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| Nom de naissance | Henri Paul Julien Dutilleux |
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| Parentèle | Jean-Louis Koszul (cousin germain) |
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Henri Dutilleux, né le àAngers et mort le dans le4e arrondissement deParis[1], est uncompositeurfrançais demusique savante. Sa musique appartient aux périodes musicalesmoderne etcontemporaine.
Henri Dutilleux est né Henri Paul Julien Dutilleux àAngers, enMaine-et-Loire, où ses parents se sont réfugiés pour fuir les bombardements deDouai, berceau de sa famille.
Arrière-petit-fils deConstant Dutilleux,peintre proche d'Eugène Delacroix et oncle de l'historienAdolphe Dutilleux, il est aussi un proche du peintreMaurice Boitel. Son grand-père maternel, le compositeurJulien Koszul, est quant à lui un ami deGabriel Fauré.
L'enfance d'Henri Dutilleux se déroule dans ledépartement du Nord. Il entre en 1926 auconservatoire de Douai[2] dirigé parVictor Gallois (Premier prix de Rome 1905) avec lequel il prend des cours d'harmonie et qui décèle ses dons[3]. Il y suit également une formation classique enpiano,théorie etcontrepoint.
Il entame en 1933 des études auconservatoire de Paris auprès d'Henri Büsser (composition),Jean Gallon (harmonie),Noël Gallon (contrepoint et fugue),Philippe Gaubert (direction d'orchestre) etMaurice Emmanuel (histoire de la musique)[4]. Durant ses études musicales, il est dans la même classe quePaul Bonneau,Raymond Gallois-Montbrun etJacqueline Robin. Il remporte en1938 lePremier prix de Rome, avec lacantatel'Anneau du Roi. Avant de partir pour la guerre en1939, il approfondit intensément son étude de la musique ded'Indy, deStravinsky et deRoussel.
Pendant la guerre, il adhère auFront national des musiciens, organe de laRésistance, et compose clandestinement en1944la Geôle sur un sonnet du poète résistantJean Cassou, alors emprisonné à Toulouse[5]. En1942, Dutilleux assume pour quelques mois les fonctions dechef de chœur de l'Opéra de Paris et, en1944, il est au service de laRadiodiffusion française, où il est responsable du Service des illustrations musicales[4]. Il quitte ce travail en1963 pour pouvoir se consacrer entièrement à la composition. En1961, il est appelé parAlfred Cortot comme professeur de composition à l'École normale de musique de Paris, dont il assure la présidence après la mort du fondateur[6], et où il eut comme élève le compositeur et organisteAndré Jorrand, puis, à partir de1970, il est professeur associé au Conservatoire. Il donne également des cours dans le cadre duFestival de Tanglewood, invité parSeiji Osawa[7].
Il épouse le àParis la pianisteGeneviève Joy, qui est longtemps sa principale interprète. Il vit avec son épouse, entre 1981 et 2010, àCandes-Saint-Martin, enIndre-et-Loire, dans une maison qu'ils lèguent ensuite à la commune. Cette dernière lui redonne vie après la mort des deux musiciens, en conservant le piano à queue deGeneviève Joy, la bibliothèque Dutilleux et la rénovation de leur salon de musique[8]. Fréquemment au répertoire de l'Orchestre national Bordeaux Aquitaine sous la direction deHans Graf, son nom est donné, en son hommage, à la grande salle de l'auditorium de Bordeaux, inauguré en[9],[10]. LeConservatoire à rayonnement régional de Douai ainsi qu’Amiens a donné le nom d'Henri Dutilleux à son grand Auditorium.

Il meurt le, laissant derrière lui une œuvre majeure, abondamment jouée de son vivant[11], faisant l'unanimité et considérée comme déjà classique[12],[13],[14],[15],[3].
Il est inhumé le aucimetière du Montparnasse (division 12)[16], auprès de son épouse décédée en 2009[17]. Auparavant, une messe est célébrée à 10 h 30 à l'église Saint-Louis-en-l'Île, avec la participation duQuatuor Rosamonde et desPetits Chanteurs de Sainte-Croix de Neuilly - The Paris Boys Choir (directionFrançois Polgár).

À partir d' a lieu une polémique au sujet de l'inauguration d'une plaque commémorative sur l'immeuble du 12,rue Saint-Louis-en-l’Île où il habitait, dans le4e arrondissement deParis. Le maire PSChristophe Girard déclare relever des« faits de collaboration avec lerégime de Vichy », qui rendraient l'installation de la plaque non appropriée pour l'instant, faisant allusion à la composition d'une musique d'un film à la gloire des sportifs, commandité par le régime de Vichy[18] et à la nécessité d'avoir un complément d'informations. Bien que le Comité historique de la Ville de Paris, chargé d'instruire ce type de demande, se soit prononcé pour l'apposition de cette plaque dans un document rendu en, à la mairie de Paris, Karen Taieb, conseillère municipale du4e arrondissement s'oppose lors d'un conseil municipal, en, à l'apposition de cette plaque, d'où l'attitude du maire du4e et de la mairie de Paris.
Ces propos déchaînent une réaction considérable dans les réseaux sociaux et le milieu musical, où Dutilleux est au contraire connu pour son humanisme et son engagement dans la Résistance[19]. Une pétition est alors lancée par les compositeurs Etienne Kippelen etMatthieu Stefanelli. Elle rencontre un écho considérable dans le monde musical et de nombreux signataires[20]. La plaque a finalement été apposée le au cours d'une cérémonie qui, à son tour, a provoqué une polémique en raison des deux discours prononcés par les édiles municipaux[21].
Bien qu'il ait obtenu enjanvier 2004 la dignité degrand-croix de la Légion d'honneur (la plus haute distinction que décerne l’État), ses obsèques se sont déroulées en l’absence de tout représentant de l’État[22].
Henri Dutilleux a reçu leprix Ernst von Siemens le (à l'âge de 89 ans). Ce prix, considéré comme le « Nobel de la musique », a récompensé, selon le jury, « un des grands artistes de lamusique française contemporaine » dont la production « organique » se distingue par sa « clarté poétique ». Henri Dutilleux est le troisième compositeur français (aprèsOlivier Messiaen etPierre Boulez) honoré par ce prix, qui a été attribué la première fois, en1974, àBenjamin Britten.
Depuis1973, il est membre associé de l’Académie royale de Belgique, et, depuis1981, membre honoraire de l’American Academy and Institute of Arts and Letters deNew York. Il est aussi membre honoraire de l’Accademia Nazionale Santa Cecilia (1993) ainsi que de laRoyal Academy of Music deLondres (1996) et de laBayerische Akademie der Schönen Künste deMunich (1998). LeGrand Prix Antoine Livio de laPresse musicale internationale lui a été décerné en 1999. En 2010, il devient parrain d'honneur d'Ecuasol, programme d'aide à l'enfance défavorisée en Équateur, de l'ONGInternational Impact, fondé par son petit neveuJean-Christophe Crespel.
Il est Grand prix national de la musique en1967 pour l'ensemble de son œuvre.
Il est également membre du jury du « prix de composition Tōru Takemitsu » en1997.
En2008, il reçoit la Médaille d'or de laRoyal Philharmonic Society.
Dutilleux couvre presque un siècle de par sa longévité et puise des influences déterminantes chez deux artistes majeurs duXIXe siècle, à savoirVincent van Gogh etCharles Baudelaire. Il disait lui-même « Le poète de second ordre est la séduction même, il vit la poésie qu’il ne peut écrire. L’autre écrit la poésie qu’il n’ose vivre »[23].
Dutilleux doute beaucoup, et ne se résout jamais à écrire quelque chose qu’il n’entende auparavant dans la tête, on ne peut lui donner de directive ni lui offrir de l’argent[24]. Il ne revendique aucun système. On pourrait peut-être dire de lui ce que Baudelaire disait de Wagner (à l’écoute de Tannhäuser) qu’ «aucun musicien n’excelle comme lui à peindre l’espace et la profondeur matériels et spirituels »[25]. Et pour citer encore Baudelaire (Poison, no 45 desFleurs du mal), la musique de Dutilleux « allonge l’illimité, approfondit le temps, creuse la volupté ».
Ses influences les plus notables en peinture sont Vincent van Gogh, notammentla Nuit étoilée (dont il s'inspire pourTimbres, espace, mouvement), mais aussi Paul Gauguin, Nicolas de Staël, Kandinsky[26]. La nature est aussi une source d'inspiration[27], notamment Le Valais, en Suisse, où il va souvent composer àLa Sage. Ses cinéastes favoris sontLuis Buñuel, etFederico Fellini.
En poésie et littérature, Dutilleux s'est souvent inspiré dans ses compositions deCharles Baudelaire (notamment en créant les titres des sections deTout un monde lointain), mais il est aussi un fervent lecteur deShakespeare,Proust,André Gide (pour son journal),Julien Gracq et d'Yves Bonnefoy, surtout vers la fin de sa vie[28].
En musique, ses maîtres sont les Polyphonistes de la Renaissance,Beethoven (pour le renouvellement de la forme),Berlioz l'inventeur,Debussy,Henri Duparc,Ravel,Albert Roussel,Bartok,Stravinsky, etSchoenberg[29].
Dutilleux affirme n’avoir jamais abandonné l’écriture modale. Il tient à préserver dans un langage atonal des principes de structuration hiérarchiques du matériau. «Dans ma musique, on trouvera de nombreuses références à cette notion de hiérarchie, par l’emploi de notes-pivots, de pédales, de sons obsessionnels, de thèmes d’accords qui indiquent que je ne puis me priver de l’apport d’une certaine polarisation (...) je ne pense pas devenir jamais dodécaphonique»[30]. Par l’usage de notes-pivots, ou pôles sonores (devenant parfois des axes), il articule différentes échelles de sons, allant de simples tétracordes ou pentacordes (Ainsi la nuit), d’héxacordes (Métaboles, Concerto pour violon) à des modes diatoniques et octotoniques (Sonate pour piano), décatoniques (2x5,Concerto pour violon) voire des séries de douze sons (Métaboles, Tout un monde lointain) séries utilisées de manière non-dodécaphonique, mais plus pour les possibilités de variations harmoniques et de couleurs qu’elles peuvent offrir. Dutilleux a eu recours à la citation (Clément Janequin, Jehan Alain, Benjamin Britten dansLes Citations) et à l'auto-citation (Mémoires des ombres deShadows of Time citeFigures de résonances, "De Vincent à Théo" deCorrespondances citeTimbres, espace, mouvement (en référence à Van Gogh),Le Masque dansLe Temps, l'horloge citeLa Geôle, enfin,Les Citations citent un extrait du balletLe Loup rajouté tardivement[31].
Elle revêt différents aspects : parfois statique en notes répétées comme une cantilène (note-pivot,Métaboles), soit très ornementée, orientalisante. Les phrases ornées peuvent être très virtuoses, surtout chez les bois, très souvent en mouvement ascendant et descendant. On observe aussi régulièrement l’écriture en miroirs. Dutilleux emploie aussi des accords en homorythmie, comme dans un choral. On trouve aussi des effets en escaliers, avec accumulation d’instruments en unisson et octaves de l’aigu au grave et inversement (Métaboles, IIe Symphonie) ainsi que des mouvements contraires entre les registres aigu et le grave. Dutilleux était très scrupuleux et soigneux avec la notation de sa musique. Son père était typographe, il adorait l’odeur de l’encre depuis l’enfance[32]. On voit aussi souvent des effets d’arborescences avec une multiplication de voix dans la mélodie (Métaboles) souvent en accélérant et crescendo. Aussi fréquents, on trouve des clusters se réduisant progressivement à un unisson et l’inverse.
Le rythme est insaisissable. Dutilleux change très souvent de signatures rythmiques et de tempo. Pour les mouvements lents, il brouille le sentiment de pulsation par des rythmes complexes donnant un caractère improvisé à la musique. Inspiré des «Grands piliers droits et majestueux» baudelairiens, il affectionne l'homorythmie dans les chorals. Dans les mouvements lents, il ajoute parfois des « chocs électriques » brefs et incisifs, rompant avec la linéarité de certaines phrases (Métaboles, IIe Symphonie). Pour les mouvements rapides, on trouve très souvent une écriture en mouvement perpétuel de doubles croches, avec une prédilection pour le ternaire. L'écriture de Dutilleux peut rappeler parfois Bartok ou Stravinsky dans l’usage de contretemps et accents décalés (comme dansLe Sacre du printemps ouMusique pour cordes, percussions célesta ).
Utilisation des bois, avec la clarinette pour sa virtuosité et le hautbois (et même le hautbois d’amour dansTimbres, espace, mouvement) pour leurs qualités expressives, allant jusqu’à l’usage risqué (car pas vraiment standardisé) demultiphoniques. Aux cordes, souvent divisées, sont confiées de très belles pages (Mystère de l'instant ). Les effets de trilles, harmoniques, glissandi etcol legno sont souvent prisés, avec une prédilection pour les contrebasses à qui il confie très souvent des accords d’harmoniques en grappes (Métaboles), voire des solos importants, comme dansTimbres, espace, mouvement, dansLes Citations et dansShadows of Time. Les percussions sont centrales dans son oeuvre et souvent thématiques, traitées comme de véritables personnages musicaux, que cela soit avec des percussions à sons indéterminés (Bongos, toms, maracas, cymbales) et les claviers comme le xylophone et le vibraphone. Pour les cuivres, Dutilleux privilégie la combinaison des trombones et trompettes[33].
Essentiellement orchestrale, son œuvre contient un nombre relativement restreint de pièces.
Une partie des partitions[34] des œuvres d'Henri Dutilleux est éditée par lesÉditions Billaudot.
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