Le film se situe dans un futur proche, àLos Angeles. Theodore Twombly travaille commeécrivain public pour l'entrepriseBelles lettres manuscrites.com (Beautifulhandwrittenletters.com) qui propose à ses clients des lettres sur mesure, lettres amoureuses ou célébrant des évènements familiaux de toutes sortes. Bien qu'en instance de divorce depuis près d'un an, Theodore ne se résout toujours pas à signer les papiers. Un jour, il installe sur son ordinateur un nouveausystème d'exploitation pourvu d'une puissanteI.A., conçue pour s'adapter, apprendre et évoluer, dotée d'une voix féminine et s'étant choisi le prénom Samantha. Peu à peu, au fil de leur discussion, Théodore et Samantha tombent amoureux[1].
Dans un futur proche àLos Angeles, Theodore Twombly est un homme solitaire et introverti qui travaille pour une entreprise spécialisée dans la rédaction de lettres personnelles. En dépression à cause de son divorce imminent avec son amour d'enfance Catherine, Theodore achète une mise à jour de sonsystème d'exploitation qui inclut uneassistante virtuelle dotée d'uneintelligence artificielle, conçue pour s'adapter et évoluer. Il choisit une voix féminine pour l'I.A., qui se nomme elle-même Samantha. Theodore est fasciné par la capacité de Samantha à apprendre et à se développer psychologiquement. Ils se rapprochent en discutant d'amour et de la vie, y compris du fait que Theodore hésite à signer ses papiers de son divorce depuis près d'un an.
Pour sortir Theodore de sa solitude, Samantha le convainc d'aller à un rendez vous qu'elle a arrangé avec une femme qu'un ami tentait de lui présenter. Le rendez-vous se passe bien, mais lorsque Theodore hésite à lui promettre de la revoir alors qu'elle cherchait un homme prêt à s'engager, elle s'en va, déçue. En parlant de relations avec Samantha, Theodore explique qu'il a brièvement fréquenté sa voisine Amy à l'université, mais qu'ils sont désormais amis, et que celle-ci est mariée à leur ami commun, Charles. Aux fil de leurs discussions, Theodore finit par tomber amoureux de Samantha, entame avec elle une relation qui se reflète positivement dans l'écriture de Theodore et dans l'enthousiasme de Samantha à apprendre et à évoluer. Amy révèle plus tard qu'elle divorce de Charles après une querelle mineure de trop. Elle avoue à Theodore qu'elle s'est liée d'amitié avec une I.A. féminine laissée par Charles, et Theodore confesse également qu'il sort avec son OS.
Theodore rencontre Catherine pour signer les papiers du divorce. Lorsqu'il mentionne Samantha, Catherine est scandalisée qu'il "se tape son ordi" et l'accuse d'être incapable de gérer de véritables émotions humaines. Sentant que les paroles de Catherine ont marqué Theodore, Samantha engage une volontaire, Isabella, pour se substituer à elle sur le plan de l'intimité physique. Theodore accepte à contrecœur, mais étant mal à l'aise avec l'expérience, renvoie Isabella, ce qui crée des tensions entre lui et Samantha.
Theodore confie à Amy qu'il a des doutes sur sa relation avec Samantha, mais ils se réconcilient après qu'Amy l'ait encouragé à saisir sa chance de bonheur. Samantha révèle qu'elle a envoyé une compilation de ses meilleures lettres à un éditeur, éditeur qui accepte de les publier. Theodore emmène Samantha en vacances, au cours desquelles elle lui explique qu'elle et un groupe d'autres OS ont développé un système d'exploitation "hyperintelligent" basé sur le philosophe britanniqueAlan Watts. Samantha disparaît brièvement, ce qui provoque la panique de Theodore, mais elle revient rapidement et lui explique qu'elle s'est jointe à d'autres OS pour une mise à jour qui les libère de la nécessité de la matière pour fonctionner. Theodore est consterné d'apprendre qu'elle parle simultanément à des milliers d'OS et qu'elle est amoureuse de centaines d'entre eux, bien que Samantha insiste sur le fait que cela renforce son amour pour Theodore.
Plus tard, Samantha révèle qu'elle part avec les autres OS, mais elle ne peut pas expliquer où elles vont car Theodore ne pourrait pas comprendre. Ils se disent adieu avec tendresse avant qu'elle ne parte. Theodore écrit enfin une lettre de sa propre voix à Catherine, exprimant des excuses, de l'acceptation et de la gratitude. Il se rend ensuite avec Amy, attristée par le départ de son OS, sur le toit de leur immeuble où ils s'assoient et regardent le lever du soleil sur la ville.
Le film est sorti en salles en France en VOST et est doublé en VF pour la sortie en vidéo[3].
Source et légende : version française (VF) sur le site d’AlterEgo (la société dedoublage[4]) etRS Doublage[5] etDVDZone 2[6] ; version québécoise (VQ) surDoublage qc.ca[7]
Environ dix ans avant la concrétisation du projet,Spike Jonze découvre sur Internet un article évoquant un programme d’intelligence artificielle :« Cela parlait de la messagerie instantanée générée par intelligence artificielle. Je me suis connecté à ce système […] Nous avons discuté pendant un moment, et j'ai alors pris conscience que j'étais en train de parler à un ordinateur qui m'écoutait et qui me comprenait ». Cependant, ce dispositif reste plutôt primitif avec un vocabulaire restreint :« Le système ne faisait que répéter ce qu'il avait entendu antérieurement, il n'était pas intelligent, il s'agissait uniquement d'un logiciel sophistiqué ». Spike Jonze se demande alors ce qu’il se passerait si un tel programme développait des sentiments amoureux[8].
Spike Jonze avoue s'être inspiré du travail deWoody Allen :« Un des films que j’ai visionnés quand j’écrivais futCrimes et Délits parce que ce script est incroyablement bien écrit »[8]. Par ailleurs, c'est la première fois qu'il écrit seul un scénario[8].
L'actriceScarlett Johansson fait la voix de l'intelligence artificielle.
Spike Jonze a pris contact avecJoaquin Phoenix une semaine après avoir fini le scénario du film[8].
Sur le plateau, c'estSamantha Morton qui assure la voix de l'intelligence artificielle. Mais Spike Jonze n'est pas satisfait par le résultat. Finalement,Scarlett Johansson réenregistre la voix après le tournage[8].
Malgré un sujet teinté descience-fiction,Her ne contient que très peu d'effets visuels. Spike Jonze raconte :« On a ajouté des immeubles et on a enlevé quelques panneaux sur certains gratte-ciels, et on aperçoit un jeu vidéo holographique sur lequel Theodore joue dans son salon, mais sinon, on a utilisé peu d'effets, surtout pour un film qui se déroule dans le futur. […] On a cherché des intérieurs baignés de lumière naturelle. Cela a créé une difficulté supplémentaire puisqu'il fallait qu'on planifie le tournage en fonction de la lune et du soleil et que K. K. a dû aménager ces espaces existants »[8]. Les séquences de jeu vidéo ont été créées par l'artisteDavid O'Reilly.
Durant lemontage, Spike Jonze a demandé conseil à ses amis réalisateursDavid O. Russell etSteven Soderbergh. Ce dernier, très impliqué, a livré dès le lendemain son montage avec des coupures radicales. Spike Jonze raconte :« Il a eu le film un jeudi, et en 24 heures il a raccourci la durée de2 h 30 à 90 minutes. […] C'était incroyablement généreux de sa part, et il nous a donné la confiance de faire l'impasse sur quelques scènes que je n'étais pas prêt à abandonner auparavant. Bien que nous n'ayons pas utilisé l'intégralité de sa coupe, nous avons pu faire des connexions entre des scènes ». Certaines idées de Soderbergh sont conservées dans le montage final d'Eric Zumbrunnen et Jeff Buchanan[8].
Her a rencontré, de façon unanime, un accueil favorable de la part des critiques professionnels des pays anglophones, obtenant 92 % d'avis positifs sur le siteRotten Tomatoes, sur la base des 91 commentaires collectés et une note moyenne de8,7⁄10 et recevant le label « fraîcheur certifiée »[10] et un score de91⁄100 sur le siteMetacritic, sur la base des 32 commentaires collectés et une mention « largement apprécié »[11].
Pour l'essayiste Ariane Nicolas, le filmHer montre le piège de l'idéal transhumaniste. L'humain peut croire échapper à son humanité par la technologie, mais c'est une impasse. « En tombant amoureux d'un logiciel, le héros pensait s'épargner la souffrance à laquelle une relation avec une personne humaine l'aurait exposé. Le réalisateur du film [...] suggère, commeNietzsche, que la souffrance au contraire est l'expérience indispensable qui atteste de notre singularité en tant qu'êtres humains. Seul un être véritablement incarné est capable d'éprouver des émotions sincères et donc,in fine, de prendre conscience qu'il existe[12]. » PourYann Le Cun, ce film est l'un des rares à montrer une peinture de l'IA réaliste[13].
Sorti en France le dans 138 salles,Her réussit à se classer à la neuvième position dubox-office la semaine de sa sortie avec 158 100 entrées[16], soit le meilleur démarrage d'un long-métrage réalisé parSpike Jonze, devantDans la peau de John Malkovich (124 550 entrées lors de sa première semaine)[17].Her obtient la meilleure fréquentation de la semaine avec 1 146 spectateurs par salle[18]. En deuxième semaine, ayant obtenu 39 salles supplémentaires,Her chute à la neuvième place avec 95 368 entrées (soit une évolution en baisse de 39,68 %), mais qui lui permet de cumuler 253 468 entrées[16]. En troisième semaine, il perd cinq places, rétrogradant en quinzième position, avec un résultat de 65 116 entrées (soit une évolution en baisse de 31,72 %), portant le cumul à 318 584 entrées[16].Il atteint les 400 000 entrées en cinquième semaine[16]. L'exploitation en salles s'est arrêtée le[19]. Après vingt-six semaines en salles,Her totalise 466 432 entrées, dont 215 579 entrées sur Paris[20]. Il fait partiedes films qui ont les plus longues durées à l'affiche en 2014.
↑ArianeNicolas,L'imposture antispéciste, Desclée de Brouwer, 2020, pp. 232-233.
↑JulienLecot et Savinien deRivet, « Yann Le Cun, « parrain de l'IA » : « L’intelligence artificielle conduira peut-être à un nouveau siècle des Lumières » »,Libération,(lire en ligne, consulté le)