Help! est le cinquièmealbum desBeatles, paru le auRoyaume-Uni, et une semaine plus tard auxÉtats-Unis. Il est préparé dans le cadre dufilm éponyme, le deuxième mettant en vedette le groupe. Ils l'enregistrent au cours de plusieurs sessions réparties entre les concerts et les tournages, entre février et. Ils se tournent de plus en plus vers le travail en studio, y répétant directement les nouveaux titres en les enregistrant, multipliant lesoverdubs, approchant de nouveaux sons et de nouveaux instruments sur le chemin qui mène, plus tard dans l'année, àRubber Soul, étape majeure de leur carrière discographique.
Avec cet album, les Beatles entrent de plain-pied dans la musiquepop. Laface A deHelp! comprend les chansons composées pour le film, notamment lachanson éponyme etTicket to Ride, parues ensingle. L'autre face contient pour sa part sept chansons absentes du long-métrage, dont les deux dernièresreprises officiellement mises en boîte par le groupe, etYesterday, enregistrée parPaul McCartney, seul avec sa guitare et unquatuor à cordes, produisant un des plus grands succès de l'histoire de la musique.
L'album connaît un important succès critique et commercial, trônant neuf semaines en tête deshit-parades britanniques, après y être entré directement à la première place le jour de sa publication, avant de se maintenir41 semaines dans les classements. La version publiée aux États-Unis qui atteindra la position de tête durant 9 semaines, mais désapprouvée par les Beatles, est nettement différente ; elle ne comprend en effet que les chansons de la face A, intercalées entre des morceaux instrumentaux issus du film. Les autres chansons de l'album britannique se retrouvent sur les albums américainsBeatles VI,Rubber Soul etYesterday and Today. Les titres deHelp! sont donc répartis sur quatre disques, qui sont autant deno 1 sur le marché américain.
Cet album prend le nom « Chansons du film Help! » enFrance. À partir de ce disque,Odeon, le label français associée àEMI, gardera les mêmes titres et pochettes que les éditions britanniques[1].
À la suite du succès de leur premier film,A Hard Day's Night, les Beatles se voient invités à en tourner un deuxième (cette fois, en couleur) au début de l'année 1965. Le titreHelp séduit le réalisateurRichard Lester dès le début du projet, mais le nom étant déjàdéposé, il doit réfléchir à d'autres options[2]. Le titreBeatles II est ainsi envisagé, avant de se tourner versEight Arms to Hold You (« Huit bras pour t'enlacer »), en référence à la statue de la déesseKâlî visible dès les premières images du film. Cependant, le groupe s'oppose énergiquement à cette idée, jurant que la composition d'une chanson avec un tel titre est impossible. Finalement, c'est le titreHelp! avec un point d'exclamation, pour détourner le titre original protégé, qui s'impose[2]. Dans l'optique du tournage, qui doit commencer à la fin de[2], lesFab Four sont invités à composer plusieurs chansons destinées à rythmer le film. Celles-ci sont pourtant écrites sans même que le groupe ait lu le scénario[3]. Le travail de composition et l'enregistrement de l'album se déroulent durant les premiers mois de l'année 1965, au milieu du tournage et donc entre les voyages du groupe auxBahamas, enAutriche et à travers leRoyaume-Uni pour les besoins des différentes scènes.
À cette époque, les Beatles commencent à se lasser de la « Beatlemania », nom attribué à la folie fanatique qui gravite autour du groupe depuis 1963. Ainsi, dans leurs interviews, ils reconnaissent parfois se comporter sèchement avec les fans[4]. Le programme de tournées s'allège quelque peu par rapport aux deux années précédentes : pour l'essentiel, quelques prestations à Londres en janvier, une visite de l'Europe passant par la France, l'Italie et l'Espagne à la fin de juin et au début de juillet, avant la deuxièmetournée des États-Unis en août, pour finir par les ultimes concerts de leur carrière au Royaume-Uni, en décembre[a 1].
« Ce phénomène Beatles allait au-delà de tout entendement. Je mangeais et je buvais comme un porc. J'étais dans ma période « Elvis gros », dégoûté de moi-même, et dans mon subconscient, j'appelais au secours. »
Les chansons composées par le groupe marquent de plus en plus leurs inquiétudes et sentiments, et s'éloignent de la légèreté de leurs premières compositions, une tendance déjà visible sur certains titres de leur album précédent,Beatles for Sale[6].
« L'écriture pour la majeure partie des chansons s'est déroulée chez John, dans sa maison deWeybridge. PourA Hard Day's Night, John allait chez lui et revenait avec des tas de choses, mais pourHelp!, on s'est réunis et on a écrit ensemble. »
C'est également une époque où les Beatles consomment de plus en plus demarijuana, depuis queBob Dylan les y a initiés lors de leurtournée aux États-Unis, à l'été 1964. John Lennon va jusqu'à parler du début de leur « période herbe », et déclare que de très nombreuses scènes tournées pour le film ont dû être détruites, en raison de leurs fréquents accès de fous rires[7].
« On a fumé une quantité diabolique d'herbe pendant le tournage du film. C'était génial. Ça rendait les choses encore plus rigolotes. »
« On s'est trouvés pour la première fois en contact avec quelque chose ayant un rapport avec l'Inde. Il y avait un passage bizarre sur un Indien et cette secte qui possédait la bague et se livrait à des sacrifices, et dans un coin du plateau, il y avait dessitars et des trucs : c'était l'orchestre indien qui jouait dans le fond, et George le regardait. »
Aux Bahamas, les Beatles se voient également remettre un livre sur le yoga, par un« petit Yogi qui s'est précipité sur nous », explique Lennon.« Je suppose que c'est là que tout a commencé pour moi », ajoute Harrison[5]. Au cours des trois années à venir, le guitariste soliste des Beatles va donc introduire lamusique, les instruments et laspiritualité indienne dans leur univers musical.
Plusieurs instruments nouveaux font leur apparition surHelp! comme legüiro.
Lesstudios EMI commencent à devenir le refuge du groupe, et c'est le début d'une ère où le travail d'enregistrement évolue. Les possibilités de l'enregistrement multipiste sont de plus en plus exploitées, et leur intérêt dans les techniques de production grandit[9]. Les codes stricts durock 'n' roll sont peu à peu abandonnés au profit d'une plus grande expérimentation musicale ; pour la première fois, unarrangement joué par des instruments classiques (en l'occurrence, unquatuor à cordes) est entendu sur une des chansons des Beatles,Yesterday[10]. Par ailleurs, les jeunes musiciens britanniques sont parmi les premiers en Europe à disposer personnellement de magnétophones à cassettes. Ils peuvent ainsi systématiquement faire des copies des enregistrements après chaque session pour réécouter les titres avant d'éventuellement les retravailler[11].
Le, les Beatles se mettent au travail sur l'album. La façon de procéder encore de mise quelques mois plus tôt pourBeatles for Sale, c'est-à-dire jouerlive dans le studio (instruments et voix ensemble), recommencer plusieurs fois et ajouter éventuellement un ou deuxoverdubs, appartient déjà au passé[9]. En regardant les photos du groupe en studio jusqu'en 1965, on les voit rarement avec des casques sur les oreilles, puisque presque tout est fait en direct. À partir de cette nouvelle année, c'est l'inverse qui se produit. Tout d'abord, John, Paul, George et Ringo répètent les morceaux, en les enregistrant pour disposer d'un matériel de base sur lequel s'appuyer. Ensuite, ils mettent en boîte une section rythmique (comprenant typiquement lesguitares, labasse et labatterie, plus un chant « témoin »), à partir de laquelle ils empilent les enregistrements, additionnant les couches d'instruments, de voix et de chœurs sur les quatre pistes disponibles dumagnétophone, en enregistrant aux endroits voulus[9].
Ainsi, surTicket to Ride, la première chanson enregistrée pour l'album,Paul McCartney joue aussi bien de la basse que de la guitare électrique (y compris les arpèges d'introduction), alors queGeorge Harrison ajoute une partie deguitare à douze cordes.John Lennon enregistre sa guitare et untambourin,Ringo Starr, sa batterie, tandis que leschœurs sont ajoutés à la piste de base[9]. La chanson suivante,Another Girl, est enregistrée en une seule prise, mais Harrison enregistre une dizaine d'overdubs à la guitare pour le final. Ces essais sont finalement rejetés, et McCartney refait le travail lui-même le lendemain[9]. La soirée se termine avec l'enregistrement deI Need You de George, qui utilise notamment unepédale de volume pour sa guitare[9].
La seule chanson réellement enregistrée le estYes It Is, une ballade de Lennon chantée à trois voix (en direct, et durant trois heures pour d'innombrables prises[9]), pour laquelle la pédale de volume utilisée par George Harrison prend encore une place importante. Cependant, elle n'est reprise ni dans lefilm, ni sur l'album, et est reléguée enface B deTicket to Ride, paru ensingle[9]. Le lendemain, le groupe met rapidement en boîte les très popThe Night Before, de McCartney, etYou Like Me Too Much, de Harrison. De nouveaux instruments font leur apparition sur ces pistes : dupiano électrique joué par John Lennon sur les deux chansons, et une partie sur grandpiano à queueStenway (par McCartney etGeorge Martin) pourYou Like Me Too Much. Paul et George procèdent aux doublages de leur chant principal sur leurs chansons respectives[9].
Le, pour l'enregistrement de la chanson d'un John Lennon très inspiré parBob Dylan,You've Got to Hide Your Love Away, un musicien extérieur est pour la première fois amené à jouer dans le studiono 2 sur un titre des Beatles : le flûtisteJohn Scott qui additionne deux parties de flûtes alto et ténor. John et Paul ont composé une chanson pourRingo Starr,If You've Got Trouble, qui est mise en boîte ce jour-là, mais reste inédite jusqu'à la sérieAnthology dans les années 1990.Tell Me What You See est également enregistrée, avec desoverdubs de piano électrique joué par Paul McCarney, et dugüiro, raclé par Ringo Starr[12]. Pour la cinquième journée consécutive de studio, le, le groupe se concentre surYou're Going to Lose That Girl, une ballade rock signée John Lennon, agrémentée d'harmonies à trois voix, enregistrée en deux prises, et qui donne lieu à une scène du film où on les voit jouer la chanson en studio, et qui s'achève d'une façon particulièrement comique[13].
Entre le 15 et le, les Beatles enregistrent onze titres en tout avant de s'envoler pour lesBahamas, où débute le tournage de leur deuxième long-métrage. La dernière chanson enregistrée estThat Means a Lot, qui, tout commeIf You've Got Trouble, va rester inédite durant les 31 années à venir avant d'être placée sur le disqueAnthology 2. Le groupe part dans l'archipel des Caraïbes avec des copies de ces chansons pour décider de leur destin (pour le film, pour l'album, pour les deux, ou pour être rejetées)[13].
LesFab Four effectuent un passage aux studios le pour enregistrer le titre-phare de John Lennon,Help!. Quatre jours plus tôt,Ticket to Ride est sorti en single, et devient un succès mondial[14].Help!, rapidement composée à partir de ce seul titre et de son point d'exclamation, est tout aussi rapidement couchée sur bande. Piste rythmique d'abord, chant et chœurs ensuite, avant queGeorge Harrison n'ajoute les arpèges deguitare à douze cordes qui caractérisent ce hit international[11]. Le, les Beatles s'offrent une petite récréation en jouantlive dans le studiono 2 deux standards rock 'n' roll deLarry Williams :Bad Boy etDizzy Miss Lizzy. Le premier titre est destiné au marché américain et à l'albumBeatles VI. Le second est une des deuxreprises de l'album, et la dernière officiellement publiée par les Beatles[11].
Le est la journée dePaul McCartney ; trois de ses chansons à caractère fort différent sont enregistrées en ce lundi de la fin du printemps, dont sans doute sa plus célèbre,Yesterday. George Martin le convainc de faire intervenir unquatuor à cordes pour accompagner sa guitare acoustique. Le compositeur n'a qu'une exigence :« Pas de vibrato ! Je ne veux pas de vibrato[10]! » Martin et McCartney composent la partition ensemble, dont l'exécution s'avère difficile pour les quatre musiciens classiques qui la jouent. Si McCartney enregistre seul cette chanson (une première dans l'histoire du groupe), la légende qui veut qu'il ait également été seul dans le studio ne résiste pas à l'écoute des bandes originales : tous ses camarades sont bien présents à ses côtés durant la réalisation de cette chanson appelée à devenir un des plus grands succès de la musique populaire auXXe siècle[10]. Durant la même session, et à l'opposé deYesterday, c'est l'énergique rockI'm Down qui est enregistrée, avec une vigoureuse partie vocale de Paul, de l'orgue Farfisa joué par Lennon, guitares, batterie, bongos et chœurs. Ce titre ira en face B du singleHelp!. La journée avait débuté avecI've Just Seen a Face, à dominantefolk, enregistrée en six prises avec deux guitares acoustiques et unoverdub de maracas[10].
Reste enfin, le dans l'après-midi, à enregistrer une autre ballade acoustique de John Lennon,It's Only Love, et à mettre en boîte deux jours plus tardAct Naturally, la traditionnelle « chanson deRingo » du disque, choisie d'une part parce qu'à ce point, en raison du rejet deIf You've Got Trouble, le batteur n'avait aucun titre à chanter, et d'autre part, car cette composition deBuck Owens correspond bien à son goût prononcé pour lecountry et western américain. C'est d'ailleurs dans cet esprit que Paul McCartney harmonise le chant de son partenaire[10]. Pour finir, une dernière composition du tandemLennon/McCartney est enregistrée, pour finalement être écartée de la liste des titres de l'album. Il s'agit deWait, dont la piste de base mise sur bande ce jour-là est réutilisée et complétée le, au dernier jour des sessions de l'album suivant,Rubber Soul, alors que les Beatles ont besoin d'un quatorzième titre pour compléter leur sixième album britannique[10].
Le, l'ensemble des titres est mixé enmono, le format prédominant à cette époque, parGeorge Martin etNorman Smith assistés de Phil McDonald[15].
Help!, paru au milieu de1965, marque la fin de la première période musicale des Beatles, après lerock 'n' roll et lamusique beat des quatre premiers albums, et avant le tournant majeur dans l'exploration artistique que constitueRubber Soul, conçu plus tard cette même année[16]. Le fait que ces deux albums très différents soient enregistrés à seulement quelques mois d'écart donne une bonne idée de la vitesse d'évolution du groupe. LesFab Four entament déjà leur évolution vers de nouveaux sommets avecHelp!, qui est composé d'une vaste sélection de différentsgenres musicaux.
L'album ouvre avec un succès international :Help!. Cette chanson reste une des préférées de John Lennon en ce qui concerne sa période Beatles, pour son authenticité. Mais le compositeur, aidé par Paul McCartney dans sa conception, regrette dans le même temps son tempo et son ambiance primesautière, alors qu'il l'aurait vue jouée bien plus lentement[17].George Harrison relance chaque couplet avec des arpèges de guitare qui donnent une couleur particulière au morceau.
« La folie Beatles dépassait l'entendement. Nous fumions de la marijuana au petit-déjeuner. Nous étions vraiment là-dedans et personne ne pouvait communiquer avec nous, car nous étions dans notre propre monde, yeux vitreux et ricanant tout le temps. C'était ça, la chansonHelp!. »
— John Lennon en 1980, à propos de son appel au secours, incompris du public à l'époque[a 2]
La majorité des morceaux utilisés dans le film, commeThe Night Before,I Need You ouAnother Girl, sont assurément pop, dans la veine de ce que le groupe fait depuis ses débuts : le spécialiste Mark Herstgaard les définit comme« des productions banales et efficaces, qui plaisent tout de suite au public »[18]. Les paroles de celles-ci parlent encore beaucoup d'amour, mais commencent à révéler, encore inconsciemment, les propres sentiments de leurs auteurs.
« C'était évident, si l'on regardait sous la surface ; tout était dit. Le ressentiment ou l'amour ou la haine, tout transparaissait dans nos chansons. »
Le groupe explore aussi le territoirefolk, avec des titres commeI've Just Seen a Face de Paul McCartney etYou've Got to Hide Your Love Away de John Lennon. La première chanson, typique des productions de McCartney, a un rythme enlevé et une atmosphère légère, qui invite l'auditeur à la reprendre en chœur. Son introduction à la guitare et le solo au milieu du morceau lui donnent« une sophistication rare dans ce type d'œuvres »[19]. Dans la seconde chanson, Lennon rend compte de l'influence de plus en plus marquée deBob Dylan sur ses propres compositions. Il parle de son humeur dépressive, et se décrit face à un mur, la tête dans les mains, partout les gens le regardent, il les voit se moquer de lui[20].
Ticket to Ride, l'un des moments forts de l'album et du film, est principalement deJohn Lennon, mais les idées de McCartney emmènent la chanson à un autre niveau. Mélange de pop et derock au rythme lourd, le morceau doit son originalité aux deux idées apportées par le bassiste : sonriff de guitare brillant, la basse insistante, et labatterie qui établissent sontempo hésitant, et qui font dire à Lennon qu'il est un des premiers morceauxheavy metal[21],[17].
La traditionnelle « chanson deRingo » pour cet album,Act Naturally, est une chansonnette typiquementcountry. Il s'agit également de l'une des dernièresreprises des Beatles sur un de leurs albums, avec lerock 'n' roll survolté qu'estDizzy Miss Lizzy. À partir deRubber Soul jusqu'au dernier album,Abbey Road, le groupe n'enregistre plus que des compositions originales.
L'avant-dernière plage de l'album estYesterday, qui devient un des plus grands succès du groupe, mais aussi de l'histoire de la musique populaire duXXe siècle. Toutefois, les Beatles ne la sortent pas ensingle sur le marché britannique, en pensant qu'« elle ne correspondait pas à [leur] image »[22]. Écrite parPaul McCartney, qui s'est un moment demandé si la mélodie était bien de lui, tant elle paraît évidente[23],Yesterday est l'un des exemples les plus frappants de l'évolution musicale desFab Four : c'est la première chanson sur laquelle un seul Beatle est présent, et aussi la première à inclure uneinstrumentationclassique, avec l'arrangement que concoctentGeorge Martin et l'auteur de la chanson pour unquatuor à cordes[19]. Cette intrusion philharmonique dans la musique des Beatles ouvre ainsi la porte à de nombreuses réalisations futures du groupe.
AuxÉtats-Unis,Capitol Records publie une version largement différente duHelp! original, remplaçant les chansons absentes de cefilm par d'autres morceaux issus de sabande originale orchestrale comme l'avait fait laUnited Artists pour la trame sonore précédente. Lors de la production de cepremier film, la relation tendue entre son réalisateur,Richard Lester, et le producteur du groupe,George Martin, fait en sorte que cette fois, la tâche de produire ces pièces instrumentales revient àKen Thorne[24]. Avec son orchestre, il enregistre des compositions originales et des reprises de chansons des Beatles avec de nouveauxarrangements. La chansonHelp! est précédée d'unpastiche du célèbreJames Bond Theme, originellement écrit parMonty Norman, qui deviendra intrinsèque à ce tube en Amérique, bien qu'absent sur le 45 tours, on l'entend sur la compilationThe Beatles 1962–1966. Lorsque le temps est venu de finaliser l'album,Dave Dexter Jr., le producteur de Capitol, donne un titre à chacune des pièces instrumentales[24]. Le morceauFrom Me to You Fantasy est une version orchestrale très lente deFrom Me to You tandis queAnother Hard Day's Night est une suite des chansonsA Hard Day's Night,Can't Buy Me Love etI Should Have Known Better, jouée avec des instruments indiens[25], entendue dans la scène du restaurant. C'est d'ailleurs pendant le tournage de cette scène queGeorge Harrison découvre lamusique indienne, et lesitar en particulier, composantes qui font ensuite partie intégrante de plusieurs chansons des Beatles, et ce, dès l'album suivant,Rubber Soul[26]. L'instrumentalThe Chase qui clos l'album utilise aussi de l'instrumentation indienne[27]. On y entend deux autres titres de musique orchestrale : une version presque méconnaissable deYou Can't Do That qui est greffée àThe Bitter End[24] etIn the Tyrol sur lequel on entend un extrait du prélude de l'acte III de l'opéraLohengrin deRichard Wagner[28]. Pour la chansonYou're Going to Lose That Girl, on utilise lagraphieYou'reGonna Lose That Girl dans la liste des titres sur la pochette[29] mais maintient le titre d'origine sur l'étiquette du disque[30].
La pochette deHelp! représente les Beatles avec les bras positionnés pour former des lettres ensémaphore. La séance de photos s'est déroulée dans les studios Twickenham, le groupe posant sur des plateformes devant un fond blanc. Les tenues qu'ils portent sont celles dans lesquelles on les voit dans le villageautrichien d'Obertauern, où ont été tournées les scènes deski du film. La photo est signéeRobert Freeman, déjà auteur de la photo en couleur de la pochette de leur précédent album,Beatles for Sale.
« C'était un décor très simple, très visuel. Mais je pensais que cette pochette aurait plus d'impact avec les Beatles dans cet espace blanc sans lettrage. J'avais l'idée de leur faire former les lettres H–E–L–P. Mais au moment de faire la photo, la position de leurs bras n'avait pas un aspect satisfaisant. Nous avons donc décidé d'improviser, et avons achevé le travail avec la meilleure position graphique possible. »
Sur la pochette de l'édition originale britannique, éditée par le labelParlophone, les lettres formées dans l'ordre par George Harrison, John Lennon, Paul McCartney et Ringo Starr apparaissent ainsi comme N–U–J–V[33]. Pour le dos de la pochette, le photographe a pris quatre portraits monochromes des membres du groupe, pour rappeler le style des pochettes des disques de jazz[31].
Sur la pochette américaine, Starr est déplacé entre Harrison et Lennon, ce qui donne N–V–U–J. Une photo couleur du groupe sur une plage desBahamas, prise lors du tournage, orne le dos de l'album et cette pochette s'ouvre pour permettre l'inclusion d'un texte et de huit autres photos[34].
La version britannique deHelp! sort le tandis que la version américaine sort une semaine plus tard, le. Les morceaux éliminées de cette version sont répartis sur trois autres albums de la discographie américaine du groupe,Beatles VI,Rubber Soul etYesterday and Today. Ces changements, habituels auxÉtats-Unis, sont très peu appréciés par le groupe, qui les dénonce en conférence de presse.Paul McCartney explique :« C'est la barbe… Nous concevons un album comme une entité complète et aimons qu'il apparaisse comme tel », tandis queJohn Lennon déclare :« Nous le planifions et ils [Capitol Records] le bousillent[35]. » Les chansons parues sur l'album ne sont cependant pas toutes inédites puisqueTicket to Ride était déjà sorti en face A d'un single le précédent au Royaume-Uni et 10 jours plus tard aux États-Unis, suivi parHelp! le en Amérique et quatre jours plus tard en Angleterre[36]. En ce qui concerne leurs faces B respectives, elles ne seront pas publiées en format 33 tours en Angleterre maisYes It Is se retrouvera sur l'album américainBeatles VI etI'm Down ne paraîtra qu'en 1976, en version stéréo, sur la compilationRock 'n' Roll Music publiée Capitol. Un troisième single,Yesterday/Act Naturally, sort le uniquement aux États-Unis[37],[n 1].
Les critiques se montrent favorables envers la version originale deHelp!, qui est considérée comme une transition entre le rock pur des premiers albums et une musique plus innovante, ce qui est confirmé de manière éclatante quelques mois plus tard avecRubber Soul. Richie Unterburger, d'AllMusic, tout en lui décernant cinq étoiles, trouve que l'album a les mêmes faiblesses que son prédécesseur,Beatles for Sale, notamment la présence dereprises, mais considère que ces défauts n'en sont pas, puisque les deux choix de reprises s'adaptent bien à leurs interprètes[a 3]. Cependant, d'autres, comme les journalistesDaniel Ichbiah et Tom Ewing, considèrent que l'ultime chanson de l'album,Dizzy Miss Lizzy, gâche l'atmosphère posée parYesterday et semble anachronique, comme un vestige du passé rock du groupe. L'album n'en reste pas moins, selon ces mêmes critiques, de très bonne tenue[38],[a 4]. Enfin, le magazineRolling Stone classeHelp!332e sur les500 meilleurs albums de tous les temps[a 5].
Bien que le producteur des Beatles n'ait rien à voir avec la bande originale orchestrale du film, le George Martin Orchestra sort tout de mêmeHelp!(en)(Colombia - TWO 102) en versioneasy listening regroupant onze des chansons de l'album, plus sa composition originaleBahama Sound. Une photo couleur de Martin composant à un piano orne la pochette et, au verso, quatre photos du producteur avec les membres des Beatles ou Brian Epstein accompagnent un texte de ce dernier[46]. Le singleYesterday /Another Girl est aussi sorti en 1965 au Royaume Uni(Parlophone – R 5375)[47].
La version américaine de l'album, intituléeGeorge Martin and his Orchestra Play Help!(United Artists Records – UAL 3448), possède la même liste des chansons sauf qu'on utilise les titres provisoires deI've Just Seen a Face,It's Only Love etYesterday (respectivementAuntie Gin's Theme,That's a Nice Hat etScrambled Egg) pour identifier ces chansons qui ne sont pas utilisées dans le film mais issues de la face 2 de l'album britannique du groupe[48]. L'inéditeBahama Sound est exclue de cet album mais sera publiée en 1967 en face B de la version américaine du single de Martin,Love in the Open Air[49]. La pochette est illustrée d'une photo des Beatles posant sur les pentestyroliennes se partageant une longue écharpe rouge et blanche — en réalité deux écharpes nouées bout à bout. Au verso, une photo du producteur accompagne un texte à saveur dithyrambique décrivant sa carrière[50].
↑La filiale néerlandaise de la compagnie pétrolièreShell a publié en 1979 une version de l'album avec le logo de la compagnie sur la pochette sur le fond blanc derrière le groupe. Cette édition n'était remise qu'aux distributeurs et gérants de commerce en guise de cadeau pour le coup d'envoi de leur campagne « Shell Helps » au moment de la convention interne. Seules 2000 copies ont été offertes et l'impression de toutes les pochettes et d'une partie de la fabrication des 33 tours ont été effectuées auxPays-Bas et les autres enSuède. Source : Roger Stormo surhttp://wogew.blogspot.com/2013/04/the-beatles-shell-help-lp.html
La version du 2 mai 2011 de cet article a été reconnue comme « article de qualité », c'est-à-dire qu'elle répond à des critères de qualité concernant le style, la clarté, la pertinence, la citation des sources et l'illustration.