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Helmut Kohl

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Pour l’arbitre de football, voirHelmut Kohl (arbitre). Pour les personnes ayant le même patronyme, voirKohl.

Helmut Kohl
Illustration.
Helmut Kohl en 1996.
Fonctions
Chancelier fédéral d'Allemagne

(16 ans et 26 jours)
PrésidentKarl Carstens
Richard von Weizsäcker
Roman Herzog
GouvernementKohl I,II,III,IV etV
Législature9e,10e,11e,12e et13e
CoalitionCDU/CSU-FDP
PrédécesseurHelmut Schmidt
SuccesseurGerhard Schröder
Président du groupe CDU/CSU au Bundestag

(5 ans, 9 mois et 21 jours)
Législature8e et9e
PrédécesseurKarl Carstens
SuccesseurAlfred Dregger
Président fédéral de l'Union chrétienne-démocrate d'Allemagne

(25 ans, 4 mois et 26 jours)
PrédécesseurRainer Barzel
SuccesseurWolfgang Schäuble
Vice-président fédéral de l'Union chrétienne-démocrate d'Allemagne

(3 ans, 6 mois et 26 jours)
PrésidentKurt Georg Kiesinger
Rainer Barzel
Ministre-président de Rhénanie-Palatinat

(7 ans, 7 mois et 6 jours)
GouvernementKohl I,II etIII
Législature6e,7e et8e
CoalitionCDU-FDP(1969-1971)
CDU(1971-1976)
PrédécesseurPeter Altmeier
SuccesseurBernhard Vogel
Biographie
Nom de naissanceHelmut Josef Michael Kohl
Date de naissance
Lieu de naissanceLudwigshafen (Reich allemand)
Date de décès (à 87 ans)
Lieu de décèsLudwigshafen (Allemagne)
SépultureSpire
NationalitéAllemande
Parti politiqueCDU
ConjointHannelore Renner(1960-2001)
Maike Richter(2008-2017)
EnfantsWalter Kohl (en)
Peter Kohl (en)
Diplômé deUniversité de Heidelberg
ProfessionHistorien
Politologue
ReligionCatholicisme

Signature de Helmut Kohl

Helmut Kohl
Chanceliers fédéraux allemands
modifier 

Helmut Josef Michael Kohl[ˈhɛlmuːtˈjoːzɛfˈmɪçaːʔeːlˈkoːl][2], né le àLudwigshafen et mort le dans la même ville, est unhomme d'Étatallemand.

Entré à l’Union chrétienne-démocrate d'Allemagne (CDU) en 1946, il est lechef du gouvernement ouest-allemand puis allemand pendant seize ans, du au. Avec Angela Merkel, il a été chancelier le plus longtemps.

Il participe à laconstruction européenne en tentant de mettre en place son grand projet desÉtats-Unis d’Europe ; il contribue à l'instauration de l’Acte unique puis dutraité de Maastricht, et est l'un des pères de l’euro (rejetant au passage le terme "E.C.U." à la sonorité rappelant l'occupation française), qu’il impose à une population allemande alors profondément attachée aumark. Proche deFrançois Mitterrand, il favorise l'entente franco-allemande : en 1984 il apparaîtmain dans la main avec le président français à l'ossuaire de Douaumont.

En 1990, après lachute dumur de Berlin, il parvient à mener à bien laréunification allemande, ce qui lui vaut le surnom de « chancelier de l’unification ». Des difficultés économiques, notamment en ex-Allemagne de l'Est, surviennent cependant, conduisant à une baisse de sa popularité.

En 1998 la CDU/CSU est devancée aux élections fédérales par le SPD conduit parGerhard Schröder, qui lui succède à la chancellerie. Helmut Kohl est ensuite mis en cause dans l'affaire des caisses noires de la CDU, ce qui lui vaut des ennuis judiciaires et le contraint à démissionner de la présidence d'honneur du parti en 2000. Il se tient ensuite en retrait de la vie politique. Son ancienne protégéeAngela Merkel devient chancelière fédérale en 2005.

Situation personnelle

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Troisième enfant d'une famille catholique et conservatrice, Helmut Kohl perd son frère aîné au cours de laSeconde Guerre mondiale[3]. Dans les dernières semaines de la guerre, à 15 ans, il est lui aussi mobilisé mais ne participe à aucun combat. En 1946 il adhère à la toute nouvelleUnion chrétienne-démocrate (CDU), et participe l'année suivante à la création de la section de laJunge Union (JU, Union des Jeunes) àLudwigshafen[4].

Après l'obtention en 1950 de sonAbitur, baccalauréat allemand, sanctionnant deux années de scolarité de plus qu'en France, il s'inscrit aussitôt à l'université Johann Wolfgang Goethe de Francfort-sur-le-Main pour y étudier ledroit. En 1951 il choisit de poursuivre ses études à l'université de Heidelberg, où il est diplômé enhistoire etsciences politiques[4].

Helmut Kohl se marie deux fois : en 1960 il épouseHannelore Renner (née en 1933 et morte parsuicide en 2001), avec qui il a deux fils : Walter Kohl (né en 1963) et Peter Kohl (né en 1965). Populaire et aimée des Allemands, Hannelore a joué un rôle influent dans la carrière politique de son mari. Alors qu'Helmut Kohl ne parlait aucune langue autre que l'allemand, Hannelore parlait couramment plusieurs langues, dont le français et l'anglais, ce qui a servi lors des réceptions d'État. Atteinte d'une forme rare et virulente dephotophobie, Hannelore Kohl se donne la mort parsurdose de médicaments en 2001.

En 2008 il épouse Maike Richter, née en 1964, qui est donc sa cadette de 34 ans.

Parcours politique

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Débuts

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Helmut Kohl intègre en 1953 le comité directeur de laCDU deRhénanie-Palatinat, présidée par le ministre-présidentPeter Altmeier. Élu vice-président régional de la JU l'année suivante, il rejoint l'institutAlfred Weber de l'université de Heidelberg où il devient un membre actif de l'association estudiantineAIESEC.

Il entame ensuite une carrière dans le privé, d'abord en tant qu'adjoint au directeur d'une fonderie àLudwigshafen et, en 1959, en tant que manager de l'Union des industries chimiques de Ludwigshafen. En 1958 il obtient son doctorat pour sa thèseDéveloppements politiques dans le Palatinat et reconstruction des partis politiques après 1945[5]. L'année suivante il devient président de la section CDU de Ludwigshafen. En 1960 il épouse Hannelore Renner, qu'il connaît depuis 1948. Ils auront deux fils.

Ascension

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Aux élections régionales du, Helmut Kohl est élu député de la6e circonscription auLandtag de Rhénanie-Palatinat. L'année suivante il prend la présidence du groupe chrétien-démocrate au conseil municipal deLudwigshafen. Après les élections régionales du, au cours desquelles la CDU perd la majorité absolue dont elle disposait depuis huit ans, il est porté à la présidence du groupe parlementaire. En 1966, il succède àPeter Altmeier comme président du parti dans le Land, et fait alors figure de principal successeur de ce dernier à la direction du gouvernement régional.

Ministre-président de la Rhénanie-Palatinat

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Réélu député le, Helmut Kohl conserve la présidence du groupe. Deux ans plus tard, le, il est investiministre-président de Rhénanie-Palatinat à seulement 39 ans, en remplacement d'Altmeier, à ce poste depuis. Alors que son Land est l'un des moins performants du pays, il le transforme en sept ans en une région dynamique[4]. Il prend alors la tête d'unecoalition noire-jaune avec leParti libéral-démocrate (FDP).

Au congrès fédéral de la CDU du àMayence il est élu vice-président fédéral par 392 voix sur 476, soit une très forte majorité de 82,4 %. Lors des élections régionales du il est chef de file des chrétiens-démocrates et remporte 49,9 % des voix et la majorité absolue des sièges avec 53 députés sur 100. Il s'agit de la meilleure performance du parti dans le Land en vingt-cinq ans.

Personnalité de la CDU

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Environ six mois plus tard, au congrès fédéral du àSarrebruck, Helmut Kohl décide de se présenter à la présidence du parti contre le président du groupe parlementaireRainer Barzel. Alors qu'il était censé faire alliance avecGerhard Schröder (homonyme du futur chancelier), représentant de l'aile droite, ce dernier se rétracte et permet à Barzel de l'emporter par 344 voix contre 174. Ce score de 33,6 % n'empêche en rien Kohl d'être réélu à la vice-présidence fédérale, par 470 suffrages favorables sur 502 exprimés, soit 93,4 %.

Par deux fois en 1972, lors d'unemotion de censure constructive puis desélections fédérales anticipées,Rainer Barzel échoue dans sa tentative de renverser le chancelier social-démocrateWilly Brandt. Au scrutin parlementaire, le SPD devient même la première force politique duBundestag. Barzel est alors contraint à la démission de la direction du parti. Le, au congrès fédéral deBonn, Helmut Kohl est élu président fédéral avec un score écrasant de 520 voix sur 571, soit 91,1 % des suffrages en sa faveur.

Le triomphe se poursuit deux ans plus tard, aux élections régionales du. Avec 53,9 % des voix, la CDU réalise son meilleur score historique, et le meilleur score jamais obtenu par un parti enRhénanie-Palatinat. AuLandtag, elle détient désormais 55 sièges sur 100. Cette victoire le met en position de force pour lesélections fédérales de 1976.

Parcours au Bundestag

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Lors des législatives du, Helmut Kohl est candidat de laCDU/CSU à la chancellerie, avec le slogan « Social, sûr, libre ». Les conservateurs réalisent 48,6 % des suffrages, leur deuxième meilleur score depuis vingt-cinq ans. Avec 243 députés sur 496, ils ne sont qu'à six sièges de la majorité absolue, mais leParti libéral-démocrate choisit de maintenir son alliance avec le social-démocrateHelmut Schmidt. Bien que confiné dans l'opposition, Kohl prend la présidence dugroupe CDU/CSU au Bundestag et démissionne du gouvernement de laRhénanie-Palatinat. Son ministre de l'Éducation,Bernhard Vogel, déjà président de la CDU du Land depuis 1974, lui succède.

En 1978, il envisage de présenter la candidature du ministre-président de Bade-WurtembergHans Filbinger à l'élection présidentielle du, mais la révélation de son passé de juge militaire à l'époque nazie amène ce dernier à la démission et au retrait de la vie politique. Les chrétiens-démocrates reportent alors leur choix surKarl Carstens, président du Bundestag.

À l'approche desélections fédérales du 5 octobre 1980, il renonce à affronter de nouveau Schmidt et soutient la candidature du nouveau ministre-président de Basse-SaxeErnst Albrecht. Lors d'un vote dugroupe parlementaire de la CDU/CSU, Albrecht est battu de justesse par le ministre-président de BavièreFranz Josef Strauß. La campagne très à droite de Strauß, qui choisit le slogan « La liberté ou le socialisme », est un échec dans la mesure où les partis chrétiens refluent à 44,5 % et 226 sièges. De plus, l'opposition réciproque entre le Bavarois et les libéraux rend impossible tout accord de coalition. L'échec de Strauß élimine donc pour Kohl son principal rival au sein de son camp[4]. À l'ouverture de la législature, Kohl est réélu président du groupe et s'impose comme le seul opposant au chancelier Schmidt.

Chancelier fédéral

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Articles détaillés :Cabinet Kohl I,Cabinet Kohl II,Cabinet Kohl III,Cabinet Kohl IV etCabinet Kohl V.

Accession au pouvoir

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Visite àBonn enRFA d'Erich Honecker en 1987.
Les dirigeants des États membres duSommet du G7 1983 devant lecapitole de Williamsburg.
De gauche à droite :Pierre Trudeau,Gaston Thorn, Helmut Kohl,François Mitterrand,Ronald Reagan,Yasuhiro Nakasone,Margaret Thatcher etAmintore Fanfani.

Le, lacoalition sociale-libérale au pouvoir depuis 1969, se rompt à la suite des désaccords irréconciliables sur la politique économique. Profitant de ce virage à droite des libéraux, Kohl entreprend des négociations avec le FDP en vue de reconstituer une « coalition noire-jaune », majoritaire auBundestag. En deux semaines, les négociations sont finalisées. Il dépose alors unemotion de censure constructive et se fait élirechancelier fédéral par leBundestag en remplacement deHelmut Schmidt, par 256 voix contre 235, le.

Il souhaite cependant légitimer sa désignation par denouvelles élections fédérales. Il organise alors sa défaite lors d'unvote de confiance le, 8 députés votant en sa faveur, contre 218. Aux élections anticipées du, les chrétiens-démocrates triomphent de nouveau. En remportant 48,8 % des suffrages exprimés, ils réalisent leur deuxième meilleur score et obtiennent 246 députés sur 598, soit seulement cinq sièges de moins que la majorité absolue. Il reconduit alors son alliance avec les libéraux-démocrates.

En 1985, lavisite de Reagan au cimetière militaire de Bitburg provoque une polémique, en raison de la présence de tombes SS sur le lieu.

Politique étrangère

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Affiche de laCDU pour lesélections européennes de 1989 montrant les deux hommes d'État main dans la main.

Le, Helmut Kohl célèbre, aumémorial de Verdun, avecFrançois Mitterrand le souvenir des soldats français et allemands tombés durant laPremière Guerre mondiale. L'image des deux hommes d'Étatmain dans la main durant la cérémonie a fait le tour du monde et est devenue le symbole de laréconciliation franco-allemande[3].

En, quelques jours après le décès de François Mitterrand, Helmut Kohl assiste, ému, à la cérémonie officielle en son hommage, dans lacathédrale Notre-Dame de Paris[6].

Il apporte son soutien àBoris Eltsine en vue de l’élection présidentielle russe de 1996. Se rendant à Moscou le jour de l’annonce de la candidature du chef de l’État russe, il présente celui-ci comme« un partenaire absolument fiable, qui a toujours respecté ses engagements »[7].

Questions sociétales

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En matière sociétale, il restreint le droit à l'avortement[Comment ?][8].

Engagement en faveur de l'UE

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Il se révèle interventionniste pour engager l’Allemagne dans le projet de monnaie unique et permettre à son pays de jouer un rôle prépondérant dans le pilotage de cette monnaie[9]. Il affirme avoir« agi comme un dictateur » pour imposer l'euro dans son pays, qui aurait selon lui repoussé cette option en cas de référendum[9].

En 1988, Helmut Kohl est lauréat avec François Mitterrand duprix international Charlemagne qui récompense les mérites pour l'unification européenne[10]. En, lors du conseil de Vienne, il reçoit le titre decitoyen d'honneur de l'Europe[11].

Réunification allemande

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Helmut Kohl au milieu de politiciens allemands lors de l'ouverture officielle de laporte de Brandebourg àBerlin, le 22 décembre 1989.

En 1989, lors de l'effondrement du gouvernement communiste d'Allemagne de l'Est, Helmut Kohl s’engage en faveur d’une rapideréunification de l'Allemagne au sein d’une alliance occidentale[3]. Peu après lachute du mur de Berlin, il perçoit très vite l'appétit des Allemands de l'Est pour une réunification des deux États et l'obtient au pas de charge, malgré les craintes qu'elle suscite parmi ses alliés. Il restera notamment dans l'histoire pour avoir forcé la main deMikhaïl Gorbatchev etGeorge H. W. Bush, les dirigeants soviétique et américain, mais aussi de ses alliés européens, commeFrançois Mitterrand, afin que laRDA anciennement communiste rejoigne laRFA en 1990, moins d'un an après la chute du mur[12].

Réélu chancelier en 1991, il doit faire face aux difficultés liées à la réunification, mais parvient à être reconduit dans ses fonctions en 1994. Cependant, la récession qui frappe l’Allemagne et accélère la remise en cause du modèle d’économie de marché « sociale », et l’inefficacité des mesures prises par le gouvernement pour enrayer la montée du chômage provoquent une forte baisse de sa popularité, y compris dans les Länder de l’Est qui lui étaient pourtant favorables en raison de son rôle dans la réunification.

Défaite et départ de la chancellerie

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Enregistrant un certain nombre de revers électoraux dans des scrutins régionaux, notamment en 1998, Kohl doit en outre faire face à la montée en puissance duParti social-démocrate d'Allemagne (SPD), réorganisé sous l'impulsion deGerhard Schröder. En, après seize ans de gouvernement chrétien-démocrate, le SPD remporte les élections législatives et Gerhard Schröder succède à Helmut Kohl à la chancellerie[3]. Au mois d'octobre suivantWolfgang Schäuble remplace Helmut Kohl à la présidence de la CDU.

Scandale des caisses noires de la CDU

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Article connexe :Affaire des caisses noires de la CDU.

La fin de la carrière politique d'Helmut Kohl sera moins glorieuse. À partir de la fin 1999 laCDU est atteinte par un vastescandale politico-financier qui met en cause la gestion des années Kohl. Celui-ci est accusé à titre personnel d'avoir omis de déclarer des contributions de 1 à 2 millions demarks (de 500 000 à 1 million d'euros). Il finit par reconnaître avoir recueilli des dons occultes[12].

La révélation de l'existence de comptes occultes qui alimentaient lescaisses noires de la CDU le conduit à démissionner de la présidence d'honneur du parti en[3],[13]. Il fait alors l'objet d’une enquête judiciaire pour « malversations », close en 2001 après le paiement d'une amende de 300 000 marks.

Angela Merkel, qu'il avait prise sous son aile (il la surnommait « la jeune fille » au début des années 1990), en profite alors pour l'évincer, dénonçant ces montages dans un article. En 1999 elle lui succède à la tête de son parti à l'issue d'une bataille interne. L'ancien chancelier, contraint de démissionner de son poste de président d'honneur du parti, ne lui pardonnera jamais cette trahison[12].

Retrait de la scène publique et mort

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Dès lors absent de la scène politique allemande, Helmut Kohl est régulièrement cité lors desélections fédérales de 2005, qui voientAngela Merkel, son ancienne« protégée »[14], accéder au poste de chancelier.

Helmut Kohl et sa deuxième épouse, Maike Richter, en 2009.

En 2009, en plus d'une fracture de la hanche qui l'oblige à rester dans unfauteuil roulant, Helmut Kohl est victime d'unaccident vasculaire cérébral qui lui paralyse le bas du visage[15]. Le, il retrouveMikhaïl Gorbatchev etGeorge H. W. Bush pour fêter le20e anniversaire de la chute dumur de Berlin, mais il n'est pas en mesure d'assister aux commémorations officielles[15]. Le, à l'âge de 85 ans, il est hospitalisé en soins intensifs auCHU de Heidelberg[16].

En il reçoitViktor Orbán lors d'une visite très médiatisée[17],[18]. À cette occasion, il s'exprime au sujet de lacrise migratoire en Europe et de la politique d'Angela Merkel concernant les migrants. Il critique l'ouverture des frontières aux réfugiés, se dit« en accord » avec la politique de Viktor Orbán et estime que l'Europe ne peut« devenir une nouvelle patrie » pour les migrants[19]. Cette prise de position lui vaudra de nombreuses critiques[20].

Helmut Kohl meurt le, à l'âge de 87 ans, dans sa maison deLudwigshafen, dans le sud-ouest du pays[21].

La chancelière fédérale Angela Merkel réagit en disant qu’Helmut Kohl a« changé [sa] vie de manière décisive » grâce au rôle qu’il a joué dans la réunification de l’Allemagne[14], ajoutant qu'il a été« une chance pour nous, Allemands »[14]. L’ancien président des États-UnisGeorge H. W. Bush salue« l’un des plus grands leaders de l’Europe d’après-guerre » et« un vrai ami de la liberté », tandis que l'anciendirigeant soviétiqueMikhaïl Gorbatchev évoque« une personnalité exceptionnelle » ayant fait preuve« d'un profond intérêt pour la Russie »[20]. Selon le président de laCommission européenneJean-Claude Juncker, Helmut Kohl était« l’essence même de l’Europe »[14] ;Jacques Delors, ancien président de la Commission, rend hommage à« un citoyen de l'Europe »[20]. Leprésident de la République française,Emmanuel Macron, estime qu'« Helmut Kohl fut l’un des grands hommes de l’Europe et du monde libre »[14]. Lesecrétaire général de l'ONU,António Guterres, se dit« très affecté » par le décès de Helmut Kohl,« un ami personnel »[20].

Buste d'Helmut Kohl à Berlin.
Vidéo externe
Cérémonie d'hommage à Helmut Kohl au Parlement européen le 1er juillet 2017,C-SPAN

Sa veuve, Maike Kohl-Richter, ayant refusé que soient organisées des obsèques nationales, un hommage lui est rendu le auParlement européen deStrasbourg lors d’une cérémonie en présence de la chancelière allemandeAngela Merkel, de l'ancien président américainBill Clinton, du président françaisEmmanuel Macron et des présidents du Conseil européenDonald Tusk, de la Commission européenneJean-Claude Juncker et du Parlement européenAntonio Tajani. Sont présents 22 anciens chefs d'État et de gouvernement, principalement européens (excepté l'ancien président indonésienBacharuddin Jusuf Habibie), 12 chefs d'État et de gouvernement européens en exercice, quatre anciens présidents du Parlement européen ainsi que l'ancien couple royal d'EspagneJuan Carlos etSofia. La dépouille d’Helmut Kohl est ensuite transférée àSpeyer / Spire, où une cérémonie privée eut lieu en la cathédrale, avant l'inhumation[22].

Postérité

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La rose Helmut Kohl, unrosier à grandes fleurs.

Helmut Kohl est à l'origine de lamaison de l'Histoire de la République fédérale d'Allemagne, ouverte le.

Distinctions

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Décorations

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Récompenses

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Publications

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  • Je voulais l'unité de l'Allemagne, Paris, Editions de Fallois, 1997.

Notes et références

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  1. Viviane Chaudon,« Helmut Kohl, artisan d’une Europe unifiée, est mort à 87 ans »,lacroix.com, 16 juin 2017.
  2. Prononciation enhaut allemand (allemand standard)retranscrite selon lanorme API
  3. abcd eteBlandine Milcent,« Allemagne : Helmut Kohl, l'homme qui avait « touché le manteau de l'Histoire » »,lexpress.fr, 16 juin 2017.
  4. abc etdPatrick Saint-Paul, « Helmut Kohl, le père de la réunification »,Le Figaro, samedi 17 juin 2017, page 10.
  5. [PDF]Thèse d'Helmut Kohl.
  6. Michel Henry, Florence Aubenas et Brigitte Vital-Durand,« Cérémonie officielle en hommage à François Mitterrand dans la cathédrale Notre-Dame de Paris »,liberationfr, 12 janvier 1996.
  7. Hélène Richard, « Quand Washington manipulait la présidentielle russe »,Le Monde diplomatique,‎(lire en ligne)
  8. (es) Ediciones ElPaís, « Mujeres de la RFA piden que se apliquen las leyes que protegen, a la mujer en la RDA »,El País,‎(ISSN 1134-6582,lire en ligne, consulté le)
  9. a etb(en-GB) JeevanVasagar, « Helmut Kohl: I acted like a dictator to bring in the euro »,The Telegraph,‎(ISSN 0307-1235,lire en ligne, consulté le)
  10. « Prix Charlemagne Lauréates 1988 François Mitterrand et Helmut Kohl », karlspreis.de (consulté le 16 juin 2017).
  11. « Une cérémonie européenne d'hommage à Helmut Kohl en préparation, peut-être à Strasbourg »,20minutes.fr avecAFP, 20 juin 2017.
  12. ab etc« Retour sur la carrière d'Helmut Kohl en quatre événements marquants »,franceinfo.fr avecAFP, 16 juin 2017.
  13. D'aprèsShahzad Abdul, « Helmut Kohl, une image ternie après l'affaire des « caisses noires » », surlacroix.com,.
  14. abcd eteClémence Apetogbor,« L'ex-chancelier allemand Helmut Kohl est mort à l'âge de 87 ans »,20minutes.fr, 16 juin 2016.
  15. a etb« Helmut Kohl absent des festivités des 20 ans de la chute du Mur »,Le Temps, 6 novembre 2009.
  16. « Inquiétudes sur l’état de santé de l’ancien chancelier allemand Helmut Kohl »,lemonde.fr,‎(ISSN 1950-6244,lire en ligne).
  17. (de)« Kohl gegen Merkel », zeit.de, 16 avril 2016.
  18. (en)« Helmut Kohl: Europe can't be home to millions of refugees », dw.com, 16 avril 2016.
  19. (de)« Für Merkels Flüchtlingspolitik findet Kohl deutliche Worte », welt.de, 16 avril 2016.
  20. abc etdYohan Blavignat,« Helmut Kohl, père de la réunification allemande, est mort »,lefigaro.fr, 16 juin 2017.
  21. Daniel Vernet,« Helmut Kohl, ancien chancelier allemand, est mort »,lemonde.fr, 16 juin 2017.
  22. Philippe Ricard, « L’Europe et l’Allemagne rendent un dernier hommage à Helmut Kohl »,Le Monde,‎(lire en ligne, consulté le).
  23. (en-US) « Der marokkanische König Hassan II. verleiht am 31.5.1996... », surGetty Images,(consulté le)

Voir aussi

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Bibliographie

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Articles connexes

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Liens externes

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