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Helenio Herrera Gavilán, parfois connu sous ses deux initiales: H.H., né le àBuenos Aires et mort le àVenise, est unfootballeurargentin naturaliséfrançais et reconverti entraîneur.
Il connaît son heure de gloire comme entraîneur de l'Inter Milan entre 1960 et 1968, avec lequel il remporte deux fois laCoupe d'Europe des clubs champions et laCoupe intercontinentale, ainsi que trois championnats d'Italie.
Fils d’anarchistes espagnols réfugiés enArgentine, Helenio Herrera naît àBuenos Aires[1],[2]. Il migre à l'âge de quatre ans avec sa famille dans la ville deCasablanca[2]. Des sources discordantes attestent qu'il est naturalisé français au fil de l'exil familial auMaroc[1] ou une fois sur le territoire français pour être sélectionné en équipe de France[3]. Il déclare plus tard :« Je ne me considère ni Argentin ni Français. Je suis un citoyen du monde »[1],[3].
Son père le fait travailler tôt au métier decharpentier mais, évoluant dans le modeste club desRoches Noires, il est repéré par un recruteur du Racing Athletic Club (RAC), qui lui fait intégrer lecentre de formation[3].
Défenseur, Helenio Herrera rejointParis à seize ans ans[2] ou en 1932 lorsqu'il signe auCASG Paris[3],[4]. Il y assimile les tactiques défensives d'avant-guerre basées sur leverrou suisse[réf. nécessaire]. Herrera rejoint ensuite leStade français[4].
Herrera devientprofessionnel auFCO Charleville[5], qui utilise cette tactique du verrou suisse. Avec son amiJulien Darui[réf. nécessaire], ils perdent la finale de laCoupe de France 1936[5] face aux stars duRC Paris.
En 1940 ou 1941, H.H. retrouve son amiJulien Darui auRed Star pendant laSeconde guerre mondiale[4]. L'équipe remporte laCoupe de France 1942[6] face au FC Sète[4].
Lors de sa carrière de joueur, il est convoqué à deux reprises[Quand ?] enéquipe de France mais restera à chaque fois sur le banc de touche[2]. LaSeconde Guerre mondiale bloque ses espoirs internationaux personnels[3].
Entraîneur-joueur àPuteaux, Helenio Herrera met un terme à sa carrière de joueur à trente-cinq ans[4] à cause d'une blessure[3].
En mai 1945, tandis que le conflit mondial prend fin, Casablanca accueille un stage d’entraîneurs sous la direction notamment de Helenio Herrera[7]. Ce dernier convaincLarbi Ben Barek de rejoindre leStade français[7] dont le président met en place àParis une équipe de vedettes. Le Marocain en constitue l'une des pièces maîtresses sous la conduite de l'entraîneur franco-argentin[8]. Ensemble ils accèdent à la Division 1 dès 1946. Lassé après trois saisons encourageantes mais sans titre, le président du Stade français jette l'éponge et disperse l'équipe.
À l'après-guerre, Helenio Herrera intègre aussi l'encadrement de l'Équipe de France de football, où il est recruté par le sélectionneurGabriel Hanot pour s'occuper de lapréparation physique des joueurs[9],[10]. Il tient ce rôle en mars 1947[11] mais plus en octobre 1948[12], parti en Espagne.
Herrera atterrit en Espagne, àValladolid. Il y reste une saison et parvient à hisser l’équipe pour la première fois enPrimera division[4], en étant champion deSegunda division.
Le franco-argentin rejoint alors l'Atlético Madrid etfait venir[réf. nécessaire]Larbi Benbarek, croisé auStade français. LesRojiblancos remportent deuxLigas consécutives en 1949-50 puis 1950-51[4]. Tactiquement et physiquement au point, l’équipe marque 87 buts en 1949-1950, dont 80% sont inscrits par les attaquants[4].
Herrera transite ensuite parMalaga et leDeportivo La Corogne, sans engranger le moindre titre[3].
En 1958, Herrera arrive sur le banc duFC Barcelone[3], dans le nouveauCamp Nou[5]. En deux saisons, il remporte les deux titres dechampion d'Espagne, en pleine domination duReal Madrid d'Alfredo Di Stéfano, ainsi que laCoupe des villes de foire et son joueurLuis Suarez remporte leBallon d'or 1960[5]. Ne s'entendant pas avecLadislao Kubala, joueur important de l'équipe, Herrera décide de quitter le club[5] pour l'Inter Milan[3].
En parallèle de son départ en Italie, Helenio Herrera prend alors la tête de l'équipe nationale d'Espagne qui prend part à lapremière édition en 1960 de laCoupe d'Europe des nations. Enhuitièmes de finale, la formation des attaquantsAlfredo Di Stéfano, Luis Suárez et Francisco Gento écarte sans mal laPologne (3-0 ; 4-2). MaisFranco refuse que la sélection espagnole se déplace en URSS pour affronter l’équipe d'Union soviétique en quart de finale, la forçant à déclarer forfait.
Les Espagnols et Herrera jouent ensuite leMundial 1962[3] auChili. L'Espagne concède deux défaites contre les deux futurs finalistes : laTchécoslovaquie (0-1) et leBrésil (1-2). Sa victoire lors du2e match contre leMexique (1-0) est insuffisante, laRoja est éliminée.
Un an après son arrivée à l'Inter Milan, Herrera fait venir son ancien joueur du Barça,Luis Suarez[5]. Dans des schémas défensifs en 5-3-2 ou 5-4-1, l’équipe prône un jeu rapide vers l'avant par les ailes avec des joueurs tels que Luis Suárez enmeneur reculé,Facchetti et le BrésilienJaïr en ailier,Mario Corso au dribble,Mazzola à la finition et l’avant-centrePeiro[2].
Au terme de la saison 1963-64, l'Inter et Bologne termine à égalité en tête deSerie A et doivent se départager lors d'un barrage[13], perdu 2-0. L'Inter échoue à remporter un troisième titre consécutif. Sacré en Coupe d'Europe, Herrera est le premier entraîneur français à gagner uneCoupe des clubs champions[14],[1].
En 1964-65, son équipe remporte laCoupe des clubs champions par le premier score de 1-0 de l'histoire de la compétition, en finale à domicile face auBenfica[5].
Champion d'Italie en titre, l'Inter dispute laC1 1966-67 et atteint lafinale, leur troisième en quatre saisons, perdue 2-1 contre leCeltic Glasgow[13]. Lors de cette saison, Herrera devient le premier (et encore seul en 2023) étranger à devenir sélectionneur de laSquadra Azzura[4]. En septembre 1967, il est l'entraîneur de la sélection mondialeFIFA XI affrontant l'équipe d'Espagne auStade Santiago-Bernabéu pour le65e anniversaire deRicardo Zamora[15].
Herrera quitte l'Inter après huit ans de règne, en même temps que son joueur Jaïr et son président Angelo Moratti[5].
Enrôlé par l'AS Roma, Herrera remporte laCoupe d'Italie 1968-69 dès la première saison[5], son seul trophée dans la capitale italienne[2].
Herrera fait partie de l'encadrement technique de l’Italie finaliste duMondial 1970 au Mexique, qui s’appuie largement sur son système défensif[3].
Seul regret pour Herrera, il l'avoue en fin de carrière, ne pas avoir pu rendre au football français une parcelle de ce qu'il y avait appris. Le Paris Saint-Germain avait bien tenté une approche dans les années 1970, mais sans suite[réf. nécessaire].
Attachés à ces clubs, il accepte de revenir à l’Inter (1973-1974) puis au Barça (1979-1981) avant de prendre sa retraite[4].
Helenio Herrera décède le 9 novembre 1997 àVenise[5],[16] d’unarrêt cardiaque à 87 ans[3].
Joueur dur et serein, doté d’une haute estime de lui-même, Helenio Herrera évolue au poste dedéfenseur ors de sa carrière de joueur[2],[4].
Le football développé par les équipes entraînées par Helenio Herrera enEspagne prône une liberté inédite et des statistiques offensives élevées (voir la paragrapheStatistiques) par un jeu vertical et offensif[2]. Arrivé à l'Inter Milan, Herrera souhaite conserver cette verticalité en voulant encaisser moins de buts[2]. HH reprend lecatenaccio implanté bien plus tôt[16] et soutient deux principes de jeu qui dictent le football actuel : l'intensité physique et la vitesse de jeu[2]. Ses équipes placées en5-3-2 ou5-4-1 innovent par le jeu sur les ailes[5],[16] et leur vitesse de jeu[2] avec une défense centrale renforcée par trois défenseurs axiaux et des couloirs utilisés offensivement par deux latéraux jouant haut[4].Sandro Mazzola retient :« On peut dire énormément de choses sur Herrera, mais personne ne peut nier qu’il avait trente années d’avance sur le football de son temps. Sans exagérer »[2]. Herrera déclare en 1997, quelques mois avant sa mort :« On m'accusait de tous les maux, on m’accablait de critiques, mais au final tout le monde me copiait »[17].
Helenio Herrera est vu comme précurseur en tant qu'entraîneur sur plusieurs aspects du football moderne[2]. Il fait de l’entraîneur la personnalité centrale de toutclub de football, à la fois stratège, motivateur etpsychologue avec ses joueurs[2]. Herrera dépasse les fonctions de son époque en considérant davantage lesconférences de presse et la communication externe[2]. Il joue notamment à y annoncer les résultats de son équipe – d’où le surnom « Il Mago » (le magicien)[2],[4]. Le Franco-Argentin devient le premier technicien à donner son nom à une grande équipe, après le « Real Madrid deDi Stéfano » ou le « Barça deKubala », on parlait de « la GrandeInter d’Herrera »[2]. En interne, Herrera met l'accent sur l'aspect mental etpsychologique de la préparation des matchs et impose un code disciplinaire comprenant un régime alimentaire pour tous dès ses arrivées[2]. Son expression« On gagnera avant même d’être descendu du bus » illustre cette focalisation sur la préparation des matchs[4].
Helenio Herrera est le premier entraîneur à utiliser les mises au vert, à étudier exhaustivement l’adversaire grâce à un réseau d’observateurs et à parler de « douzième homme » pour obtenir le soutien de tribunes remplies et bruyantes[2]. Par exemple, laCurva Nord de l’Inter Milan est créée en 1969, l’année suivant son départ[2].
L’Atlético Madrid d'Helenio Herrera remporte deuxLigas avec à 2,76 buts/match[2]. L'entraîneur enchaîne deux saisons avec leBarça et remporte deux nouveaux championnats, marquant 182 buts (3,03 par match) pour 76% de victoires[2],[18].
Helenio Herrera perd la finale de laCoupe de France 1936 avec leFCO Charleville[5], avant de la remporter avec leRed Star pendant la guerre, en1942[6].
Avec l’Inter Milan, Herrera remporte aux troisScudetti, ne laissant échapper le quatrième qu'à l'issue d'un barrage, deuxCoupes d'Europe des champions en 1964 et 1965 avec chaque fois la succès enCoupe intercontinentale[2],[13]. En cinq saisons avec la Roma, il ne gagne que la Coupe d’Italie, à une reprise[2].
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(es) Helenio Herrera,Yo : Memorias de Helenio Herrera, Planeta,, 251 p.
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