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Principaux sites de la péninsule arabique vers 40 selon lePériple de la mer Érythrée. Proche-Orient vers 565.
Himyar est un royaume antique d'Arabie du Sud qui connut son apogée au début duIer siècle en constituant un Empire qui contrôlait une grande partie de l'Arabie méridionale. Ses habitants sont appelés Himyarites ou parfois Homérites.
Rival duroyaume de Saba, deQataban et d'Hadramaout, ce royaume est pour la première fois attesté au cours duIIe siècle av. J.-C. À l'époque, le petit royaume est sous la domination du puissant royaume deQataban qui domine leYémen entre-500 et-110. Or, le déclin progressif du Qataban pousse Himyar à faire sécession en -110, ce qui achève de décomposer l'empire de Qataban. Mieux, Himyar se place rapidement comme son successeur.
Pourtant, des troubles issus de la chute de Qataban ne permettent pas à Himyar de s'imposer. C'estHadramaout qui en retire le bénéfice et fonde sa puissance sur leYémen en imposant son hégémonie.
Face à sa volontéexpansionniste rapide et puissante, Himyar prend la tête d'une union de petits royaumes afin de mieux résister à son emprise. Il s'allie ainsi avec le royaume de Zafâr. De plus, pour s'assurer de nouveaux débouchés commerciaux et contrôler les routes d'approvisionnement, Himyar se lance dans une politique de fondations de petites colonies enÉrythrée vers45, qui ne subsistent guère. Mais la puissance de son rival atteint son apogée en175, lorsqu'il détruitQataban définitivement.
Progressivement, Himyar se renforce : d'abord en écrasant leroyaume de Saba et ses rêves expansionnistes en280 sous le roi himyarite Yâsir Yuhan'm et son fils Shammir Yuharish qui annexent Saba. Ensuite, l'Hadramaout ne peut contrer l'offensive himyarite et s'effondre en275. Le souverain himyarite, Shammir Yuharish, unifie la totalité de l'Arabie méridionale, formant ainsi l'Empire himyarite au début duIVe siècle.
L'Empire himyarite inaugure la grande période faste duYémen préislamique, notamment en raison de son étendue. Il domine le Yémen de275 à571, période entrecoupée d'invasion de l'Éthiopie et de guerres religieuses entrejuifs etchrétiens[1].
Économiquement, il est certain que les échanges se poursuivent même s'il y a de sévères revers. En effet, auIVe siècle, le monnayage sudarabique cesse. Pire, le système d'agriculture irriguée pluriséculaire qui permettait d'arrêter la désertification croissante de la région tend à être moins bien entretenu : la première rupture dubarrage de Marib eut lieu sous le règne de Tharan Yuhanim en360 ; la seconde, en janvier456 sous le règne de Sharahbi'îl Ya'far, fils d'Abîkarib As'ad. Mais les contacts diplomatiques et commerciaux avecRome se multiplient, comme l'ambassade de339-344 de Théophile envoyé par l'empereur romain.
Politiquement, l'Empire s'étend de440 à450 avec les expéditions d'Abîkarib As'ad, fils de Malkîkarib Yuhanim, et son fils Hassân Yuhanim qui étendent le pouvoir de Himyar sur l'Arabie centrale. Pour mieux assurer leur contrôle, ils y fondent une principauté confiée àHujr, princekindite.
La question religieuse montre combien leYémen est alors le théâtre de multiples influences.
D'abord, en380, Abîkarib As'ad et ses corégents se convertissent aujudaïsme[1]. Cette première révolution met un terme aupolythéisme ancestral qui subsistera cependant chez les sédentaires ruraux, les grands temples sont non seulement abandonnés mais détruits.
Puis, peu à peu, se diffuse lechristianisme qui est vu comme unesecte et combattue comme telle. Ainsi, vers470 eut lieu lemartyre d'Azqir sous le règne de Sharahbi'îl Ya'far. Une lutte religieuse se développe entre chrétiens et juifs sous couvert d'une guerre civile. Dès519, le roi d'Éthiopie KalebElla Asbeha soutient activement le coup d'État du chrétien Madîkarib Yafur sur le trône[1]. En juin522, il est exécuté par le monarque juifYusuf As'ar Yath'ar qui s'empresse d'asseoir son pouvoir en lançant une grande persécution des chrétiens, dont l'apogée se situe en novembre523 avec lemartyre de saintAréthas àNajrân[1].
LeVIe siècle voit donc se développer des troubles religieux d'importances mais aussi un déclin politique de l'Empire. Déjà, dès500, les sites de Nashan, Nashq et Manhiyat sont peu à peu abandonnés, signes d'un déclin manifeste. En518 (ou 519) le chrétien Madîkarib Yafur est installé par lesAbyssins. Il dut lancer une expédition punitive enArabie centrale pour châtier la révolte en juin521 du kindite juif Al-Hârith qui refusait de reconnaître son usurpation. En522 le roi juifYusuf As'ar Yath'ar accède au trône et massacre les chrétiens dans diverses régions en représailles à l'incendie d'une synagogue[2].Najrân refuse de se soumettre à lui, il s'en empare après un long siège en523 etmartyrise les chrétiens de la ville[3]. Enfin, l'Empire demeure impuissant à contrer la grande invasion en525 duYémen parKaleb roi d'Aksoum[1]. Le roi Yusuf se suicide. Le royaume de Himyar entretient alors des relations diplomatiques tant avec Aksoum qu'avec l'Empire byzantin puis avec lesSassanides[1].
Lechristianisme s'implante ainsi par la force étrangère, malgré le fait que de nombreuses tribus arabes continuent de professer un judaïsme non rabbinique. On intronise le roi Sumûyafa Ashwa. Les troubles poussent ce dernier à fortifier dès531 Qâni (Bir-Ali), mais il est renversé en535 par le chef du corps expéditionnaire abyssin toujours présent,Abraha, qui transfère la capitale deZafâr àSanaa.
Le règne d'Abraha semble marquer une pause dans le long déclin de l'Empire très éprouvée par la guerre civile et religieuse.De nouveaux travaux d'ampleur sont mis en œuvre qui attestent du renouveau de l'Empire himyarite : le barrage de Marib est réparé en mars549, puis un curage complet de la vieille digue est réalisé en558.[réf. nécessaire]
L'occupation abyssine n'est cependant pas très acceptée. Ainsi, en570, un prince juif yéménite,Sayf ibn Dhi Yazan, fait appel auxPerses pour chasser les Abyssins, ce qui se traduit par l'invasion par l'Empire sassanide du Yémen qui renverse le roi abyssin Masrûq[1]. L'Empire himyarite aura vécu.
↑Muriel Debié, L'empire Perse et ses marges, inHistoire générale du christianisme t.1, ouvrage collectif sous la direction de Jean-Robert Armogathe (avec Pascal Montaubin et Michel-Yves Perrin pour le t.1), éd. PUF, Collection Quadrige, septembre 2010, 2896 pages.
L'Arabie heureuse au temps de la reine de Saba, VIIIe-Ier siècle avant J.-C. de Jean-François Breton, collection « La vie quotidienne », édition Hachette, Paris, 1998
Arabie du Sud : histoire et civilisation : le peuple yéménite et ses racines, tome 1, de Joseph Chelhod, édition Maisonneuve & Larose, Paris, 1995