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Issu d'une famille de six frères et sœurs, Hirō Onoda fait ses études au collège de Kainan. À 17 ans, il entre dans la société d'import-export Tajima-Yoko, spécialisée dans la vente devernis à Wakayama, puis demande à être affecté dans une succursale de l'entreprise àHankou enChine. À 20 ans, il est appelé pour son service militaire à intégrer le61erégiment d'infanterie de Wakayama. Peu de temps après, Onoda est affecté au218e régiment d'infanterie : destinationNanchang, où il retrouve son frère Tadao.
En 1943, Onoda arrive àKurume, qui a une école d'une réputation effrayante sous les ordres du général Shigetoumi. Après trois mois d'entraînement intensif, Onoda regagne son unité d'origine. Le, Onoda quitte Kurume pour rejoindre la33e compagnie à Futamata qui est une annexe de l'école de Nakano dans laquelle sont formés des officiers commandos. En, Onoda fait partie des vingt-deux hommes formés aux techniques de laguérilla. Destination : lesPhilippines, territoire américainoccupé par le Japon. Son supérieur, le major Yoshimi Taniguchi(谷口 義美?), lui donne l'ordre de retarder le débarquement des Américains sur l'île deLubang, sur laquelle Hirō Onoda passera plus de trente années dans la jungle attendant le retour de l'armée japonaise.
En 1945, les troupes américaines reprennent l'île et presque toutes les troupes japonaises sont anéanties ou faites prisonnières. Cependant, Onoda continue la guerre, vivant d'abord dans les montagnes avec trois camarades (Yuichi Akatsu, Shōichi Shimada et Kinshichi Kozuka). Un d'entre eux, Akatsu, se rend finalement aux forces philippines en 1950, et les deux autres sont tués dans des échanges de coups de feu avec les forces locales — Shimada le, Kozuka le — laissant Onoda seul dans la montagne durant deux ans.
Il considère toutes les tentatives visant à le convaincre que la guerre était finie comme une ruse. En 1959, il est déclaré légalement mort au Japon.
Retrouvé en 1974 par un étudiant japonais, Norio Suzuki, Onoda refuse obstinément d'accepter l'idée que la guerre était finie à moins d'avoir reçu de son supérieur hiérarchique l'ordre de déposer les armes. Pour l'aider, Suzuki retourne au Japon avec des photos de lui-même et d'Onoda comme preuve de leur rencontre. La même année, le gouvernement japonais retrouve le commandant d'Onoda, le major Taniguchi, devenu libraire. Celui-ci se rend à Lubang, informe Onoda de la défaite du Japon et lui ordonne de déposer les armes. Le lieutenant Onoda quitte la jungle 29 ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, et accepte l'ordre de son chef de remettre son uniforme et sonsabre, avec sonfusil Arisaka Type 99 toujours en état de marche, cinq cents cartouches et plusieurs grenades à main.
Onoda remet son sabre au présidentFerdinand Marcos lors de sa reddition le.
Bien qu'il ait tué une trentaine de Philippins qui habitaient l'île et échangé plusieurs coups de feu avec la police, on tient compte des circonstances et Onoda bénéficie d'une grâce du président philippinFerdinand Marcos.
Le lieutenant Onoda fut, au sens strict, le dernier soldat de nationalité japonaise à se rendre. Le tout dernier soldat de l'armée japonaise fut retrouvé quelques mois plus tard, en : il s'agissait non pas d'un citoyen japonais, mais d'unaborigène de Taïwan incorporé dans lesvolontaires de Takasago sous le nom deTeruo Nakamura.
Après sa reddition, Hirō Onoda s'installe auBrésil[1], où il devient éleveur de bétail. Peu après sa reddition, il publie uneautobiographie,Ma guerre de 30 ans sur l'île de Lubang(わがルバン島の30年戦争,Waga Ruban-tō no sanjū-nen sensō?), où il décrit sa vie de maquisard dans une guerre terminée depuis longtemps. Par la suite, il épouse une compatriote et, en 1984, retourne vivre auJapon, où il crée en pleine nature un camp pour les enfants[2]. Là, Hirō Onoda partage avec eux ce qu'il avait appris sur la survie pendant ses années de vie solitaire. En 1996, il revient visiter l'île deLubang et fait un don de dix milledollars américains pour l'école locale.
Onoda fut affilié au très influent et ouvertementrévisionniste lobbyNippon Kaigi, qui vise à la restauration de l'Empire et du militarisme[3].
Hirō Onoda meurt le à Tokyo[2],[4], âgé de 91 ans.
On peut voir Onoda référencé, brièvement, dans les toutes premières minutes du filmLe Crabe-Tambour (1977) dePierre Schoendoerffer, alors que le médecin major Pierre (joué parClaude Rich) regarde les actualités télévisuelles à bord de l'escorteur d'escadre de la marine française leJauréguiberry[5].
Un vaisseau spatial dans le romanLa Guerre spéciale deXavier Mauméjean reprend son nom.
Son histoire est par ailleurs brièvement résumée dans le huitième épisode de la troisième saison dans la sérieFargo[6].
Le groupe de rock progressifCamel lui a consacré l'albumNude (1981)[7].
↑Des membres de sa famille se trouvent d'ailleurs au Brésil. Un de ses frères, Tadao Onoda, est mort en 1991 àSão Paulo, mais ses autres frères vivent encore et ont des enfants qui perpétuent le nom.