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Henry Duhamel, né àParis le et mort àGières (Isère) le est unalpiniste et un pionnier du ski français. Introduisant la pratique duski dans son cercle d'amis à Grenoble, il est ainsi à l'origine de la création du premier ski-club de France.
Henry Duhamel naît à Paris en 1853 puis s'installe en 1872 à Gières[1], près deGrenoble en raison de problème de santé. Là, le jeune bourgeois parisien développe un goût prononcé pour lamontagne, pratique la randonnée, l'escalade, la course et l'attelage à cheval et s'efforce de devenir un sportif accompli.

En 1874, l'amoureux des montagnes fonde la section de l'Isère ou section grenobloise duclub alpin français et entreprend de conquérir les sommets dumassif du Mont-Blanc. En 1875, en compagnie du BaronEmmanuel Boileau de Castelnau et du guide Alexandre Tournier, il tente l'ascension du Pic occidental dela Meije sans parvenir au sommet. Une seconde tentative, l'année suivante par la face sud le mène jusqu'au pied d'une muraille qu'il juge infranchissable[2]. Et c'est finalement Boileau de Castelnau avec son guidePierre Gaspard qui parvient en 1877 à vaincre le sommet, empruntant le premier chemin tracée par Henry Duhamel. Henry Duhamel se tourne alors vers d'autres sommets, tant en France qu'enKabylie et réalise vingt-trois premières dont lepic Gaspard en 1878, l'arête sud dupic Lory en 1880 avec le guide Pierre Gaspard et son fils.

Henry Duhamel se déplace en toutes saisons dans les superbes montagnes duDauphiné, mais l'hiver reste une saison problématique. Le cheval et l'usage du traineau tracté par un attelage trouvent des limites lorsque la neige atteint des hauteurs vertigineuses. Le bouillant sportif ne trouve plus moyen de rester en forme avec des exercices en plein air. Il songe alors à randonner en raquettes. Mais il lui semble qu'elles ne sont pas au point pour la randonnée et il ne parvient pas à en faire fabriquer de façon satisfaisante à semelles larges.
En 1878, soucieux de trouver de grandesraquettes canadiennes, il visite l'exposition universelle de Paris, et un représentant norvégien affable lui fait découvrir les longues et étroites planchettes que ses compatriotes scandinaves emploient en hiver[1]. Il achète la décoration du stand desRoyaumes unis de Suède et de Norvège, ce sont des patins à neige traditionnels, planches en bois destinées à glisser sur la neige qui ont été présentés habilement par un Norvégien. De retour dans les Alpes, il comprend que la fixation sous forme de simple lacet est complexe et faute d'une maîtrise de ce lien avec une chaussure adaptée, le maladroit va mettre plusieurs années à en comprendre le fonctionnement. En 1889, disposant de meilleures fixations bricolées par un artisan, il réussit àChamrousse un essai concluant, qui se termine par une culbute finale. Il entreprend alors un voyage enFinlande en 1890, déjà familiarisé et initié sur le terrain avec desLapons, il en comprend le maniement, les essais sont concluants, le ski devient un exercice agréable et un plaisir de tourisme, dans l'air vivifiant. Heureux, Henry Duhamel importe quatorze paires de skis, munis de bonnes fixations fabriquées en Norvège et s'empresse au fil des années de les distribuer à ses amis. En, quelques-uns de ses amis sportifs, skieurs suffisamment émérites, décident de se rassembler dans un ski-club à l'imitation des anglo-saxons. L'association voit ses statuts reconnus officiellement le[1]. Le ski, loisir bourgeois et citadin, naît en France.
Le premier président du ski-club des Alpes est le fondateur du Rocher-Club,Ernest Thorant. Henry Duhamel a décliné la présidence, car il ne réside pas à Grenoble. Le, une première séance commune et festive sous l'œil des journalistes alpins est organisée en présence d'un officier moniteur de l'armée suédoise sous forme d'un trajetLans-en-Vercors àAutrans, avec retour par la Croix-Perrin. LeMoniteur Dauphinois en publie d'abondants comptes rendus dès le. La presse alpine détaille à longueur de colonnes la technique et le matériel. La longueur des skis doit être proportionnelle à la taille du skiste (skieur) et à sa capacité de marche (foulée et longueur de jambe). L'appui ou l'équilibre doit être obtenu sans le bâton, qui n'est qu'un poussoir, un impulseur, un frein. Il ne sert que de canne au repos.
De plus en plus, les historiens du ski mettent en doute les propos tenus par Duhamel concernant ses essais en 1878, car il est le seul à le déclarer de façon tardive en 1908, alors que le ski à la mode parvient à son premier apogée. On ne peut pas attribuer la première hivernale de laCroix de Belledonne à Henry Duhamel, car nous avons les preuves photographiques que cette première a été réalisée parMaurice Allotte de La Fuÿe le.
Sympathisant du monde sportif de la montagne, il reste qu'il cherche à faire partager sa passion aux autres en publiant de nombreux articles pour leCAF, unGuide du HautDauphiné en 1887 avec la collaboration deWilliam Auguste Coolidge et Félix Perrin et un hommage auxtroupes alpines :Au pays des Alpins en 1899. Il réalise en 1889, unetopographie en couleur dumassif des Écrins qui culmine au montPelvoux.
En 1914, Henry Duhamel est affecté au28e bataillon alpin de chasseurs à pied. Il est chargé d'organiser la formation des troupes se rendant sur lefront des Vosges[1]. Officier instructeur sur la base d'un engagement volontaire, il aurait pu poursuivre sa dernière mission militaire jusqu'à soixante-dix ans. Il meurt en 1917 des suites douloureuses d'une chute dans la cour de lacaserne de Bonne[3]. En hommage à cet alpiniste, une rue de Grenoble, une avenue de Gières et une autre à Chamrousse portent son nom. Un médaillon a aussi été inauguré à Chamrousse sur l'ancienne gare inférieure du téléphérique.
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