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Henri-Georges Clouzot

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Pour les articles homonymes, voirClouzot.

Henri-Georges Clouzot
Henri-Georges Clouzot en 1947 par lestudio Harcourt.
Biographie
Naissance
Décès
Sépulture
Nom de naissance
Henri Georges Léon ClouzotVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activités
Période d'activité
Fratrie
Marcel Clouzot(d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Conjoints
Véra Clouzot(de à)
Inès Bise(d)(de à)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Distinctions
Films notables
Filmographie d'Henri-Georges Clouzot(en)Voir et modifier les données sur Wikidata

modifier -modifier le code -modifier WikidataDocumentation du modèle

Henri-Georges Clouzot est unscénariste,dialoguiste,réalisateur etproducteur de cinémafrançais, né le àNiort (Deux-Sèvres) et mort le dans le17e arrondissement de Paris.

Il est surtout connu pour son travail dans legenre du film noir, après avoir tournéLe Salaire de la peur etLes Diaboliques, placés par la critique au nombre des plus grands films desannées 1950. Il réalise également desdocumentaires, dontLe Mystère Picasso, déclarétrésor national par le gouvernement français.

Henri-Georges Clouzot est l'un des quatre cinéastes, avecMichelangelo Antonioni,Robert Altman etJafar Panahi, à avoir remporté lestrois récompenses suprêmes des principaux festivals européens, à savoir leLion d'orVenise), laPalme d'orCannes) et l'Ours d'orBerlin), bien que ces deux dernières récompenses aient été attribuées à un seul et même film (en l'occurrenceLe Salaire de la peur), ce qui n'est plus possible aujourd'hui.

Biographie

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Famille

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Plaque apposée sur la façade du 22 avenue Victor-Hugo à Niort (79)

Henri-Georges Clouzot naît le, àNiort où son père Georges a repris la librairie paternelle. Après la faillite de la librairie, la famille s'installe en 1922 àBrest où son père devientcommissaire-priseur. Ses parents se séparent.

Son oncleHenri (1865-1941)[1] estconservateur de labibliothèque Forney puis dumusée Galliera àParis. Historien duPoitou, il écrit aussi de nombreux livres sur l'art et notamment sur l'art africain (L'Art du Congo belge, 1921). Il a une fille,Marianne Clouzot (1908-2007), qui deviendra peintre et illustratrice, notamment delivres pour enfants (dans laBibliothèque Rose notamment).

Son autre oncle, Étienne Clouzot (1881-1944), diplômé de l'École nationale des chartes est un archiviste-paléographe français[2]. Son épouse Jeanne Clouzot-Régnier (1882-1965) a été la première critique de cinéma professionnelle enSuisse, auJournal de Genève de 1924 à 1964. Leur fille Marie-Rose Clouzot (1906-1996) est pianiste, compositrice et enseignante, elle épousera le petit-neveu du peintreimpressionnisteCamille Pissarro : Jean Pissarro (1897-1986).

Son frère, Marcel Clouzot (1915-2016), est un libraire ancien réputé et auteur duGuide du bibliophile français qui recense notamment les éditions originales duXIXe siècle. Il était écrivain et peintre.

Carrière

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Adolescent, il ambitionne de devenir marin, comme son grand-père maternel, mais unemyopie de l'œil gauche lui ferme les portes de l'École navale. Après une année en classe demathématiques spéciales aulycée Sainte-Barbe à Paris, il entre à l'École libre des sciences politiques. Il devient l'assistant du députéLouis Marin, puis entre à la rédaction des journauxParis-Midi etParis-Soir sur les recommandations de son amiPierre Lazareff. Passionné par la chanson, il soumet ses textes àRené Dorin, interprète et parolier deMaurice Chevalier entre autres, qui l'engage comme secrétaire pour deux ans. Auprès de Dorin, Clouzot fait la rencontre d'autres chansonniers :Pierre Varenne,Saint-Granier,Mauricet[3].

Cinéaste

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Henri-Georges Clouzot s'associe àHenri Decoin pour un premier essai descénario destiné à Mauricet ; le producteurAdolphe Osso refuse finalement le projet mais engage Clouzot et l'envoie auxstudios de Babelsberg àBerlin, où il devient l'assistant d'Anatole Litvak et supervise les versions françaises d'opérettes allemandes[4], puis écrit des scénarios pourJacques de Baroncelli,Carmine Gallone ouVictor Tourjanski.

Clouzot enchaîne avec deuxadaptations cinématographiques :Les Inconnus dans la maison d'Henri Decoin avecRaimu, d'aprèsle roman éponyme deGeorges Simenon etLe Dernier des six deGeorges Lacombe avecPierre Fresnay etSuzy Delair, sa compagne[5], d'aprèsStanislas-André Steeman (qu'il adaptera deux fois encore pourL'assassin habite au 21 etQuai des Orfèvres).

Clouzot écrit quatrepièces de théâtre entre 1940 et 1943[6]. Il débute réellement dans lamise en scène en1942 — bénéficiant de l'exil aux États-Unis des grands réalisateurs commeJean Renoir,Julien Duvivier,René Clair[4] — avecL'assassin habite au 21 et reforme le couple Pierre Fresnay-Suzy Delair.

Henri-Georges Clouzot et son épouseVéra Clouzot, en novembre 1953 à la gare centrale deLa Haye (Pays-Bas).

Le Corbeau

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Clouzot réalise ensuite, en pleineoccupation allemande, un film, produit par laContinental Films financée par l'occupant allemand, sur un expéditeur de lettres anonymesLe Corbeau (1943), qui donne lieu à de vives polémiques dans une France qui souffre alors de ladélation. Le scénario est deLouis Chavance d'après unfait divers qui s'était passé àTulle dans lesannées 1920. Une campagnecommuniste est lancée contre Clouzot, comparant son film àMein Kampf, l'accusant d'offrir une image négative de la France, alors que dans le même temps, son film est condamné par les conservateurs et laCentrale catholique pour immoralité, tandis queJoseph Goebbels le fait diffuser à l'étranger[note 1].

À laLibération, contrairement à la plupart des autres employés de la Continental Films, une entreprise créée par Goebbels, Clouzot échappe à la prison, mais se voit frappé d'une suspension professionnelle à vie.Henri Jeanson écrit alors àArmand Salacrou qui avait pris la tête d'un comité d'épuration :« Mon cher, tu sais bien que Clouzot n'a pas plus été collabo que toi tu n'as été résistant ». En 1948, le film est interdit auCanada, puis accepté à la suite de plusieurs coupures[7].

Retour en grâce

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Grâce à l'intervention de personnalités commePierre Bost,Jacques Becker ou encoreHenri Jeanson qui évoque dans un texte corrosif une « affaire Cocos contre corbeau »[8], Clouzot revient à la réalisation et remporte plusieurs récompenses aux festivalsde Venise,de Berlin etde Cannes avecQuai des Orfèvres en 1947 (où il offre pour la dernière fois un rôle à Suzy Delair),Miquette et sa mère en 1949, tous les deux avecLouis Jouvet,Manon (1949) (d'aprèsManon Lescaut de l'abbé Prévost),Le Salaire de la peur avecYves Montand etCharles Vanel en 1952, films ayant tous bénéficié d'une large audience. Ces films lui vaudront plus tard le surnom d'« Hitchcock français ».

Ses trois premiers films trahissent l'influence ducinéma expressionniste, et surtout deFritz Lang. Il est animé par une sorte de perfectionnisme, qui le conduit parfois àtyranniser ses acteurs.Moraliste jetant un regard souventpessimiste sur la société, il est le réalisateur de plusieurs autres films célèbres dontLes Diaboliques (1954),film policier haut en suspense, mettant en scène un couple ambivalent et ambigu interprété parSimone Signoret etVéra Clouzot, soupçonnées du meurtre du mari de cette dernière (Paul Meurisse) par un commissaire à la logique implacable (Charles Vanel) ;Le Mystère Picasso (1956), un granddocumentaire sur la méthodedu peintre et sur la naissance de quelques-uns de ses tableaux ; etLa Vérité (1960) avecBrigitte Bardot.

Tombe de Véra, Henri-Georges et Inès Clouzot aucimetière de Montmartre, à Paris.

Déclin

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À la suite de la mort de sa femme Véra en 1960, Clouzot connaît une période dedépression durant laquelle il se retire àTahiti. À son retour, il écrit l'ambitieux projet deL'Enfer qui doit, selon lui, révolutionner le cinéma. Il propose àRomy Schneider etSerge Reggiani d'en jouer les premiers rôles. Mais, en 1964, malgré un budget illimité de la part de laColumbia, le tournage se passe très mal, Clouzot, très fatigué, fait uninfarctus[9]; le tournage est interrompu et le film va rester inachevé.

AprèsLa Prisonnière (1968), aucune compagnie d'assurances n'accepte de garantir le risque d'un nouveau problème de santé du réalisateur ; Henri-Georges Clouzot n'arrive plus ensuite à concrétiser le moindre projet.

Il meurt le. Il est enterré à Paris, aucimetière de Montmartre, au côté de sa première épouse Véra ; sa deuxième épouse, Inès Clouzot, les y rejoint en.

Dans lesannées 1990,Claude Chabrol reprend le scénario deL'Enfer, que Clouzot n'avait pu achever trente ans plus tôt, et parvient à sortirsa propre version deL'Enfer en 1994, avecFrançois Cluzet etEmmanuelle Béart dans les rôles principaux. En 2009,Serge Bromberg réalise le documentaireL'Enfer d'Henri-Georges Clouzot : on peut y voir pour la première fois de nombreux extraits réalisés lors du tournage de 1964.

Filmographie

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Réalisateur

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Superviseur des versions françaises

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Scénariste ou dialoguiste

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Documentaires musicaux

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De 1965 à 1967, Clouzot filmaHerbert von Karajan faisant répéter et/ou dirigeant en concert cinq œuvres :

  • Mozart : Concerto pour violon n° 5 en la majeur, KV. 219, dit "Turc" - Orchestre symphonique de Vienne
  • Beethoven : Symphonie n°5 en ut mineur, op. 67, dite "Symphonie du destin" - Orchestre philharmonique de Berlin
  • Schumann : Symphonie n°4 en ré mineur, op. 120 - Orchestre symphonique de Vienne
  • Dvorak : Symphonie n° 9 en mi mineur, B. 178 (op.95), dite "Du Nouveau Monde" - Orchestre philharmonique de Berlin
  • Verdi :Messa da requiem - Orchestre et Chœur du théâtre deLa Scala de Milan, 1967.

Chanson

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En collaboration avec le chansonnier suisseJean Villard dit Gilles fameux pour des titres commeDollar,Les trois cloches , Henri Georges Clouzot commet une parodie décalée dumartyre de Sainte Blandine intituléeLa viergeEponine, livrée aux lions (la langue utilisée est l'argot parisien desannées 1950 et l'ambiance est celle d'un rassemblement populaire comme un match de catch, ou des6 jours au Vel'd'Hiv'). Ce fut un grand succès desFrères Jacques[11].

Théâtre

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Récompenses

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Notes et références

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Notes

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  1. Le film n'est toutefois pas diffusé en Allemagne, où il est jugé trop noir.

Références

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  1. « Biographie simplifiée d'Henri Clouzot », surwiki-niort.fr,(consulté le).
  2. Henri Lemaître, « Étienne Clouzot (1881-1944) : note biographique »,Bibliothèque de l'École des chartes, Paris,Société de l'École des chartes,no 105,‎,p. 359-363(ISSN 1953-8138,lire en ligne, consulté le).
  3. Correspondance, fonds Henri-Georges et Inès Clouzot, Cinémathèque française, Clouzot128-B33.
  4. a etbDictionnaire du cinéma : Les réalisateurs deJean Tulard.
  5. Jean-Noël Mirande, « Suzy Delair ou l'air de Paris », surLe Point,(consulté le).
  6. Dictionnaire du cinéma, Larousse, sous la direction deJean-Loup Passek.
  7. Pierre Hébert (1949-), Kenneth Landry (1945-) et Yves Lever (1942-),Dictionnaire de la censure au Québec : littérature et cinéma, Fides,(ISBN 2-7621-2636-3 et978-2-7621-2636-5,OCLC 63468049,lire en ligne),p. 144-147.
  8. Henri Jeanson, « C’est un oiseau qui vient de Tulle », surgallica.bnf.fr,L’Intransigeant,(consulté le).
  9. Emmanuèle Frois, « Dans les coulisses deL'Enfer, film maudit de Clouzot », surLe Figaro,(consulté le).
  10. Delphine Simon-Marsaud, « Brasil » [[vidéo]], surcinematheque.fr(consulté le).
  11. « Vierge eponine (La) », surLe Temps des Chansons(consulté le)

Voir aussi

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Bibliographie

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Conférence

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Articles connexes

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Liens externes

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v ·m
Réalisateur
Scénariste
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