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Helmut Berve, né le àBreslau (province de Silésie) et mort le à Hechendorf am Pilsensee, près deSeefeld (Bavière), est un historien allemand de l'Antiquité classique.
Helmut Berve est le fils d'un banquier originaire deWestphalie. Il poursuit ses études aulycée Sainte-Élisabeth de Breslau où il passe sonAbitur en 1914. Ensuite, il passe ses vacances enItalie, mais il doit bientôt rentrer pour s'engager en tant que volontaire au4e régiment de hussards (de) au sein duquel il sert jusqu'en 1916. Pour raisons de santé, il rentre à l'arrière et étudie l'histoire, laphilologie classique, l'archéologie classique et l'histoire de l'art à l'université de Breslau, où il a entre autres comme professeursConrad Cichorius,Walter Otto ouErnst Kornemann (de). Après la guerre, il passe à l'université de Marburg, puis à l'université de Fribourg. Il passe un semestre d'été à l'université de Munich en 1921 (auprès de Walter Otto), où il est promuphilosophiæ doctor en. Après un semestre à l'université de Berlin, il retourne àMunich où il reçoit son habilitation en 1924 après une thèse sur l'analyseprosopographique de l'hellénisme. Deux ans plus tard, il en publie une adaptation intituléeDas Alexanderreich auf prosopographischer Grundlage. Alors qu'il étudie dans le premier volume différents aspects de l'empire d'Alexandre le Grand, il approfondit dans le second volume des études prosopographiques de tous les personnages de l'entourage du roi de Macédoine. Cet ouvrage est toujours considéré aujourd'hui comme une référence fondamentale. Berve rejette l'histoire universaliste dans le genre d'Eduard Meyer, préconisant plutôt une empathie personnelle envers des figures historiques importantes, dans une perspective qu'il qualifie d'« intuitive ». Il prend en compte également l'histoire des peuples etdes tribus.
En 1927, Helmut Berve est nommé professeur ordinaire à la chaire d'histoire de l'université de Leipzig où il compte parmi ses étudiantsFranz Hampl,Alfred Heuß,Wilhelm Hoffmann,Hans Rudolph (de) ouHans Schaefer qui sont habilités par lui-même. En, Berve s'inscrit pour raison de carriérisme auNSDAP et la même année devient doyen de la faculté de philosophie de l'université deLeipzig De plus il fait partie en des professeurs d'université qui saluent dans une missive la« révolution nationale-socialiste ». De 1940 à 1943, le professeur Berve est recteur de l'université de Leipzig. AvecJoseph Vogt, il dirige l'« engagement de guerre » (Kriegseinsatz) des sciences de l'Antiquité et c'est dans ce cadre qu'il publieDas neue Bild der Antike (La Nouvelle image de l'antique) etRom und Karthago (Rome etCarthage). Berve est aussi depuis 1934 coéditeur[2] de la revueHermes, fondée en 1866.
En 1943, il succède à sonmentor Walter Otto à l'université de Munich. Cependant l'unionnationale-socialiste allemande des doyens de faculté (Nationalsozialistischer Deutscher Dozentenbund) s'oppose à cette nomination, car selon eux les travaux de Berve ne mettent pas l'accent sur les aspects raciaux dans l'étude de l'histoire. Finalement l'université a gain de cause et Berve peut prendre possession de sa chaire quelques mois plus tard.
Jusqu'en 1945, le professeur Berve idéalise la communauté guerrièrespartiate dans ses écrits, tout en s'éloignant d'une vision aristocratique de la société au sens antique du terme. Il refuse également d'en faire une étude raciste. Cependant il établit une certaine comparaison entre l'empire d'Alexandre (avec sa« politique de fusion ») et l'extension duTroisième Reich.
Son passé de membre du parti national-socialiste lui vaut une interdiction d'enseigner après la guerre. Lazone d'occupation soviétique interdit la vente de sonThukydides (1938,Thucydide) et de sonImperium Romanum (1943).
Il retrouve le droit d'enseigner à Munich en 1949, ainsi que son siège à l'Académie bavaroise des sciences. En 1954, il est nommé professeur d'histoire ancienne à l'université d'Erlangen, où il enseigne notamment à Peter Robert Franke, Franz Kiechle, Edmund Buchner, Eckart Olshausen et Michael Wörrle. Il publie en 1950-1951 une seconde version révisée de sonHistoire grecque parue en 1931-1933 et préside de 1960 à 1967 laKommission für Alte Geschichte und Epigraphik (Commission d'histoire ancienne et d'épigraphie) dépendant de l'Institut archéologique allemand.
Parmi ses nombreuses distinctions, le professeur Berve étaitdocteur honoris causa de l'université d'Athènes, membre de l'Académie bavaroise des sciences, membre-correspondant de l'Académie des sciences et des lettres deMayence. Ses œuvres (commeLa Tyrannie chez les Grecs, publiée en 1967) demeurent toujours aujourd'hui des livres de référence pour les germanophones s'intéressant à l'histoire antique.