Second fils du général d’Empire et comteHenri François Delaborde, qui commandait alors le département d’Ille-et-Vilaine, Delaborde fit de brillantes études auxlycées Bourbon etCharlemagne[2]. Précocement doué pour le dessin, il entra, après quelques études de droit rapidement abandonnées, dans l’atelier dePaul Delaroche[2]. Après 5 ans d’études, il se rendit en Italie en 1834, 1839 et de 1842 à 1845, pour étudier les peintres florentins duQuattrocento[2].
Contraint d’abandonner la peinture à la suite d’une grave maladie[4], il se consacra dès lors à l’histoire de l’art[4], publiant dès 1850, des articles dans laRevue des deux Mondes et laGazette des beaux-arts[4], qui lui valurent quelques sarcasmes de la part des frères Goncourt[2]. Il clame alors l'existence d'uneécole française de peinture, remontant au-delà duGrand Siècle deLouis XIV, et qui figurerait une continuité dans l'histoire de l'art français : cette école française serait supérieure à ses voisines[5]. Par ailleurs, il révèle dans laGazette des beaux-arts du sa découverte de deux gravures sur métal dont l'analyse donne une datation ne pouvant pas dépasser 1406, ce qui, à l'époque, en fait les estampes les plus anciennes connues[6].
Nommé conservateur-adjoint du Département des Estampes de laBibliothèque impériale en 1855, puis conservateur en chef en 1858[4], il y resta trente ans, et devint l’administrateur général durant les années 1870-1871. LorsqueNapoléon III envisagea de transférer les estampes au Louvre, Delaborde le convainquit de n’en rien faire[4]. Le, envisageant, après la mort deMercey, la création d’un Ministère des Beaux-Arts, Napoléon III offrit le poste à Delaborde qui le refusa[4].
Entré comme membre libre à l’Académie des Beaux-Arts en 1868, il en devint le secrétaire perpétuel de 1874 à 1898[7]. Il avait, au milieu de ces occupations, poursuivi ses travaux personnels, en collaborant notamment à l’Histoire des peintres de toutes les écoles deCharles Blanc (1861-76), en éditant lesLettres et pensées d’Hippolyte Flandrin (1865), en publiant de nombreux ouvrages commeIngres, sa vie, ses travaux, sa doctrine (1870) ouLa Gravure en Italie avant Marc-Antoine (1883).
Les Chevaliers de Saint-Jean rétablissent la religion en Arménie. 1347, peinture, 1845, Versailles ; musée national des châteaux de Versailles et de Trianon.
Dante à la Verna, peinture, 1847, palais de Saint-Cloud.
La Photographie et la Gravure, Paris, [s.n.], 1856.
Études sur les beaux-arts en France et en Italie, Paris, Jules Renouard, 1864, 485 p.
Lettres et pensées d’Hippolyte Flandrin, accompagnées de notes et précédées d’une notice biographique et d’un catalogue des œuvres du maitre, Paris, Henri Plon, 1865.
Ingres, sa vie, ses travaux, sa doctrine, d’après les notes manuscrites et les lettres du maitre, Paris, Henri Plon, 1870.
Gérard Édelinck, Paris, Librairie de l’Art, 1886.
Mélanges sur l’art contemporain, Paris, Jules Renouard, 1866.
La Gravure : précis élémentaire de ses origines, de ses procédés et de son histoire, Paris, Albert Quantin, 1882 (lire en ligne).
La Gravure en Italie avant Marc-Antoine : (1452-1505), Paris, J. Rouam,, 287 p.(BNF30311667).
Marc Antoine Raimondi ; étude historique et critique suivie d’un catalogue raisonné des œuvres du maitre, Paris, Librairie de l’Art, 1888.
Les Maitres florentins duXVe siècle, Paris, E. Plon, Nourrit, 1889.
L’Académie des Beaux-Arts depuis la fondation de l’Institut de France, Paris, E. Plon, Nourrit, 1891.
Notice sur la vie et les travaux deM. Robert-Fleury, Institut de France, Académie des beaux-arts,.
↑a etbSociété de l’histoire de l’art français,Bulletin de la Société de l’histoire de l’art français, 1970,p. 138.
↑abcde etfCatherine Granger,L’Empereur et les arts : la liste civile de Napoléon III, Paris, École nationale des chartes, 2005, 866 p.p. 164.
↑Henri Delaborde, « De la peinture française et de son histoire »,Revue des Deux Mondes,,p. 1115.
↑GeorgesDuplessis,Histoire de la gravure ancienne : suivie d'une indication technique sur les différents procédés de gravure, Paris, Jean de Bonnot,, 528 p.(BNF34563749),p. 6.