Pour l’article homonyme, voirAbdellah Tourabi.
| Minister of Justice of Sudan(d) | |
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Ahmad Sulayman(d) Hasan Ishma'il al-Bili(d) |
| Naissance | |
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| Décès | |
| Nom dans la langue maternelle | |
| Nationalité | |
| Formation | King's College de Londres The Dickson Poon School of Law Université de Khartoum Université de Paris(en) |
| Activités |
| Partis politiques | Union socialiste soudanaise(en)(- Congrès national(- Popular Congress Party(en)(à partir de) |
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Hassan Abdallah al-Tourabi (arabe :حسن عبد الله الترابي), né en1932 àKassala et mort le àKhartoum, est un homme politique et religieuxsoudanais. Al-Tourabi est un islamiste, membre desFrères musulmans.
Ancien chef des Frères musulmans soudanais, il prêche unpanarabisme islamique en symbiose militante avec tous les mouvements islamistes du monde arabe, mais aussi non arabe. Pour Tourabi, lenationalisme arabe est « révolutionnaire islamique »[1].
Al-Tourabi naît à Kassala à la frontière avec l'Érythrée en 1932, il est d'origineBeja. Son père est un cheikhsoufi. Il suit des études poussées en droit : maîtrise de l'université de Khartoum (de1951 à1955), master de l'université de Londres et enfin thèse à l'université de la Sorbonne de1959 à1964.
Al-Tourabi commence sa carrière politique en intégrant lesFrères musulmans. En 1964, il est actif lors de la révolte qui pousse le présidentIbrahim Abboud à quitter le pouvoir. De 1964 à 1969, al-Tourabi dirige le Front de la charte islamique, un parti politique représentant les Frères musulmans au Soudan[2].
En 1969, le généralNumeiri prend le pouvoir lors d'un coup d'État. Il arrête al-Tourabi qui reste en prison 6 ans avant de s'enfuir en Libye. À partir de1979, Numeiri se rapproche des Frères musulmans et al-Tourabi revient au Soudan où il devient procureur général. L'état d'urgence est imposé en avril 1984 après la rupture entre Numeiri et les Frères musulmans[2].
En 1985, Numeiri est renversé par un coup d'État et al-Tourabi reorganise son parti en unFront islamique national[2].
Du1er au, des élections législatives ont lieu au Soudan. Quarante partis y participent, à cause de la rébellion de laSPLA dans le sud du pays, une douzaine de circonscriptions du sud ne participent pas aux élections. Pour les autres circonscriptions, l'Oumma deSadeq al-Mahdi obtient 99 sièges, l'Union démocratique 63 et leFront islamique national d'al-Tourabi 51 sièges. Al-Tourabi est nommé ministre de la Justice et procureur général en, postes qu'il cumule avec celui de ministre des Affaires étrangères à partir de[2].
Le généralOmar el-Béchir arrive au pouvoir par un coup d'État en1989 et est fortement sous l'influence d'al-Tourabi[3].
En 1992, lors d'un voyage àOttawa, al-Tourabi est attaqué au couteau par un Soudanais exilé. Gravement blessé, Al-Tourabi entre dans un coma mais s'en remet après plusieurs semaines d'hospitalisation[4],[2].
Al-Tourabi est directeur pour l'Afrique duCongrès mondial islamique.
Il est élu président du parlement soudanais en1995. Al-Tourabi est aussi le chef duCongrès national, le principal parti politique soudanais, émanation du Front islamique national. En décembre1999, il essaie d'évincer le généralOmar el-Béchir du pouvoir en mettant au vote une loi interdisant le cumul des mandats. El-Béchir dissout le parlement et la tentative d'al-Tourabi échoue. Une élection présidentielle a lieu et al-Tourabi en demande le boycott. Il est alors démis de ses fonctions au sein du Congrès national et forme un nouveau parti : le Parti du Congrès populaire. En mars2004, el-Béchir emprisonne al-Tourabi pour une tentative de coup d'État datant de septembre2003[2].
Le, le président Omar el-Béchir, pour fêter le16e anniversaire de son arrivée au pouvoir par un coup d'État, libère tous les prisonniers politiques soudanais, y compris al-Tourabi[5].
En2006, al-Tourabi est accusé d'apostasie pour avoir écrit dans un article que les femmes musulmanes devraient avoir le droit de se marier avec deschrétiens ou desjuifs et qualifiant les avis religieux s'y opposant de « rétrogrades »[6]. Il s'est également déclaré favorable à l'organisation de prière non séparée entre hommes et femmes. Il a réitéré ses propos à l'université de Khartoum[réf. nécessaire], qualifiant ses opposants traditionalistes de défendre des idées « périmées ».
En janvier 2009, al-Tourabi est arrêté pour avoir declaré que le président El-Bechir devait se rendre à laCour pénale internationale pour les crimes commis au Darfour. Il est libéré en mars[7].
En avril 2010, al-Tourabi refuse de reconnaître les résultats de élections législatives et refuse la proposition de rentrer au gouvernement[8].
Il est arrêté en mai 2010 en raison de la publication par le journalL'Opinion du peuple, journal publié par le Parti du Congrès populaire, d'articles jugés mensongers par le gouvernement[8].
Al-Tourabi meurt le à Khartoum d'unecrise cardiaque[4].
Le rapport de laCommission nationale sur les attaques terroristes contre les États-Unis mentionne al-Tourabi comme l'un des principaux soutiens d'al-Qaïda et d'Oussama ben Laden enAfrique[9],[10].
Al-Tourabi nie toute implication dans l'activité des milices islamistes duMouvement pour la justice et l'égalité qui sévissent dans leDarfour mais certains rapports mettent en doute ses déclarations[réf. nécessaire]. Il est arrêté le à la suite de l'incursion avortée des rebelles duMouvement pour la justice et l'égalité (MJE) en date du[11].