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Nom de naissance | Hercules Pietersz Segers |
Nationalité | Néerlandaise ( ![]() |
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Hercules Pietersz Segers ouSeghers[N 1], né àHaarlem vers1589-1590, et mort àAmsterdam vers1637-1638[2], est ungraveur etpeintrenéerlandais (Provinces-Unies) dusiècle d’or.
Au cours de sa carrière, Seghers n'a cessé d'expérimenter des techniques d'eau-forte et d'impression. Rembrandt le considérait comme son maître et possédait certaines de ses œuvres. Il fut« le paysagiste le plus inspiré, expérimental et original » de son temps, et un graveur encore plus novateur[3].
Hercules Seghers est né àHaarlem. Son père était un marchand de tissu de confessionmennonite ; originaire de Flandre, celui-ci était venu s’installer en 1596 àAmsterdam. C’est dans cette ville que Hercules Seghers fait son apprentissage auprès deGillis van Coninxloo, artiste qui figurait au premier rang des paysagistes de son époque. La mort de ce dernier, survenue en 1606, vient sans doute interrompre brutalement cette période d’étude. Le contenu de l’atelier du maître est mis en vente, et Seghers et son père, de même quePieter Lastman, acquièrent alors un certain nombre de ses peintures.
En 1612, après le décès de son père, Hercules Seghers retourne à Haarlem, où il est inscrit dans laguilde de Saint-Luc locale. Il revient à Amsterdam en 1614 pour obtenir la garde d’une fille illégitime et, l’année suivante, il épouse Anneke Van der Brugghen, originaire d’Anvers, de seize ans son aînée. En 1620, il achète pour 4 000 florins environ une vaste maison sur leLindengracht dans le quartier duJordaan, une propriété que, après s’être endetté à la fin des années 1620, il sera contraint de revendre dès 1631. De son atelier aménagé à l’étage supérieur de la maison, abattue en 1912, il avait vue sur laNoorderkerk (l’« église du nord ») dont la construction venait de s’achever et que l’on peut voir sur l’une de ses estampes[4],[N 2]. Après avoir vendu sa maison, il part s’installer àUtrecht comme marchand d’œuvres d’art. On le retrouve ensuite àLa Haye en 1633.
On ignore la date exacte de la mort d’Hercules Seghers ; on dispose toutefois d’un document de 1638 dans lequel une Cornelia De Witte est renseignée comme veuve d’un « Hercules Pietersz. », qui pourrait être le peintre. Comme dans beaucoup de documents détaillés concernant la vie de Seghers, le rapprochement que l'on peut faire dépend de la rareté supposée de son prénom. Selon des sources postérieures, Seghers, vers la fin de sa vie, se serait mis à boire et serait mort à la suite d’une chute dans les escaliers[5].
Sa réputation fut relancée à titre posthume par l’ouvrage deSamuel Van Hoogstraten,Inleyding tot de hooge schoole der schilderkonst (Introduction à la grande école de la peinture), dans lequel Seghers est présenté, essentiellement sur base de ses gravures, plutôt comme un génie romantique avant la lettre : solitaire, pauvre et incompris.
Les sujets de prédilection de ses gravures sont des paysages montagneux désolés où la quasi-absence de l'être humain est une constante, quand il n'est pas représenté comme quantité négligeable face aux éléments naturels déchaînés.
Hercules Seghers est surtout connu pour ses gravures, principalement de paysages. Il expérimente avec l'eau-forte afin d'essayer de reproduire un effet de peinture en imprimant sur du papier en couleur ou sur toile ; sa technique très novatrice consiste à retravailler l'estampe après impression avec un pinceau enduit de peinture de couleur, ce qui rend chaque estampe unique[6]. Le plus souvent imprimées avec de l’encre colorée sur des papier ou des tissus préparés, les couleurs en sont ensuite retravaillées, et les tirages sont découpés à la main pour obtenir différents formats. Lapointe sèche est aussi utilisée, ainsi qu’une forme d’aquatinte et d’autres techniques, comme celle consistant à insérer lors du passage sous presse un morceau de tissu grossier de façon à produire un effet marbré.
En tout, de ses cinquante-quatre plaques, seules cent quatre-vingt-trois impressions connues ont survécu, et la plupart se trouvent aujourd’hui conservées dans des musées. La plus importante collection se trouve au cabinet des estampes attaché au Rijksmuseum d’Amsterdam (leRijksprentencabinet). Rembrandt possédait dans sa collection d'œuvres d'art aussi bien des peintures (huit) que des gravures de Seghers ; il avait même acquis l’une des plaques originales, celle deTobie et l’Ange (HB 1)[N 3], qu’il adapta, tout en conservant une grande partie du paysage, pour en faire saFuite en Égypte (B 56). Rembrandt retravailla également une peinture de Seghers représentant unPaysage de montagne, actuellement à lagalerie des Offices àFlorence. Le style des paysages de Rembrandt témoigne par ailleurs de l’influence de Seghers.
Bien que la datation de ses estampes demeure floue, on pense que saVille aux quatre tours (HB 29) constitue l’une de ses dernières gravures et, si on la compare avec les peintures, elle aurait été réalisée vers 1631. Vu le nombre restreint des impressions restantes, il semble peu probable que les gravures aient pu représenter une source de revenus importante pour l’artiste. SaPile de livres (Rijksmuseum) est un sujet denature morte inhabituel dans une gravure duXVIIe siècle.
Seghers semble avoir inventé la technique de l’aquatinte « au sucre », un procédé qui sera redécouvert en Angleterre plus d’un siècle après lui parAlexander Cozens.
Ses contemporains connaissaient sans doute Seghers surtout pour ses peintures de paysage et de nature morte. Comme ses gravures, ses peintures sont rares ; il semble n’en être resté qu’une quinzaine (l’une d’entre elles fut détruite lors d’un incendie en[8]). LestathouderFrédéric-Henri d'Orange-Nassau acheta des paysages de Seghers en 1632.
Alors que dans les gravures l’approche technique l’emporte souvent sur le sujet, beaucoup de ses peintures sont des paysages de montagnes dans lesquels un soin particulier est accordé à la composition. Il y représente le plus souvent de larges vues horizontales, où la terre occupe plus de place que le ciel — des bandes de ciel ont d’ailleurs été ajoutées ultérieurement dans la partie supérieure de deux de ses tableaux aujourd’hui conservés à laGemäldegalerie deBerlin.
En dehors de l’influence de son maître Van Coninxloo, Seghers puise dans la tradition flamande du paysage, s’inspirant sans doute plus particulièrement deJoos de Momper etRoelandt Savery, mais aussi des« aspects fantastiques et visionnaires » des paysages desmaniéristes[9] Dans un inventaire de 1680 des biens de Jan Van de Capelle, qui possédait cinq peintures de Seghers, on donne la description d’une vue deBruxelles, ce qui laisse penser que Seghers se serait rendu dans cette ville, sans doute dans sa jeunesse, au moment où son style semble le plus marqué par l’influence flamande (et pour autant que la chronologie proposée de ses œuvres soit correcte)[1].
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