennes, daté du début de la Tène.
Le sondage effectué à l'emplacement de l'ancienne annexe Fénelon fera l'objet d'un développement au chapitre consacré à l'église Saint-Denis.
Il faut remarquer qu'un certain nombre de sites auraient mérité d'être exploités, par exemple :
Tout le système féodal était basé sur un rapport desuzeraineté àvassalité, à l'origine, le plus fort apportant sa protection au plus faible. La propriété ne devenait qu'une mise à disposition de biens. Au décès du détenteur, le foncier était remis au suzerain, qui le transférait alors au héritiers du défunt moyennant un droit dit de mainmorte, ce qui n'interdisait pas une confiscation.L'usage des biens était soumis, outre les divers impôts, à une redevance soit en hommes d'armes pour lesnobles, soit en nature (puis en argent) pour lesroturiers. Encore fallait-il faire la différence entre les fiefs nobles et ceux tombés en roture.
Dépendant du monastère de Marquette auXIIe siècle, Helemes apparaît en 1174 dans le cartulaire deLoos. La première mention de la paroisse parait dans un acte de1276 par lequel Michel d'Allennes vend à Marguerite, comtesse de Flandre et de Hainaut « ung lieu et manoir… la terre de latre de hellemes et la masure dou prestrage de la paroce de hellemes furent prises et esclucies de le dite terre lequel lieu terres rentes et le disme dessus dite li dis mikiel tenait en fief de hellin sires de Chisoing ».
Hellin de Cysoing, seigneur deCysoing, deBourghelles, etc., ber de Flandre et avoué de l'abbaye du lieu, fils de Arnould et de Mathilde de Lille, était marié avec Alix de Diest, fille d'Arnould et d'Isabeau de Mortagne. Il descendait d'Étienne de Landas qui, ayant épousé l'héritière de Cysoing vers 1111, changea son nom pour celui de Cysoing.
La famille de Landas est connue depuis leXe siècle. Selon une certaine légende, les de Landas descendraient des marquis d'Este (ou Aste), enItalie. Famille très puissante, ses membres avaient le pas (priorité) sur le comte de Wavrin.Armes des de Landas : parti émanché d'argent et de gueules de dix pièces.
Fief vicomtier tenu de la seigneurie deRoubaix à 10 livres de relief à la mort de son possesseur consistant en 12 bonniers et demi de terres à labour sises sur la route de Lille à Tournai, en rentes sur des héritages s'étendant sur Hellemmes, Lille, La Madeleine et en deux hommages.
Dans un cartulaire de l'abbaye de Bourbourg de 1130, nous trouvons trace d'un Rogierus de Helemis, sans indication d'origine.
Une famille D'Hellemmes n'en est pas moins attestée dans un acte de1136 par lequel Thierry, comte de Flandre, confirme diverses donations faites au profit de l'église Saint-Martin de Fives. Sont nommés :
frères et sœur.Ce n'est que vers 1174 qu'un certain Robert de Helesmes, guerrier et chef temporel d'un petit monastère proche aurait fondé le village.
En 1290, est cité Hellin d'Hellesmes, sous-diacre, possesseur de la prébende de l'église Saint-Pierre de Lille. Le de la même année, le papeNicolas IV charge l'archidiacre de Hainaut (de Liège), maître Jean de Lille, et le chancelier de l'église de Tournai de faire recevoir comme chanoine maître Hellin de Hyelesmes en dépit de l'empêchementex defectu natalium interdisant à ce chapitre d'admettre les bâtards au canonicat.
Le bénéficiaire avait vécu longtemps à la cour de Rome, ce qui lui avait valu diverses faveurs dont la dispense précitée. Un acte du le présente comme faisant partie des chanoines qui ont soutenu le comte de Flandre contre le roi Philippe Le Bel.À son décès, survenu le ou 1298, sa maison canoniale fut vendue, le prix entrant dans l'acquisition de la dîme de Sequedin.
Le fait d'être cité dans le nécrologue et l'obituaire le présente comme un personnage de marque.
Un Symon de Hellemmes figure comme témoin en tant qu'homme de fief dans un acte du par lequel Walerans de Lussembourch fait don d'un bois à son écuyer.
Vers leXIVe siècle, plus aucun membre de la famille D'Hellemmes n'est mentionné comme détenant un fief dans la commune. Nous trouvons cependant des porteurs du nom àTournai, sans aucune preuve de lien de parenté, avec Jehan de Hielemmes (ou de Helames) décédé avant 1316, marié avant 1305 avec Maroie Copette, et dont la descendance est connue pendant plusieurs générations.Ainsi, un Hellemmes figure, en1429, avec Jean Boinenffant, dépositaire de la ville de Tournai, à une joute ayant lieu à Lille, et deux autres, Jean et Guillaume, participèrent auTournoi des 31 rois de Tournai auXIVe siècle[1]. La dernière de cette famille Hellemmes de Tournai, mariée en 1660 à David Ablaÿ, transmit à lafamille Ablaÿ les armes de sa famille[2].
Artus portait d'or à trois couronnes de gueule posées en pal.Jacques Artus, fils de Jean, meurt le et est inhumé à Lille Saint-Étienne. Il avait épousé Agnès Rufin, dame d'Espaing, décédée le, également inhumée à Lille Saint-Étienne.Le dénombrement du fief d'Espaing à Wambrechies, tenu de la Salle de Lille est servi le.
Jean Artus, fils des précédents, époux de Jeanne Frémault, relève sa bourgeoisie en 1356. C'est peut-être le même personnage qui estroi de l'Épinette en 1380.
Robert Artus, mort avant 1405, fils des précédents, relève sa bourgeoisie de Lille en 1375. Il est anobli par lettres données àParis en février1391 moyennant finance taxée à 40 francs d'or. Il est cité commegardorphène de la ville de Lille en 1384 (contrôles des maisons ayant des orphelins en tant que pensionnaires). Il figure également en tant que juge rentier de l'Abiette de Lille à Hellemmes. Un acte d'acquisition de terre passé le est revêtu de son sceau chargé d'un écu portant trois couronnes l'une sur l'autre accompagnées d'un fermail au canton dextre ; on peut y lire la légende « +scel. robiert. artut. ».De son mariage avec Willemine Thieulaine (laquelle se mariera en secondes noces avec Gilles, seigneur de Tourmignies), il eut un fils et une fille qui suivent.
Jean Artus, écuyer, seigneur d'Espaing, relève la bourgeoisie de Lille le.Lors du dénombrement de la seigneurie de Roubaix servi le par Pierre de Roubaix, le fief d'Hellemmes est déclaré comme ayant appartenu à Jean d'Espaing (probablement Jean Artus, grand-père de Jean) et ne pas avoir été relevé au moment dudit rapport. C'est sans doute le même personnage qui est roi de l'Epinette en 1435.La plus grande partie de sa fortune fut perdue au service du roiCharles VII.Son mariage avec Marie Wettin restera sans postérité.
Catherine Artus, héritière de son frère, épouse en premières noces Jean Cottrel, seigneur d'Esplechin etéchanson du roi de France, en secondes noces, Jean de Marquillies, seigneur d'Herbamez.
Adrien de Noyelles, fils de Philippe et de Isabeau de Luxembourg, recueille en1561 les seigneuries de Croix, Flers, Hellemmes, etc. en1665 celles de La Becquerie et de La Vigne à Linselles.Il était marié avec Françoise de Lille (une cadette de la maison Péronne-Lille, des châtelains de Lille) portant de gueule au chef d'or.Au-dessus du portail de l'église de Flers se trouvait une verrière avec les quartiers suivants :
Avec l'inscription « Adrien de Noyelles, Chevalier, seigneur de Croix et Flers et dame Françoise de Lille, s'espeuse, ont donné pour l'honneur… »Adrien II de Noyelles, fils des précédents, chevalier, seigneur de Croix, Flers, Lisbourg, Hellemmes, gouverneur et souverain-bailli du château de La Motte au Bois, etc., avait épousé Anne de Gand-Vilain (laquelle portait de sable au chef d'argent). Il meurt le en transmettant ses seigneuries à son fils aîné qui suit.
Jacques de Noyelles, seigneur de Croix, Flers, Hellemmes, etc., vicomte de Nielle obtient en1617 des ArchiducsAlbert etIsabelle l'érection de sa terre de Croix en comté avec annexion de la seigneurie de Flers. Il fait foi et hommage pour son comté et1620, en sert les rapports et dénombrement trois ans plus tard.En 1627, il obtient l'érection de sa terre de Lisbourg en marquisat.Il remplit les fonctions de commissaire ordinaire au renouvellement des magistrats du comté de Flandre, et de chef des finances aux Pays-Bas.Il meurt le, marié à Anne de Claerhout, baronne de Maldeghem, sans postérité.
Françoise de Noyelles, sœur du précédent, dame d'honneur de l'infante Isabelle, était unie à son parent au quatrième degré Florent de Noyelles, chevalier, comte de Maille, baron de Rossignol, gentilhomme de la chambre de l'archiduc Albert, capitaine d'une compagnie de lances, gouverneur d'Arras puis grand bailli du Hainaut.Ils eurent pour successeur leur fils aîné.
Eugène de Noyelles, vicomte de Nielle, comte de Croix, marquis de Lisbourg, seigneur de Flers épousa Marie de Berghe-Saint-Winoc.Le comté de Croix est vendu en 1677, la seigneurie de Flers, détachée, est, quant à elle, vendue au sire de Kessel, seigneur de Gavelins.
Henri de Broide, fils de Pierre (écuyer, seigneur de Wallutle), écuyer, seigneur de Gondecourt, Beauffremez, Escobecques, La Sonnerie (à Flers), Hellemmes, bourgeois de Lille par achat du, conseiller de la ville de Lille en 1694 est fait chevalier par lettres données à Saint-Germain-en-Laye en. Il meurt à Lille avant 1733, ayant épousé à Lille Saint-Étienne Marie Jeanne Fauconnier, baptisée à Lille Saint-Étienne le, fille de Guillaume et de Catherine Deconninck, inhumée dans l'église de Gondecourt le.La fille d'Henri de Broide, Florence, héritière de Gondecourt, épouse Jérôme Alexis Robert seigneur de Choisys. Leur fils Robert, baron de Saint-Symphorien, seigneur de Gondecourt, fit défaut à l'assemblée de la noblesse appelée à élire des députés auxÉtats généraux en 1789.
Une branche de la famille d'Haffrenghes, connue àSaint-Omer dès leXVIe siècle, est venue se fixer à Lille où elle acquit une certaine notoriété.
Jacques Adrien d'Haffrenghes, né àSaint-Omer le, seigneur de La Bricque (àMentque-Nortbécourt), bourgeois de Lille par achat du, licencié en droit, subdélégué de l'intendant de Flandre par lettres de provision reçues le pour une somme de12 000 livres (lors de la suppression de l'office, par édit donné àVersailles en octobre1713, Jacques Adrien d'Haffrenghes devait recevoir « 13 434 livres 15 sols plus les intérêts au denier vingt au prorata de ce qui en sera deub et echeu »), bailli deRoubaix de1679 à1688, conseiller du roi, premier pensionnaire des états de Lille est anobli par lettres données en. Il meurt à Lille Sainte-Catherine le, ayant épousé Marie Catherine Cambier, née en 1636, morte le (inhumée à l'abbaye deBeaupré-sur-la-Lys) d'où :
Charles Maximilien Joseph d'Haffrenghes, baptisé à Lille Sainte-Catherine le, écuyer, bourgeois de Lille par relief le, conseiller du roi, subdélégué de l'intendant de Flandre, conseiller pensionnaire des baillis hauts justiciers de la châtellenie de Lille devient seigneur d'Hellemmes par achat. Il meurt le, inhumé dans la chapelle de la Vierge à Lille La Madeleine. Il avait épousé par contrat passé le à Comines Suzanne Thérèse Joseph Becuwe, née en 1711, morte le (inhumée à Lille La Madeleine), dame des Manoirs et de Tametz, d'où :
Charles Hippolyte Marie d'Haffrenghes, baptisé à Lille La Madeleine le, écuyer, bourgeois de Lille par relief le, subdélégué de l'intendant de Flandre, marguillier de la paroisse de La Madeleine à Lille, nommé directeur du Vrai Mont de Piété à Lille le, inscrit au rôle des nobles par ordonnance du, déjà seigneur d'Hellemmes, achète ce qui reste de ce fief.Il meurt à Lille La Madeleine le, ayant épousé à Lille La Madeleine le Marie Catherine Florence van Zeller, baptisée à Lille La Madeleine le, fille de Théodore (écuyer, seigneur de Oostove) et de Marie Catherine Cécile Wacrenier. De ce mariage, sont issus :
Maximilien Philippe Auguste d'Haffrenghes, baptisé à Lille La Madeleine le, écuyer, seigneur d'Hellemmes. Il fait ses preuves de noblesse le en même temps que ses trois frères.Il prend part en1789 à l'élection des députés auxÉtats généraux comme membre de la noblesse du bailliage de Lille (la liste indique : Marie Catherine Laurence Vauzelle — pour van Zeller —, le seigneur d'Hellemmes, son fils) en tant que commissaire. À ce titre, il prend part à la rédaction des cahiers de doléances.Vers mars1787, il se retire àYpres pour se consacrer audessin et à l'art dramatique.
Fief vicomtier tenu du comté d'Avelin à cent sous de relief consistant en un flégard sur la route de Tournai à l'église d'Hellemmes (partie de l'actuelle rue Faidherbe) et en rentes.
Michel Hangouart, né àAubers en1621, fils de Barthélémi et de Marie de Pressy, écuyer, seigneur de Ransart, Plouich, Malfiance, Bas Aubers (ancien fief de Piettre à Esquelbecq), Les Mottes, Les Brulots, Pommereault, Antreuil, seigneur d'Elcourt à la suite du décès de son frère aîné, bourgeois de Lille par relief le, grand bailly des états deLille,Douai,Orchies, est créé chevalier par lettres données àMadrid le. Il achète la charge de bailli de Lille en1640, devient député ordinaire des États de Lille, achète la seigneurie d'Avelin en1660, puis celle de La Madeleine. Il attache son titre de baron à la terre d'Avelin érigée en comté.En1639, il achète une maison face à l'hôpital Saint-Sauveur pour y installer les Collectines. Fondateur du couvent des Collectines à Lille, il y sera inhumé à son décès survenu le (en1699 selonThéodore Leuridan dans la statistique féodale du département du Nord, châtellenie de Lille, Lille1873).De son union célébrée en1642 avec Anne Marie de Preudhomme d'Haillies, baptisée à Lille Sainte-Catherine le, morte le (inhumée au couvent des Collectines), fille de Jean Baptiste et de Catherine de Croix, vicomtesse de Nieuport, sont issus :
En1668, pendant l'épidémie de peste (1667-1669), Michel Hangouart veut se battre avec le maréchal d'Humières, gouverneur de Lille, qui voulait obliger son épouse malade à se retirer auriez du Canteleu.
Barthélémi François Joseph Hangouart, baptisé à Lille La Madeleine le, mort le (inhumé au couvent des Collectines), chevalier, baron d'Avelin, seigneur du Plouich, Seclin, Marcq, Antreuil, La Madeleine, Capelle, bourgeois de Lille par relief le est créé chevalier par lettres données à Versailles en juillet1696. Grand bailli de la châtellenie de Lille, il est créé marquis d'Avelin (avec son fils Antoine Félix) en juin1703.Le, il prête serment d'obéissance auxHollandais entrés dans Lille sous le commandement du prince Eugène d'Holstein-Beck avec les trois autres hauts justiciers, dont Michel Hangouart, comte de Ligny.De son mariage célébré le à Lille Saint-Étienne avec Isabelle Françoise de La Vichte, baptisée en1652, morte le, dame de Baudimont, de La Motte (à Ascq), fille de Ignace et d'Antoinette de La Vichte sont issus :
Charles Philippe d'Hangouart, baptisé à Lille Saint-Étienne le, chevalier, comte de Hangouart, marquis et comte d'Avelin, seigneur de Seclin, Marcq, La Madeleine, Antreuil, Attiches, La Mairie (à Gondecourt, tenue en justice vicomtière du chapitre saint Piat de Seclin), bourgeois de Lille par relief le, meurt à Lille La Madeleine le.De son union célébrée le avec Charlotte Marie Florence Snoy, baronne d'Oppuers, baptisée à Malines Saint-Jean le, morte à Lille La Madeleine le, fille de Jean Jacques Antoine et de Marie Walburge de Steenhuys, sont issus :
Il se marie en secondes noces avec Marie Ghislain de Villers-au-Tertre, dame de Cuincy, veuve de Thomas Albert de Preud'homme d'Haillies, morte à Béthune Sainte-Croix le dont il ne semble pas avoir laissé de postérité.
Antoine François Joseph d'Hangouart, baptisé à Saint-Rombault le, marquis d'Avelin, baron d'Oppuers, seigneur de Seclin, Marcq, Attiches, La Madeleine, Antreuil, puis de Bas Aubers et Pommereault (par succession de son oncle Antoine Félix), maire de Gondecourt, bourgeois de Lille par relief le, meurt à Lille La Madeleine le.De son mariage célébré à Gand Saint-Nicolas le avec Marie Anne Françoise de Preud'homme d'Haillies née à Poucques le, morte à Lille La Madeleine le, fille de Marc Antoine Albert et de Antoinette Alexandrine d'Ongnies, sont issus :
François Anne Augustin Hubert Colette, marquis d'Hangouart baptisé à Gand Saint-Jacques le, dernier comte d'Avelin, reçuchevalier de Malte de minorité le, convoqué aux assemblées de nobles de Flandre par ordonnance du meurt à Avelin le.De son mariage célébré à Tournai Saint-Nicolas du château le avec Marie Adrienne Alardine Françoise de Franeau d'Hyon, née à Le Quesnoy en1746, fille de Jacques Adrien Joseph et de Marie Joseph Placide Camille van der Burch est issu un fils mort-né à Lille Saint-Maurice le.François d'Hangouart fait construire l'hôtel d'Avelin à Lille (ancien logement du recteur d'académie). Vivant mal laRévolution, il part pour laBelgique en1790 ; quand il revient, il se trouve catalogué comme suspect. Le, Sta, procureur syndic du district de Lille, se réjouit d'avoir découvert des meubles superbes dans des cachettes aménagées lors d'une perquisition dans l'hôtel d'Avelin. En janvier1793, François d'Hangouart parvient à se réfugier enAllemagne. Au retour de son exil, le, il est ruiné, sa sœur ayant en vain tenté de sauver ses biens. Aigri, il se refuse à admettre qu'une page de l'Histoire est tournée.
Fief tenu de Wasquehal Paroisse à Wasquehal.
Une vue générale des seigneurs du fief de Wasquehal Paroisse semble une bonne base pour une étude du Petit Wasquehal à Hellemmes.Jusqu'en1415, Wasquehal Paroisse et Wasquehal la Marque étaient aux mains du même seigneur.De1096 à1268 existait une famille noble de Waskenhal jusqu'à ce que Jeanne, dernière dame de Wasquehal, épouse Wautier VI, fils du châtelain de Douai. Les deux fiefs passent de père en fils, à Gilles I (1304-1320), puis Gilles II (1320-1355), enfin à Jean. Ce dernier, ruiné par la guerre entre le roi de France et le comte de Flandre perd et son patrimoine et ses titres de noblesse (qui lui seront rendus vers1365 parCharles V, roi de France).
Wasquehal Paroisse et Wasquehal la Marque échoient à Isabeau de Rode, dame de Ingelmunster et du Breucq (Le fief du Breucq s'étendait sur Flers, Fives, Hellemmes et La Madeleine, la pairie du même nom en faisait partie. Plus de trois cents maisons, cabarets, hôtels composaient la pairie lors de sa vente à Jean de Roubaix en1423). Par acte du, alors veuve de Jean VI de Ghistelles, elle fait don de « 5 cens de prêt » à Houplines au profit d'un certain Jacques Poulle « pour plusieurs bons services et agréable qui a fait et encore fera ».Gérard de Ghistelles, fils de la précédente, seigneur de Wasquehal la Marque, Wasquehal Paroisse du Breucq, meurt àAzincourt (1415). Il avait épousé Isabelle de Moere. Ses fils reçoivent :
Guy II de Ghistelles, fils du précédent, seigneur d'Axelles du chef de sa mère meurt célibataire en1476. Wasquehal Paroisse avait été vendu à son beau-frère Pierre de Bergues-Saint-Winoc qui avait épousé Jossine la même année.
Catherine de Bergues, fille des précédents, dame de Wasquehal en1470, épouse Robert de Ranchicourt, seigneur de Divion, Le Maisnil, Fournes, Hénin Liétard, Wasquehal Paroisse.
Wasquehal Paroisse passe ensuite par succession à la maison de Bournon-Ville, mais cette famille ne gère plus notre Petit Wasquehal que de très loin.
Fief vicomtier tenu de la seigneurie de Dadizeele à La Madeleine à 10 livres de relief, comprenant 10 bonniers 7 cens d'héritage ainsi que des rentes sur 9 bonniers 909 verges et 3 maisons à Lille.Dans le chœur de l'église de1517 se trouvait un vitrail offert par divers membres de la famille de Le Flye, seigneurs du lieu.
En1562 Jean de Le Flye est mort : sa veuve est soumise à l'emprunt forcé pour 30 florins.
Jean Dominique Bayart, écuyer, seigneur d'Ennequin, baptisé à Lille Saint-Étienne le, fils de Bruno et de Marguerite Daudenarde (mariés le), elle-même fille de Guillaume et de Michelle Desfontaines.
Marie Jeanne de Flandres, dame d'Ennequin, fille de Simon et de Jeanne Desmazures (elle-même fille de Charles et de Jeanne van Thiennen), baptisée à Lille Saint-Étienne le, morte à Lille Saint-André le. Elle avait épousé en premières noces le à Lille Saint-André Pierre François Joseph Platevoet (fils de François et de Jeanne Laignel) et en secondes noces Joseph Le Merchier.
Claude Hauchart, procureur à Lille.
Fief vicomtier tenu de la seigneurie de Roubaix consistant en 12 bonniers de terre à labour sur le chemin de Lille à Tournai.
Mention trouvée sur un plan établi juste après la Révolution indiquant « fief et chapelle de la Hocque mais la chapelle est attestée en 1738 ».La chapelle d’Elocques a été très longtemps cause de litige entre les paroisses de Hellemmes et Fives. Bien qu’un jugement soit intervenu en faveur de la seconde, la chapelle est restée hellemmoise.La tradition selon laquelle la chapelle aurait été construite pour un membre de la famille Dordin (Louis) revenu indemne des guerres d’Italie, en1797, se trouve mise en défaut. Il s’agit d’une reprise d’existant, éventuellement d’une reconstruction.(voir au chapitre des curés, abbé Roussel).
Ce fief est nommé ainsi sur le même plan que cité ci-dessus.Le bâtiment ainsi appelé semble avoir servi de cantonnement au marquis d’Humières lors de la campagne des Flandres parLouis XIV en1668.
La cense d'Hellemmes comprenait la totalité des fonds de terres de l'abbaye des Dames de l'Abiette ainsi qu'un très grand bâtiment « au carré », typique de notre région agricole. AuXVe siècle, les locaux semblent se situer entre les actuelles rues Fénelon, Delemazure, Abbé Six, Faidherbe.Deux siècles plus tard, victime de la vétusté, des guerres, des troubles religieux, le patrimoine immobilier est réduit au quart de sa surface initiale. Le nombre decensiers et de fermiers se multiplie. À la fin duXVIIe siècle, lacense principale est dite de l'Abiette.
Le cense de l'Abiette a été construite auXVIIe siècle à l'emplacement de l'ancienne cense d'Hellemmes mais d'une bien moindre importance bâtie.
Jean Baptiste Montagne, né à Fives, mort à Hellemmes le à l'âge de 63 ans, fils de François et de Marie Barbe Eléonore. Il est dit veuf lors de son mariage le à Hellemmes avec Marie Elisabeth Deledal, née à Wasquehal le, morte à Hellemmes le, veuve en premières noces de Jacques Lescroart, fille de Jean Baptiste et de Jeanne Lemesre, dont, du second mariage :
Alexandre Joseph Montagne né à Hellemmes le, marié à Fives le avec Marie Amélie Carpentier, née à Bachy le, fille de Jean Baptiste et de Marie Jeanne Havet.Alexandre meurt accidentellement en déchargeant son pistolet le 15 germinal an IV à Hellemmes. Il laisse trois enfants :

En l'état actuel, elle est composée de deux parties :
L'église primitive et son histoire :1517 est l'année généralement admise comme étant celle de la construction de la première véritable église d'Hellemmes. Il est possible de faire le rapprochement avec celles de Lezennes, dont le clocher est daté, Flers, Sainghin en Mélantois, etc.
Le sondage archéologique, dit de l'annexe Fénelon, effectué en juin et juillet 2001 nous renseigne bien mieux quant à l'évolution de cette construction. Cinq états successifs ont pu être dégagés, suivant les différents types de construction :
Cette première église était placée sous le vocable de Saint-Ghislain. Saint Ghislain, né àAthènes au début duVIIe siècle, mort en686, avait été désigné par saint Amand, évêque deMaastricht, pour évangéliser le Hainaut. Il fonde le monastère de Celle, près deMons, enBelgique, qui sera à l'origine de la ville de Saint-Ghislain. Les mamans se plaçaient sous la protection de ce saint qui protégeait des maladies infantiles et de l'épilepsie. Bien que souvent représenté en évêque, rien ne prouve qu'il ait reçu la consécration épiscopale.
Jusque dans lesannées 1960, le9 octobre, un culte était rendu à ce saint. Une médaillette ovale en aluminium était distribuée à cette occasion, coutume reprise récemment.L'avers présente le saint de face, en habit épiscopal, en arrière-plan, le monastère de Celle. Le tour porte l'inscription « saint Ghislain priez pour nous ». Au revers, se trouve sur quatre lignes l'inscription « saint Ghislain vénéré à Hellemmes-Lille ».
La nef de cette première église avait probablement une toiture en chaume. Seul le clocher subsiste dont la description faite par l'abbé Vermeersch a été publiée à maintes reprises dans lePetit Hellemmois, à l'origine, puis dans divers bulletins municipaux. Moins connue est celle, très précise d'Émile Théodore, conservateur général des musées du palais des Beaux-Arts. Ci-dessous, extraits du rapport présenté lors de la demande de classement en date du :

« Cette tour, de plan carré, construite entièrement en pierre blanche, d'un très bel appareil, est flanquée de deux massifs contreforts à chacun de ses angles. Placé autrefois à l'entrée de l'ancienne église, un portail carré surmonté d'un bel et grand arc brisé mouluré s'ouvre au bas de cette construction sous lequel est ménagé le passage principal de l'ancienne église dans l'axe de la nef de cette dernière. À la partie supérieure, sur chacune de ses faces, sont percées deux grandes baies en arc brisé, d'un bon tracé, garnies d’abat-son et que surmontent les archivoltes moulurées. À la hauteur de la plate-forme, d'où s'élance une flèche pyramidale en charpente ardoisée, règne un triple cordon de larges moulures, suivant un dispositif que l'on rencontre dans les beffrois du Nord de la France ; les angles de cette plate-forme sont agrémentés d'échauguettes posées sur les contreforts, leurs culs de lampe offrent au milieu des moulures des bandeaux de feuillages stylisés dans le goût du style gothique flamboyant. Des toitures pyramidales en charpente ardoisée recouvrant ces encorbellements. Sur l'un des côtés de la tour, une tourelle à pans coupés contient un escalier donnant accès aux deux étages inférieurs constitués chacun par un plancher de charpente.
- Au-dessus du second étage est disposée la charpente du beffroi des cloches dont les poteaux corniers reposent sur les corbeaux se détachant des parements des murs intérieurs. L'ensemble de cette tour, dont la sobre et sage décoration est fournie par les lignes d'ombre et de lumière des moulures et où la sculpture n'intervient très discrètement que dans les frises de feuillages, des culs de lampe, des encorbellements, des parties hautes, pour rompre parfois la monotonie des moulures, donne l'impression d'une masse solide tout en conservant une silhouette élégant. »
À noter que la tourelle abritant l'escalier en colimaçon menant aux étages supérieurs est postérieure à l'érection du reste du clocher : les moellons ne sont pas liés à ceux de la tour.De plus, le plancher du premier étage est situé à un niveau inférieur à celui d'origine, alors que celui du second étage est inférieur.
Mahieu Manteau, sayetteur à Lille, a consigné un certain nombre d’événements qui ont marqué son époque[4]. À la date du, il note : « Il fit un si grand vent, lequel abattit le pont de la porte Saint-Sauveur lequel était un pont de bois, et rua le clocher de l'hospital Gantois, et puis le clocher de l'église d'Hellemmes, et le clocher de Singhin Mélantois, et la justice de la porte des Malades, et plusieurs granges et beaucoup de maisons. »Dans la nuit du, les hurlus, qui harcèlent les faubourgs de Lille, incendient la plupart des immeubles du village.Ces deux événements semblent bien remettre en question la véritable date de construction du clocher, encore une partie aurait-elle pu être réutilisée.Ce n'est qu'à partir de1585 que le bâtiment commence à être réaménagé. En1600, maître Nicolas Vilain célèbre la première messe dans l'église à peine réparée.Le chœur était orné (en1601) d'une verrière comportant les armes de plusieurs membres de la famille de Le FLye, seigneurs d'Ennequin.
En 1667, les Français catholiques, succédant aux Espagnols catholiques, furent reçus au moins dans l'indifférence. En 1713, succédant aux Hollandais calvinistes, ils prendront figure de libérateurs. Les facilités qui avaient été accordées aux protestants furent la cause de l'hostilité de la population envers la puissance occupante. « Toute la contrée qui entoure Lille, Tournai et Saint Amand est ainsi empoisonnée par le venin calviniste » (Fénelon,Correspondance).
Dans le cadre de l'œuvre anticléricale de la Révolution, l'église Saint-Ghislain est vendue par adjudication le au citoyen Dassonville de Lille pour un montant de 184 000 francs. L'acheteur put également acquérir les églises de Aubencheul-au-Bac, Hélesmes, Monceau-Saint-Vaast, Raucourt et Rumegies. Contrairement aux conditions de vente, ces églises ne furent pas détruites.En 1800, celle d'Hellemmes est rachetée par messieurs Delmer, fermier à Fives, et Monnet, fermier à Hellemmes, pour 30 000 francs chacun. En cela, ils auraient été aidés par le chapitre de Tournai pour rendre le bâtiment au culte.Le Monnet dont il est question est Pierre Joseph (1751-1834), oncle de Jean Baptiste qui sera maire d'Hellemmes de 1865 à 1870.Une première cloche baptiséeMarie Louise est installée dans le clocher en1812. Le parrain en est Jean Baptiste Corsin, ancien maire, et la marraine Marie Louise Condé.
Quinze ans plus tard, Hellemmes ayant souffert des guerres napoléoniennes se voit attribuer deux nouvelles cloches, à la suite de la réparation du clocher (en 1824) :
Sous l'Ancien Régime, les cloches symbolisaient si bien la communauté que parfois on leur infligeait des châtiments : en1737, un intendant du Bourbonnais fait descendre les cloches d'une église locale, et la fait fouetter par la main du bourreau pour punir les habitants qui avaient pris parti pour des faux-sauniers.
Lorsque Pierre Vanacker arrive à la cure de Saint-Denis, l’église tombe presque en ruines. Il financera presque totalement les réparations de ses propres fonds, en dépit de tous les petits différends qu’il aura avec la municipalité, représentée par son maire, Jean Baptiste Ghesquières. Ainsi, il aura de vives remontrances pour avoir changé un châssis de l’église sans autorisation préalable, mais après les travaux terminés ; le supplément de traitement qu’il recevait, soit 100 francs par an, lui sera supprimé de 1881 à 1883.Le Conseil de fabrique demande la création d’un vicariat assorti d’une allocation de 200 francs pour le titulaire, alors que le curé ne réclame aucun sacrifice de la part de la commune en ce qui le concerne ; le conseil municipal émet un avis défavorable, précisant « qu’il n’entend s’engager à aucune dépense à ce sujet ni dans le présent, ni dans l’avenir » (délibération du). Cependant, le vicariat établi à Hellemmes est maintenu, ainsi que l’allocation de 450 francs (délibération du). Peu enclin à la rancœur, notre curé léguera une somme de 50 000 francs à la ville (le cinquième sera reversé de droit à la commission du Bureau de bienfaisance). Pour régler les frais de succession s’élevant à 4 500 francs, un titre de rente à 3 % sera émis.
Le, à 2 heures du matin, lors d’une tentative de cambriolage un incendie se déclare dans la sacristie qui est complètement détruite avec tout ce qu’elle contient dont 155 années d'archives. Le montant de l’assurance, soit 5 835,73 francs, permet une remise en état du local, la commune ayant accepté de couvrir les frais de l’architecte Hannotin, de Lille.
Pendant laPremière Guerre mondiale, les Allemands réquisitionnent les métaux non ferreux : le, entre 7 et 14 heures, les tuyaux de l'orgue sont arrachés, les cloches jetées en bas du clocher.
Grâce à la générosité des paroissiens, trois nouvelles cloches sont baptisées le à 15 heures.
En, le bras d’une des statues du fronton de l’église se détache. Par mesure de sécurité, les autres ornements sont démontés par les pompiers, soit une croix et six statues (2,5 mètres de haut, 300 kg de pierre de Lezennes) parmi lesquelles on reconnaît une Vierge, un saint Denis, un saint Joseph, un saint Ghislain, les autres n’étant plus identifiables.
Le clocher a été inscrit à l’Inventaire supplémentaire des monuments historiques par arrêté du ministre de l’Instruction publique et des Beaux-Arts en date du.

L'orgue portant la signature des frères Damiens, facteurs d'orgues àGaillon (Eure), dans les sommiers de l'instrument, a été construit en deux fois : en 1875 pour sa partie centrale et en 1877 pour l'adjonction des cinq jeux de pédales, époque à laquelle les claviers, qui sortaient de l'instrument, sont installés dans un meuble séparé afin que l'organiste soit face à l'autel.
| Grand Orgue | 54 notes | ||
|---|---|---|---|
| Bourdon | 16 | Bourdon | 8 |
| Flûte | 8 | Montre | 8 |
| Viole de gambe | 8 | Prestant | 4 |
| Doublette | 2 | Plein-jeu | 3 rangs |
| Clairon | 4 | Trompette | 8 |
| Bombatrde | 16 | ||
| Pédale | 25 notes | ||
| Bourdon | 16 | Flûte | 8 |
| Clairon | 4 | Trompette | 8 |
| Bombarde | 16 | ||
| Récit | 42 notes | ||
| Bourdon | 8 | Salicional | 8 |
| Flûte harmonique | 4 | Flageolet | 2 |
| Voix céleste | Voix humaine | 8 | |
| Cor anglais | 8 | Hautbois | 8 |
| Accouplements | (Effets accessoires) | ||
| Tirasse Grand Orgue | Tirasse Récit | ||
| Appel Grands Jeux | Suppression Grands Jeux | ||
| Accouplements I/II | Trémolo |
(Le chiffre donne, en pieds, la hauteur du plus grand tuyau du jeu.)
Les tuyaux sont en bois pour certaines basses (bourdon 16) ou en étain comme la majorité des tuyaux. Certains ont une forme conique, les jeux d'anches qui s'accordent par des rasettes. Il y a deux claviers manuels et un de pédale ; c'est ainsi que le Grand Orgue a 678 tuyaux, le récit 336 et la pédale 135. C'est un total de 1149 tuyaux que l'organiste peut commander à partir de la console. En 2000, M. Vilard, facteur d'orgues, est chargé d'une nouvelle restauration.L'inauguration des orgues enfin remises en état a lieu le. Un concert est donné par Philippe Lefebvre, directeur du conservoire national de la région, titulaire des orgues de Notre-Dame de Paris.
D'après certain plan figuratif, la maison pastorale était située vers1665-1709 approximativement aux actuels 52 à 56, rue Faidherbe, en retrait de l'alignement actuel.
Avant1857, la maison pastorale était une propriété qu’une dame veuve Rouze louait à la commune. En cette année, elle décide de ne pas renouveler le bail. La municipalité décide alors d’en construire un nouveau suivant plans de l’architecte Marteau (il deviendra le presbytère de la paroisse Notre-Dame de Lourdes).
Le coût du nouvel immeuble se décompose comme suit :
La propriété, située au 1, rue de l'Abbé-Six, s'est constituée sur deux propriétés plus importantes. La première par apport de Jean Baptiste Debacque aux termes de l'acte constitutif de la Société civile des immeubles d'Hellemmes-Lille le (Maître Desmazières à Lille), le reste par acquisition de cette même société le de Mademoiselle Élise Samain (Maître Pourbaix à Ronchin).
La société fut dissoute et ses biens dévolus le (Maître Fontaine à Lille) à l'Association financière de Lille et de sa banlieue et à l'Association de gestion immobilière du diocèse de Lille (qui reçut la propriété sus mentionnée).
Le, la bâtisse est cédée à la ville de Lille pour être abattue (Maîtres Fontaine et Fanyau à Lille).
À l'origine situé autour de l'église, il a été transféré à l'emplacement actuel en1866.
Il lègue à la commune une somme de 50 000 francs. Jean Baptiste Vandenborre, clerc paroissial, est témoin à son inhumation. Une rue d'Hellemmes porte son nom.
Le est créée la nouvelle paroisse d'Hellemmes-Lezennes, officialisée par le père Christophe Dufour, vicaire épiscopal de la zone de Lille, le sous le nom de paroisse de Sainte-Thérèse de l'Enfant Jésus.
La construction de cette église a été décidée en1896. Six ans plus tard, elle était terminée.Les vitraux n'ont pas traversé les différents conflits et n'ont pas pu être restaurés, les cartons ayant été perdus.En raison des bombardements, l'église est fermée pendant laSeconde Guerre mondiale. Elle sera rouverte le sous le patronage du cardinal Liénart. Depuis, l'église Notre Dame de Lourdes est fermée au culte.
Mention trouvée sur un plan établi juste après la Révolution indiquant « fief et chapelle de la Hocque mais la chapelle est attestée en1738. »La chapelle d’Élocques a été très longtemps cause de litige entre les paroisses de Hellemmes et Fives. Bien qu’un jugement soit intervenu en faveur de la seconde, la chapelle est restée hellemmoise.La tradition selon laquelle la chapelle aurait été construite pour un membre de la famille Dordin (Louis) revenu indemne des guerres d’Italie, en1797, se trouve mise en défaut. Il s’agit d’une reprise d’existant, éventuellement d’une reconstruction.
À l'origine située à l'angle des rues Faidherbe et Roger-Salengro, le propriétaire avait eu l'autorisation de la transférer au cimetière.Elle a été acquise par la commune pour le franc symbolique le, venant de la SA Comptoir Textile du Nord (plus connue sous le nom de Nydel ou Delesalle).La chapelle était entrée dans le patrimoine industriel à la suite de la fusion des entreprises Delesalle et Raymond Voituriez SA.
Se trouvait, vers1900, rue Faidherbe, face à l'église Saint-Denis, à l'emplacement de l'ancien pilori. La brasserie Desnoulez (signalée en1877) a été remplacée parLe Vin des Rochers puis par leFronton.
Se trouvait, vers1900, face à la cité Gravelines.
Il existait untemple appartenant auculte antoiniste rue Jean-Bart. Sinistré pendant la seconde guerre mondiale, ce temple fut reconstruit à Lille, Boulevard de Montebello, en 1946.
Une église réformée est située rue Salembier, mais le local ne semble plus utilisé.
Des frères dominicains (Bernard, Joseph, Jacques, Charles et Michel) se sont installés en1948 au 118, rue Jean-Bart, un ancien débit de boissons. Ils étaient les premiers à s'installer dans la région.L'aventure commença avec Jacques Screpel qui resta pendant trois ans à la tête du groupe textile familial, se fit embaucher à l'usine de Fives (en1947) et vint s'installer à Hellemmes.En quelques années, le mouvement des prêtres ouvriers prit de l'ampleur. Le catholicisme social, la naissance de la JOC, le livreFrance, terre de mission qui tue, dès1943, le mythe d'un pays profondément catholique, constituent les signes avant-coureurs.En1954, le papePie XII exige que tous les prêtres ouvriers quittent les usines et abandonnent leurs mandats syndicaux. Les trois prêtres hellemmois doivent s'exécuter. Le cardinal Liénard est le grand artisan de leur maintien dans le quartier.Des dizaines de dominicains passent par le « 118 », l'un d'eux devient même évêque. Le père Joseph Robert a été conseiller communal à Hellemmes.En, le père Charles Queneau meurt.Se tournant vers le dernier d'entre eux, le père Michel Perret, un certain nombre d'habitants du quartier créèrent une association : « Les amis du 118 » pour racheter le local et le restaurer.
En1614, les ermites de Saint-Augustin furent autorisés à ouvrir une maison à Lille (actuellement rue des Augustins). Michel Delemarre, en religion frère Michel, fils de Jean François et de Dorothée Delecroix, vêtu comme frère lay le, profès le, mort le.
Établi en1224 au faubourg Saint-Pierre à Lille. En1578, les moines ayant eu leur maison détruite pour la défense de la ville furent autorisés à s’installer rue Basse où ils possédaient un refuge.
Couvent de dominicaines fondé en1274 par la comtesse Marguerite au faubourg Saint-Pierre. Transféré dans l'hôtel d'Auberchicourt, actuellement rue de Tournai à Lille.
Angéliques Desfontaines, fille de Jacques et de Marguerite Le Mahieu, reçoit l'habit converse le, 23 ans, professe le, morte le. Elle était sœur de Jacques Desfontaines, censier de l'Abiette à Hellemmes.
Le, le magistrat autorisa quelques religieuses annoncides deDouai à venir s'installer àLille, à charge pour elles « de n'être onéreuses ni à icelle ville ni aux manants ». Le couvent se trouvait à l'emplacement de la rue du Maire (il dut être abattu pour le percement de cette rue).
Jeanne Françoise Télie, en religion, sœur Marie Madeleine de Saint-Henri, fille de Nicolas Antoine et de Jeanne Françoise Derasse, novice le, professe le.
Le, dix carmélites vinrent s'installer à Lille, avec autorisation du magistrat à la sollicitation de Philippe de Baudequin. Elles logèrent rue des Malades puis rue de Courtrai.
Catherine Tesse, en religion sœur Catherine de l'Incarnation, fille de François et de Simone Mouthine, prend l'habit à l'âge de 29 ans, le, converse, meurt le.
En1638, les ursulines de Saint-Omer, chassées par la guerre, vinrent chercher refuge à Lille,place aux Bleuets.
Marie Anne Joseph Despinoy, en religion sœur Saint-Dominique, née le de Gérard Dominique et de Marie Cécile Daudenarde, novice le, professe le, morte le.
L'hiver763-764 fut rigoureux au point que la mer fut gelée sur nos côtes. À l'intérieur de laGaule, des froids extraordinaires furent signalés : en certaines contrées, au dire des historiens, il serait tombé jusque dix mètres de neige.
En821-822, tous les fleuves d'Europe, en particulier laSeine, l'Elbe et leDanube furent pris par les glaces pendant plus d'un mois. Les grandes rivières de la Gaule et de laGermanie furent tellement glacées que, pendant l'espace de trente jours et davantage, on y passait par-dessus à cheval et avec des charrettes.
En1073-1074, fortes gelées depuis début novembre jusqu'au15 avril, accompagnées d'un vent fort et desséchant. « Les moulins ne pouvant fonctionner par suite de la prise des fleuves et rivières, l'armée d'Henry IV, empereur d'Allemagne, souffrit cruellement du manque de farine et, par suite, de pain. »
En1114-1115, hiver terrible enBretagne, de même qu'enAngleterre. « La mer gela dans laManche à quelque distance des côtes, et les pierres les plus grosses se fendirent avec éclat. »
En1124-1125, froids extraordinaires avec chutes de neige abondantes enFrance, Allemagne etItalie. « Dans les rivières, la glace était si épaisse et si solide qu'elle supportait les voitures chargées ; les chevaux circulaient sur leRhin comme sur la terre ferme. Ces intempéries se prolongèrent tellement que les arbres ne prirent leurs feuilles qu'en mai. »
Les années1315-1316 sont marquées par une grande famine dans le nord de la France actuelle et enBelgique. « En1315, les pluies sont très fortes causant l'échec complet de la récolte. Dès, la situation devient inextricable : le prix des grains s'est multiplié en raison de leur rareté. Dans les villes, au moins, de nombreuses personnes sont mortes de faim. On était obligé, lit-on dan l'Histoire d'Angleterre deRapin de Thoyras, de cacher les enfants avec un soin extrême, si on ne voulait les exposer à être dérobés pour servir d'aliments aux larrons. »
Même si cette crise est souvent considérée comme crise de subsistance, il faut ajouter qu'y fit suite uneépidémie, de nature incertaine, augmenta le nombre de victimes quelle que soit la classe sociale. Les malades étaient atteints de fièvre, ce qui fit nommer cette maladie « l'incommodité ardente ».
Ces maladies sans doute diverses, dues à la faible résistance de la population en temps de disette reviennent périodiquement : en 1558, 1564, 1567, 1582, 1596, 1597, 1617, 1636… Lapeste avait déjà touché nos contrées en 1360, 1367, 1400, 1438...
Les grands froids continuèrent à ponctuer la vie de nos aînés en 1324-1325, 1363-1364, 1407-1408, 1419-1420, 1434-1435, 1442-1443, 1480-1481, 1507-1508, 1534-1535, 1543-1544, 1552-1553, 1564-1565, 1568-1569, 1570-1571, 1594-1595, 1607-1608, 1615-1616, 1620-1621, 1640-1641, 1657-1658, 1659-1660, 1676-1677, 1683-1684, 1708-1709, 1715-1716, 1728-1729, 1739-1740, 1775-1776, 1783-1784, 1788-1789, 1794-1795.
Statuts touchant la peste (Ordonnance des seigneuries,) :
« [...]96. Que quand il y aura quelcun de mort soubz leur seigneurie de la maladie contagieuse, que ceulx quy demeureront en la maison mettent ou fachent mettre auprès de l'huys ou couverture de ladie maison, une botte d'estrain, de la longueur de deux pieds, et aussi que ceulx et celles demeurans en ladite maison portent chacun une blancque verge en leur main, à péril d'estre bannys de leur seigneurie, ou aultrement pugnis à la discrétion de leur justice.97. Ordonnent aussi mesdits seigneurs, pour certaines causes et considérations à ce les [mouvants], que nul ne nulle depuis maintenant et avant ne face neupces où il y ait plus de douze paires de gens, à péril de payer LX sols d'amende, et d'estre pugnys à discrétion, de mesdits seigneurs et de leur justice.98. [...] Que ceux et celles quy ont pourceaux, oisons ou anettes, les tiennent enclos en leur maison sans les laisser widdier et endedans huyts jours passés et en face quitte, sur l'amende de chacun desdits cas de XXX sols.Deux articles qui nous montrent la rigueur réglementant la vie de chacun en vue de combattre le fléau. »
Dans de nombreuses villes (Ypres,Louvain,Tournai,Bruges...), l'administration communale dut faire ramasser les corps des défunts dans les rues.
Dès le printemps 1317, la situation commence à s'améliorer.
Durant les années 1431-1432, règne la disette. De à, les gelées sont extrêmement fortes. En 1436, le gel est si fort de la Saint-Jean () au Mardi Gras suivant que le duc déclare : « Cette année (1437) a été moulte destruite et dangereuse au grief du povre peuple qui eut tant à souffrir et supporter que plus ne peut. » L'hiver 1437-1438 est aussi d'une extrême rigueur.
Heureusement, en 1439, les vaisseaux hanséatiques arrivent à livrer des céréales.
Lors de l'enquête fiscale de1449, les représentants de la paroisse déclarent que personne n'est inscrit à la table des pauvres (genre de Bureau de Bienfaisance) :
La déduction qui s'impose, et ce en dépit de l'état de guerre, est que les habitants vivent relativement bien par rapport à d'autres régions.
En 1471, c'est la peste qui ravage Lille.
Le, note Mahieu Manteau : « En la ville de Lille, le bled qui voulait six luivres la razière, fut vendu 8 livres, et le mercredi suivant fut vendu 5 livres la razière le mesme bled… »
En 1557, la famine est telle qu'à Lille le prix du blé monte à 12 livres la razière.
L'hiver 1708-1709 fut si exceptionnellement froid que « l'Escaut et la Lys se glacèrent presque jusqu'au fond ». Dans la région de Valenciennes, la gelée qui commença le permit de marcher vingt jours de suite sur l'Escaut. L'hiver détruisit le blé ainsi que toutes les autres céréales. Bien que les décimateurs n'accordèrent pas aux paysans de labourer leurs terres pour les ensemencer en orge de printemps, un décret du Conseil d'État, au nom du Salut public, permit de procéder en de nouveaux ensemencements. Fénelon, dans ses mémoires, put écrire « Les peuples craignent autant les troupes qui doivent les défendre que celles des ennemis qui veulent les attaquer. [...] La France entière n'est plus qu'un grand hôpital désolé et sans provisions. »
En 1789, le taux d'urbanisation, dans la généralité de Lille, est de 33 %.
Dès la fin de l'Ancien Régime, lajachère n'occupait plus qu'environ 6 % des superficies agricoles du département du Nord. Le rendement moyen en froment dans les environs de Lille était presque deux fois supérieur au rendement national. Ainsi, en1804, le département du Nord subvenait à ses besoins en céréales et parvenait même à poursuivre ses exportations. Toute l'année, des bovins étaient élevés à l'étable, nourris avec de plantes fourragères.
Quant à la nourriture quotidienne des habitants, citons lePréfet Dieudonné : « Les repas de la journée consistent, le matin en une soupe au lait de beurre, à dîner, d'une soupe au lait de beurre ou à de la viande, à goûter, de tartines, le soir, du pain, du beurre, du pain, du fromage. »
| Paysans | Bourgeois | Clergé | Noblesse | Divers (1) | |
|---|---|---|---|---|---|
| 1789 | 31 | 17 | 20 | 22 | 1 |
| 1804 | 42,1 | 28,5 | 4 | 12,8 | 12,6 |
(1) Divers = État - Commune - Hôpitaux
Au printemps1789 sévit une importante crise de cherté de vie. La récolte de1788 a été compromise en raison d'une sécheresse suivie d'orages et de pluies dévastatrices pour les blés et les fourrages. L'hiver est rigoureux, les blés gelés sont remplacés par les orges de mars, mais la soudure ne se fait pas.
La récolte de1811 est mauvaise.
Au second traité de Paris (), les besoins du Trésor pour payer une lourde indemnité de guerre incitent le roi à reconstituer des barrières douanières en établissant des bureaux sédentaires et des brigades à cheval sur Hellemmes, Lesquin et Seclin.Dans la première moitié duXXe siècle, les maladies épidémiques sont les moins meurtrières, à l'exception de lagrippe espagnole en1919, et en dehors de la fièvre typhoïde et des maladies infantiles.
De1925 à1936, ces maladies représentent 3,6 décès pour 10 000 habitants, avec une recrudescence derougeole entre1930 et1933.
| Année | Population | Maisons | Année | Population | Maisons | |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 1800 | 546 | 1920 | 13 920 | 3 025 | ||
| 1851 | 1 095 | 168 | 1921 | 13 330 | ||
| 1870 | 1 863 | 1926 | 15 925 | 3 691 | ||
| 1871 | 2 368 | 1931 | 18 096 | 4 639 | ||
| 1879 | 2 812 | 523 | 1936 | 18 512 | ||
| 1881 | 3 880 | 722 | 1946 | 14 140 | 3 688 | |
| 1886 | 4 855 | 961 | 1949 | 16 850 | ||
| 1891 | 5 374 | 1 098 | 1954 | 18 136 | ||
| 1896 | 6 967 | 1 445 | 1962 | 19 174 | ||
| 1901 | 9 329 | 1 936 | 1966 | 20 020 | ||
| 1906 | 10 971 | 1968 | 18 670 | |||
| 1911 | 12 232 | 2 774 | 1975 | 17 646 | ||
| 1914 | 13 340 | 1982 | 16 400 | |||
| 1916 | 8 500 | 1990 | 18 122 | |||
| 1919 | 12 000 | 1999 | 18 371 |
Le chiffre atteint en1966, après un recensement complémentaire, aurait comptabilisé les naissances, les décès, les nouveaux habitants mais pas tous les départs, ce, afin de pouvoir nommer un secrétaire général adjoint (Pour cette possibilité de nomination, il fallait que la commune ait 20 000 habitants).
| Petits commerçants | Alimentation | 135 |
|---|---|---|
| Cafés | 240 | |
| Vêtements, textiles | 18 | |
| Gros et demi-gros | Alimentation | 3 |
| Graineterie | 1 |
Il existait à Hellemmes deux cinémas :
Traditionnellement, les ducasses avaient lieu le jour du saint patron de la paroisse, le jour de la saint Denis (ou de la saint Ghislain, qui tombe le même jour) à Hellemmes.
La ducasse d'Hellemmes était dite « à bleus biecs » car elle se déroulait au début de l'hiver, tous les ans. Sa tradition remonte au début duXVe siècle comme le prouve l'anecdote suivante :
Le, Simon Le Maire, sergent bailli de Lille, arrête le, le jour de la ducasse d'Hellemmes Girardins Carpentiers, sergent de Jehan de la Motte, seigneur d'Anstaing et possesseur du fief de Lesquin. Remis en liberté sous caution, le prévenu est accusé d'avoir circulé en armes, alors que ceci est interdit dans les villes, noces, ducasses, assemblées communes. La Salle de Lille le condamne à une amende de 60 sols. Il comparaît, assisté du procureur du seigneur d'Anstaing, arguant que sergent d'un fief vicomtier (tout comme les baillis, lieutenants et messiers) ont le droit de porter les armes en toutes occasions, sauf dans les villes ayant une loi privilégiée. Le, les hommes de fief de la Salle de Lille déboutaient le bailli de Lille.
L'intendant de Madrys a noté dans ses mémoires : « le Flamans sont grands amateurs de fêtes et réjoussances publiques. Chaque ville et chaque village a tous les ans la sienne que l'on nomme kermesse, et qui dure ordinairement huit jours; l'ouverture s'en fait par une procession du Saint-Sacrement, et c'est là où l'on peut bien dire que l'on mêle souvent le sacré avec le profane : des géants, des représentations du paradis et de l'enfer, des saints et des diables qui marchent en cortège dans les rues, sont le principal divertissement du peuple qui, pour la plupart, abandonne son ouvrage pendant tout le temps de la fête pour se divertir et faire bonne chère. »
Suivant les nécessités d'emplacements (lors de travaux), la ducasse du centre, essentiellement, a bougé (rue Roger-Salengro, place Hentgès, place de la République) alors que celle de la Guinguette a toujours eu lieu au même endroit (rue Faidherbe).
Lors du bureau communal du (l'espace des Acacias était en construction), Gilles Pargneaux déclarait « La ducasse n'est certes pas indispensable, mais reconnue comme une fête nécessaire s'inscrivant dans une sociologie populaire attachée à ce type de manifestation. » De son côté, Annie Wardavoir, adjoint à la culture « souhaitait différencier les manèges d'enfants qui sont une bonne animation pour ce public jeune, des autres manèges qui sont plutôt désuets et de plus engendrent trop souvent la venue d'éléments perturbateurs (petite délinquance) ». En conclusion, le bureau arrête la disposition suivante : maintien de la ducasse avec resserrement et réduction des métiers.
AuXIXe siècle jusqu'au début duXXe siècle, des concours et festivals de musique avaient lieu tous les ans, généralement au14 juillet.
Ceux d'Hellemmes semblaient très prisés par les diverses formations ; ainsi, en1895, on ne comptait pas moins de soixante-quatre formations, cent dix en1899 venant de toutes les communes environnantes :Lille,Roubaix,Cysoing,Ronchin,Templeuve,Tournai,Bachy,Hem, etc.
Des prix, variant de 25 à 200 francs, étaient accordés pour les sociétés, les tenues civiles et militaires, l'éloignement, les chefs.Des fêtes — musicales — de bienfaisance avaient lieu « Au Bon Fermier » (actuellement le café de « L'Alliance ») et comptaient des sociétés hellemmoises aujourd'hui presque toutes disparues : La fanfare municipale, La Société philharmonique, l'Union chorale, La Revanche (semblant avoir disparu en1905), la société « Les Infants d'Hellemmes ».
Est cité le cabaret « Aux trois Couronnes » tenu par François Joseph Paurisse, né le, fils de Pierre François et de Marie Madeleine Delerue, marié à Hellemmes le avec Marie Flinois.
Avec l'industrialisation galopante duXIXe siècle, les cafés se sont multipliés sur le territoire de la commune.En1936, on n'en comptait pas moins de 136, soit environ 1 pour 75 habitants (parfois environ douze par rue).
Alors qu'il n'existe plus sur Hellemmes de brasserie, la tradition se devait d'être perpétuée avec la bièreHellemus ; ce qui fut fait en2001.Il s'agit d'une bière blonde (bière de garde) d'un taux de 6,2 % alc., fabriquée par leMoulin d'Ascq, biologique, fermentée deux fois (en cuve et en bouteille), non filtrée et non pasteurisée.
Ce type de divertissement est très ancien dans la région : il est déjà signalé àAmiens en1575. Interdits le (cette loi n'a jamais été respectée), puis rétablis comme tradition locale le, trouvant même comme défenseur legénéral de Gaulle, lequel aurait rétorqué aux détracteurs : « Puisqu'on mange les coqs, il faut bien qu'ils meurent… ». Les derniers combats autorisés eurent lieu, à Hellemmes, dans l'arrière-boutique d'une boulangerie qui se situe face à la résidence Saint-Denis.La loi qui autorise certaines régions à pratiquer les combats de coqs sous prétexte de préserver les traditions locales interdit la création de nouveaux gallodromes. Ainsi, si un gallodrome n'est pas repris, il disparait à tout jamais. Il n'y a donc plus de combats de coqs de nos jours à Hellemmes mais on en trouve encore dans la région Nord-Pas de Calais.
À la suite dudécret du, les premières élections municipales ont lieu le.
Les noms des lieutenants et échevins d'Hellemmes nous sont pratiquement inconnus. Cependant, à travers divers actes, des noms apparaissent :
La classe dirigeante, dès lors constituée de fermiers agissant en leur propre nom, non pas systématiquement issus d'anciennes familles hellemmoises, continue à tenir les rênes de la Commune pour près d'un siècle. Citons :
Après la Révolution de 1789, le conseil municipal était élu par un collège électoral censitaire. Toutes les fonctions publiques étaient ainsi soumises à élection, à l'exception du maire, nommé par le commissaire de la République.
En 1831, le conseil municipal est élu pour six ans, renouvelable par moitié tous les trois ans. En 1885, il est élu pour cinq ans. En 1884, il est élu pour quatre ans.
La loi du fixe la durée du mandat des conseillers municipaux à six ans et au suffrage universel. Le nombre de conseillers ainsi que le mode d'élection (avec ou sans panachage) varie suivant le nombre d'habitants de la commune. Le maire et les adjoints sont élus par le conseil municipal majoritaire à trois tours. Actuellement, la loi électorale appliquée est dite à la proportionnelle.
Hellemmes ne représente pas un site stratégique mais sa situation aux faubourgs de Lille fait qu'elle eut à subir les effets des conflits qui concernaient la grande ville voisine.Le grand souci des rois de France a toujours été de repousser les frontières du Nord afin d'assurer une meilleure protection deParis. Or, lesFlamands défendaient leur territoire, et surtout leurs privilèges, avec âpreté.Les guerres incessantes ont été sources de malheur pour Hellemmes : les troupes tant amies qu'ennemie se nourrissent sur les habitants quand ils ne peuvent pas acheter leur « neutralité ».Avec la dégradation de l'Empire romain devenu incapable de défendre les territoires conquis les siècles précédents, toute la région devient ouverte aux barbares.LesBourguignons occupent tout le bassin duRhône, lesVisigoths occupent presque tout leMidi, lesFrancs sont maîtres deTournai.LesGoths, les Bourguignons, lesVandales qui avaient importé le schisme de l'arianisme, abandonnent celui-ci très rapidement.
Le, le comte de FlandreCharles le Bon meurt assassiné.Guillaume Cliton est choisi pour lui succéder, moyennant de nombreux privilèges.Le comte n'ayant pas rempli ses engagements envers la population,Lille,Saint-Omer,Gand etBruges se révoltent.Louis VI, roi de France, intervient. En mai1128, le roi doit abandonner le siège de Lille oùPhilippe d'Alsace s'était retranché.Guillaume Cliton est tué en juillet devantAlost.Thierry d'Alsace lui succède.Le redressement du pouvoir royal entamé par Louis VI etLouis VII se poursuit avecPhilippe Auguste qui augmente le domaine royal. En1191, son autorité s'exerce jusqu'aux limites des actuels départements du Nord et duPas-de-Calais.Le roi d'Angleterre ayant refusé de prêter allégeance pour ses domaines situés enFrance, ceux-ci sont confisqués en1202 en application de la tradition féodale.En 1213, une coalition comprenant l'Angleterre, les Étatsallemands, les comtés de Flandre et du Boulonnais se forment.Le roi de France, prenant Lille pour la seconde fois, en fait détruire les fortifications : ce sera le plus « bel » incendie de l'année. Durant l'hiver 1213-1214 : incendies, pillages, habitants emmenés comme serfs sont le lot de toutes les bourgades environnantes. Pendant toute une année, la guerre consiste à ravager les fiefs appartenant à l'ennemi, que ce soit par des troupes anglo-flamandes conduites par Ferrand de Portugal, ou les troupes françaises menées par le fils de Philippe Auguste.DepuisPéronne, Philippe Auguste prépare un mouvement tournant de son ost parDouai, Lille, Tournai (ville où il arrive le).Le, les hostilités prennent fin à labataille de Bouvines. Les troupes de Philippe Auguste ravagent les environs ; Hellemmes n'est qu'à huit kilomètres.Jeanne de Flandre doit accepter les conditions très dures imposées autraité de Melun (1226).
Marguerite de Flandre succède à Jeanne en 1244. Ayant épousé successivement Bouchard d'Avesnes, comte de Hainaut, puis Guillaume de Dampierre, une querelle s'élève entre ces deux familles.Philippe le Bel, monté sur le trône de France en1285, encourage cette rivalité qui atteint la population parmi laquelle règne une forte inégalité sociale essentiellement causée par le développement des villes.Guy de Dampierre fait alliance avec l'Angleterre et renie son hommage au roi de France. De plus, un désaccord s'élève au sujet du traité de succession entre Philippe IV et le comte. Philippe le Bel jette l'interdit sur la Flandre et, en, l'armée royale prendBéthune,Orchies (qui ouvre ses portes sans combattre), le1er septembre, Lille, assiégée pour la cinquième fois, capitule. Villages et monastères sont encore une fois ravagés.La deuxième phase de cette campagne débute en janvier1300.Charles de Valois prendDamme etYpres. En mai, le comté entier est aux mains du roi de France qui place la Flandre sous l'autorité de Jacques de Châtillon en vue d'une future intégration au royaume.Le, la bataille dite des Éperons d'or sous la ville deCourtrai est un désastre pour les Français. La Flandre est perdue pour le roi.En, nouvelle campagne : les Flamands sont écrasés àMons-en-Pévèle (17 août). Le20 août,Seclin est incendiée. Philippe de Flandre est assiégé dans Lille. Letraité d'Athis-sur-Orge, en1305, établit la puissance royale sur la Flandre jusqu'en1369, où elle passe au frère du roiCharles V,Philippe le Hardi, duc de Bourgogne qui épouse Marguerite de Mâle, fille du comte de Flandre.
En 1339, le village est le théâtre de combats entreLouis de Nevers et lesAnglais. En 1347, c'estLouis de Mâle, également contre les Anglais.Par acte du, Louis de Mâle lègue des biens sis à Hellemmes et à Fives à la collégiale Saint-Piat de Seclin et à Saint-Pierre de Lille, se réservant cependant toute justice (haute, basse et moyenne).
En1382, Charles VI, roi de France, marche sur Ypres. L'armée française, forte de 160 000 hommes cantonnée à Seclin, passe à Lille sans s'y arrêter, pour loger à l'abbaye de Marquette, puis se diriger vers Tournai. C'est la défaite des Flamands àRozebecque.
Au début duXVIe siècle, les Flandres deviennent possession espagnole à la suite de l'avènement deCharles Quint au trône d'Espagne.Une période très dure de répression contre les protestants commence.
En 1580, les Gueux ou Hurlus qui avaient déjà commencé leur guerre iconoclaste àArmentières (1566) reviennent harceler Lille par le sud. Ils attaquent Lezennes mais, repoussés vers Ronchin, ils incendient Hellemmes dans la nuit du9 août. L’église et la plupart des fermes sont détruites. Seul le clocher subsiste.
1608 ouvre encore pour Hellemmes une mauvaise période : le comte d'Annappes avait reçu l'ordre de l'archiduc Albert de loger des troupes espagnoles à Lille. Le magistrat ne voulut rien savoir, et la soldadesque fut dispersée dans les campagnes voisines. Hellemmes dut donc héberger des hôtes souvent difficiles.En 1617, les Hellemmois purent voir le passage de Don Balthazar de Comèques allant loger chez Jean de Robles, au château d'Annappes.Louis XIV était à l'apogée de sa puissance. Il convoitait cette Flandre que ses prédécesseurs n'avaient pas pu conquérir.

Le siège de Lille fut décidé en 1667. Le roi avait son état-major àLoos, le marquis d'Humières à Hellemmes, Turenne à Fives.Quinze régiments investirent la ville.En 1708, lorsque les alliés purent reprendre Lille, Hellemmes fut emplie par des troupes d'Eugène de Savoie quand ce vainqueur de Boufflers porta la droite de son armée àFretin et la gauche àAnnappes. Enfin, la paix revint grâce au maréchal Villars.En 1775, les environs d'Hellemmes étaient transformés en un vaste camp où le comte d'Artois (Charles X) put venir assister aux grandes manœuvres.
À partir du, la France entre peu à peu en guerre avec toute l'Europe. À la mi-août, les frontières du Nord et de l'Est sont franchies. En septembre,Tourcoing etOrchies sont occupées. Labataille de Valmy, le, et la résistance de Lille, du au, inversent le cours de la guerre. Sur64 332 livres d'indemnité pour occupation d'Hellemmes par les Autrichiens sollicitée auprès de l'administration départementale, seulement16 083 livres sont accordées, sous réserve que la municipalité présente la preuve d'avoir fourni son contingent de gardes nationaux. Cette preuve fut apparemment facile à apporter : après la proclamation de la « Patrie en danger », trente et un Hellemmois étaient partis comme volontaires pour « défendre la République ».
Le patriotisme des habitants n'en est pas moins mis en doute par un membre de la Société populaire de Lille qui dénonce « un retranchement fait par les Hellemmois pour aider les Autrichiens » et demande aux autorités militaires de le détruire. L'accusation entraînede facto une inspection. Le rapport du directeur des fortifications de Lille note que, en fait, ce retranchement renforce la défense de Lille mais aurait dû être construit avec plus d'art en s'appuyant sur le village ; sa longueur de trente-cinq toises, insuffisante si l'on considère ce qu'il aurait fallu faire pour contourner la place de Lille, apporte une certaine utilité.En, Lille est bombardée. L'archiduchesse Marie Christine, sœur de Marie Antoinette et épouse de Albert de Saxe-Teschen vient à Hellemmes « pour jouir en personne des horreurs commandée par l'Empereur ». D'après l'écrivain Buchez, « son cœur sanguinaire a dû être satisfait : le feu a été plus vif en sa présence, et ses satellites ne pouvant encore répondre à son impatiente barbarie, ont tiré quelques volées à boulets froids parce que la charge devenait moins longue. Elle voulut voir l'effet effroyable des bombes du poids de 500 livres : deux mortiers ont éclaté et ont mis en pièces trente six hommes qui entouraient la batterie infernale ».
Le, le prussien Theilmann voit sa marche surParis retardée en raison d'accrochages à Menin et à Hellemmes.1815 marque le retour de lamonarchie. Le durcissement du régime avec le ministère Polignac obligeCharles X à s'enfuir.Louis-PhilippeIer devient roi (après avoir été lieutenant général du royaume).
La guerre de 1870 a aussi ses victimes : Émile Dumoulin, sergent, ainsi que les soldats Charles Delobel et François Dumez.

Dès le début de l'occupation, des mesures très sévères, ne répondant pas aux lois de la guerre, furent prises. ÀLezennes,Wambrechies,Marcq-en-Barœul, Hellemmes, trois cents femmes et jeunes filles qui avaient refusé de travailler furent frappées, cravachées, tenues enfermées plusieurs jours sans manger dans des locaux dépourvus de tout moyen de s'asseoir et de se reposer.
Le commandant de la place Schrank écrivait à la municipalité de Halluin : « Les mesures introduites ne sont qu'un commencement, et chaque jour, il y aura des mesures plus sévères, jusqu'à ce que notre but soit atteint, il n'y a qu'une seule volonté, et c'est la volonté de l'autorité militaire allemande. »
En, la ville est frappée d'une amende de 350 000 francs sous prétexte que lors de combats le des civils auraient fait feu sur les troupes allemandes. Les enquêtes effectuées à l'époque n'ont pas prouvé la véracité des faits avancés.En, un Russe interné à Hellemmes par les Allemands fut si violemment frappé à la poitrine à coups de crosse et de canon de fusil qu'il en fut tué sur le champ. Les habitants se cotisèrent pour lui élever un monument portant l'inscription suivante : « À M. Thimothée Saccharof, soldat au149e régiment d'infanterie russe, décédé à Hellemmes le, à l'âge de 38 ans. »Le de la même année, une colonne de jeunes travailleurs dont une dizaine d'Hellemmois est anéantie à Wavrin lors d'une attaque aérienne. En fin d'année, vingt Hellemmois font quatorze jours de prison pour avoir refusé de travailler pour l'ennemi. Joseph Hentges proteste ; le17 novembre, il est condamné à cinq jours de prison. Oscar Fanyau, ancien maire, est également incarcéré à la citadelle où il meurt le de l'année suivante.Le, Joseph Hentges est une nouvelle fois emprisonné pour refus d'obéissance : il avait protesté contre l'incorporation forcée de jeunes dans les bataillons civils d'occupation occupés à travailler à proximité d'un pont entre Armentières et Carvin.Rappelons que, le1er mars, les Allemands ont enlevé les cloches de l'église Saint-Denis.Le, l'Armistice est signé.
Les registres de l'Etat Civil de la commune de Wavrin indiquent pour tous « décédés accidentellement dans la cour de la tannerie par la chute d'une bombe ».
Pendant ce conflit, les maires de France ont tout fait pour limiter les exigences de l'occupant et pour adoucir (si l'on peut employer ce mot) les conditions de vie de leurs administrés, parfois à leur propre détriment. Il est à noter qu'aucun maire n'a fait l'objet de procès pour entente avec l'ennemi.
Deux militaires britanniques ont été inhumés à Hellemmes : le lieutenant Albert Hazell, mort le (matricule 21017) et le pilote Harry Mechem, prisonnier de guerre, mort le. Tous deux ont été exhumés et réinhumés dans le cimetière britannique deBrebières (Pas-de-Calais) le dans la rangée BB, respectivement dans les tombes 2 et 1.
LaSeconde Guerre mondiale éclate en 1939. En, le parc Bocquet est occupé par des unités motorisées anglaises. Ces unités se replient en urgence vers le Nord. Fin juin et début, des colonnes de prisonniers français et britanniques traversent Hellemmes sous un soleil de plomb. Les habitants font ce qu'ils peuvent pour leur venir en aide ; ils disposent des récipients d'eau et des vivres pour que les prisonniers les prennent au passage.
Dès 1940, Hellemmes souffre de l'occupation, bien sûr, mais également des bombardements. Les 10 et, vers 15 h 50, une escadrille survole Lille, Hellemmes et Ronchin : quinze bombes tombent sur Hellemmes ; à 23 h 30, nouvelle alerte : le bombardement, par vagues successives, durera cinquante minutes. Deux mille trois cents bombes de cinq cents et mille kilogrammes, bombes incendiaires, torpilles tombent. On dénombrera cent quatre-vingt-quatre morts àLille,Faches-Thumesnil etMarcq-en-Barœul, trente-quatre à Hellemmes. Les corps des Hellemmois seront déposés dans l'usine Yon, rue Faidherbe. Pour Hellemmes, on comptera six cents bombes ayant détruit ou endommagé mille deux cents maisons.
Dès l'appel dugénéral de Gaulle, laRésistance s'organise. Beaucoup de nos compatriotes sont arrêtés, déportés, asservis.Le à21 h 30, c'est le premier bombardement allié visant l'usine de Fives et le mont de Terre.
Le, le, même objectif (vingt-huit bombes). Le à14 h 25, même objectif (trente bombes).Le, dix-sept prisonniers sont transférés de Lille àHuy (Belgique), dont Joseph Hentges, fusillé le au fort du Vert-Galant àVerlinghem. Il est provisoirement inhumé au terrain d'aviation de cette commune près de la ferme Dillies. Les, nouveau bombardement.
Le, une rafle dejuifs est effectuée dans les villes du Nord et du Pas-de-Calais. Les prisonniers faits à Lille et dans sa banlieue sont acheminés sur une voie de garage à Hellemmes. Le convoi X doit partir surMalines (Belgique) puisAuschwitz où il arrive le. Des cinq cent vingt victimes du Nord, seuls huit hommes revinrent. Mais revenons au train alors qu'il est encore à Hellemmes. Les cheminots présents, prenant tous les risques, poussent qui un homme, qui un enfant, qui une femme, proposent des pelles, des seaux, des balais (afin qu'ils fassent semblant d'être des travailleurs occupés). Mais il fallait trouver des complicités en ville. Lepasteur Nick eut une extraordinaire influence sur la population du quartier essentiellement protestante. Ceux qui purent s'évader furent dispersés dans tout le département. En même temps, l'abbé Stahl sauve quarante enfants qu'il place dans divers établissements religieux. En dépit de la rareté de ce type de résistance, ce fait reste très peu connu. Il est vrai que les noms des généreux sauveteurs ne furent pas divulgués à des gens traqués.
à12 h 10, attaque aérienne de l'usine de Fives et de ses environs (cent soixante-six bombes). Le, même objectif (cent soixante-quinze bombes sur les ateliers et les voies ferrées, vingt-six bombes sur la centrale électrique). On dénombrera 86 morts. Le à14 h 25, la compagnie de Fives Lille est encore visée (le dépôt) ; deux cent soixante et une bombes tombent depuis l'entreprise jusqu'à la rue Raspail. Six cheminots d'Hellemmes seront condamnés à mort (et exécutés dans le fort de Seclin le) par l'occupant pour avoir participé au sabotage d'une voie ferrée, lequel aurait donné lieu au massacre d'Ascq dans la nuit du.
Le, vers 15 h 15 des chasseurs survolent l'usine de Fives, opèrent des tirs épars et lâchent quelques bombes (vingt-cinq bombes) sans faire de grands dommages. Les habitants interprètent cette attaque comme un avertissement qui annonce une prochaine et lourde attaque. Effectivement, en début de nuit, à 23 h 30 débute un bombardement d'une très grande intensité (mille six cents bombes). Presque immédiatement, au début de l'attaque, se produit en face de la grille du Parc Bocquet, une énorme explosion qui efface tout le pâté de maisons et ébranle toutes les habitations alentour. On dira par la suite que deux forteresses volantes chargées de leurs stocks de bombes se seraient télescopées et se sont écrasées. Quoi qu'il en soit, un certain nombre d'avions tombent de ci, de là ; les corps de vingt-cinq aviateurs alliés sont retrouvés sur le toit de maisons ; de nombreux immeubles sont détruits, dont la maison du docteur Decousser où de nombreux civils s'étaient réfugiés. Le Dr Decousser vantait la solidité de la cave voûtée de sa maison et habituellement, de nombreux habitants préféraient cette cave aux abris. Le Dr Decousser, son épouse, son fils et sa fille sont décédés. On ne retrouvera qu'un des ongles vernis de la jeune fille... La malheureuse, qui venait de Lille en tramway, avait rejoint la cave au tout début de l'alerte... Au total, 22 morts seront dénombrés. Les corps sont inhumés au cimetière de la ville. Les maisons alentour n'ont plus de vitres et pour certaines de toitures. La grille massive en ferraille du parc Bocquet a volé à plusieurs dizaines de mètres. Une poussière dense et âcre recouvre la ville pendant plusieurs heures.Le à 19 heures, encore un bombardement qui achève la destruction du dépôt de la gare de Fives et le quartier du mont de Terre. On dénombrera cent trente-cinq morts.
Au cours de ce conflit, deux cent quatre-vingt-deux maisons seront détruites sur Hellemmes en raison des bombardements. Le débarquement a lieu le. À partir de la mi-, la ville est traversée par des convois allemands, camions et voitures chargées à bloc, camions camouflés de feuillages pleins de soldats allemands armés et sur les dents. Les habitants viennent regarder passer les troupes en repli. Ils perçoivent l'intense nervosité des soldats allemands en butte aux harcèlements des FFI.
La Libération du Nord-Pas-de-Calais est due aux manœuvres suivantes :
Les armées britanniques et américaines continuent leur progression enBelgique. Lille et Hellemmes sont libérées le4 septembre (alors que le journalLa Voix du Nord de l'époque donne la date du2 septembre).
Dans les archives municipales sont dénombrées six victimes d'un dernier bombardement, mais rien n'indique que celui-ci ait eu lieu sur notre ville.
Hellemmes a été sinistrée à près de 55 %. Deux cent quatre-vingt-deux maisons ont été totalement détruites, deux mille quatre-vingt-quinze immeubles endommagés. Deux cents personnes ont été tuées, plusieurs centaines blessées.
Les quartiers de la Barrière et du Centre ont été plus spécialement touchés (lorsque les Américains commençaient à bombarder sur Fives, les bombes tombaient jusqu'au cimetière) ; les rues étaient devenues impraticables, sans eau, ni gaz, ni électricité.
Les écoles étaient démolies mais purent être rendues à leur usage dès le. Au, deux cents maisons avaient été réparées.
Le groupe de la Barrière qui, début 1945, ne comptait plus aucun habitant, a rattrapé en fin de la même année plus de trois mille âmes.
| Date | Femmes | Hommes | Enfants | Disparus | Total |
|---|---|---|---|---|---|
| 30-05-1940 | 1 | - | - | - | 1 |
| 06-07-1941 | 2 | 1 | - | - | 3 |
| 09-10-1942 | 14 | 12 | 1 | - | 27 |
| 08-11-1942 | 34 | - | 23 | 19 | 76 |
| 13-01-1943 | 11 | - | 15 | 5 | 31 |
| 10-05-1944 | 14 | - | 9 | 9 dont 2 | 32 |
| 22-06-1944 | - | 4 | - | - | 4 |
| 16-09-1944 | 4 | 1 | - | - | 5 |
| 80 | 65 | 34 | 2 | 179 |
Blessés : ca 274
Le déclin des entreprises est évident :
| Personnel en 1939 | Personnel en 1946 | |
|---|---|---|
| Cotonnière d'Hellemmes | 960 | 75 |
| Retorderie d'Hellemmes | 465 | 200 |
| Filature Crespel | 500 | 50 |
| Tissage d'Hellemmes | 125 | 60 |
| Tissage Delesalle | 100 | 60 |
| Busetterie d'Hellemmes | 50 | 30 |
| Meubles Lehouck | 65 | 50 |
| Fabrique de déchets Lecompte | 10 | 10 |
| Meubles Annebicque | 15 | 15 |
| Ateliers SNCF | 2500 | 2500 |
| Brasserie Semeuse | 50 | 50 |
| Mécanique Capon | 50 | 75 |
Des nombreuses victimes de ce conflit, citons (martyrs hellemmois cités dans le numéro spécial deLa Voix du Nord de) :
| Nom et prénom | Date de naissance | Camp | Devenir |
|---|---|---|---|
| ALLOY Lionel | 04-08-1905 | Gross Rosen | Rentré en 1945 |
| BAENE Clément | 26-11-1920 | Sachsenhausen | Rentré en 1945 |
| BAESEN Georges | 20-12-1910 | Mauthausen | Rentré en 1945 |
| BLEL Alphonse | 06-11-1903 | Flossenbürg | Rentré en 1945 |
| BODA Jean | 07-01-1923 | Kochendorf | Décédé |
| CARNIAUX Maurice | 03-07-1896 | Gross Rosen | Décédé |
| PONT Paulette née BAERT | 15-03-1915 | Ravensbrück | Rentrée en 1945 |
| DELCROIX Roger | 03-08-1913 | Siegburg | Rentré en 1945 |
| DELMAS Pierre | 16-04-1882 | Dachau | Décédé |
| DESABLENS Raymond | 29-12-1897 | Gross Rosen | Décédé |
| DESCAMPS René | 08-02-1906 | Gross Rosen | Décédé |
| DUJARDIN Maximilien | 15-04-1918 | Dora | Décédé |
| DUPONT Victor | 04-12-1901 | Büchenwald | Rentré en 1945 |
| GILLE Lucien | 18-12-1920 | Naordhausen | Rentré en 1945 |
| GUILLEMANT René | 11-03-1901 | Bochum | Rentré en 1945 |
| GUILLEMANT Adrienne née COMBLE | 11-12-1902 | Waldheim | Rentrée en 1945 |
| HERBAUX Yvon | 31-12-1923 | Büchenwald | Rentré en 1945 |
| LEPRETRE Désirée née BOULANGER | 06-06-1890 | Aichach | Rentrée en 1945 |
| LERICHE Alfred | 23-04-1887 | Sachsenhausen | Décédé |
| LESECQ Jules | 15-03-1910 | Büchenwald | Décédé |
| MAYEUX Michel | 02-07-1905 | Dachau | Rentré en 1945 |
| THIEBAUT Marceau | 13-02-1902 | Huy | Libéré * |
| VAN DAELE Nestor | 25-02-1899 | Hagen | Sort inconnu |
| VANNESTE Germaine née AMMELOOT | 12-08-1901 | Waldheim | Rentrée en 1945 |
| VINCENT Lucien | 12-08-1906 | Neuengamme | Décédé |
| VINCENT René | 21-07-1893 | Gross Rosen | Décédé |
| VINCKIER Arthur | 21-11-1920 | Dachau | Décédé |
| WATERLOT Léon | 01-06-1920 | Dora | Décédé |
*Libéré à la fin de sa peine ou par suite d'une mesure exceptionnelle
| Nom et prénom | Date de naissance | Date du décès | Lieu du décès |
|---|---|---|---|
| BETHANCOURT Gilbert | 31-12-1907 | 08-02-1943 | Mont Valérien |
| DECUGIS Yves | 20-07-1914 | 08-02-1943 | Mont Valérien |
| HENTGES Joseph | 17-07-1875 | 14-04-1942 | Verlinghem, Fort du Vert Galant |
| LOMBART Maurice | 02-05-1907 | 08-02-1943 | Mont Valérien |
| PLOYART Henri | 16-02-1894 | 15-09-1941 | Lille, citadelle |
Certains de ces martyrs sont cités dans la liste ci-dessus.
Vingt-cinq aviateurs, presque tousAustraliens, abattus sur Hellemmes sont enterrés dans le cimetière sur deux rangées de douze tombes numérotées, au bout de l'allée des militaires de 1914-1918. Le pasteur Nick donne l'absoute. La cérémonie fut organisée par MM. Dandois, Brulin, Blervaque (adjoint au maire), Marchand (conseiller municipal).
Citons également Roland Mesner, inhumé avec les Britanniques mais qui était Français (faisait-il partie des Forces françaises libres, ou la personne inhumée usait-elle d'un pseudonyme ?) ainsi que deux soldats allemands inconnus inhumés là.
Le, le Conseil Municipal de Cysoing émettait le vœu de prolonger jusque Lannoy et Lille la ligne de chemin de fer de Saint-Amand-les-Eaux. Afin d'éviter la concurrence entre les lignes, le terminus fut fixé à Hellemmes.
Le, la concession de la ligne fut accordée à la Société desChemins de fer économiques du Nord (moyennant une caution de 32 000,00 francs) par le Conseil Général pour une durée de 60 ans, le chantier devant débuter avant un an, et être en exploitation dans les trois années suivantes.
Le, un arrêté préfectoral soumet le projet à enquête d'utilité publique. Les membres de la Commission devaient se réunir pour la première fois le. Cette Commission comprenait 9 membres :Jules Sirot (Député et Conseiller Général), Tribourdeaux (Conseiller Général et directeur d'une filterie lilloise), Félix Dehau (Maire de Bouvines), Davaine (Conseiller d'Arrondissement, cultivateur à Saint-Amand), Bourgeois (Maire de Sainghin-en-Mélantois), Bonduel (Président de la Société des Agriculteurs du Nord), Desmons (Maire de Cysoing, Docteur en médecine), Nestor Bulteau (Maire de Rumegies, agriculteur) et Séraphin Masquelier (Maire d'Aix-en-Pévèle, cultivateur)
Le projet soumis à enquête d'utilité publique fait débuter la ligne à la gare de Lecelles. La ligne ensuite suit la route départementale jusqu'à Cysoing ; la voie bifurque alors pour rejoindre la gare de Cysoing et suit la ligne de chemin de fer jusqu'à Bouvines, elle longe à nouveau la départementale jusqu'à l'entrée de Lezennes, qu'elle contourne pour se raccorder à la gare d'Hellemmes. Hellemmes ne pouvait que se réjouir d'être au terminus de la ligne.
Le dossier, transmis au Ministère des Travaux Publics en, le décret de déclaration d'utilité publique est promulgué le (Journal Officiel du).
La ligne comprend une voie et à une longueur d'environ 20 704,705 mètres le long de la départementale 19, 5 591,67 mètres le long des chemins vicinaux et 7 131,675 mètres en déviation, soit un total de 33 438,05 mètres. Elle dessert environ 37 000 usagers dont 12 043 pour Saint-Amand, 3 315 pour Cysoing et 5 428 pour Hellemmes.La dépense estimée pour la construction se monte à 53 000 francs au kilomètre.La voie unique de 1 mètre de largeur est ouverte aux services voyageurs, marchandises et messageries. Une dizaine de voitures composent le train qui peut ainsi atteindre une vitesse de20 km/h. La traction se fait par locomotives à vapeur.
Le tableau des tarifs se révèle assez pittoresque :
Les tarifs ci-dessus sont donnés "à la tête et au kilomètre".
En ce qui concerne les marchandises, les tarifs sont "à la tonne et au kilomètre"
Les tarifs ci-dessus ne comprennent pas l'impôt dû à l'État.
Le circulèrent les premières voitures tractées par des chevaux entre la gare de Lille et la Place de Tourcoing (Place du Maréchal Leclerc). Le réseau de transports en commun de Lille était né.
En 1877, la compagnie desTramways du département du Nord, concessionnaire des tramways de Lille, envisage la création de cinq lignes nouvelles de tramways à chevaux entre la gare de Lille et Hellemmes, Tourcoing, Roubaix, Haubourdin et Lomme.
La première ligne de tramways tractés par chevaux est de 1894; elle relie la gare de Lille à Hellemmes (ligne G)
L'électrification commencera en 1900 avec la ligne T gare de Lille - Hellemmes par le Mont de Terre et la rue Chanzy; alimentation par trolley.
De nouvelles extensions sont très vite rendues nécessaires par l'urbanisation grandissante de l'agglomération vers Ronchin, Mons-en-Baroeul, La Madeleine, Lambersart, Wattignies, Saint-André, Quesnoy-sur-Deûle, Wambrechies.
La guerre de 1914 - 1918 interrompt totalement les transports en commun.Le, alors que l'exploitation n'avait repris que depuis quelques années, la ville de Lille et la compagnie desTramways électriques de Lille et sa banlieue (T.E.L.B.) signent une convention. Ce texte octroyait une nouvelle concession devant expirer le.
Dès 1932, apparaissaient les premiers autobus.
Les transports en commun connurent une grande affluence pendant la Seconde Guerre mondiale en raison des restrictions de carburant.En 1938, la ligne de tramways électriques G (gare de Lille - Hellemmes) fusionne avec la ligne B (Gare de Lille- Porte de Béthune - Haubourdin) en une seule ligne B (Porte de Béthune - Hellemmes).
En 1945, la ligne T est supprimée. Au Mont de Terre était situé un pont métallique (provisoire depuis 1918) détruit par les bombardements, et juste remplacé par une passerelle permettant uniquement le passage de piétons. Cette ligne était donc devenue inexploitable vers Hellemmes ainsi que la ligne V place Catinat-Le Buisson qui empruntait ce pont. Un pont permettant le passage des tramways des lignes V et T fut établi après quelques mois d'interruption mais la ligne T fut supprimée en 1947 avant la ligne en 1959.
Le, à l'échéance de la concession, les biens mobiliers (115 tramways, 20 autobus, l'outillage, les stocks, etc.) restent la propriété de la T.E.L.B.. Les biens immobiliers reviennent à la ville de Lille qui, en outre, exerça son droit de racheter les tramways.
La Compagnie Générale Industrielle des Transports (C.G.I.T., filiale de la T.E.L.B.) eut la concession à titre provisoire jusqu'au.Dès la fin de 1956, était créé un Syndicat Intercommunal d'exploitation.
Par décision du ministre de l'Intérieur en date du, cet organisme fut autorisé à exercer le pouvoir concédant pour l'exploitation du réseau de transports en commun de Lille et de sa banlieue. La ville de Lille remit à titre gracieux les installations meubles et immeubles qui lui avaient été échues de la T.E.L.B. pour continuer l'exploitation du réseau.
Par convention du (et les avenants des et), la C.G.I.T. pris la concession pour une durée de 20 ans. C'est à cette époque que les autobus parurent le meilleur moyen de modernisation du réseau.
En 1960, la compagnie disposait d'une centaine de tramways et de 64 autobus de fabrications diverses.En 1966, la ligne B est supprimée. Commence l'époque des autobus.
Le, le Conseil de Communauté, désireux de passer outre aux périmètres urbains, souhaitait l'unification des différents réseaux de transport en commun.
Le, il demandait au préfet cette définition de périmètre urbain.Un arrêté ministériel du donnait satisfaction à la C.U.D.L.
L’établissement d’un métro dans la région lilloise n’était pas une idée nouvelle: déjà en 1924, un projet proposait de relier Lille à Roubaix et Tourcoing.
L’aménagement du réseau de métro tel que nous le connaissons maintenant découle du décret du portant création d’un établissement public d’aménagement de la ville nouvelle de Lille Est (EPALE-Villeneuve d’Ascq).
La polémique entre commerçants qui ne voulaient pas d’un métro en tranchée ouverte et les pouvoirs publics dura plusieurs années.Les travaux préparatoires, sur le territoire d’Hellemmes, commencèrent en 1978 avec la suppression de l’usine CAPON, puis l’aménagement de la place du même nom : la place Hentgès était retenue comme aire de stockage.
L’adoption du système VAL (Véhicule automatique léger) a mis Hellemmes à quelques minutes du centre de Lille (8 minutes entre les stations « Mairie d'Hellemmes » et « République Beaux-arts ») permettant aux habitants l'accès à un moyen de transport performant.
À plusieurs reprises, la Communauté Urbaine de Lille a évoqué la situation des commerçants de Fives et Hellemmes. Elle était prête à indemniser ceux qui se seraient révélés réellement lésés. Cette prise en charge ne pouvait être effective qu'après jugement du Tribunal Administratif quant à la part de responsabilité et le montant de la réparation.
Le, 5 enquêtes étaient déposées, suivies de 48 autres au cours des mois suivants.
Le, les rues Pierre Legrand à Lille et Roger Salengro à Hellemmes étaient remises en double sens.
Le premier tronçon de la ligneno 1 (qui s'arrêtait Place de la République à Lille) a été inauguré en, par le Président de la République François Mitterrand et le Président de la Communauté Urbaine de Lille Arthur Notebart, en présence de Pierre Mauroy, Premier Ministre, et maire de Lille.
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