| Henry Chichele | ||||||||
L'archevêque Henry Chichely | ||||||||
| Biographie | ||||||||
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| Naissance | 1363 ou 1364 Higham Ferrers | |||||||
| Père | Thomas Chichele(d) | |||||||
| Ordination sacerdotale | ||||||||
| Décès | ||||||||
| Évêque de l'Église catholique | ||||||||
| Ordination épiscopale | ||||||||
| Dernier titre ou fonction | Archevêque de Canterbury | |||||||
| Archevêque de Canterbury | ||||||||
| – | ||||||||
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| évêque de Saint David | ||||||||
| – | ||||||||
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| Autres fonctions | ||||||||
| Fonction religieuse | ||||||||
| chancelier duchapitre de Salisbury | ||||||||
| Fonction laïque | ||||||||
| juge, ambassadeur | ||||||||
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Henry Chichele (ouChecheley), né en 1363 ou 1364 àHigham Ferrers[1], dans leNorthamptonshire et mort le,Archevêque de Canterbury, est le fondateur deAll Souls College (Oxford).
Chichele est le fils benjamin de Thomas Chicheley, maire deHigham Ferrers, cité comme greffier dans les rôles urbains à l'année 1368, puis en 1381–1382, et enfin en 1384–1385 : douze années durant, il assura la fonction de maire en alternance avec le maître d'école Henry Barton, et un certain Richard Brabazon.
Le métier de Chichele n'est pas connu, mais son fils aîné William figure sur le premier rôle (1383) de la Guilde des Épiciers deLondres. Le Chichele obtint par succession de son père, la jouissance d'unecensive à Higham Ferrers. De sa mère, Agnes Pincheon, il est dit qu'elle était de naissance noble[2].
Chichele est mentionné pour la première fois dans les plus anciens registres de l'université (qui recensent les étudiants admis à dîner en salle) en en tant qu'étudiant en licence deNew College (Oxford), portant le n°8. Le rang de Chichele dans cette liste, qui comporte onze professeurs titulaires (fellows) et huitscholars (c'est-à-dire aspirant-fellows) après son nom, montre clairement qu'à cette date il n'est pas un nouveau venu de ce collège, qui existait depuis 1375 au moins, et fut intégré officiellement à l'université en 1379. Il devait venir deWinchester College, et de l'une des toutes premières promotions de professeurs de ce collège, en tant qu’unique pensionnaire deNew College[3].
Chichele est mentionné dans les registres de New College dès 1392-93 en tant que licencié ès arts, et il est indiqué qu'il s'est absenté pendant dix semaines, entre le et le, vraisemblablement pour être ordonné sous-diacre par l'évêque de Derry, suffragant de l’évêque de Londres. Il était déjà titulaire de bénéfices, comme la cure deLlanvarchell, dans lediocèse de Saint-Asaph, à lui accordée par privilège royal le-92 (Cat. Pat. Rolls). Dans les registres de New College, à l'année 1393-94 (qui est sans doute 1394/95 par suite des changements de calendrier), le Chicheley disparaît. Il avait donc déjà quitté Oxford pour Londres, où l'on sait qu'il exerça d'abord comme avocat dans le premier tribunal ecclésiastique, laCour des Arches. Son ascension au sein du clergé d'Angleterre est rapide : dès le-96, il est, aux côtés de plusieurs chevaliers et prélats, membre de la commission d'appel dans l'affaire écuyer John Molton contre le bourgeois John Shawe de Londres, jugée par SirJohn Cheyne, siégeant au nom duLord Grand Connétable à la Haute Cour.
Comme d'autres juges ecclésiastiques et officiers de la Couronne, Chichele était rémunéré par desprébendes. Le, il obtint ratification de la paroisse de Saint-Étienne deWalbrook, sans doute par son frère Robert, qui avait fait réparer l'église et accru ses droits, et qui fut accordée le par l’abbé deColchester. En 1397 il était nomméarchidiacre de Dorset par l’évêque de SalisburyRichard Mitford (en), mais le procès auprès duSaint-Siège était alors toujours en cours lorsque le, le pape mit un terme aux poursuites, frappant d'interdit leLord du Sceau PrivéNicholas Bubwith, son adversaire. La première année du règne deHenri IV, Chicheley devint curé deSherston, dans leWiltshire, etprébendier de Nantgwyly, paroisse du collège d’Abergwilly, auPays de Galles ; le-02, désormais docteur endroit canon, il obtient rémission pour avoir produit unefausse bulle lui accordant la chancellerie de laCathédrale de Salisbury, et le titre de chanoine des moniales de Shaftesbury et Wilton dans ce mêmediocèse; et le-03 il est effectivement nommé archidiacre de Salisbury.
Cette même année, son frère, Robert Chichele, est nommé premier shérif de Londres. Le, le papeBoniface IX accorde à Henry une prébende deLincoln, sans dommage de celles qu'il détient déjà àSalisbury,Lichfield, St Martins-le-Grand et Abergwyly, et la résidence deBrington. Le, il intervient au tribunal de Higham Ferrers et obtient une nouvelle censive dans cette ville. En juillet de la même année, il est chargé d'une ambassade auprès du nouveau pape romainInnocent VII, désireux d'éteindre leschisme dans la chrétienté en offrant sa démission, à condition que son rival d’Avignon fasse de mee. Le, le roi l'envoie avec Sir John Cheyne en ambassade àParis pour qu'il arrête les conditions d'une pais durable entre la cour deCharles VI de France et celle d'Angleterre, et pour négocier le mariage duprince Henri avec la princesseMarie de Valois (1393-1438) (mais cette dernière décida de devenirmoniale à Poissy l'année suivante).
Dans une nouvelle tentative d'interrompre le schisme, Chichele fut envoyé derechef en ambassade auprès du nouveau souverain pontife,Grégoire XII. Il en profita pour pousser ses intérêts : le, l’évêque de St DavidGuy Mone[4], trépassait et le Chichele se vit accorder sa succession à l’évêché. Une autre bulle, dressée ce même jour, lui accordait le droit de cumul de tous ses bénéfices antérieurs avec ceux de l'évêché. Il fut consacré le[5].
Il est reçu à nouveau avec Sir John Cheyne en grand honneur par le pape Grégoire XII àSienne en ; à cette occasion, les deux émissaires anglais obtiennent qu'un ex-partisan deJohn Wyclif, l’évêque de Lincoln Philip Repyngdon, figure au nombre des nouveaux cardinaux créés le (le collège des cardinaux ayant été déserté, il fallait le reformer). Les ex-cardinaux, se joignant aux cardinaux de l’antipapeBenoît XIII, décidèrent de convoquer un concile général àPise. En Chichele était de retour à Westminster lorsqu'Henri IV reçut le cardinal-archevêque de BordeauxFrancesco Uguccione et décida de prendre fait et cause pour les cardinaux de contre les deux papes. En Chichele fut choisi avec l’évêque Hallam de Salisbury et le prieur de Cantorbéry pour représenter les délégués du sud au concile, qui s'ouvrit le. Ils arrivèrent à Pise le. L'assemblée vota la déposition des deux papes, et le un nouveau pape était élu.
À leur retour en Angleterre, Chichele et se collègues furent célébrés comme les sauveurs de la Chrétienté, bien qu'un contemporain qualifie l'issue de ce concile de « triple-schisme », l'Église ayant désormais « trois maris au lieu de deux ». Mais dans le même temps, Chichele se trouvait au centre d'un procès retentissant, le ban royal ayant estimé, après trois lectures des plaignants et de la défense, que l'évêque n'avait décidément pas le droit de cumuler ses anciennes prébendes avec les revenus du diocèse, et qu'en contravention de la maximePapa potest omnia, une bulle papale ne pouvait prévaloir sur les lois et coutumes du pays[6]. En conséquence, Chichele devait renoncer à ses droits et bénéfices de chanoine (). Toutefois, ayant obtenu dans l'intervalle une bulle () l'autorisant à nommer ses successeurs à ces différents bénéfices, il fut loin de tout perdre : ainsi son neveu William, quoiqu'encore laïc et non diplômé, obtint la chancellerie du chapitre de Salisbury et une prébende à Lichfield. Au mois de, Chichele fut à nouveau envoyé en ambassade en France; le il prenait la tête des négociations pour le mariage d’Henri V avec une fille duduc de Bourgogne et était de retour en Angleterre en novembre.
Dans l'intervalle, il était parvenu à se rendre (et c'était la première fois) dans son diocèse, pour être intronisé à Saint Davids le. Il se trouva aux côtés de l'armée anglaise commandée par lecomte d'Arundel chargée d'accompagner le duc de Bourgogne à Paris en. Les Anglais, qui à cette occasion défirent les Armagnacs, réalisèrent par là la faiblesse des partisans du duc d'Orléans. Le, Chichele, avec deux autres évêques et d'autres grands du royaume dont le prince de Galles, reçut l'hommage du roi en public pour la qualité de ses services. Sa faveur auprès d'Henri V est manifeste lorsqu'avec lecomte de Warwick il est dépêché en France en pour conclure la paix. À la mort de l’archevêque Arundel, le roi l'élève immédiatement au poste d'archevêque de Canterbury, elu le, confirmé par bulle papale le. Il recevra le pallium le sans même devoir se rendre à Rome[7].
Ces dates sont importantes, car elles disculpent Chichele de l'accusation portée par le chroniqueurÉdouard Hall (et complaisamment reprise parShakespeare dansHenry V, acte 1. sc. 2) d'avoir poussé Henri V à faire campagne en France afin de détourner le parlement des affaires de l'Église. Aucun témoignage contemporain ne justifie cette opinion, qui n'apparaît, semble-t-il, qu'avec la biographie rhétorique d’Henri V par Redman, composée en 1540. Il est bien vrai que le parlement s'est réuni àLeicester à partir du avant que Chichele devienne archevêque. Les actes du Parlement montrent que lui-même n'y siégeait pas. En outre, le Parlement était si loin d'envisager la réquisition des biens de l'Église que laChambre des communes vota une pétition dénonçant « l'hérésie communément appeléeLollardry » (qui appelait à la destitution du roi et de toutes les puissances temporelles) comme un « comportement sauvage », proclamant les Lollards « félons » et faisant « devoir aux juges de paix de détruire leurs écoles, conventicules, congrégations et assemblées. »

Devenu archevêque, Chichele n'en poursuivit pas moins ses anciennes activités dejuriste et dediplomate. Il assista auSiège de Rouen (1418), et le roi lui confia personnellement les négociations pour la reddition de la place en, puis pour celles de son mariage avec Catherine. Il couronna Catherine de Valois à Westminster (), et lebaptisa son filsHenri VI. Il persécutait les hérétiques du royaume, et c'est ainsi qu'il présida le procès deJohn Claydon, maître-tanneur et bourgeois de Londres, lequel avait, au bout de cinq années de détention, abjuré devant l'archevêque Arundel, mais chez qui on avait saisi un livre en anglais intituléThe Lanterne of Light, proclamant l'hérésie selon laquelle la principale cause de la persécution des Chrétiens était la thésaurisation illégitime des biens de ce monde par les prêtres, tandis que les archevêques et évêques étaient désignés comme les créatures de l’Antéchrist.
En tant que relapse, Chichele l'abandonna au bras séculier. Le Chichele dirigea six mois durant un tribunal d'inquisition composé d'archidiacres. Le, il fit comparaître un prêtre, William Taylor, qui avait étéexcommunié pendant 14 ans pour hérésie, qu'on condamna aubûcher pour avoir proclamé qu'il ne fallait pas prier les saints, mais Dieu seul. Cette sévérité contraste singulièrement avec la clémence qu'il montra en pour un moine de Stamford, John Russell. Ce dernier, qui avait prêché qu'on peutconcumbere cum muliere pieusement et sans pécher, fut juste invité à se rétracter.
Il reprit ses persécutions contre les Lollards en 1428. Les registres de comparution sous l'apostolat de Chichele sont un curieux mélange de persécutions pour « hérésie » (c'est-à-dire la mise en cause des biens de l’Église), et de marchandages avec les ministres de la Couronne pour réduire au maximum la contribution des évêques au Trésor, par égard pour leur privilèges.
Chichele était jaloux des privilèges de son diocèse, ce qui l'entraîna dans une confrontation durable avec l’évêque de WinchesterHenri Beaufort. En 1418, dans les dernières années du règne d'Henri V, il obtint le rejet de la nomination de son rival comme cardinal légat, qui aurait donné la primauté à ce dernier sur la juridiction deCanterbury ; toutefois, la régence puis Henri VI donnèrent raison à Beaufort, qui en 1426 devint cardinal et légata latere.
De ce moment, Chichele fut en conflit ouvert avec le papeMartin V. Par la suite, cette confrontation a été présentée comme un combat patriotique de l'archevêque en butte aux atteintes de la papauté contre l'Église d'Angleterre ; or ce fut une querelle strictement personnelle, dont l'origine est d'ailleurs une rivalité entre le duc de Gloucester et son demi-frère, le cardinal Beaufort. Chichele, en organisant un jubilé à Canterbury en 1420 à la manière des papes, menaçait de capter les offrandes despèlerins de Rome à Canterbury. Une féroce missive du pape adressée le à ses nonces, décrit cela comme « un procédé calculé pour tromper les âmes simples et leur extorquer des récompenses profanes, en les faisant ennemis du Saint Siège et du pontife romain, le seul à qui Dieu a confié pareil pouvoir[8]. » Chichele déchaîna encore un peu plus la colère du pape en s'opposant aux provisions papales, qui permettaient au souverain pontife d'attribuer des prébendes d'Angleterre à des prélats italiens ; toutefois il ne faisait cela qu'en représailles à la nomination de Beaufort au collège des cardinaux, car Chichele jouissait lui-même de provisions papales : le cumul de ses bénéfices, son évêché puis spn archevêché.

Chichele mourut le[7]. On l'inhuma dans laCathédrale de Canterbury. Sontransi se dresse entre le chœur et le déambulatoire adjacent au transept nord-est. Le portail du chœur voisin du transept est appelé « porte Chichele ». Son tombeau, finement ciselé et coloré, avait été réalisé plusieurs années avant sa mort. Il représente le cadavre nu du prélat dans un coffre, et sur le coffre Chichele est représenté vêtu de ses magnifiques habits d'archevêque, les mains jointes en prière. L'épitaphe est : « Né pauvre, j'ai été fait primat. À présent me voilà coupé en morceaux et livré aux vers. Ceci est mon tombeau. »